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Eure-et-Loir : Gilberte Lallée a sauvé des Juifs durant la guerre

jeudi 15 novembre 2018

Du 13/11/2018

 

 

 

La fille de Giberte Lallée, Danielle Joseph Monrose, recevant des mains du Consul de l’ambassade d’Israël la médaille des Justes parmi les Nations. (©L’Action républicaine) Durant la Seconde Guerre mondiale, cette Percheronne, décédée en 1987, a caché Jacques et Simon Kruczyk ainsi que la famille Woda. 

Durant la Seconde Guerre mondiale, l’Eure-et-Loir a connu de nombreuses actions héroïques. Des hommes et des femmes qui ont à tout jamais marqué l’histoire du Département.

Titre décerné au nom de l’État d’Israël

Le préfet Jean Moulin, tué après de longues heures de torture. Maurice Clavel, commandant des Forces françaises de l’intérieur (FFI), qui a libéré Chartres. Gabriel Herbelin, chef du Maquis de Plainville qui a redonné un goût de liberté à Nogent-le-Rotrou. Des héros extraordinaires qui en cachent d’autres… comme les Justes parmi les nations qui ont mis leur vie en danger pour sauver des Juifs.

Ce titre est décerné au nom de l’État d’Israël par le mémorial de Yad Vashem.

Gilberte Lallée

La dernière en date est une habitante de Montigny-le-Chartif.

Revenons près de 70 ans en arrière. Gilberte Lallée vit dans sa ferme avec ses deux enfants, Henri et Franck. Son époux est prisonnier de guerre. De leur côté, la famille Woda vit à Paris. Le père d’Isaac Woda meurt de maladie au début de la guerre.

Hameau isolé

Sa mère Rajza, l’un de ses frères et l’une de ses sœurs seront arrêtés et assassinés à Auschwitz. Tout comme son deuxième frère Maurice. Théodore survivra aux atrocités d’un camp d’extermination de Pologne. Isaac, lui, décide de fuir la capitale avec sa sœur Rachel et son épouse Christiane.

Son oncle, Salomon Kruczik, lui indique l’adresse de la ferme de Gilberte au hameau du Mur, un lieu-dit composé de trois fermes isolées. Gilberte y héberge déjà les deux enfants de Salomon, Jacques et Simon.

Les petites phrases…
« Vous pouvez être fiers de l’action de votre mère. Une action résistante, humaniste, un geste de courage ». Laure de la Raudière, député.
« Qui sauve une vie, sauve l’humanité entière (N.D.L.R : écrits issus du Talmud). Ce ne sont pas de vains mots pour Gilberte ». Michel Harel, consul de l’ambassade d’Israël à Paris.
« Ce n’est pas une récompense, ni une décoration mais un hommage ». Michel Harel.
« Elle n’a pas cédé à la peur. Et tout un village a gardé le silence ». Cédric Bouet, sous-préfet de l’arrondissement de Nogent-le-Rotrou.
« Le livre des Justes ne sera jamais fermé ». François Guguenheim, vice-président de Yad Vashem.

Le trio arrive en Eure-et-Loir. Rachel est logée dans une autre habitation moyennant une pension que son frère verse. Une somme très modique afin de couvrir les frais.

Très vite sans argent, il trouvera du travail comme ouvrier agricole dans une ferme voisine où il est nourri. Isaac et Christiane, eux, sont accueillis chez les Lallée. Le couple aura un enfant durant son passage à Montigny, Alain, né le 16 juin 1944, à Paris où Christiane est partie accoucher.

« Elle n’a écouté que son cœur »

Malgré les risques encourus pour elle et ses enfants et un climat de propagande antijuif, Gilberte les hébergera durant cette période si dure.

« Elle n’a écouté que son cœur pour accueillir ces Juifs traqués par les Nazis. En bravant l’autorité au péril de sa vie » lance Michel Harel, consul de l’ambassade d’Israël à Paris.

« Je n’ai pas connu cette époque. Et Maman en parlait peu » confie la fille de Gilberte, Danielle Joseph Monrose.

