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Le village rend hommage aux Justes

samedi 23 juin 2018

Du 23/06/2018

 

 

 

 

Ce samedi 16 juin, au cours d'une cérémonie émouvante, le maire de Salviac Alain Faucon, entouré de son conseil et Francine Théodore Lévêque, déléguée régionale du Comité français pour Yad Vashem, ont inauguré un monument à la mémoire des Justes parmi les Nations : Berthe Fournier, Raymonde et Pierre Leglaive, tous trois de Salviac, Antonin et Pélagie Bargues de Marminiac, Louis Forestier de Lavercantière, enfin Adrienne et Elie Colombié, qui bien que non reconnus comme Justes faute de survivants, figurent sur ce monument pour honorer tous les anonymes qui, en véritables héros discrets, ont aidé des familles juives à survivre à la Deuxième Guerre mondiale : les Meynard qui ont permis à M. Lévy et sa fille d'échapper à la rafle de l'Hôtel de l'Univers, l'abbé Delbreil qui a apporté son aide pour le sauvetage de la famille Sirota, Louis et Marcelle Mommejat qui ont caché la famille Cymerman…

Le village des Justes

Les familles des Justes ont participé à la cérémonie, mais aussi les survivants des familles juives : Elisabeth Sirota sauvée par Berthe Fournier et la famille Bargues, la fille de Gisèle Cahen dont la mère a été sauvée par Berthe Fournier. Toutes les deux ont témoigné de leur attachement à Salviac «le village qui sauve» qui s'honore désormais du titre de village des Justes.

Cette cérémonie était présidée par le préfet du Lot Jérôme Filippini, en présence d'Aurélien Pradié député du Lot, de la sénatrice Angèle Préville, de la vice-présidente de la région Occitanie Marie Piqué, de Serge Rigal président du département et des deux conseillers départementaux Nathalie Denis et Robert Lacombe, du directeur de l'ONAC M. Parayre et du lieutenant-colonel Pierrard, délégué militaire départemental, des maires de la communauté de communes, des porte-drapeaux de Cazals et Salviac, des jeunes du conseil municipal jeunes.

 

 

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Trois sœurs decazevilloises faites _Juste parmi les Nations

mercredi 20 juin 2018

La médaille et le diplôme d’honneur de Justes parmi les Nations seront remis à titreposthume à Yvonne, Thérèse et Jeanne Moncet, qui ont sauvé une famille de la barbarie nazie pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le 24 juin prochain, à Decazeville, Anita Mazor, ministre de l’ambassade d’Israël, en charge des régions du sud de la France remettra, à titre posthume, la médaille et le diplôme d’honneur des Justes parmi les Nations à Yvonne, Thérèse et Jeanne Moncet.

Une cérémonie organisée par la mairie de Decazeville et Simon Massbaum, délégué régional du Comité français pour Yad Vashem. Près de 150 personnes sont attendues dont les associations d’anciens combattants, de résistants, de déportés, des élus, des membres des clergés des religions du Livre, des membres des familles Montet et Weisz et une classe de l’école du Sailhenc.

Le 5 juin 2017, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem avait décerné le titre de Juste parmi les nations aux soeurs Moncet.

Ce titre (la plus haute distinction civile de l’état d’Israël) a été décerné à plus de 26 500 personnes à travers le monde dont près de 4 000 en France. Yvonne Moncet était assistante greffière au tribunal de paix et Jeanne gantière à domicile pour les ants de Millau. Les trois soeurs étaient célibataires et vivaient ensemble dans la maison familiale de l’actuelle avenue Laromiguière, acquise par leurs parents à la mère de la cantatrice Emma Calvé qui y avait grandi. Une quatrième soeur, Hélène, est morte à l’âge de 38 ans. Elle avait épousé Mr Ragon. C’est Dominque Ragon-Moncet, neveu, qui recevra la médaille et le diplôme d’honneur le 24 juin prochain.

Ses tantes ont sauvé la famille Weisz : Alexandre, son épouse Czarna et leurs enfants Jacqueline et Céline (lire ci-dessous). En 1947, Yvonne Moncet est élue MRP au conseil municipal de Decazeville ; nommée au bureau de bienfaisance (futur CCAS). En 1952, elle participe à l’inauguration de l’école Jean-Moulin. Réélue en 1953, elle participe à la création d’un chantier de chômage. Yvonne Moncet s’est éteinte en 1995 à Rodez. Les noms des trois soeurs Moncet seront ajoutés sur la stèle des Justes parmi les Nations de l’Aveyronà Sainte-Radegonde qui compte déjà 41 noms.

