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La Creuse est l'un des départements où le plus de Juifs ont été sauvés pendant la Seconde Guerre mondiale : mythe ou réalité ?

vendredi 21 décembre 2018

Du 19/12/2018

 

 

 

La médaille des Justes a été décernée à Marcelle Porte, enseignante qui vivait à Bourganeuf © BARLIER Bruno La Creuse fut un département  "refuge" sous l'Occupation.  Ce qui tient à sa position géographique mais aussi à l'hospitalité de ses habitants. Si l'histoire des maisons d'enfants de l'OSE est relativement connue, de multiples actes individuels ont permis  d'empêcher l'arrestation de 95% des quelque 3.000 Juifs, étrangers et Français,  réfugiés en Creuse.  

Avant la Seconde Guerre mondiale, la population de confession juive de la Creuse représentait « 600 personnes », selon l’historien creusois Christophe Moreigne. Nombre qui a pu atteindre 3.000 à 3.500 personnes sous l’Occupation.

Un refuge pour tous les persécutés 

La Creuse a été une terre d’accueil pour les réfugiés en général : lors de l’exode de mai 1940, la population du département, qui comptait alors 200.000 habitants, a plus que doublé.

Par la suite et en proportion, la Creuse a accueilli plus de personnes persécutées que d’autres départements. Christophe Moreigne explique ce rôle de « refuge » par « la proximité de la ligne de démarcation ».

 Surtout, en Creuse, il y a eu les “homes d’enfants”.

Chateau de Chabannes Saint Etienne Saint Pierre de Fursac

Au début des hostilités, l’OSE (Œuvre de secours aux enfants) a replié ses maisons installées intialement en région parisienne  entre la Haute-Vienne et la Creuse (à Saint-Pierre-de Fursac, Le Grand-Bourg et Mainsat). Il y avait également la maison du Refuge israélite de France; près de Crocq.

A Chabannes, le directeur, Felix Chevrier a réussi à exfiltrer "300 enfants vers les Etats-Unis", rappelle Christophe Moreigne. 

1.000 enfants juifs protégés dans le département

Au total, environ 1.000 enfants juifs ont séjourné dans ces différents établissements sur la durée de l’Occupation. « Les châteaux de l’OSE ont créé des points de fixation pour les familles juives », observe Christophe Moreigne.

Dans un contexte de présence quantitativement importante de réfugiés juifs, l’hospitalité creusoise, reconnue par les témoins , a fait des merveilles.

Dans son livre, La Mention  rouge, qui vient de paraître  aux éditions Points  d'encrage, Christophe Moreigne a ainsi recueilli le témoignage de Jacques Bloch,  le neveu de l’historien et Résistant Marc Bloch,  qui fut lycéen à Guéret et  qui s'est lui-même engagé dans la Résistance à 17 ans.

La famille Schwab est venue d'Alsace et s'est réfugiée à Guéret en 1942 ( collection Ch.Moreigne)

Une générosité spontanée

Jacques Bloch évoque la générosité spontanée des habitants de Genouillac, une commune du nord du département: « Mes parents sont arrivés complètement démunis dans la Creuse sans connaître personne. Des paysans avaient appris que des pauvres gens pourchassés venaient d’arriver.  Ils nous proposaient du beurre, un rang de pomme de terre dans leur champ de façon complètement désintéressée » . 

Cérémonie commémorative , 9 adultes, enfants, juifs ,réfugiés, Mainsat, raflés , 1942,1943, morts en déportation, stèle, Jacqueline Jary, maire, conseil municipal

Christophe Moreigne a mené de longues recherches sur les différentes  vagues de réfugiés  en Creuse. Des Italiens fuyant le fascisme se sont ainsi  expatriés dans les Monts de Sardent des les années 1920 :  « Il y a un fond naturel hospitalier chez les paysans creusois. Une solidarité des humbles. A la veille de la guerre, les Creusois ont été accueillants avec les réfugiés espagnols. Ils le seront avec les Juifs comme avec les prisonniers allemands après la Libération », éclaire l'historien.

« Nous sommes partis de la légende familiale, évoquée parfois par mon père . Elle tournait autour de M.Obstander, un Juif hollandais qui se cachait dans notre grange . Ni mon père ni ma tante  n’avaient eu accès à d’autres informations. Les anciens ne parlaient pas ». 

Elisabeth Remy-Netange (enseignante et decendante de la famille Nétange de Moutier-Rozeille qui s'est vouée à la protection de familles juives sou

La Creuse et la Haute-Vienne

Au plus près de ses propres racines, et à l'invitation d'Elisabeth Rémy-Nétange,   le journaliste creusois Robert Guinot a su délier les langues 70 ans après et même « forcer » une certaine forme de pudeur autour de Moutier-Rozeille, une commune proche d'Aubuson. 

Dans son  dernier livre, Terre des Justes, paru aux éditions de Borée, Robert Guinot  reprend l'enquête fleuve intitulée Le Réveil des mémoires silencieuses publiée dans La Montagne, entre 2013 et 2014 .   

