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SAINT-OFFENGE - Honorés pour avoir sauvé des enfants juifs durant la guerre

samedi 10 décembre 2016

Du 29/11/2016

 

 

 

“Quiconque sauve une vie sauve l’humanité”. Cette phrase, extraite du Talmud, est gravée sur chaque médaille que remet l’État d’Israël en reconnaissance des actions d’humanité et de courage des “Justes parmi les Nations” qu’il honore. Des actes de bravoure dont ont fait preuve Séraphine et Louis Darvey ainsi que Marthe et Jean-Claude Burnat pendant la Seconde Guerre mondiale. Installés à Saint-Offenge et au Montcel, ces quatre Savoyards, aujourd’hui disparus, avaient accueilli chez eux deux enfants juifs de 1943 à 1945 : Rachel et David Tropper.

Une cérémonie pour ne pas oublier

En l’honneur de ces familles, une cérémonie d’une grande dignité et empreinte d’une vive émotion s’est déroulée dimanche dans la salle polyvalente de Saint-Offenge, en présence des descendants, d‘élus, de nombreux habitants et de Rachel Tropper, aujourd’hui âgée de 77 ans. Un moment solennel, débuté avec la chanson “Nuit et brouillard” de Jean Ferrat, durant lequel la médaille et le diplôme des “Juste parmi les Nations” ont été remis aux époux Burnat et Darvey à titre posthume.

« Plus de 70 ans après la fin de la guerre, il est important de ne pas oublier tous ceux qui ont participé aux actes quotidiens de résistance contre l’occupant, de ne pas oublier tous ces Français qui discrètement, dans leur coin et sans rien dire, ont sauvé de la barbarie nazie des millions de familles juives et caché des milliers d’enfants au péril de leur vie sans attendre aucune gloire de leur action, aucune reconnaissance », a évoqué le maire de Saint-Offenge, Bernard Gelloz.

Des familles qui ont risqué leur vie, à l’image des époux Burnat et Darvey, pour cacher, loger, nourrir et soutenir tous ces enfants par pure solidarité humaine. « Tout le monde savait mais personne ne disait rien… Aujourd’hui, il est important que le courage de ces familles soit honoré », a poursuivi le maire. « Les époux Burnat et Darvey sont allés bien au-delà du sauvetage de Rachel et David. Ils leur ont assuré, malgré les dangers de l’occupation allemande, un quotidien affectueux, leur ont donné un foyer. Et surtout, ils leur ont permis de fonder une famille », a rappelé Joseph Banon, délégué régional du comité français pour Yad Vashem.

« La victoire de l’héroïsme ordinaire »

Pour sa part, Dominique Dord, député-maire d’Aix-les-Bains, a salué « la victoire de l’héroïsme ordinaire », tout en rappelant que ces actes d’humanité « font la fierté des villages de Saint-Offenge et du Montcel mais aussi de chacune et chacun d’entre nous ».

Dans un témoignage plus personnel, Nathalie Schmitt, conseillère départementale, a narré, avec émotion, l’histoire de son père et de son oncle, eux aussi accueillis et protégés dans un petit village de la Creuse pour échapper aux Allemands : « Sans des personnes comme vos parents et vos grands-parents, je ne serais sûrement pas là aujourd’hui ».

 

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Le soldat qui avait sauvé 200 prisonniers de guerre juifs américains récompensé

samedi 10 décembre 2016

Du 25/11/2016

 

 

 

Le Sergent Roddie Edmonds avait refusé de révéler à un commandant allemand durant la Seconde Guerre mondiale quels soldats placés sous sa direction étaient Juifs 

Un prisonnier de guerre américain qui avait protégé 200 autres détenus Juifs venus eux aussi des Etats-Unis au cours de la Seconde Guerre mondiale va être élevé au statut de Juste à titre posthume par la Fondation juive éponyme.