D’autres cérémonies célébrant des Justes Aveyronnais ont lieu en 2018 : le 8 juin, une plaque a été dévoilée à l’ancien couvent de Grèzes à Sévérac-L’église, par Salomon Jassy, qui avait été caché par Simone Stolze-Coqué.

Puis, cet été, au mémorial de la Shoah de Paris, la médaille et le diplôme de Juste parmi les Nations seront remis aux descendants d’Eva Pourcel, institutrice à Villefranchede-Rouergue, qui accueillit chez elle Victor Gottesman, alors âgé de 2 ans et dont le père fut tué quelques mois plus tard.

Victor n’est jamais reparti de chez Eva. Neuf ans plus tard, tous deux quittèrent Villefranche pour Versailles. Pour " renvoyer l’ascenseur à l’Humanité ", Victor Gottesman a créé en 2005 une ONG pour créer des écoles de brousse au Mali. Deux ont déjà été construites, pour 800 élèves. Trois de plus sont en projet.

Alexandre Weisz naît en 1911 en Roumanie, il se marie à Paris en 1933 avec Czarna Karmazyn, d’un an sa cadette. Deux enfants naissent de cette union, Céline (1934) et Jacqueline (1935). Alexandre Weisz est installé comme tailleur apiéceur, son épouse lui apporte son aide.

 

Le 21 octobre 1939, quelques semaines après la déclaration de guerre, il s’engage volontairement dans l’armée française, il est fait prisonnier par les troupes allemandes le 24 juin 1940 à Allain (Meurthe-et-Moselle) et rejoint le stalag 12-E de Metz d’où il s’évade en mars 1942, grâce à la complicité d’une famille allemande, avec un compagnon d’infortune, René Combes, originaire de Mur-de-Barrez (Aveyron). près plusieurs jours de marche, tous deux parviennent à Mur-de-Barrez, le maire du village entre en contact avec la Résistance. Une assistante sociale à Decazeville, Yvonne Moncet, et ses deux soeurs, Thérèse et Jeanne, prennent alors en charge Alexandre Weisz. Elles louent une chambre d’hôtel à Decazeville, lui procurent des vêtements et du travail à la mine.Les rafles et les contrôles des autorités rendent la vie difficile pour Czarna et ses deux filles, restées à Paris. Yvonne Moncet vient chercher les deux enfants et les ramène en Aveyron. Par sécurité, la maman emprunte une autre voie pour rejoindre son époux et ses enfants désormais réunis à Decazeville. Le curé de Decazeville fournit de faux certificats de baptême mais en février 1944, la Gestapo vient arrêter Alexandre Weisz, heureusement absent à ce moment-là. Elle embarque néanmoins Czarna et la retient pour son interrogatoire où elle affirme que son mari est prisonnier en Allemagne. Elle est relâchée quelques jours plus tard.

Devant le danger qui s’amplifie, Yvonne Moncet met les deux enfants du couple à l’abri à Asprières, en périphérie de Decazeville. Les parents trouvent refuge dans une vieille maison de Campuac, fournie par le curé de la paroisse. Céline et Jacqueline rejoignent

finalement leurs parents. Grâce à de faux papiers au nom de «Blanc » et au soutien des villageois de Campuac, la famille Weisz échappera à la déportation.

Après la guerre, Alexandre Weisz s’installe comme artisan tailleur à Decazeville. Il retournera à Paris en 1954 avec son épouse et ses deux filles. Des juifs résidents ou réfugiés dans le Bassin decazevillois ont été raflés et déportés. Edouard Bleiberg et Elie Korentager (oncle du cardinal Lustiger) ont été raflés le 22 février 1943, déportés à Maïdanek-Lublin en Pologne et gazés le 9 mars 1943. Gisèle Lustiger (mère du cardinal) a été arrêtée à Decazeville puis relâchée; arrêtée à Paris, déportée et gazée à Auschwitz (Pologne). Les époux Henri et Carmen Pizante (commerçants) ont été déportés et assassinés à Auschwitz. Adrienne Klein a été déportée et décédée à Ravensbrück (Allemagne). Hans-Jean Kaufman a été raflé le 22 février 1943 et déporté sur l’île d’Aurigny. Il a survécu. 

