Dossier n°4858 - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 1991

Anna Gotti

Année de nomination : 1991
Date de naissance : //
Date de décès : //
Profession :

Salvator Gotti

Année de nomination : 1991
Date de naissance : //
Date de décès : //
Profession :
    Localisation Ville : Argenteuil (95100)
    Département : Val-d’Oise
    Région : Île-de-France

    L'histoire

    Salvator Gotti et sa femme Anna avaient fui le régime fasciste de Mussolini pour se réfugier en France avec leurs deux enfants. Cette famille italienne avait trouvé pour se loger une modeste cabane en bois dans la banlieue parisienne. Les Rosenberg avaient quitté la Pologne en 1934 et s’étaient installés à Argenteuil, une banlieue où on pratiquait encore l’agriculture. En été 1942, lorsque commencèrent les arrestations et les déportations de Juifs, une voisine dont le mari était gendarme vint les avertir qu’ils étaient sur le point d’être arrêtés. Les Rosenberg s’enfuirent immédiatement avec leurs deux enfants. L’heure du couvre-feu approchait, et les fugitifs ne savaient où aller. C’est alors que M.Rosenberg, qui était tailleur, se rappela qu’un de ses clients, Salvatore Gotti, habitait à proximité. Il se rendit chez lui avec toute sa famille et demanda asile. Les Italiens les accueillirent chaleureusement dans leur minuscule demeure, qui ne comptait que deux pièces sans eau courante, sans électricité et sans gaz. Pendant les trois semaines qui suivirent, les Gotti dormirent avec leurs enfants dans l’un des lits, laissant l’autre à leurs visiteurs, avec lesquels ils partageaient leurs maigres rations. Il se trouva un voisin pour les dénoncer et informer les autorités qu’ils cachaient des Juifs. Les Rosenberg n’eurent que le temps de fuir, laissant leur petite fille de neuf ans chez Salvatore et Anna. Lorsque les gendarmes arrivèrent, Anna avait caché la fillette sous une meule de paille destinée à sa cage à lapins. Les gendarmes interrogèrent l’Italienne avec brutalité, la menaçant de mort, mais elle ne se démonta pas et déclara ignorer où étaient les Rosenberg. Ils arrêtèrent alors son fils Jean et le battirent férocement pour lui faire dire où étaient les Juifs. L’adolescent courageux ne parla pas. Lorsque son père vint le chercher pour le ramener à la maison, il pleura de soulagement et d’orgueil. Les Rosenberg trouvèrent une autre cachette ; les Gotti allaient régulièrement les voir et les deux familles célébrèrent Noël ensemble en 1942 et en 1943. Les Gotti aidèrent également d’autres amis juifs, et l’une de ces familles, qui émigra en Israël après la guerre, resta en contact avec eux. Ce fut aussi le cas de la fille des Rosenberg.

    Le 23 janvier 1991, Yad Vashem a décerné à Salvatore et Anna Gotti le titre de Juste parmi les Nations.

     

    Documents annexes

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    Articles annexes