Juste parmi les nations
Juste parmi les nations Est une expression du judaïsme tirée du Talmud (traité Baba Batra, 15 b).
En 1953, la Knesset (parlement d’Israël), en même temps qu’elle créait le mémorial de Yad Vashem à Jérusalem consacré aux victimes de la Shoah, décida d’honorer « les Justes parmi les nations qui ont mis leur vie en danger pour sauver des Juifs ».
Le titre de Juste est décerné au nom de l’État d’Israël par le mémorial de Yad Vashem.
Au 1er janvier 2016, 25 271 Justes parmi les nations de 46 pays ont été honorés ; la Pologne, les Pays-Bas et la France sont les pays dont les citoyens ont été le plus médaillés. En tout, les Justes ont sauvé des centaines de milliers de personnes.
Il s’agit actuellement de la plus haute distinction honorifique délivrée par l’État d’Israël à des civils.

Elle raconte toutefois que sa mère « allait le soir avec du blé au moulin pour faire du pain et nourrir tout le monde ».

Lors des repas, « lorsqu’une voiture arrivait, tout le monde partait se cacher. Laissant les assiettes sur la table. Ce qui la faisait sourire car ce n’était pas discret » dévoile encore Danielle qui a toujours été en contact avec les époux Woda « qui étaient mon parrain et ma marraine ».

Thierry, le petit-fils de Gilberte, ne cache pas sa joie de porter « le nom de ma mamie ».

« Une femme forte et cultivée »

Quant à Alain Woda, né durant son séjour à Montigny-le-Chartif, il donne ses impressions d’enfant sur celle qui a sauvé sa vie et celle de ses proches.

« C’était une femme forte, gentille, généreuse. Bien plus cultivée que l’on pourrait le penser d'une simple fermière » se remémore-t-il.

En chiffres: Le Monde dénombre 26 971 Justes. En France, ils sont 4 055, dont 243 en région Centre et 28 en Eure-et-Loir.
6 millions de Juifs sont morts dans des camps de concentration et d’extermination. Dont 75 000 Français. Soit 22 % de la population vivant en France. C’est le plus petit pourcentage en Europe avec le Danemark.

Saluant aussi le village, « il n’y a pas eu un c… pour balancer notre présence. Pas un seul… C’était un petit facteur d’espoir ! ».

Ajoutant, « cinq fois les gendarmes sont venus dans la ferme. Chaque fois, ils ont fait comme s’ils ne voyaient et ne savaient rien ».

Pour tout cela, Danielle a reçu, au nom de sa mère, la médaille et le diplôme des Justes parmi les Nations des mains de François Guguenheim et Ralph Memran, vice-président et délégué régionale de Yad Vashem.

Loïc Jumeau


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Un square à la mémoire des Franchois sera inauguré ce samedi, rue du Parc

mercredi 7 novembre 2018

Du 06/11/2018

 

 

Le square Franchois, rue du Parc, sera inauguré ce samedi 10 novembre, à 11 h.

 

Pour avoir sauvé un enfant durant la Deuxième Guerre mondiale, Georgette Franchois et ses parents, originaires de Loon-Plage, ont été élevés au rang de « Justes parmi les nations » le 29 novembre 1990. 

Georgette Franchois est née aux Kempes, à Loon-Plage, le 1er  juin 1924. À 16 ans, elle entre comme employée de maison chez les Baran, une famille juive de Dunkerque, installée à Lille. Abraham (Jankiel) Baran et son épouse, Fanny, sont commerçants et ont deux fils, Maurice, né à Poitiers, et Michel, né à Lille.

Le 25 juillet 1942, Abraham (Jankiel) Baran est arrêté en tentant de rejoindre la zone sud pour y trouver un abri pour sa famille. Probablement dénoncé par un « passeur », il est arrêté parce que juif, emprisonné à Loos, puis déporté sans retour vers Auschwitz de Malisnes par le convoi nº1.

Le 11 septembre 1942, à 6 h, la police française se présente au domicile à Lille et arrête Fanny Baran et ses deux fils, Maurice, 9 ans, et Michel, 3 mois et demi. Ils sont conduits à la gare de Lille-Fives, où Georgette vient leur apporter quelques vêtements et tente de sauver Maurice.

Justes parmi les nations

Grâce aux cheminots lillois, Geosrgette Franchois, âgée de 18 ans, passe devant les gardes, tenant le petit garçon par la main. Elle l’emmène d’abord dans un café à deux pas de la gare. Maurice a alors la surprise, quelques instants plus tard, de voir arriver son petit frère, Michel, soustrait lui aussi à la surveillance des gardes.