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En mémoire de Simone Coqué-Stolze, Juste parmi les Nations

lundi 18 juin 2018

Du 09/06/2018

 

 

 

 

La commune de Laissac-Sévérac l'Église et le comité français pour Yad Vashem ont inauguré hier, au lieu-dit Grèzes, une plaque en mémoire de Simone Coqué-Stolze. Cette infirmière, reconnue «Juste parmi les nations», avait sauvé un enfant en 1943-1944.

«Qui sauve une vie, sauve l'humanité tout entière». Cette parole du Talmud a particulièrement résonné hier dans l'enceinte de l'ancien orphelinat de Grèzes, à Sévérac-l'Eglise. Devenu un institut thérapeutique éducatif et pédagogique, l'établissement a été le théâtre d'une cérémonie très émouvante. La commune et le comité français pour Yad Vashem -le mémorial de la Shoah à Jérusalem- ont inauguré une plaque en mémoire de Simone Coqué-Stolze, reconnue Juste parmi les Nations en 2003

Une infirmière chargée du suivi des enfants juifs

Cette infirmière, originaire de Moselle, était chargée, pendant la Seconde Guerre mondiale, d'assurer le suivi d'enfants juifs placés dans les institutions religieuses ou chez les particuliers du Sud Massif central, et de l'Aveyron notamment. Et c'est à l'occasion de l'une de ses visites au couvent de Grèzes qu'elle s'est prise d'affection pour un petit garçon juif de 7 ans, dont elle s'est occupée jusqu'à la Libération et les retrouvailles avec sa mère et sa sœur.

Ce petit garçon était présent hier au moment de dévoiler la plaque en hommage à Simone Coqué-Stolze. Salomon Jassy a parcouru spécialement les 4 000 kilomètres qui séparent Israël de l'Aveyron, pour raconter, «cette femme digne, d'une grande conscience ; une âme rare et précieuse».

«À partir de maintenant, je suis ta maman Simone»

Au micro, des larmes dans la voix, cet homme de 83 ans aujourd'hui s'est souvenu de sa rencontre avec celle qui l'a sauvé. «En 1942, mon père avait été arrêté et déporté à Auschwitz. Pour que ma mère puisse se cacher, nous avons été placés, ma sœur et moi par l'Ose -Oeuvre de secours aux enfants- dans la Creuse. Avant d'être séparés et dispersés pour éviter d'être pris au piège par les Allemands… J'ai été transféré à Grèzes, où je suivais la messe deux fois par jour jusqu'à ce que cette infirmière découvre que j'étais circoncis. Elle m'a alors dit : à partir maintenant, je suis ta maman Simone. Son vœu, son idéal, c'était de sauver des enfants. Et quel destin ! Quelle bravoure !».

Un jugement et des sentiments, que Salomon Jassy partage avec Pierre Stolze, «Pierrot», le fils de Simone né en 1952. Hier au pupitre, cet écrivain est lui aussi revenu sur le parcours méritant de sa mère, qui lui avait demandé d'écrire un livre sur sa vie. «Il faudrait des tomes et des tomes !».

44 Justes en Aveyron

76 000 personnes en France, dont 11 000 enfants, ont été déportées pendant la Seconde Guerre mondiale. «Mais à partir de 1942, des hommes et des femmes ont choisi de les aider et de les cacher, risquant eux-aussi la déportation, l'infortune ou l'extermination», raconte Simon Massbaum, délégué régional du Comité français pour Yad Vashem. L'organisme contribue à la mémoire de la Shoah et œuvre pour la reconnaissance des Justes de France. Un titre que Simone Coqué-Stolze a reçu en 2003 au titre de son engagement pour les enfants juifs entre 1943 et 1944. «Les Justes sont des non-Juifs vertueux qui œuvrent avec compassion et justice», précise Simon Massbaum, «Ils sont 27 000 dans le monde entier et 44 en Aveyron».

M.G.

 



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“La vallée des Justes”, un documentaire sur le sort des Juifs dans le Tarn durant l'Occupation

lundi 18 juin 2018

Du 07/06/2018

 

 

 

 

 

Entre 1940 et 1945, les deux villages tarnais, Vabre et Lacaune, situés à une trentaine de kilomètres l'un de l'autre,ont connu des histoires bien différentes . / © Crestar Production Entre 1940 et 1945, le Tarn a connu les heures les plus sombres comme les plus glorieuses. Le petit village de Vabre a caché de nombreux juifs qui ne furent jamais dénoncé. A quelques kilomètres de là, à Lacaune, 648 juifs furent assignés. Un documentaire aborde cette histoire méconnue.