La Fondation va remettre sa médaille de Yehi Ohr au Sergent Roddie Edmonds, qui avait refusé de révéler au commandement allemand durant la Seconde Guerre mondiale quels soldats placés sous son commandement étaient Juifs, alors qu’il était détenu au camp de prisonniers du Stalag IXA.

La cérémonie de remise de prix aura lieu le 28 novembre à la Bibliothèque municipale de New York. Son fils, le Pasteur Chris Edmonds, y acceptera la récompense au nom de son défunt père.

Edmonds avait été capturé au cours de la Bataille des Ardennes par l’armée allemande le 19 décembre 1944.

En tant qu’officier de haut-rang dans ce camp de détention, Edmonds avait la responsabilité de l’ensemble des autres 1 292 prisonniers américains. Le commandant du camp avait ordonné à Edmonds d’identifier les soldats juifs dans le but de les séparer des autres détenus.

Edmonds avait refusé et, lorsque le commandant allemand avait placé son revolver contre sa tempe, exigeant l’identification des combattants juifs, Edmonds avait répondu : “Nous sommes tous Juifs ici”, refusant de désigner les soldats juifs et sauvant par conséquent leurs vies.

Edmonds a survécu à ses cent jours de captivité, et est retourné chez lui après la guerre. Il n’a jamais raconté ses actions à sa famille. Il est mort en 1985, et son héroïsme n’a été reconnu que longtemps plus tard.

La Fondation rendra également hommage à plusieurs militaires juifs survivants qui ont été sauvés par Edmonds.

“Au cours des années, nous avons travaillé et nous avons rendu hommage à un grand nombre de survivants de l’Holocauste ainsi qu’à ceux qui leur ont sauvé la vie, mais l’histoire du Sergent Roddie Edmonds – qui a pu épargner la mort à 200 soldats Juifs américains – permet clairement de distinguer l’homme et le chef qu’il fut ».

« Même si malheureusement, nous n’avons pas eu le privilège de l’honorer alors qu’il était encore parmi nous, j’espère que cette année, la remise du prix de Yehi Ohr montrera la gratitude et l’appréciation que nourrit notre nation envers son attitude qui fut héroïque ce jour-là », a expliqué Harvey Schulweis, qui a également créé la Fondation.

A l’événement également, le Prix d’excellence Robert I. Goldman de l’Enseignement de l’Holocauste sera remis à Michael Gadilhe, professeur en sciences sociales du lycée catholique John Carroll à Birmingham, dans l’Alabama, pour son engagement à expliquer sans relâche ce que fut l’Holocauste à sa communauté.

La Fondation juive pour les Justes apporte une assistance financière mensuelle à plus de 425 Justes parmi les Nations dans le besoin, qui vivent dans 20 pays et parraine un programme d’enseignement de l’Holocauste en direction des professeurs.

 

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Vladimír Vochoč décoré du titre de « Juste parmi les Nations »

jeudi 8 décembre 2016

Ancien consul tchécoslovaque à Marseille, Vladimír Vochoč, parfois comparé à Oskar Schindler, a reçu lundi à Prague à titre posthume la distinction de « Juste parmi les Nations », un titre décerné au nom de l’État d’Israël par le mémorial de Yad Vashem. En poste dans la cité phocéenne de 1938 à 1941, Vladimír Vochoč avait délivré des passeports tchécoslovaques à des réfugiés juifs leur permettant ainsi de fuir le régime vichyste et la menace allemande.

David Vochoč et l'ambassadeur israélien, Gary Koren, photo: ČTK « Il n'était pas un héros de guerre typique, mais plutôt un homme qui savait profiter, prendre du plaisir dans la vie. Il n'avait pas peur d'enfreindre les règles. Il s'est senti obligé d'agir », a déclaré David Vochoč, l'arrière neveu de l'ancien diplomate tchécoslovaque. Au palais Černín, siège du ministère des Affaires étrangères, où Vladimír Vochoč avait également travaillé avant la Deuxième Guerre mondiale, son arrière-neveu a reçu à sa place la médaille sur laquelle on peut lire : « Quiconque sauve une vie, sauve l'univers tout entier ».

