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Fresnay-sur-Sarthe fait vivre la mémoire de ses Justes

jeudi 21 décembre 2017

Du 19/12/2017

 

 

 

Le maire de Fresnay-sur-Sarthe Fabienne Labrette-Ménager remet la médaille de la Ville à André Lebas. (©Les AM.) Fresnay-sur-Sarthe a rejoint le cercle des villes Justes. Dans une cérémonie à laquelle il n’y avait rien à ajouter ni à retirer. Elle s’est tenue samedi 9 décembre. 

Fresnay-sur-Sarthe appartient, depuis samedi 9 décembre 2017, au cercle restreint des Villes Justes. 

« Venez vite. Ne dites à personne où vous vous rendez, changez de nom, nous vous attendons ».

Ce jour de 1942, les Fresnois André et Mathilde Lebas, parents de dix enfants, se mettent en tête de gripper la mécanique nazie. La famille Jacob qui leur téléphone, ils l’ont rencontrée par hasard, sur les routes de l’exode, deux ans plus tôt. Entre les catholiques de la Sarthe et les juifs du Val d’Oise, une amitié s’est nouée. Avant de se quitter, les aînés des fratries ont échangé leurs adresses.

Les « cousins de Paris »

C’est sous l’identité de Jabert que leurs amis, eux-mêmes parents de trois garçons, débarquent chez les Lebas, qui expliquent qu’ils accueillent des « cousins de Paris » que les restrictions alimentaires ont bouté hors des murs de la capitale. Ceux qui, parmi les Fresnois, n’en croient pas un mot, se taisent.

On se quitte à jamais

Fresnay et sa région n’échappent pas à l’horreur de la guerre. Le 24 juillet 1944, le jeune résistant Jacques Hochin est fusillé. En avril 1944, André Quinton et Andrée Thiersault, 16 ans, qui habite Assé-le-Boisne, sont déportés. Des victimes, il y en a hélas d’autres. Après que, fin août 1944, Paris desserre enfin l’étau nazi, les deux familles se quittent. Elles ne se reverront pas. La famille Jabert reprend son vrai nom –Judas– auquel elle avait dû renoncer dès le début de la Seconde Guerre mondiale.

Contre l’oubli

« C’est en 2015 que Cyriac Lebas, petit-fils d’André Lebas, m’a contactée pour organiser cette cérémonie ».

Le maire de Fresnay-sur-Sarthe Fabienne Labrette-Ménager a revendiqué, samedi 9 décembre, sa décision que l’histoire de la famille Lebas et de la famille Jabert qu’elle venait de retracer, courre toujours. Fresnay a rejoint ce jour-là le cercle restreint des villes Justes. Dans les jardins du château, une plaque, sur laquelle se dresse la sculpture d’une « silhouette décharnée » par Christian Malézieux que le premier magistrat a choisie, a été dévoilée. Y sont gravés les mots de Simone Veil.

« Sous la chape de haine et de nuit tombée sur la France dans les années d’occupation nazie, des lumières, par milliers, refusèrent de s’éteindre. Nommés par l’Institut Yad Vashem de Jérusalem Justes parmi les Nations, la plus haute distinction de l’état d’Israël, des femmes et des hommes, de toutes origines et de toutes conditions, d’autres restés anonymes, ont sauvé des juifs des persécutions antisémites et des camps d’extermination. Bravant les risques en courus, ils ont incarné l’honneur de la France, ses valeurs de justice, de tolérance et d’humanité ».

Une cérémonie qui rappelle que la solennité a un sens

L’entrée de Fresnay dans le cercle des villes Justes a été célébrée par les discours successifs du maire de Fresnay-sur-Sarthe Fabienne Labrette-Ménager, du petit-fils d’André et Mathilde Lebas Cyriac Gousset, des délégués régionaux du Comité français pour Yad Vashem Marie-France et Norbert Bensaadon, de la sous-préfète de l’arrondissement de Mamers Marie-Pervenche Plaza.

Ces discours ont été prononcés en présence du député de la 1ère circonscription Damien Pichereau, du conseiller départemental Gérard Galpin, de l’Abbé Gaëtan de Bodard et de nombreux élus de la Communauté de communes de la Haute Sarthe.

La résistante Andrée Dupont-Thiersault était présente, aux côtés du fils d’André et de Mathilde Lebas et de nombreux membres de la famille, dont certains avaient fait un long déplacement.