Georgette amène Maurice le soir même chez ses parents, Marcel et Madeleine Franchois, qui vivaient dans une maison près du Pont-à-Roseaux, à Loon-Plage. Pendant ce temps-là, les parents de Maurice seront déportés sans retour et le petit orphelin restera chez Marcel et Madeleine Franchois jusqu’en 1945.

Eva Durrleman, qui avait réussi à sauver le petit Michel, l’emmènera au château de la Huda. Elle retrouvera Maurice et fera adopter les deux enfants par une famille dont le père est juif, les Marszak. Depuis la fin de la guerre et jusqu’à son décès, Maurice rendait visite, tous les ans, à Georgette Franchois et à sa famille. Depuis le 4 avril 2004, Georgette repose au cimetière de Loon-Plage.

Pour avoir sauvé cet enfant, Georgette Franchois et ses parents ont été élevés au rang de « Justes parmi les nations », le 29 novembre 1990. Les personnes ainsi reconnues reçoivent une médaille spécialement frappée à leur nom et un diplôme d’honneur. Elles ont en outre le privilège de voir leurs noms gravés sur le mur d’honneur dans le Jardin des Justes de Yad Vashem, à Jérusalem.


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En mémoire de Louise et Marcel Drugy, «Justes parmi les nations»

mardi 6 novembre 2018

Du 05/11/2018

 

 

 

 

Ce mardi d'octobre, s'est déroulée une cérémonie commémorative en l'honneur de Marcel et Louise Drugy, Justes parmi les nations, organisé conjointement par le Souvenir français, la commune de Belvis et la famille Drugy.

Dans un premier temps, près de quatre-vingts personnes se sont rendues à pied, à la grotte du Coulet d'en Ségui, à proximité du village, lieu où se cachaient des Juifs pendant la guerre.

Le grand rabbin de Toulouse Occitanie Doron Naïm a dévoilé une plaque commémorative sur laquelle sont écrits ces mots : «Toi qui chemines librement, souviens-toi ! En ce lieu, pendant la guerre 1939-45, se cachait parfois une famille juive, protégée par la famille Drugy».

Cette grotte se situe sur un sentier karstique en voie de création.

Une famille courageuse

Au retour, en présence de Muriel Porteous, la sous-préfète de Limoux ; Annie Bohic-Cortes et Francis Savy, Jean-Louis Béziat, du Souvenir français ; Jean-Michel Michez, maire de Belvis ; la porte-drapeau, Mme Tailhan ; Nicole Lacroix, représentant la famille avec Sylvie Lion, ont eu lieu des discours mettant en relief les valeurs de liberté, fraternité et de solidarité, en soulignant l'humilité des vrais héros et l'engagement sans faille de cette famille.

L'hommage à cette famille courageuse met en lumière les passeurs de mémoire, ennemis de l'obscurantisme. Cette plaque, fixée sur un rocher à l'entrée de la grotte, prouve que la mémoire restera gravée et qu'il faut toujours croire en l'homme et le servir. Le randonneur qui cheminera librement s'en souviendra.

 


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Un musée polonais commémore 1 500 villes où les Polonais avaient sauvé des Juifs

mardi 6 novembre 2018

Du 23/10/2018

Le musée de la famille Ulma, consacré aux Polonais qui ont sauvé des Juifs pendant la Seconde guerre mondiale (Crédit : CC BY-SA 4.0 Wikipedia/ Maciej Szczepanczyk)

 

 

 

Le musée du mémorial des Polonais ayant secouru des Juifs rend hommage aux villes dans lesquelles habitaient ceux qui ont été reconnus comme Justes parmi les nations par Yad Vashem.

VARSOVIE, Pologne – Le musée des Polonais ayant sauvé des Juifs a inauguré un verger qui commémore les 1 500 villes et villages où des Juifs avaient été sauvés par des Polonais pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le verger, qui a été inauguré dans la journée de vendredi à Markowa, dans le sud-est de la Pologne, ne comprend que les villes dans lesquelles habitaient les personnes qui ont été désignées après la guerre comme Justes parmi les nations par Yad Vashem, l’autorité israélienne de la Shoah.