Titulaire de la plus haute distinction honorifique israélienne, Vladimír Vochoč a ainsi rejoint la liste des 115 citoyens tchèques considérés comme des « Justes parmi les Nations » ; il y en près de 25 000 à travers le monde, distingués pour avoir pris des risques importants pour sauver des juifs en situation de grand danger.

Le diplomate, qui a assuré différents postes à travers toute l’Europe dans l’entre-deux-guerres, est nommé consul à Marseille en 1938. Il décide de rester dans la cité phocéenne malgré la débâcle française de juin 1940 et alors que le régime de Vichy, favorable à la collaboration avec les Allemands, est instauré dans la moitié sud du pays. Ce spécialiste du droit international, parfaitement francophone, continue de jouer son rôle de consul dans des circonstances quelque peu floues puisque de fait la Tchécoslovaquie a cessé d’exister : la région des Sudètes a été annexée par le Reich qui occupe le reste d’un pays désormais dénommé Protectorat de Bohême-Moravie, tandis que la Slovaquie est devenue un Etat satellite.

Parmi ses activités, il fournit des passeports à des personnes menacées par les Allemands afin qu’elles puissent s’enfuir, la plupart vers les Etats-Unis ou les Antilles françaises, via l’Espagne et le Portugal. Secrétaire de la Fédération des communautés juives, Tomáš Kraus explique :

« Il ne s’agissait pas seulement de réfugiés juifs. Il a fourni une aide en fait à tous les Tchécoslovaques avec la création d’une structure à cette fin. Son activité a duré presque une année, ce qui constitue une durée relativement importante au vue de la situation à cette époque dans le pays. Personnellement, je pense que sa motivation première était d’aider les Tchécoslovaques qui étaient menacés, qui fuyaient les nazis. Et il y avait de façon logique des juifs parmi eux. »

En collaboration avec Donald A. Lowrie, un Américain cadre de l’organisation YMCA, Vladimír Vochoč crée le Centre d’aide tchécoslovaque, dont l’objectif est de trouver un logement et de fournir une aide alimentaire à 600 soldats tchécoslovaques démobilisés en Provence. Il parvient à en évacuer plusieurs dizaines vers Casablanca.

Varian Fry, photo: US Holocaust Memorial Museum  C’est avec un autre Américain, Varian Fry, que s’organise le gros du travail d’évacuation de personnes menacées. Ce journaliste, âgé de 32 ans en 1940, est en mission à Marseille pour aider des intellectuels et des militants antifascistes, une activité qui lui vaudra plus tard de recevoir ce titre de « Juste parmi les nations ». Vladimír Vochoč accepte de délivrer des passeports à tout individu que lui recommande Varian Fry, lequel assure le financement de l’opération. Le jeune Américain aurait ainsi permis à plus de 2500 personnes de quitter la France, sans qu’il soit possible de déterminer le nombre exact de celles qui reçurent des papiers grâce à l’action de son complice tchécoslovaque. L’écrivain expressionniste Leonhard Frank ou encore l’historien Ernst Stein auraient bénéficié de ses services. Tomáš Kraus commente :

« En collaboration avec Varian Fry, Vladimír Vochoč a réussi à délivrer des passeports qui étaient pourtant quelque peu différents des passeports tchécoslovaques standards, mais qui n’en étaient pas moins valables. Il y a là réellement des histoires qui mériteraient d’être adaptées au cinéma. »

Vladimír Vochoč, photo: Archives nationales de Prague  Quelques épreuves attendent encore M. Vochoč. Arrêté par la police française en mars 1941, il est d’abord interné avant de parvenir à rejoindre le Portugal puis l’Angleterre où il effectue différentes tâches administratives. De retour dans sa chère Tchécoslovaquie natale, il est victime d’un procès politique dans les années 1950 et condamné à treize années d’enfermement. Après sept ans passés derrière les barreaux, Vladimír Vochoč est amnistié en 1960, puis sa condamnation est annulée quelques années plus tard. L’ancien consul à Marseille vit alors à Prague où il est mort en 1985, à l'âge de 91 ans.

