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Clichy : Yvonne et Edmond ont sauvé trois juifs pendant la guerre

samedi 20 avril 2019

Du 29/03/2019

 

 

 

 

Clichy : Yvonne et Edmond ont sauvé trois juifs pendant la guerre Les deux fils de Rachel rendront hommage dimanche à la mémoire de ce couple de Clichy qui a caché leur mère, leur tante et son fils à partir de l’hiver 1942 et jusqu’à la Libération.

Pour les voisins du 77, rue de Paris, à Clichy, Esther était madame Germaine et sa sœur Rachel madame Raymonde. Des noms d’emprunt trouvés par Yvonne, qui dans le chaos de la France occupée, décida de venir en aide aux deux jeunes femmes et à Serge, 10 ans, le fils d’Esther.

Ce dimanche matin à 10h30, une plaque commémorative en mémoire d’Yvonne et de son mari Edmond Fournier sera dévoilée devant le 11, rue Pasteur, immeuble tout proche où les Fournier se sont ensuite établis, laissant l’appartement de la rue de Paris à Rachel et Esther. Une cérémonie qui intervient dix ans après la médaille de Justes parmi les Nations décernée au couple à titre posthume. Cette distinction est décernée par l’Etat hébreu à des personnes non juives qui, au péril de leur vie, ont aidé des Juifs persécutés par l’occupant nazi.

« Yvonne et Edmond, c’est notre famille »

 
C’est à compter de l’hiver 1942 qu’Yvonne accueille dans le petit appartement de la rue de Paris les deux sœurs originaires de Pologne. Esther, Rachel et Serge viennent d’échapper à la rafle du Vél d’Hiv, en juillet 1942, au cours de laquelle plus de 13 000 juifs sont arrêtés et déportés. « Deux femmes seules, sans mari, avec un petit garçon et un fort accent slave… Personne dans le quartier ne devait être dupe. Mais personne ne les a dénoncés », souffle Roland, qui tient à rendre hommage à tous les Clichois dans le discours qu’il prononcera ce dimanche matin.

Si les deux sœurs sont seules, c’est parce que le mari d’Esther, Zélik, a été arrêté dès mai 1941. Et déporté à Auschwitz en juin 1942 dans l’un des tout premiers convois. « Nous n’avons jamais connu notre oncle, il a été tué dès son arrivée », racontent Jean-Pierre, né en 1946 et Roland, en 1948.

Leur père, Roger, échappe aux camps de concentration. « Il était soldat français et a été mobilisé une semaine après son mariage. Et capturé en 1940 à Dunkerque. Il a donc passé la guerre comme prisonnier militaire », raconte Roland, qui possède toujours le bracelet de soldat son père. Lequel ne découvrira qu’en mai 1945 l’existence des Fournier.

Yvonne et Rachel. DR.
Lorsque Esther et Rachel rencontrent Yvonne, cette dernière est également seule. Ses deux filles nées d’une première union sont en pension en zone libre, et son compagnon Edmond Fournier a été envoyé en Allemagne pour le service du travail obligatoire (STO). « C’est au cours d’une permission qu’Edmond découvre qu’Yvonne cache des juifs dans leur appartement. Immédiatement il approuve et soutient sa compagne », raconte Roland.

Un portrait photo pour échapper à la Gestapo

Des histoires et des anecdotes racontées par leur mère, disparue en 2016 à l’âge de 102 ans, il en existe de nombreuses. Comme celle liée au portrait de Rachel et Serge.

« Ils étaient boulevard Bonne-Nouvelle à Paris et se sont précipités chez un photographe en voyant des agents de la Gestapo qui arrêtaient des passants. Le photographe a alors conseillé à ma mère d’aller se maquiller tranquillement dans la pièce du fond car il avait encore des choses à faire », raconte Roland, persuadé que le photographe leur a ainsi sauvé la vie.

Paris, 25 mars 2019. Roland et Jean-Pierre, fils de Rachel, cachée pendant la guerre à Clichy par Yvonne et Edmond Fournier.

