Les Justes
Yvonne (Verdier) Collomb
Année de nomination : 2005Date de naissance : 12/05/1910
Date de décès : 02/09/1997
Profession : Employée des Télécommunications
Personnes sauvées
Cérémonies
L'histoire

Yvonne Collomb
Josek Rappaport, tailleur, est originaire de Pologne, tandis que son épouse Millie vient de Russie. Dans les années 1930, la famille vit au 58, rue de Belleville, dans le XXᵉ arrondissement de Paris, sur le même palier qu’Yvonne Collomb, une jeune veuve qui habite avec son père et sa fille Paule, âgée de six ans. Les deux petites filles, Paule et Berthe Rappaport, sont très amies. D’ailleurs, lorsque Yvonne confectionne une robe neuve pour sa fille, elle en réalise toujours une semblable pour Berthe, dans un coloris différent. Yvonne travaille alors dans les Télécommunications. Dans son immeuble, elle compte de nombreux voisins juifs, parmi lesquels les Rappaport et Madame Huberman, avec qui elle entretient des liens étroits.
Le 16 juillet 1942, au matin de la rafle du Vélodrome d’Hiver, deux gendarmes français et deux officiers SS viennent arrêter les familles juives de l’immeuble, qui compte trois escaliers. Ils défoncent la porte des Rappaport à coups de hache et ordonnent aux parents de préparer une petite valise. Berthe, qui n’a que six ans, pleure. Yvonne, alertée par le vacarme, arrive sur les lieux, prend la main de la fillette et s’écrie : « Mais qu’est-ce que ma fille fait ici ? »
Elle emmène Berthe chez elle, la cache sous la table de la salle à manger, recouverte d’un long et épais tapis en chenille, et la garde le temps de prévenir ses grands-parents, Bubba et Zeda. Ce jour-là, Berthe voit ses parents pour la dernière fois.
De retour chez elle, Yvonne découvre sa voisine Madame Huberman agenouillée sur le paillasson, la suppliant de la cacher. Elle la fait entrer et la dissimule dans le placard de l’entrée, derrière un grand porte-manteau couvert de vêtements, du chapeau de son père et d’un parapluie. Lorsque la police entre pour fouiller l’appartement, elle ne découvre pas la cache. Madame Huberman doit la vie à Yvonne Collomb, qui fait preuve d’un courage exemplaire.
Les parents Rappaport, quant à eux, sont arrêtés, déportés en août 1942, puis assassinés. Le père de Berthe parvient encore quelque temps à envoyer à Yvonne des cartes postales depuis le camp, pour demander des nouvelles de sa fille, avant que tout contact ne cesse.
Les grands-parents de Berthe sont à leur tour arrêtés et déportés. Yvonne héberge alors de nouveau la fillette et lui trouve une famille d’accueil dans le Loir-et-Cher, où l’enfant est malheureusement maltraitée. Yvonne la transfère ensuite dans le Cantal, chez une autre famille, où Berthe dort dans l’étable et travaille aux tâches de la ferme. Elle y reste jusqu’à la Libération, en 1944. Pendant toute cette période, Yvonne veille à verser régulièrement aux familles d’accueil une pension pour l’entretien de l’enfant.
Après la guerre, avant son départ pour l’Angleterre, Yvonne remet à Berthe quelques objets récupérés dans l’appartement de ses parents, dernier souvenir de sa famille disparue.
Le 30 octobre 2005, Yad Vashem – Institut International pour la Mémoire de la Shoah décerne à Yvonne Collomb le titre de Juste parmi les Nations, en reconnaissance de son courage et de son humanité.
Documents annexes
| Article de presse – Ivry Ma Ville_Juillet-Août 2006 23 novembre 2017 08:25:50 | |
| Invitation cérémonie 23 novembre 2017 08:25:04 |
Articles annexes
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