 

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Montréjeau - Un hommage solennel aux «Justes parmi les Nations»

jeudi 8 décembre 2016

Du 14/11/2016

 

 

 

 

Eric Miquel acceuille Serge Askienzi Pour les journées du patrimoine l'hommage fait aux «Justes parmi les Nations» ( notre article du 21.09 dernier) a permis le 10 novembre une rencontre avec Serge Askienazy accompagné de son épouse. Ce septuagénaire a été hébergé en 1940 à Montréjeau dans la maison de la famille Augendre Marien et Jeannette. Très touché par l'implication des élèves du Collège Bertrand Laralde avec la réalisation du film “La Mémoire des Justes”, Serge Askienazy est venu passer une journée auprès des Montréjeaulais pour évoquer les souvenirs de ces moments où sa famille fuyait les nazis. Il est 9 heures pour commencer cette journée d'Hommages et de Souvenirs, Éric Miquel et son Conseil municipal avaient réuni pour accueillir Serge Askienazy, les collégiens réalisateurs du film, Gérard Dufor, Jean Tornamorell, Luce Porté (excusée), les responsables du collège, la Communauté de Communes NRV représenté par Jean Paul Manent et les hôtesses en séjours et de nombreux invités. On notera la présence de Francine Théodore-Lévèque Déléguée Régional Midi-Pyrénées du Comité Français pour Yad Vashem. Après le mot d'accueil du maire, Serge Askienazy, visiblement ému, va avoir ses premiers mots pour remercier les élèves.

Un moment chargé d'émotions

«Je suis arrivé à l'âge de 3 ans et je suis reparti j'avais 5 ans. À Montréjeau nous avons trouvé la vraie signification de «Yad Vashem» Yad la main et Vashem le nom. La main nous a été tendue à Montréjeau. Quatre-vingts familles ont été accueillies dans cette petite ville de 4000 habitants à l'époque. Au début nous n'avions rien à manger. Quelques familles, quelques commerçants et l'instituteur, nous ont apporté leur aide». Reprenant la parole Éric Miquel « je voudrais réparer un oubli de l'histoire : avec beaucoup de retard je remets la médaille de la ville Gérard Dufor, Jean Tornamorell et Luce Porté pour honorer leur famille». Les discussions se sont poursuivies autour d'un petit-déjeuner. Il est un peu plus de 10 heures, Serge Askienazy va se rendre sur divers sites de son enfance, renouer avec ce passé. Le début d'après-midi après la diffusion du film aux Variétés Serge Askienazy répondra aux questions des collégiens. Cette journée a été riche en émotion.

Patrimoine et citoyenneté

Les journées Européennes du patrimoine ont été marquées à Montréjeau par l'hommage fait aux «Justes parmi les Nations». Cette année le thème est «Patrimoine et Citoyenneté». L'Office de Tourisme Intercommunal de Montréjeau et la Communauté de communes Nébouzan-Rivière-Verdun ont souhaité mettre à l'honneur les “Justes parmi les Nations” de notre territoire pour ces Journées. L'idée est lancée, au collège Nathalie Salles professeur d'histoire géographie séduite par le projet reçoit l'aval du proviseur Romain Daujam. Un groupe d'élèves se constitue, Jérôme Etchécopar cinéaste bénévole sera le moteur. Au travers de témoignages, les élèves du Collège Bertrand Laralde de Montréjeau ont réalisé un film sur la thématique “La Mémoire des Justes” qui met en valeur l'action citoyenne des Justes et le patrimoine humain.