Dans les albums souvenirs, les photos des deux familles se mélangent et racontent la même histoire. Un devoir de mémoire essentiel pour les deux frères qui redécouvrent un cliché d’eux, enfants, sur les allées Gambetta. « Nous avons passé quelques années dans le minuscule appartement de la rue de Paris, quand notre père avait son atelier de confection un peu plus bas dans la rue », se souviennent-ils.

Ce n’est qu’en 1953 qu’ils quittent Clichy pour s’installer rue des Francs-Bourgeois, à Paris. « Mais on revenait souvent pour voir les Fournier et nous sommes aujourd’hui encore en contact avec les petits-enfants d’Yvonne », insistent-ils. Même s’il ne reste désormais plus qu’eux pour raconter l’histoire d’amitié entre Yvonne, Rachel et Esther dans un Paris occupé. Et le courage exemplaire de cette Clichoise.


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TÉMOIGNAGE. "Grâce à eux, j’ai pu échapper à la barbarie nazie"

jeudi 18 avril 2019

Du 18/03/2019

 

 

 

 

De gauche à droite : René Riaud, maire, Alain de Gorce et Marie-France Jarnier (descendants des trois médaillés) et Simon Grinsztajn, juif sauvé par des Bretons pendant la guerre 39-45. Ouest france Simon Grinsztajn a survécu pendant la Seconde Guerre mondiale grâce à l’accueil de trois Bretons, habitant Sixt-sur-Aff, près de Redon. 170 personnes étaient réunies ce dimanche après-midi à l’espace de l’Aff de Sixt-sur-Aff, à l’occasion de la remise de médailles des Justes parmi les Nations, à titre posthume.

« Nous sommes tous réunis afin d’honorer la mémoire de Léonie, Marie-Ange et Félix Jarnier. Grâce à eux, j’ai pu échapper à la barbarie nazie. » À près de 90 ans, Simon Grunsztajn se souvient toujours très bien des épreuves que sa famille a subies pendant la Seconde Guerre mondiale. Son père, Benjamin, et son oncle, Herzl, s’étaient engagés dans la Légion étrangère en 1939. Démobilisée en juin 1940, la famille se retrouvait au complet à Paris. Cela ne dura qu’un an.

En mai 1941, Herzl est convoqué, arrêté puis interné au camp de Pithiviers. Il sera déporté et assassiné l’année suivante, tout comme sa femme et ses deux filles. À partir de ce mois de mai, la famille de Simon entre dans la clandestinité. Et échappe miraculeusement à la rafle du 16 juillet 1942. « Après cela, on m’a mis dans une ferme dans le Loiret, en pension » , relate Simon. Ses parents et sa sœur se cachent dans le Loir-et-Cher. Le fermier découvre quelques mois plus tard qu’il a été dénoncé et renvoie l’enfant de 12 ans ans à Paris, en train.

Un nom d’emprunt

« Je me suis retrouvé à errer dans Barbes, quartier que je connaissais bien, à la recherche d’un peu d’aide. Mais je n’ai trouvé que des portes fermées. » Sa chance tourne lorsqu’il se souvient de Jean, son camarade de jeu. « C’est sa mère, Léonie Luiggi (son nom d’épouse, NDLR), qui a ouvert. Elle m’a logé, coiffé et nourri » , raconte-t-il avec émotion.

Sans attendre, elle l’emmène au matin chez sa sœur, Marie-Ange Fontaine, qui vit avec sa fille dans une maison composée d’une seule pièce. Simon découvre alors l’un des hameaux de Sixt-sur-Aff, Noyal. Il prend un nom d’emprunt : Simon Benjamin. « Dès le deuxième jour, j’ai fait connaissance des voisins. Tout de suite, je me suis trouvé en sécurité, bien intégré. Les habitants avaient toujours le sourire. »

Dans l’impossibilité d’aller à l’école, il évite de quitter la maison et ses environs, par précaution. « Pour me rendre utile, j’ai participé aux travaux des champs avec Félix Jarnier, le frère de Marie-Ange et Léonie. Je suis devenu un petit Breton. » À la Libération, il a pu retrouver sa famille à Paris.

