Dossier n°3080A - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Julien-Henri Justes

Année de nomination : 1992
Date de naissance : 06/03/1905
Date de décès : //
Profession : Agriculteur

Marthe-Agnès (Menaut) Justes

Année de nomination : 1992
Date de naissance : 25/01/1908
Date de décès : 03/10/1980
Profession : Agricultrice

Simone (Meunier) Justes

Année de nomination : 1992
Date de naissance : 02/07/1910
Date de décès : 08/05/2004
Profession : Charcutière
    Localisation Ville : Paris (75018)
    Département : Paris
    Région : Ile-de-France

    Lieu de mémoire

    L'histoire

     

    Lorsque la guerre éclata, Jermia et Brane Oehlgisser vivaient à Paris avec leurs deux filles, Esther, née en 1929, et Charlotte, née en 1934. La famille résidait au 20, boulevard de Clichy, dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Leurs voisins de palier étaient Simone et Joseph Justes, charcutiers de profession, qui vivaient avec leur fille Bernadette, du même âge qu’Esther. Jermia Oehlgisser travaillait comme coupeur dans une maison de confection pour hommes. Les deux familles sympathisèrent rapidement.

    Face à l’aggravation de la situation des Juifs à Paris, où une rafle pouvait survenir à tout moment, Simone Justes proposa à ses voisins de se réfugier chez son beau-frère, à Saint-Aubin, dans les Landes. Le département se trouvait certes en zone occupée, mais les Oehlgisser, convaincus qu’ils y seraient davantage en sécurité qu’à Paris, acceptèrent avec reconnaissance. C’est ainsi qu’en mars 1942, Simone Justes accompagna la famille Oehlgisser jusqu’à la ferme de Julien-Henri et Marthe Justes, qui leur offrirent l’asile.

    Jermia Oehlgisser, tailleur de métier, retourna ensuite à Paris afin de continuer à travailler, laissant sa femme et ses filles chez les Justes. Ces derniers ne demandèrent aucune rémunération en échange de leur hospitalité. Charlotte et Esther commencèrent à fréquenter l’école du village. Leur institutrice était Cécile Larrazet. Son mari, Pierre, qui avait perdu un bras au cours des combats de 1939, était le postier du village.

    Il n’y avait pas d’Allemands dans la localité et la brigade de gendarmerie la plus proche se trouvait à Mugron, à sept kilomètres de là. Cependant, Saint-Aubin ne comptant qu’environ trois cents habitants, il était difficile de dissimuler la présence des nouvelles venues. Au bout de quelques mois, quelqu’un dénonça les Oehlgisser.

    Un matin de l’été 1942, Cécile Larrazet se précipita chez les Justes pour les avertir que les gendarmes étaient en route pour les arrêter. Entre-temps, Jermia, qui avait réussi à échapper à la rafle du Vél’ d’Hiv, prit le train pour Mont-de-Marsan. Le voyage était particulièrement dangereux en raison des nombreux contrôles. Brane Oehlgisser demanda alors aux Larrazet d’aider son mari à rejoindre Saint-Aubin, situé à une trentaine de kilomètres de la gare. L’opération était risquée : les deux hommes pouvaient à tout moment être arrêtés lors d’un contrôle. Pierre Larrazet accepta néanmoins d’aller chercher Jermia et parvint à le ramener sain et sauf à Saint-Aubin.

    Menacés d’arrestation, les quatre membres de la famille Oehlgisser quittèrent précipitamment la ferme et s’enfuirent à travers champs. Pierre Larrazet réussit ensuite à leur trouver d’autres cachettes, où ils purent survivre jusqu’à la Libération.

     

    Le 16 juin 1992, Yad Vashem décerna à Julien-Henri, Marthe et Simone Justes le titre de Juste parmi les Nations.

     




    Mis à jour il y a 2 semaines.