Alain Mas

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Lédignan : hommage aux Justes parmi les Nations

jeudi 8 décembre 2016

Du 10/11/2016

 

 

 

Une émouvante cérémonie s’est tenue samedi 5 novembre en présence des familles et amis des quatre Justes de Lédignan.

À Lédignan, durant la Seconde Guerre mondiale, plusieurs personnes ont hébergé des Juifs et obtenu, bien plus tard, le titre de Juste parmi les Nations. Samedi 5 novembre, Bernard Cauvin, maire du village, a inauguré un parvis pour leur rendre hommage, près du collège.

Les familles et amis des couples Miolan et Muller, Justes parmi les Nations, et amis et famille Lévita, Judkiewicz et Szwarcberg secourus à Lédignan pendant la Seconde Guerre mondiale ont pris la parole : « Cette célébration est d’abord une véritable cérémonie de famille entre ceux qui ont été sauvés, ceux qui ont sauvé des vies et l’ensemble des Lédignanais. En 2003, le pasteur Roger Muller et sa femme Esther ont reçu la médaille des Justes parmi les Nations en signe de gratitude pour l’accueil en 1941, d’Annette Lévita, qui fuyait la Gestapo. En 2014, l’institut Yad Vashem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Lucienne et Ismaël Miolan, ancien gérant de la cave coopérative, pour avoir hébergé en 1942 plusieurs membres des familles Judkiewicz et Szwarcberg. Alors que l’indifférence du temps qui passe aurait pu conduire à ce que ces actes s’effacent, le conseil municipal a choisi de leur donner la reconnaissance qu’ils méritent en leur attribuant ce lieu.  »

Les enfants du pasteur Muller prirent ensuite la parole : « Mme Lévita a souvent rencontré notre mère. Nous n’avons appris que 50 ans plus tard ce que nos parents avaient fait pendant la guerre. Ils n’en avaient jamais parlé. Ils avaient laissé s’exprimer leur coeur pour que dans la nuit noire de cette période, un peu d’espoir renaisse. » Le docteur Mickaël Iancu, délégué régional du comité français pour Yad Vashem, a rappelé la phrase gravée sur chaque médaille des Justes :  » “Quiconque sauve une vie, sauve l’humanité toute entière.” L’état d’Israël a rendu hommage à ces quatre personnes qui, au risque de leur propre vie, ont su défendre les valeurs de justice et de paix. Ils sont des lumières dans la Shoah. Lédignan vient de rejoindre les 1 017 communes de France qui ont honoré leurs Justes.  » La plaque portant leurs quatre noms fut ensuite dévoilée au public par les enfants Muller et Miolan.

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Espartignac, en Corrèze, un couple distingué à titre posthume

lundi 21 novembre 2016

Du 20/11/2016

André et Marie Grangeon ont caché une famille juive dans leur ferme d'Espartignac, pendant la guerre. Ce dimanche 20 novembre, ils ont reçu la médaille de "Justes parmi les Nations", la plus haute distinction délivrée par l'Etat d'Israël. 