L’Harmonie des Alpes Mancelles et les enfants de l’école publique de Fresnay ont notablement contribué à l’émotion qui restera le marqueur de cet instant solennel.

« Rester vigilants »

L’arrière-petit-fils d’André et Mathilde Lebas a évoqué « une famille unie » dans laquelle l’éducation était « basée sur l’exemple » et sur « sa mise en application ». Il a salué « le courage » de ces parents, qui n’ignorait rien du sort auquel ils s’exposaient en protégeant une famille juive.

« Surtout, ne dites pas qu’il y a des Juifs chez nous ! Sinon, ils nous emmèneront tous en Allemagne pour nous faire mourir ».

C’était la mise en garde qu’adressait Mathilde Lebas à ses enfants qui partaient à l’école.

André Lebas, conseiller municipal de 1945 à 1970 « faisait l’unanimité » dans la population fresnoise. Il était préparateur en pharmacie.

Mathilde Lebas, déjà éprouvée par la Grande Guerre, était doté d’un psychisme solide. Elle avait été, avant son époux, conseiller municipal, de 1940 à 1945, et la première femme à occuper cette fonction à Fresnay.

Accueillir, alors que la solution finale est en route, une famille juive a été un « acte de bravoure, voire de résistance silencieuse », que le peuple d’Israël a reconnu en faisant des époux Lebas, en 2006, « des Justes parmi les Nations ».

Pour que jamais une tragédie comme celle de la Seconde Guerre mondiale, qui a tué 60 millions de morts et 6 millions de Juifs, se renouvèle, la vigilance est de mise. L’entretien de la mémoire y participe.

Marie-France Bensaadon : « Des éclats de lumière surgis de l’obscurité »

« Le 18 janvier 2007, dans la crypte du Panthéon, le Président de la République Jacques Chirac a donné, auprès des grandes figures de notre pays, une place légitime aux Justes parmi les Nations de France, reconnus par l’Etat d’Israël, dont Mathilde et André Lebas dans la commune de Fresnay-sur- Sarthe, ainsi qu’à tous ceux qui sont restés anonymes ». La déléguée régionale du Comité Yad Vashem a tenu à resituer ce que pesait, dans l’histoire des consciences politiques, le titre de Juste parmi les Nations. C’est par ce titre que l’Etat d’Israël et le mémorial de Yas Vashem rendent hommage aux personnes non juives qui, au péril de leur vie et de celle de leur famille, ont, alors que la Solution finale était en marche, sauvé des personnes juives en danger. « C’est la plus haute distinction civile de l’Etat d’Israël ». Marie-France Bensaadon a salué ces « éclats de lumières qui surgissent de l’obscurité ». Pour sinistre mémoire, « en France, 76 000 juifs, dont 11 400 enfants, furent déportés. Seuls 2.550 revinrent ; aucun enfant ne se trouvait parmi eux ». En instituant qu’il y aurait un lieu, à Fresnay, le souvenir de la famille Lebas serait entretenu, la municipalité répond à la fois au « devoir de mémoire » et au « droit à la mémoire ». Chaque année, en France, une journée est dédiée à la mémoire des victimes du nazisme, qui rend aussi hommage aux Justes de France. Elle est fixée au 3ème dimanche de juillet, « en souvenir de la rafle du Vel d’Hiv des 16 et 17 juillet 1942 ».

Marie-Pervenche Plaza : « Une raison de penser l’avenir »

« Nous sommes réunis par le souvenir de ces familles juives raflées, déportées, assassinées. Il est toujours difficile de trouver des mots pour évoquer cette époque tragique sans refaire l’histoire et en ayant le courage de regarder et de dire l’indifférence jusqu’à la collaboration de certains Français (…) L’histoire des peuples est complexe. Elle s’interprète parfois de façon différente selon les époques. Ce qui est un jour grandeur et magnificence peut devenir insignifiant et condamnable plus tard. Reste que certains enchaînements sont incontestables et j’aimerais que nous nous souvenions de ces enchaînements qui ont mené de la crise économique jusqu’à la Shoah et à la collaboration en empruntant le chemin du populisme et du rejet de l’autre. La folie des peuples existe. Le populisme en est son moteur. La mémoire des Justes doit nous renvoyer à notre responsabilité individuelle et collective pour combattre l’aveuglement (…) Nous sommes tous responsables et acteurs de notre liberté et de notre humanité. L’attitude de ces Justes parmi les Nations est une lumière, une raison de penser l’avenir ».