« Au péril de leur vie »

Soixante-dix-sept ans après les faits, ces trois habitants de Sixt-sur-Aff ont été mis à l’honneur ce dimanche après-midi, à l’espace de l’Aff. Ils ont reçu, à titre posthume, la médaille de Juste parmi les Nations. « Jusqu’à aujourd’hui, on comptait dix-neuf Bretons qui ont obtenu cette distinction » , note Roland Korenbum, délégué régional du comité français Yad Vashem, qui décerne ces médailles. « C’est un motif de très grande fierté et d’intense émotion que d’accueillir ici cette cérémonie. Elle met en avant des héros du quotidien, qui ont décidé de tendre la main, au péril de leur vie » , note le maire, René Riaud, qui a échangé longuement avec Simon, par correspondance, depuis 2016.

Deux des descendants de la famille Jarnier étaient présents. « Ils ne voulaient pas faire de cet acte un sujet de glorification. C’était un témoignage de leur esprit d’ouverture et de leur patriotisme. Je suis fière de mon père, Félix, de tous ce qu’il a fait avec les moyens qu’il avait » , explique Marie-France Berthier, au micro, devant 170 personnes. « J’ai aussi une pensée pour les membres de la famille de Simon Benjamin qui n’a pas eu la chance de s’en sortir », ajoute Alain de Gorce.


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Les "Justes" Yvonne et Edmond Fournier honorés

jeudi 18 avril 2019

Du 1/4/2019

 

 

 

 

Yvonne et Edmond Fournier
Le 31 mars, au 11, rue Pasteur, a été dévoilée de la plaque commémorative en mémoire d’Yvonne et Edmond Fournier, nommés « Justes parmi les Nations », en présence de Rémi Muzeau, Maire de Clichy, conseiller départemental des Hauts-de-Seine, du conseil municipal, du président et des délégués du Comité Français pour Yad Vashem, et des représentants de l’ACIP-Clichy 92. 

 

 

La médaille des Justes parmi les Nations est décernée par l’institut Yad Vashem aux personnes non-juives qui ont sauvé des juifs sous l’occupation nazie, au péril de leur vie. 

Yvonne et Edmond Fournier, Justes parmi les Nations

Zélik et Esther Sukiennik, née Tracz, sont originaires de Kosów en Pologne. Ils émigrent et s’installent en 1929 dans le 10e arrondissement de Paris. Zélik travaille à l’usine métallurgique Rachline à Saint-Denis.

En 1932, le couple a un fils : Serge. En 1936, la sœur d’Esther, Rachel Gotlib, émigre à son tour et vient les rejoindre. De nationalité française, Serge grandit dans une famille parlant le yiddish mais apprend le français grâce à une voisine, Louise Rumel, puis à l’école communale. Avant-guerre, Zélik décide de créer avec un associé leur propre entreprise : «Lit-Métal».

Au début de la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, Esther, Rachel et Serge sont évacués à Piacé près de Beaumont-sur-Sarthe. Ils reviendront à Paris à la fin des combats.

Dès 1940, des lois antisémites sont promulguées. L’entreprise Lit-Métal est « aryanisée ». En 1941, Zelik est arrêté, et mis derrière les barbelés de Beaune-la-Rolande. Il sera déporté vers Auschwitz en 1942.

Serge, sa mère et sa tante échappent à la rafle du Vel d’Hiv. Ils se cachent dans les sanitaires communs de leur immeuble. Leur voisine, Louise Rumel, vient les avertir de la fin de la rafle et tous trois vont se réfugier auprès d’un oncle, avenue de Saint-Ouen. Celui-ci passe en zone dite «libre» avec son épouse et leur fils. Dans l’appartement qui semble inoccupé, restent dissimulés les trois rescapés de la rafle.