Entre les arbres, ce sont presque 1 500 noms de villages et de villes qui apparaissent sur des plaques de verre illuminées – ces municipalités où des non-Juifs polonais avaient sauvé des Juifs pendant l’occupation allemande. Yad Vashem a distingué presque 7 000 Polonais, reconnus comme Justes.

« Tout comme ces arbres donneront des fruits, votre engagement et vos attitudes porteront des fruits chaque année qui passe, parce que les descendants de ceux que vous avez sauvés naissent au monde chaque année », a déclaré Szpytma pendant la cérémonie.

Ce verger est une nouvelle initiative polonaise qui vise à souligner les secours apportés par les Polonais aux Juifs dont les vies étaient en péril pendant la guerre.

La Pologne prévoit d’édifier deux autres monuments pour leur rendre hommage à Varsovie et d’ouvrir à musée à Torun.

Une crise diplomatique avait éclaté entre la Pologne et Israël, au début de l’année, après l’adoption par le gouvernement polonais d’une législation qui rendait passible de poursuites pénales toute implication de la responsabilité des Polonais dans les crimes commis par les nazis.


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Juste parmi les Nations. Alexandre Dubos honoré à titre posthume

mardi 6 novembre 2018

Du 14/10/2018

 

 

Shimon Mercer Wood, porte-parole de l’ambassade d’Israël a remis aux petits-enfants d’Alexandre Dubos, Paul, Catherine et Alexandre, la médaille et le diplôme du titre de Juste parmi les Nations. © Le Télégramme https://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/ga

 

70 ans plus tard, Alexandre Dubos, décédé en 1957, qui fut maire de Gausson de 1941 à 1944, a été honoré du titre « Juste parmi les Nations », la plus haute distinction décernée par l’État d’Israël à des personnes non juives, lors d’une cérémonie teintée d’émotion, organisée ce dimanche dans sa commune. Une belle reconnaissance pour cet homme qui a sauvé la famille juive Rubin, de la barbarie nazie. 

1941, Alexandre Dubos, le nouveau maire de Gausson, signe de faux papiers d’identité à Fanny Rubin pour la protéger elle et ses enfants. Elle devient Fernande Rubin, née à Bayeux, ville dont les archives administratives ont été bombardées. Ça lui évite de porter l’étoile de David.

Fanny Rubin, vient de s’installer à Cargo, en Gausson, avec ses deux enfants, Rachel, né en 1934, et Simon, né en 1939, pour fuir les rafles qui s’intensifient à Paris où ils vivent. Son mari, Jacques, était alors prisonnier. Par chance, ses voisins de palier, Victorine et Gino Monti lui proposent de partir en Bretagne, vivre dans une maison appartenant à Thérèse Rochard (qui s’appellera ensuite Durandet), la belle-sœur de Victorine. Sans attendre Fanny s’y installe.


Un secret bien gardé

« Le maire savait ce qu’il risquait », a souligné Shimon Mercer Wood, le porte-parole de l’ambassade d’Israël en France, présent à la cérémonie en l’honneur d’Alexandre Dubos. Mais il ne douta pas. Plus surprenant, il gardera le secret toute sa vie, sans même le révéler à sa propre famille. « Si les Allemands avaient appris que Fanny Rubin se cachait là avec ses enfants, nous n’aurions pas les familles de Rachel et de Simon, là, aujourd’hui », a rappelé Shimon Mercer Wood.

« Cet acte héroïque de notre aïeul, nous ne l’avons appris qu’en 2015, lorsque Simon Rubin a constitué le dossier de demande du titre de Juste pour l’honorer », livre un arrière-petit-fils d’Alexandre Dubos, qui porte son nom et s’exprime de la part de toute la famille. Lui-même, Simon Rubin, l’apprit tard. « Après la mort de maman, j’ai trouvé la fausse carte d’identité signée de ce maire, dans une malle », raconte-t-il.

Un membre de chacune des deux familles, Rubin et Dubos, que l’histoire a lié, s’est exprimé lors de la cérémonie.


Un homme humble

« Alexandre Dubos était un homme discret, simple, il était agriculteur, le décrit sa famille. Il avait une certaine culture et aurait aimé faire d’autres études ». Ses petits-enfants se souviennent d’un homme qui était proche d’eux, qui leur offraient des friandises le dimanche.