La médaille de la Ville à la famille Lebas

Le maire de Fresnay Fabienne Labrette-Ménager a remis à titre posthume la médaille de la Ville à la famille Lebas, avant de dévoiler les surprises qu’elle réservait à leur fils André Lebas avec cette distinction.

« Cyriac m’a scanné une lettre que (André Lebas) a reçue quand il a été élevé au rang de Justes parmi les Nations ».

Elle émanait de Claude Judas, le fils de Michel Judas, qui a été un homme politique de la Manche. Claude Judas, qui a été empêché de répondre à l’invitation du maire de Fresnay samedi 9 décembre, lui a cependant aussitôt expédié un message depuis la ville de Prigonrieux (Dordogne). Il y prie Fabienne Labrette-Ménager de saluer « l’abnégation » dont la famille Lebas a fait preuve « pendant une période si troublée ». Claude Judas, qui confie que son père Michel Judas est resté discret sur cet épisode déterminant de sa vie, lui donne l’adresse de sa sœur. Fabienne Labrette-Ménager a annoncé qu’elle la remettait à André Lebas. Première surprise. Il y a en a eu une autre. Après avoir pris attache avec le maire de Pontorson André Denot, le maire de Fresnay a annoncé que celui-ci, avec son conseil municipal, allaient donner le nom d’une rue de leur cité à Mathilde et André Lebas, en mémoire du courage dont ils ont témoigné pour « sauver un jeune homme qui est devenu le maire de notre commune et qui lui a beaucoup donné ».

Deux familles au service de la collectivité

Le maire Fabienne Labrette-Ménager a rappelé l’engagement qu’avaient témoigné les familles Lebas et Judas.

Mathilde Lebas a été la première femme conseiller municipal à Fresnay. Elle siégea du 6 avril 1941 après avoir été nommée par le Préfet, jusqu’au 15 janvier 1945, quand elle a été destituée parce qu’elle avait été nommée par le régime de Vichy.

Son époux André Lebas entra à son tour au conseil municipal, où il siégea du 18 mai 1945 au 17 avril 1970.

« A eux deux, la famille Lebas se sera engagée pour la ville de Fresnay pendant 29 ans et aura siégé avec 3 maires : Alexandre Maignan, Jules Roulin, et Jean Riant ».

Le fils aîné d’André Judas (pendant la Seconde Guerre mondiale Jacob, puis Jabert) avait été maire de Pontorson (Manche) de 1971 à 1977 et de 1983 à 1989 et Conseiller général de 1985 à 1992. Il est mort 2005 peu de temps avant la reconnaissance par le peuple d’Israël de Mathilde et André Lebas.

Fabienne Ausserre

 

 

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Fresnay - Mathilde et André Lebas, Justes parmi les nations

jeudi 14 décembre 2017

  Du 11/12/2017

 

 

 

Cyriac Gousset cite les recommandations de son arrière-grand-père à ses enfants pendant l'occupation : « Ne dites surtout à personne qu'il y a des juifs chez nous. Ils nous emmèneraient aussi. » | Ouest-France Samedi, une plaque en l’honneur des époux Lebas a été dévoilée au parc du Château, à Fresnay-sur-Sarthe, sur la musique « La liste de Schindler », jouée par l’harmonie des Alpes mancelles.

Une famille Juste parmi les Nations

Le 20 juin 2005, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem décerne aux époux Lebas le titre de Justes et une médaille à titre posthume, sur laquelle est gravée cette phrase : « Qui sauve une vie sauve l’univers. » En 2015, Cyriac Gousset, l’arrière-petit-fils d’André Lebas, contacte la mairie de Fresnay.

Une belle cérémonie

Samedi, en présence de Marie-Pervenche Plaza, sous-préfète, des élus, et de Marie-France Bensaadon, déléguée Yad Vashem, une plaque en l’honneur des époux Lebas a été dévoilée au parc du Château, tandis que l’Harmonie des Alpes Mancelles jouait la musique du film La liste de Schindler.

Fabienne Labrette-Ménager, maire, a déclaré : « Je suis fière pour ma ville, qui intègre le réseau des villes Justes. »Autres interventions touchantes, celle de Cyriac qui cite la philosophe Hannah Arendt : « S’il est une banalité du mal, il existe aussi une banalité du bien », et celle des enfants de l’école lisant la dernière lettre de Marie, 10 ans, avant d’être déportée.