  "On aurait pu choisir d'autres territoires mais l'histoire de Vabre et celle de Lacaune étaient particulièrement intéressantes" La réalisation d'un documentaire a été une évidence pour le producteur, Jean-Charles Tartière.
D'un côté, Vabre. La commune tarnaise a rejoint en 2015 le réseau Villes et villages des Justes de France qui a pour ambition de réunir les communes perpétuant le souvenir et les valeurs portées par les  « Justes parmi les nations », "ces femmes et ces hommes qui, avec courage et au péril de leur vie, ont, au cours de la seconde guerre mondiale, sauvé des Juifs en s’opposant aux persécutions antisémites nazies et à l'Etat français de Vichy", selon le site du réseau porté par l'association Yad Vashem. 
De l'autre, à une trentaine de kilomètres, Lacaune a connu un tout autre sort. De 1940 à 1945, 648 juifs, originaires de Belgique, de Pologne et de nombreux autres pays, furent assignés dans cette commune de montagne par le gouvernement de Vichy. 118 d'entre eux seront déportés et périront dans les camps de concentrations. 



A travers son documentaire "La vallée des Justes", l'équipe de Jean-Charles Tartière a pu recueillir de nombreux témoignages de juifs cachés durant cette époque mais aussi de Tarnais qui ont pu les aider. "On parle beaucoup de la résistance militaire mais on s'intéresse beaucoup moins à la résistance civile, explique le producteur. Parler de ces gens, des agriculteurs, des instituteurs, de simples gens, qui sont restés dans l'ombre, qui ont sauvé des personnes au péril de leur vie et parfois sans savoir qu'elles étaient juives. C'est une façon de mettre en avant des valeurs qui ne sont pas toujours connues du grand public. La partie émergée de l'Iceberg c'est le "Juste" mais il y aussi tous les réseaux souterrains méconnus qui ont permis que des actions soient menées. Il était important de recueillir cette mémoire avant qu'elle ne disparaisse. 
"La vallée des Justes" sera prochainement diffusé sur la chaine Toute l'histoire.

Reportage Sylvain Duchampt et Véronique Galy



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Trois questions à Thierry Vinçon

jeudi 7 juin 2018

  Thierry Vinçon Thierry VINÇON est, depuis 2008, maire de la ville de Saint-Amand-Montrond, et président de la communauté de communes Cœur de France.

Haut fonctionnaire au ministère de l’Intérieur, il est diplômé de l’université d’Assas et de la Sorbonne en langues orientales.

Après une courte carrière militaire, il travaille auprès du Premier ministre, à partir de 1989. Il effectue, de 1995 à 1997, un passage au cabinet du ministre des Anciens Combattants et Victimes de Guerre. En 2004, il intègre le corps préfectoral, et travaille dans le Tarn et en Eure-et-Loir.

De 2006 à 2012, il occupe les fonctions de conseiller technique pour la sécurité à la Présidence de la République.

Il réintègre le ministère de l’Intérieur. En 2014, il participe à la création de la délégation ministérielle aux industries de sécurité, et il est chargé de son organisation. Il devient conseiller du délégué ministériel.

 

1) Des Justes de France ont habité dans votre commune. Pouvez-vous nous donner quelques informations sur leur histoire ?

Saint-Amand-Montrond a été le théâtre d’événements douloureux, tout particulièrement peu avant la fin de la guerre. Plusieurs personnes ont été reconnues « Justes parmi les Nations ». Ainsi, Pierre-Aimé LANEURIE vivait avec Juliette, son épouse, à Saint-Amand-Montrond, où il dirigeait une entreprise de matériels agricoles. Le couple, qui ne pouvait avoir d’enfant, avait décidé – malgré les difficultés et les privations de la guerre – d’avoir recours à l’adoption. Leurs convictions personnelles et leur grande générosité les incitèrent à sauver un enfant en péril. Leur recherche les conduisit dans une maison de Montauban qui, depuis 1940, accueillait des enfants dont les parents avaient disparu (ayant été faits prisonniers, ou ayant été déportés). Ils réussirent, en pleine occupation, à adopter légalement un petit garçon qui devait avoir environ 3 ans, de santé fragile, très éveillé bien que parlant peu et dont on pouvait deviner les origines, du fait qu’il était circoncis. Ils le prénommèrent Jean-Yves. Juliette et Pierre –Aimé LANEURIE reçurent la médaille des Justes en 1992. Pierre –Aimé LANEURIE est décédé le 19 juin 1971, et Juliette LANEURIE le 24 octobre 1993.