Une voisine, Mme Renard, n’ignorait pas leur présence et accueillait volontiers Serge, qui ne pouvait évidemment plus fréquenter l’école. Pour compléter sa retraite, cette dame pratiquait la cartomancie. Au nombre de ses clientes figurait Yvonne Allanic, laquelle s’étonnait de voir régulièrement Serge quand elle se faisait tirer les cartes.

Yvonne, comprenant la situation périlleuse des persécutés, leur offre un abri moins précaire dans un petit appartement au 77 de la rue de Paris, à Clichy, alors qu’elle-même réside non loin, dans un autre appartement, au 11 de la rue Pasteur.

Yvonne Allanic est secrétaire à l’usine Citroën de Clichy. D’un premier mariage, elle a deux filles, Jeannine et Anne-Marie, toutes deux en pension. Son compagnon et futur mari, Edmond Fournier, a été contraint de partir travailler. Profitant d’un congé et se dérobant au STO, il approuve la mise à l’abri des trois juifs. Il veut lui aussi les aider et leur marque une grande tendresse.

Serge, sa mère et sa tante, pourront ainsi attendre la Libération, rue de Paris. Pour le voisinage, Esther s’appelait Mme Germaine et sa soeur Rachel, Mme Raymonde.

Serge : «Pour décrire la nature de nos relations avec Yvonne, je dirais que nous formions quelque chose qui ressemblait à une famille, partageant les peines et les joies. Lorsque Edmond Fournier revint à Clichy, il nous accepta sans réticence aucune et participa lui aussi à notre sauvetage. Yvonne, d’abord seule, puis avec le concours d’Edmond, nous a apporté un soutien moral inappréciable, qui a soutenu le courage de ma mère et de ma tante, et qui nous a permis de tenir jusqu’au bout. Il n’a jamais été question d’argent entre Yvonne et nous. De toutes façons, nous n’aurions pas été en mesure de récompenser qui que ce soit. Toute activité était interdite à ma mère et à ma tante (...) Ce qui est certain, c’est qu’Yvonne était une personne d’une rare détermination. Elle n’hésita pas à maculer des documents officiels pour éviter à son compagnon, plus tard son mari, de retourner en Allemagne après une permission. C’était d’ailleurs quelqu’un de très modeste et d’une grande simplicité, qui voyait en son action non pas de l’héroïsme mais simplement la réponse à une nécessité intérieure

Témoignage de Rachel Gotlib-Tracz (2007)

Yvonne nous a pris sous sa protection et nous a soutenus par sa présence et son courage pendant toute cette difficile période, et nous a donnés le meilleur d’elle-même de façon totalement désintéressée (...).
Yvonne, avec l’aide d’Edmond, nous a sauvé la vie, nous a donné sa protection et son affection durant cette période de tous les dangers. Elle a pris, pour elle et pour les siens, des risques énormes, sans jamais hésiter, sans arrière-pensée. Nous sommes restées très proches et en relation permanente, en dépit de l’éloignement géographique, jusqu’à la fin de sa vie. Je serais heureuse, avant de partir moi-même, qu’il soit rendu hommage à sa mémoire.»

 


 

 
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Seine-et-Marne. Les époux Guillet, Justes parmi les nations, entrent dans l’histoire à Donnemarie-Dontilly

jeudi 18 avril 2019

Du 11/04/2019

 

 

 

Près de 200 personnes, dont Maurice (en haut à droite), sauvé des camps en 1942, ont participé à l’inauguration de l’Allée Émilienne et Robert Guillet, Justes parmi les nations ©CH/LaRep77 (©LaRep77) Dimanche 7 avril à Donnemarie-Dontilly, près de 200 personnes se sont réunies pour inaugurer l'Allée Émilienne et Robert Guillet, Justes parmi les nations.

C’est une journée à jamais gravée dans l’histoire.

Dimanche 7 avril, Donnemarie-Dontilly a rendu le plus beau des hommages à Émilienne et Robert Guillet, Justes parmi les nations, en donnant leurs noms à une allée de la commune.