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Rainvillers : les Justes parmi les Nations à l’honneur

mercredi 29 novembre 2017

Du 28/11/2017

 

 

 

 

Rainvillers, dimanche. C’est un représentant de l’Etat d’Israël, dépêché par l’ambassade d’Israël en France, qui a remis le titre de juste parmi les nations à Simone Le Moal pour le courage de son père et ses grands-parents pendant la Seconde Guerre mondi

A titre posthume, trois habitants de la commune ont été reconnus Justes parmi les Nations. Une place a même été inaugurée en leur nom.

« Ils ont sauvé des juifs, ils ont sauvé la vie. » C’est avec des mots forts que Laurent Lefèvre, le maire (SE) de Rainvillers, a ouvert, dimanche, une cérémonie d’hommage aux Justes parmi les Nations qui ont vécu dans la commune, avant de leur consacrer une place, à l’entrée de la forêt. Un événement organisé sous une forte présence de gendarmerie (hommes armés, chien renifleur…), en raison de la présence d’un diplomate israélien.

Après Louis et Simone Macé, Léon et Jeanne Babin, Auguste et Hortense Marchand en 2016 (ils avaient dissimulé, pendant de longs mois, des Juifs non loin de la forêt), ce sont les Guidi, Gabrielle et Louis-Maurice, ainsi que leur fils Louis-Robert, qui ont été décorés pour leur courage en 1939-1945. A titre posthume, en présence d’un représentant de l’ambassade d’Israël, ils ont été médaillés de Justes parmi les Nations. C’est leur fille et petite-fille, Simone, qui a reçu, émue, ce diplôme. Les Guidi étaient venus s’installer à Paris après la guerre.

« Il a dormi sur le canapé pour nous laisser la chambre »

Et c’est l’une des petites filles cachée par les Guidi dans leur appartement de Paris, Ginette, 10 ans en 1942, qui a raconté cet acte courageux. « Monsieur Guidi a dormi dans le canapé pour nous laisser une chambre. Il a brisé le scellé de notre appartement pour nous rapporter des affaires. Alors qu’on devait rester quelques jours, nous sommes restés deux ans, a-t-elle décrit. Ils ont pris des risques incroyables. »

 Les cris des voisins pour alerter de la rafle de juillet 1942, l’étoile jaune, les menaces des policiers… « Ce sont de vrais héros qui reçoivent la plus haute distinction aux yeux de mon pays », a relaté le diplomate israélien.

Elie Julien

 

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L’Axonais Charles Létoffé reconnu comme un Juste

mercredi 29 novembre 2017

Du 27/11/2017

 

 

 

 

Grâce à son rôle de policier, Charles Létoffé a pu sauver deux couples et une famille avec cinq enfants, de la barbarie nazie.

Ce dimanche 10 décembre, Bernard Létoffé recevra, pour son père, Charles Létoffé, la médaille et le diplôme décerné aux Justes parmi les nations. Une distinction pour ce Soissonnais qui a sauvé des juifs de la barbarie nazie pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le dimanche 10 décembre à 11 heures, Daniel Saada, ministre et directeur du service économique et scientifique auprès de l’ambassade d’Israël, remettra à Bernard Létoffé, pour son père, Charles Létoffé, la médaille et le diplôme décerné aux Justes parmi les nations. Cette distinction honore les personnes qui ont sauvé des juifs de la barbarie nazie pendant la Seconde Guerre mondiale. Charles Létoffé, policier de son état basé à Soissons, était de ceux-là.

Ce patriote, qui avait combattu durant la Première Guerre mondiale, n’avait déjà pas beaucoup d’amitié pour les Allemands. Il ne comptait donc pas les aider à déporter les juifs. Fils de garde champêtre, il devint policier municipal à Soissons, puis membre de la police d’État le 27 mars 1940. Très protocolaire, l’appareil nazi communiquait les rafles à la préfecture qui répercutait l’information à la sous-préfecture, puis au commissariat. « Mon père était donc au courant des arrestations qui devaient avoir lieu », explique Bernard Létoffé. Il entra dans le réseau Libération Nord de la Résistance en 1942.