 

2) Quelle place doit, d’après vous, être donnée à la mémoire des Justes dans la politique mémorielle française ?

J’ai choisi d’honorer les « Justes parmi les Nations » du Cher et de Saint-Amand-Montrond afin de redonner à notre ville la fierté de son passé.

Ils ont sauvé, au péril de leur propre vie, des enfants, des femmes et des hommes juifs, afin de les soustraire à une mort décidée par le régime nazi. Ces Justes ont redonné à la France son honneur et sa dignité.

Saint-Amand-Montrond a désormais une esplanade et une stèle pour leur témoigner sa reconnaissance et son admiration.

 

 3) Vous présidez le réseau des « Villes et Villages des Justes de France ». Comment est constitué ce réseau et comment fonctionne-t-il ?

Le réseau « Villes et Villages des Justes de France » regroupe 54 communes, il a été créé en 2010 par Paul SCHAFFER, président du Comité Français pour Yad Vashem, et moi-même. Ce réseau a pour ambition de réunir les communes ayant nommé un lieu en hommage des Justes, afin de perpétuer leur souvenir et de promouvoir leurs valeurs. J’en suis le président depuis 2012.

Les villes et villages membres du réseau s’efforcent, avec l’aide du Comité Français pour Yad Vashem, de transmettre cette mémoire, en développant des initiatives pédagogiques, culturelles et mémorielles, avec un éclairage particulier sur les « Justes parmi les Nations », honorés localement ou collectivement – expositions, conférences… -, en documentant l’histoire des Justes de la commune, racontée sur le livret d’accueil et le site internet. A ce jour, 191 communes de France sont concernées.

La présence d’un lieu mémoriel dans une commune donne l’opportunité de réunir les habitants autour de ce symbole, à l’occasion des cérémonies nationales de commémoration ou de tout autre événement associé à l’histoire des Justes de la région.

Dans ce cadre, les villes et villages de France membres du réseau invitent les communes ayant déjà nommé un lieu en l’hommage des « Justes parmi les Nations » à les rejoindre. De plus, ils encouragent les communes dont les habitants ont été reconnus Justes à leur rendre hommage, de façon individuelle ou collective.

 

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Deux Aixois reçoivent la médaille de "Justes parmi les nations"

jeudi 7 juin 2018

Du 27/05/2018

 

 

 

 

 

 

 

Lucienne et Fernand Vidal de Veyres, un couple d'Aixois reconnu comme "Justes parmi les Nations" - Un couple d'Aixois a reçu ce dimanche à titre posthume la plus haute distinction d'Israël. En 1942, ils avaient caché un enfant juif. 

Pendant l'été 1942, celui du début des grandes rafles en France, Fernand et Lucienne Vidal de Veyres avaient accepté d'abriter dans leur maison de campagne le petit Emmanuel. Les parents de ce juif allemand venu de Bruxelles voulaient que leur fils unique soit à l'abri. "On l'a vu arriver chez nous comme ça , raconte Marthe Vidal de Veyres, la fille du couple récompensé à titre posthume de la médaille de Juste parmi les nations.  C'était naturel. J'ai toujours vu mes parents s'occuper des autres".

Un couple de résistant

76 ans plus tard, lors d'une cérémonie au mémorial du camp des Milles, le petit Emmanuel devenu grand se présente à la famille Vidal de Veyres. "Je suis le petit rouquin avec ses  taches de rousseur", dit-il très ému. Très récemment, il a découvert que les Vidal de Veyres étaient liés au réseau "La Résistance". Leurs deux garçons avaient eux-même rejoint le maquis. 

Caché dans la campagne aixoise

Caché dans la résidence de campagne de cette famille aixoise, Emmanuel Carlebach ne sort pas. Il ne va même pas à l'école. Les enfants Vidal se souviennent de cet enfant qui "pliait sa serviette sur sa tête pour prononcer les bénédictions du rite juif". 

Emmanuel Carlebach est à jamais reconnaissant du couple Vidal aujourd'hui disparu. "C'était une famille formidable, dit-il. Aprés la guerre, c'était pas le genre à se vanter d'avoir aidé les gens"   La médaille des Justes est décernée par l'Institut Yad Vashem de Jérusalem aux personnes non juives qui ont sauvé des Juifs au péril de leur vie sous le régime de Vichy et l'occupation de l'Allemagne nazie pendant la seconde guerre mondiale. 

David Aussillou


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