En présence de personnalités politiques de la région, de la famille, de représentants du comité Yad Vashem, et des enfants des écoles et du collège de la commune, une plaque a été inaugurée pour que jamais personne n’oublie le geste salvateur effectué par le couple à l’été 1942.

À l’époque, Émilienne et Robert Guillet vont accueillir chez eux

Maurice Bergher, l’enfant de 9 ans d’une famille juive parisienne habituée à passer ses vacances d’été à Donnemarie. Pour le sauver de ce qui se révélera être la Rafle du Vél d’Hiv – et d’une déportation à Auschwitz – ils vont alors franciser son nom en « Berger ».

Présent lors de la cérémonie, l’enfant, aujourd’hui âgé de 84 ans, se souvient : « Quand je pense à Donnemarie, j’y étais heureux car entouré et aimé malgré l’inquiétude que je ressentais au quotidien. La pose de cette plaque ici, c’est comme une continuité de l’histoire de la famille et de ma famille aussi. »

Lors de la cérémonie, les enfants des écoles du village ont lu des textes et chanté Le Chant des partisans ou encore La Marseillaise. Dans la cour de l’école élémentaire, ils avaient également préparé une exposition sur la Shoah, les Justes et leur village.

Un lieu de mémoire et d’enseignement

« Aujourd’hui, cet endroit devient un lieu de mémoire symbolique, à proximité de l’école, donc un lieu de culture, d’histoire et d’enseignement qui permettra aux générations futures de se rappeler », estime Serge Rossiere-Rollin, le maire de la commune.

L’une des représentantes du comité Yad Vashmen, Viviane Saül, a quant à elle attiré l’attention sur les réseaux sociaux et la recrudescence des actes antisémites. « Les actes antisémites ont toujours existé, mais aujourd’hui, ils se passent en public et les gens osent plus, conclut Maurice Bergher. Même si ce n’est pas le plus grand nombre, il faudrait être plus dur avec ces personnes. »

Nul doute que la plaque permettra aux générations futures de se souvenir que des hommes et des femmes, de toutes origines, ont sauvé des juifs des persécutions et des camps d’extermination


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Un Mazamétain «Juste parmi les nations»

jeudi 18 avril 2019

Du 14/04/2019

 

 

 

 

La remise de la légion d'honneur à l'abbé Cugnasse./ DDM C'est la plus haute distinction que l'état hébreu décerne à des personnes qui au risque de leur vie, de celle de leurs proches, sans demander de contrepartie, ont aidé des juifs persécutés par l'occupant nazi.
Dans le Tarn, il y a 91 «Justes parmi les nations» dont trois couples mazamétains (Alice et André Ferran, Suzanne et Elie Galtier, Berthe et Henri Maurel) et l'abbé Cugnasse. Gilbert Louis André Cugnasse est né le 19 juin 1913 à Mazamet dans une famille nombreuse. Ses parents étaient ouvriers dans l'usine de délainage des Coustelles. Il est ordonné prêtre en 1936 rejoint par son jeune frère Claude.

L'abbé Cugnasse est mobilisé en 1940 comme chef brancardier puis, licencié es lettres, il est nommé professeur au petit séminaire de Pratlong (qui fermera en 1984). Il deviendra en 1942 à l'âge de 28 ans le directeur Du petit séminaire, une ancienne ferme transformée en une école située sur la commune de Lacaze dans les Monts de Lacaune qui accueillait 70 enfants. Un lieu isolé qui deviendra un refuge, un asile, pour les juifs persécutés, les réfractaires du STO et les résistants ou ils furent nourris et soignés.

«Je savais que les juifs étaient plus en danger que les autres. Mais à Pratlong on ne faisait pas la différence. Quelqu'un arrivait en détresse. Etait-il juifs ou pas ? Souvent je n'en savait rien. J'étais là pour les aider et je n'avais pas peur. Ce n'est que plus tard que j'ai pris conscience des risques que nous prenions».

