Dossier n°5161B - Juste(s)

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Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2021, le titre avait été décerné à 27921 personnes à travers le monde, dont 4150 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l'humanité. En effet, tous ont considéré n'avoir rien fait d'autre que leur devoir d'homme. Ils serviront de phares et de modèles aux nouvelles générations.

Allée des Justes à Paris
Allée des Justes à Jérusalem

Les Justes

Année de nomination : 1992

Anne-Marie Le Cahérec

Année de nomination : 1992
Date de naissance : //
Date de décès : //
Profession : Religieuse
    Localisation Ville : Flers (61100)
    Département : Orne
    Région : Normandie

    L'histoire

    Oscar et Marguerite Roth vivaient à Mulhouse (Haut-Rhin) avec leurs trois filles et une grand-mère. Lorsque la guerre éclata, la famille décida de partir à Paris, pensant y être plus en sûreté en tant que Juifs. Oscar trouva du travail et un appartement. Les Roth, tous de nationalité française, vécurent relativement tranquilles au début. Mais après les grandes rafles de juillet 1942, ils décidèrent de se séparer pour améliorer leurs chances de survivre. La vieille grand-mère aveugle fut placée dans une maison de retraite et les trois fillettes âgées de huit à onze ans – Renée, Denise et Liliane – furent envoyées dans un pensionnat catholique. Quant aux parents, ils se trouvèrent un abri : une petite pièce à proximité de l’endroit où travaillait Oscar. Le pensionnat qui avait accueilli les enfants appartenait à l’ordre de St. Vincent de Paul. Il était situé à Flers (Orne). La Mère supérieure, soeur Marie-Louise Pannelay, avait accepté d’abriter ces petites juives malgré le danger. Pour éviter que Renée, Denise et Liliane n’attirent l’attention dans un établissement où toutes les pensionnaires étaient catholiques, soeur Marie-Louise leur apprit les rudiments de sa religion. Elle n’avait confié leur secret qu’à deux autres religieuses, soeur Madeleine Malolepszy et soeur Anne-Marie Le Cahérec. Toutes deux gardèrent le silence et aidèrent les enfants à passer inaperçues au milieu de leurs camarades. Soeur Madeleine était originaire de Pologne. Elle s’attacha beaucoup aux fillettes dont elle comprenait le désarroi. Elles souffraient de se retrouver privées de tout contact avec leur famille et seules dans ce milieu chrétien qui leur était étranger. Elle les traita donc avec beaucoup de gentillesse et de dévouement. Lorsqu’elle travaillait aux cuisines, elle leur donnait toujours une ration supplémentaire. Les petites lui étaient aussi très attachées et c’est à elle qu’elles s’adressaient lorsqu’elles avaient des questions ou des problèmes. Pour protéger les enfants, la Mère supérieure les présentait comme des petites parisiennes envoyées en province par leurs parents inquiets des bombardements et désireux de leur assurer une bonne nourriture. Elle ne chercha pas à les convertir; toutefois, lorsque les Allemands firent leur entrée à Flers en mars 1944, elle fit baptiser les fillettes par mesure de sécurité. Jusqu’à la Libération, les trois religieuses ne ménagèrent pas leurs efforts pour protéger les trois soeurs, au mépris du danger. Les Allemands se trouvaient en effet tout près du pensionnat. Après la guerre, Renée partit vivre aux Etats-Unis. Elle raconta son histoire dans un livre pour enfants, « Touchons du bois ».

    Le 19 février 1992, Yad Vashem a décerné à Soeur Marie-Louise Pannelay, Soeur Anne-Marie Le Cahérec et Soeur Madeleine Malolepszy le titre de Juste parmi les Nations.

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