La commune d’Espartignac a vécu hier matin, un événement rare et hautement symbolique, la remise de médaille «Justes parmi les Nations».
Cette cérémonie, à l’initiative du comité français Yad Vashem, honorait l’action de Marie et André Grangeon qui ont caché une famille juive, Herman Merkin, sa femme, Marjema, leur fils William et un ami de la famille, David Sheinberg à partir de l’été 1942 dans leur ferme du Bois Lafage sur la commune d’Espartignac.
La cérémonie a débuté par la chanson «Nuit et brouillard» de Jean Ferrat, interprétée a capella par Hélène et Raymond Lauxire. L’émotion était déjà palpable et est allée crescendo. «La route a été longue pour arriver à cette cérémonie. Nous n’oublions rien de notre passé, nous avons le devoir de transmettre notre mémoire» soulignait Françoise Chategnier, maire d’Espartignac avant de rappeler le contexte des années 42-43 et de donner lecture du message d’Aimée Pouget, fille d’Antoine Pouget, résistant qui sera arrêté par les allemands. «En cette période troublée, il faut redire qu’il est toujours possible d’agir contre la barbarie» insistait Françoise Chategnier.
Délégué régional du comité français Yad Vashem, Gérard Benguigui précisait la signification de cette cérémonie en hommage aux «Justes parmi les Nations» et le rôle du mémorial Yad Vashem:   perpétuer le souvenir des 6 millions de juifs assassinés par les Nazis et leurs collaborateurs de 1933 à 1945, honorer tous les actes d’héroïsme et de sauvetage se rapportant à l’holocauste de la deuxième guerre mondiale, enseigner aux générations suivantes cette histoire comme «une balise d’avertissement contre l’antisémitisme, la haine et les génocides à travers le monde». Ce mémorial est également le lieu où l’on rend hommage aux «Justes parmi les Nations», la plus haute distinction civile de l’état d’Israël pour qualifier «les non juifs vertueux œuvrant avec compassion et justice», «des personnes non juives qui choisirent de sauver des juifs en danger au péril de leur vie».
Gérard Benguigui indiquait qu’au 1er janvier 2016, 26.119 «Justes parmi les Nations» ont été recensés dans le monde et parmi eux on compte 3.295 Justes de France dont 53 dans notre département. «A Espartignac, ces héros ont un nom : André et Marie Grangeon. Ils ont bravé tous les périls, méprisé le danger et n’ont écouté que ce que leur dictait leur conscience. Ils ont donné au mot fraternité son sens le plus noble et le plus profond» soulignait-il pour rendre hommage «à ces héros anonymes ]...[ qui ont su dire non à la barbarie, à cette indigne chasse à l’homme et à l’enfant, aux lois d’exception et de l’arbitraire».
Evoquant le contexte actuel marqué par le retour de la haine antisémite, il interrogeait «sommes-nous de nouveau entrés dans une ère où les juifs devront se cacher et appeler à leur secours les «Justes» du XXIe siècle». Gérard Benguigui invitait la commune d’Espartignac à rejoindre le réseau des «villes et villages des Justes de France» afin de témoigner du devoir et du droit à la mémoire «afin que les jeunes générations soient averties du danger de l’intolérance, du racisme, de l'antisémitisme, du négationisme».
Après la lecture du poème «Le badge» par la jeune Pauline, David et Serge Merkin, fils de William (Willy) et Myrian Merkin représentant les petits enfants, venus des Etats-Unis où ils résident, ont témoigné de l’engagement de Marie et André Grangeon. «Notre père a toujours admiré la façon dont la famille Grangeon a agi».
Avant de remettre le diplôme et la médaille de «Justes parmi les Nations» à Michel Demonjean, Gérard Benguigi précisait «ça ne se fait pas à la légère, c’est un tribunal qui le décide sur la base de témoignages fiables».  Emu, Michel Demonjean expliquait sa démarche avec Willy Merkin, pour faire reconnaître l’acte honorable de Marie et André Grangeon. «S’il n’y avait pas eu tes grands parents, je ne serais pas ici» lui avait confié Willy Merkin en racontant le courage du couple.
La lecture du poème «Les Justes» par Esteban, la version chantée du Chant des partisans, les allocutions d’Alain Ballay, député de la circonscription Tulle-Ussel, de Cédric Verline secrétaire général de la préfecture, rendant hommage au couple Grangeon, «des gens qui au péril de leur vie ont montré toute l’humanité de la France» ont conclu cette très émouvante cérémonie qui s’est achevée par une minute de silence, suivie de l’interprétation des hymnes nationaux «l’Hatikva» et «La Marseillaise» entonnée par la nombreuse assistance.

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