Cinquante cinq ans plus tard, à l'initiative de l'abbé Mathieu qui a recueilli des témoignages oraux et écrits dont celui de Guy de Rouville, l'abbé Cugnasse reçoit le titre de «Juste parmi les nations» le 20 juin 1999. «Bravant les risques encourus, il a incarné l'honneur de la France, les valeurs de justice, de tolérance et d'humanité».

En avril 2007, la légion d'honneur lui est décernée à Anglès pour 46 ans de ministère ecclésiastique et de services militaires. Il finira ses jours à Mazamet, atteint par la maladie, il disparaît à l'âge de 97 ans en octobre 2010.

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La LICRA organise ses 3e « Journées des Justes » au Chambon-sur-Lignon

jeudi 18 avril 2019

Du 14/04/2019

 

 

Une plaque commémorative du sauvetage des Juifs dans le village de Chambon-sur-Lignon. (Crédit photo : Wikipédia / CC BY-SA 4.0)

 

L’évènement sera organisé les 30 et 31 mai dans la commune dont les habitants ont été reconnus collectivement comme « Justes parmi les nations »

Seules deux communes peuvent se prévaloir d’avoir reçu collectivement le titre de « Justes parmi les nations ». Celle de Nieuwlande, aux Pays-Bas, et celle de Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire.

C’est dans cette ville de Chambon-sur-Lignon, 2251 habitants, située entre Le Puy-en-Velay et Valence, que seront organisées par la LICRA les troisième « Journées des Justes » les 30 et 31 mai prochains. Cette année, l’évènement aura pour problématique : « 75 ans après la Shoah, qu’est-ce qu’être Juste aujourd’hui ? » Le programme complet est disponible sur le site de la LICRA. 

Trois tables rondes seront organisées lors de l’évènement, à la maison des Bretchs. La première aura pour thème « La diffusion ou l’essaimage du concept de Juste en dehors du monde juif », à laquelle participeront notamment les historiens Marcel Kabanda et Yves Ternon et le philosophe Philippe Merlier. 

La deuxième sera animée par Abraham Bengio, et réunira les historiens Tal Bruttmann, Patrick Cabanel et Aziza Gril-Mariotte, le journaliste Robert Guinot, la sociologue Nathalie Heinich et Dominique Vidaud, directeur de la Maison d’Izieu.

 

La troisième aura pour sujet « Être juste aujourd’hui, est-ce pratiquer l’hospitalité inconditionnelle ? ».

 

Un bal-concert klezmer animé par les Marx Sisters clôturera l’évènement.

 

Ces journées seront précédées d’une autre, une « Journée des Jeunes », à l’intention d’adolescents de la région. Ils participeront notamment à un atelier sur la notion de « Justes ».

 

Depuis 1927, la LICRA lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations, notamment en « intervenant auprès des pouvoirs publics, en alertant l’opinion et les médias, en apportant aide et soutien aux victimes, en participant à l’éducation citoyenne de la jeunesse », avance le site de l’association. Elle est présidée par l’avocat Mario Stasi.

 

Chambon-sur-Lignon – et les villages environnants – ont reçu le titre de « Justes parmi les nations » du gouvernement israélien en 1990 pour avoir sauvé environ 5 000 Juifs pendant la guerre. Depuis cette date, un jardin et une stèle rendent hommage à la région du Chambon au mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem. Depuis 2006, la commune est jumelée avec celle de Meitar, située au nord-est de Beer-Sheva, en Israël.

 

La commune a notamment caché le futur mathématicien Alexandre Grothendieck et l’écrivain André Chouraqui. C’est également dans cette commune qu’est venu Albert Camus en 1942-1943 pour y faire soigner tuberculose. Il y a écrit le livre Le Malentendu et travaillé sur La Peste et L’Homme révolté. Un lieu de mémoire commémorant l’acte d’héroïsme des habitants de l’époque a été inauguré dans la commune en 2013.


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