Tout au long de l’Occupation, et du fait de sa connaissance des arrestations en préparation à l’encontre des juifs de Soissons (français ou étrangers), il réussit à sauver plusieurs d’entre eux. C’est lui qui avertit Charles Knoll, primeur de Soissons, de l’imminence d’une arrestation en juillet 1942. Celui-ci parvint à s’enfuir avec sa femme Hélène Knoll, leurs cinq enfants et leur nourrice (qui n’était pas juive) juste à temps. Ils se cachèrent en banlieue parisienne dans un magasin désaffecté de Boulogne-Billancourt.

Il mit même la sécurité de sa famille en jeu en cachant, dans son pavillon du 36, rue du Paradis, Pinches et Handler Glas. « J’avais 6 ans quand nous avons reçu le couple Glas, se souvient Bernard Létoffé. Mon père cherchait une filière pour les faire passer en zone libre. Pendant ce temps-là, on les gardait dans une chambre d’amis dont les volets étaient toujours fermés. Il ne pouvait pas descendre au rez-de-chaussée car il y avait une grande baie vitrée et on aurait pu les voir. Ma mère leur montait la nourriture et un pot de chambre pour faire leurs besoins. Je dormais dans la pièce d’à-côté et évidemment je ne devais pas parler d’eux quand je sortais. » Le couple fini par rejoindre la zone libre et survivre à la guerre.

Charles Létoffé aida aussi le couple Otchakowski. Noussen et Lisa Otchakowski avaient été arrêtés fin juillet 1944 et envoyés à Drancy le 2 août. Le policier parvint à transmettre des papiers qui leur permirent d’échapper à la déportation. Grâce à son poste, le fonctionnaire avait alors accès à divers documents. « Il pouvait sûrement fournir des faux papiers », commente son fils. Malheureusement, le Soissonnais n’est pas parvenu à sauver plus de monde. « Je pense qu’il a averti d’autres gens du danger, mais ils ne l’ont pas cru », suppose Bernard Létoffé, qui est persuadé par exemple, que son père avait parlé aux Cahen : « Ils ont dû lui répondre que ce n’était pas possible, qu’ils étaient Français, qu’ils ne risquaient rien. » Toutes ces histoires, Bernard Létoffé n’en a jamais vraiment rien su du vivant de son père : « Mon père n’en parlait pas, il ne s’en faisait pas une gloriole. La seule chose que je l’ai entendu dire, c’est qu’il ne comprenait pas que Johnny Hallyday ait reçu la Légion d’honneur, alors que des gens comme lui n’avait pas eu ce privilège. »

Hervé Marti

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Hersin-Coupigny - À l’entrée du jardin public, une plaque à la mémoire de trois Justes

mercredi 15 novembre 2017

Du 11/10/2017

Perrine, maire du conseil municipal des jeunes, a eu l'honneur de couper le ruban au côté des élus adultes.

 

 

 

Le jardin public a fait peau neuve. Entouré de grille en fer forgé, il est plus beau, plus sécurisé. Des tourniquets filtrent les entrées. Les chemins piétonniers invitent à la quiétude et l’aire de jeu attend les rires des enfants. Et puis trois Justes y sont à l’honneur.

Odile Guerrier et Édith Vercaemer, les architectes paysagistes, et leur équipe ont œuvré pour rendre le jardin public agréable et contemporain. Les travaux ont été assurés par l’entreprise Bonnet et les agents des services techniques, dirigés par Bernard Furet, ont participé à la rénovation du site.

À l’entrée du jardin public, à quelques pas de l’hôtel de ville, figurent maintenant les noms de Joséphine et Olivier Bultez, justes parmi les Nations. Des lettres blanches sur les murets en gabions. Entre juin et septembre 1944, le couple a accueilli, au sein de leur famille, dans leur maison à Hersin, Yanchel, alias Jean Breitburd, un juif de 44 ans, afin de le soustraire à la barbarie nazie. Un acte désintéressé et courageux que la municipalité a tenu à honorer en donnant leurs noms à ce lieu où se côtoient plusieurs générations dont certaines ont connu l’horreur du nazisme.