Et surtout, c’est grâce à lui que les enfants de Fanny ont eu une enfance normale, tous deux ont été scolarisés à Gausson. La famille Rubin a pu y vivre tranquillement jusqu’en 1946. Lorsque Jacques Rubin a été libéré, ils ont pu rentrer à Paris.

L’ancien maire a même fait plus que de signer des papiers. Quand Mme Gicquel, préposée à la Poste, apprend que Jacques Rubin se trouve dans le même stalag qu’Henri Fourchon, un des fils du village, Alexandre Dubos la prie de lui envoyer des colis de nourriture, comme elle le fait pour Henri tous les mois.


Tous les Gaussonnais ont gardé le silence

« On remercie aussi tous les Gaussonnais », ajoute Simon Rubin. Grâce à leur silence, parfois leur aide, la famille Rubin a pu continuer de vivre. Il pense plus particulièrement à Thérèse Durandet, qui avait prêté sa maison. Il a offert des fleurs à sa fille Nicole Aquaviva lors de la cérémonie. Il n’oublie pas la famille Philippe et bien d’autres.

Désormais, le nom d’Alexandre Dubos apparaîtra sur le mur d’honneur du jardin des Justes parmi les Nations, à Yad Vashem, à Jérusalem et à Paris, dans l’allée des Justes, près du Mémorial de La Shoah, rue Geoffrey-l’Asnier. Un nom que la famille Rubin n’oubliera jamais.




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Sarthe : sauvé à 6 ans de la déportation, il rend hommage à la famille de Justes qui l'a caché

mardi 6 novembre 2018

Du 12/10/2018

 

 

 

 

 

 

 

20 fleurs et 20 bougies ont été déposées devant la plaque commémorative © Radio France - Jérôme Collin Henri Joinovici a rendu hommage à Louise et Édouard Cartier, vendredi 12 octobre. 76 ans après l'arrestation de sa famille. Lui seul avait pu échapper à la déportation. Il avait été caché par le couple à Château-du-Loir.

Château-du-Loir, France

Le 12 octobre 1942, Henri Joinovici échappait de justesse à l'arrestation de sa famille juive à Château-du-Loir.

"Ma mère, sentant le danger, m'a mis quelques guenilles et m'a dit de me réfugier chez les Cartier"

, a-t-il témoigné 76 ans après, le vendredi 12 octobre 2018. Au péril de leur vie, Louise et Édouard Cartier ont caché plusieurs enfants juifs pendant quelques semaines. Ils ont été nommés Justes parmi les Nations en 1990. Pour Henri Joinovici, cet hommage annuel est un moment fort et important. C'est aussi un devoir de mémoire et de transmission auprès des plus jeunes.

Un devoir de mémoire

 

Des élèves en primaire et des lycéens sarthois ont assisté à la cérémonie. Ils ont également lu des textes, récité des poèmes racontant l'horreur de la Shoah. Ils ont tous écouté, en silence, le témoignage de Henri Joinovici. "Quand je pense à Monsieur et Madame Cartier, qui n'ont pas hésité une seconde à recueillir des gens dans la détresse, _c'est leur cœur qui a parlé avant leur raison_", explique-t-il. 

Ce sont des gens extraordinaires. Il faut absolument parler des Justes

"Ils avaient une culture de bonté. Ils ne savaient pas écrire "méchanceté", ce n'était pas dans leur vocabulaire. Voilà le fond de ces gens. C'est un exemple parmi tant d'autres. Il faut absolument reconnaître ces gens là. _Ils m'ont donné beaucoup d'amour et ça a adouci un peu l'état dans lequel je me trouvais_", poursuit Henri Joinovici. Car la mère, la sœur et le frère d'Henri sont morts dans le camp de déportation et d'extermination d’Auschwitz. 

Après vingt minutes de témoignage, Henri Joinovici est longuement applaudi par les jeunes. Louise, élève en terminale littéraire au lycée Racan à Château-du-Loir, est émue. "Le fait de nous raconter quelque chose qui se passe dans notre ville, à travers son témoignage, on réalise ce qui s'est passé. Je trouve ça important pour que les générations futures s'en souviennent", explique-t-elle.

Jérôme Collin
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