« Nous rendons hommage à des femmes et à ces hommes, assassinés par des êtres barbares, lâches et abjects »

Les époux Bultez ont été honorés par l’état d’Israël, en recevant, à la mairie hersinoise, à titre posthume, la médaille et le diplôme des Justes parmi les Nations. Leurs noms sont gravés à Jérusalem. Joséphine et Jean ont quitté ce monde, respectivement en 1978 et 1980. Mais leurs familles étaient présentes à la cérémonie. David et Nathalie, leurs petits-enfants, étaient venus en compagnie de leurs enfants.

Sylvie Patou 

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A Soubrebost, les Justes parmi les Nations récompensés

lundi 13 novembre 2017

Creuse du 12/11/2017

 

 

 

 

 

 

 

Trois familles creusoises sont désormais reconnues comme Justes parmi les Nations © Radio France - Sarah Vildeuil Trois familles creusoises ont reçu la plus haute distinction civile d'Israël ce dimanche à Soubrebost. Ce sont des Justes parmi les Nations. Deux couples et une femme ont été récompensés à titre posthume pour avoir protégé des enfants juifs pendant la Seconde guerre mondiale.

Au cours de la cérémonie, des écoliers lisent un poème, Le Badge, d'Albert Pesses, un des enfants juifs cachés pendant la guerre en France.
Des enfants rescapés, il y a en trois dans la salle, sauvés par trois familles creusoises, les familles Conchon, Jouannaud et Vallaud. Daniel, aujourd'hui 83 ans, a du mal à contenir son émotion.

"Il y a 74 ans, presque jour pour jour, en novembre 1943, j'arrivais chez Simone. J'avais 9 ans."

Daniel ne lui dira jamais assez merci. " C'est une reconnaissance envers un geste tout à fait bénévole d'une personne qui était elle-même à l'époque en grande difficulté, raconte Daniel. Son mari était prisonnier en Allemagne. Elle devait mener une ferme toute seule. Malgré cela, elle a quand même réussi à protéger un enfant.

Daniel est devenu le grand frère protecteur d'Yvette. La fille de Simone Conchon, devenue grande est fière du geste de sa famille. "Cette reconnaissance pour ma maman, ça me touche énormément, sourit Yvette. Je sais que ma maman serait très heureuse d'avoir cette reconnaissance. C'est beau, c'est très beau."

Yvette et Daniel, à l'occasion de la cérémonie pour les Justes parmi les Nations à Soubrebost © Radio France - Sarah Vildeuil
C'est cette gentillesse qui a poussé Lisa, une autre enfant sauvée, à faire le déplacement depuis les Etats-Unis avec ses enfants et ses petits-enfants. Elle était chez la famille Jouannaud, avec une amie. Dans sa tête, les souvenirs se bousculent. "Il y avait un cerisier à côté de la maison. Avec Anna on a décidé de grimper sur le poulailler. Bien sûr on s'est fait attraper par madame Jouannaud, pas contente, s'amuse Lisa. Mais je comprends pourquoi parce qu'on aurait pu tomber et se blesser. Et elle était responsable de nous." Dominique, la petite fille des Jouannaud se souvient des histoires de Guerre racontées par son grand-père. "Il y avait un porte-manteau dans la salle commune, raconte Dominique. Et il mettait un chapeau et selon la position du chapeau, les parents qui venaient voir les petites savaient s'ils pouvaient rentrer ou pas."
C'est cette gentillesse qui a poussé Lisa, une autre enfant sauvée, à faire le déplacement depuis les Etats-Unis avec ses enfants et ses petits-enfants. Elle était chez la famille Jouannaud, avec une amie. Dans sa tête, les souvenirs se bousculent. "Il y
C'est cette gentillesse qui a poussé Lisa, une autre enfant sauvée, à faire le déplacement depuis les Etats-Unis avec ses enfants et ses petits-enfants. Elle était chez la famille Jouannaud, avec une amie. Dans sa tête, les souvenirs se bousculent. "Il y avait un cerisier à côté de la maison. Avec Anna on a décidé de grimper sur le poulailler. Bien sûr on s'est fait attraper par madame Jouannaud, pas contente, s'amuse Lisa. Mais je comprends pourquoi parce qu'on aurait pu tomber et se blesser. Et elle était responsable de nous." Dominique, la petite fille des Jouannaud se souvient des histoires de Guerre racontées par son grand-père. "Il y avait un porte-manteau dans la salle commune, raconte Dominique. Et il mettait un chapeau et selon la position du chapeau, les parents qui venaient voir les petites savaient s'ils pouvaient rentrer ou pas."

Sarah Vildeuil
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