Le livre la Mention Rouge de Christophe Moreigne est le résultat de plusieurs années de recherches dans les archives. Un travail autour de documents édifants et exclusifs. Le livre Terre des Justes, de Robert Guinot, est publié au éditions de Borée. Il su

La situation dans d’autres départements très ruraux souligne la relative « protection » dont ont bénéficié les Juifs réfugiés en Creuse.

 

Le régime de Vichy, puis l‘Occupant directement, ont procédé à au moins quatre rafles en Creuse entre le 26 août 1942 et le 25 juillet 1944.

Au final,  on dénombre 170 déportations sur plus de 3.000 Juifs réfugiés en Creuse.

60 Justes parmi les nations dans le département

Le « refuge » creusois et haut-viennois, bien que plus diffus, est comparable à celui des vallées de Haute-Loire et du Vivarais, marquées par la présence protestante, qui ont abrité entre 3.000 et 5.000 Juifs.

S’il n’y a pas eu de Chambon-sur-Lignon en Creuse, un autre indicateur est le nombre de personnes élevées au rang de Justes parmi les nations par la fondation Yad Vashem : le département compte aujourd’hui 60 Justes.

Un nombre important rapporté à la population totale.

Julien Rapegno

 

 

 

 

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Champier: Un couple isérois distingué à titre posthume pour avoir sauvé deux familles juives

samedi 15 décembre 2018

Du 09/12/2018

 

 

 

 

Ils sont 27 000 dans le monde, 4 000 en France et 711 en Isère, terre de refuge et de résistance. Les Justes parmi les Nations est la plus haute distinction décernée par l’état d’Israël aux femmes et aux hommes non juifs, de toute appartenance sociale et religieuse, qui ont caché et protégé, toujours au péril de leur vie, des personnes juives durant la deuxième guerre mondiale face à la monstruosité nazie.

Ce dimanche à Champier, Joséphine et Jean-Pierre Boullu, deux habitants de ce village du Nord-Isère se sont vus remettre cette distinction à titre posthume. Ils ont sauvé deux familles de médecins juifs. L’une d’elle a pu être retrouvée ; il s’agit de la famille Nussenblatt, qui demeurait à Nice, cachée à Champier de la fin de l’année 1943 jusqu’en août 1944. « Il a fallu une chaîne de sept personnes pour cela », témoigne Christine-Marie Rogelle, petite-fille de Joséphine et Jean-Pierre, qui témoigne aussi dans notre vidéo.

Moment très fort aussi de cette cérémonie, le moment ou la distinction a été présentée par Joseph Banon, le délégué régional du comité française pour Yad Vashem, et par Shimon Mercer Wood, porte-parole de l’ambassade d’Israël en France, à Paul, 94 ans, le fils de Joséphine et de Jean-Pierre et à Maria Nussenblatt, qui fut la femme d’Henryk, le petit garçon du couple sauvé par la famille iséroise. Un couple qualifié par tous les participants de héros qui ont sauvé l’honneur de la France.



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Le livre des Justes d'une famille de Haute-Garonne

mardi 11 décembre 2018

Du 09/12/2018

 

 

 

 

Laurent Robène à Moissac Ils étaient des membres actifs de cette fameuse armée des Ombres qui résista pendant les années sombres et ne réclama rien après. Lucien Robène et son épouse Blanche ont écrit, dans leur maison de Pechbonnieu, en Haute-Garonne, une merveilleuse histoire entre 1939 et 1945. Ils ont caché de nombreux clandestins leur évitant un sort funeste. Et ils ont été reconnus «Justes Parmi les Nations» en 2017.
Ils ont caché plus de soixante-dix personnes
C'est cette histoire que Laurent Robène, installé à Moissac (Tarn et Garonne), reprend avec talent dans un ouvrage qui vient de sortir «La Chambre de derrière» aux éditions L'Harmattan : «J'ai croisé les témoignages de ma maman, Marguerite, qui était alors âgée de 10 à 14 ans, mais aussi des écrits de sa tante, aujourd'hui décédée, raconte Laurent Robène. Puis j'ai essayé de croiser diverses sources de recherches, des archives pour retracer la vie quotidienne dans ce village et des nombreux pensionnaires de cette maison».
Selon les recherches menées par Laurent Robène, dans les archives de la préfecture de la Haute-Garonne et dans celles de la commune de Pechbonnieu, plus de 70 personnes ont été cachées dont des membres du célèbre réseau Combat ou ceux du Mouvement de Résistance des Prisonniers de Guerre et de Déportés (MRPGD).
C'est donc une somme de détails qui, accumulés, ont permis à Laurent Robène de mettre en musique cette étonnante et attachante histoire. Car les indices recueillis par Laurent Robène ont permis de confirmer que tous les habitants ou presque de Pechbonnieu étaient au courant : «Il y avait autour de 400 habitants. Personne n'a jamais rien balancé». Ironie de l'histoire, le responsable régional de la sinistre Milice habitait le même village : «Je crois qu'il a eu peur d'éventuelles représailles qu'on lui avait promis. On a assisté à une véritable solidarité de village qui a permis à cette maison de continuer ses activités au quotidien».
Un véritable travail de fourmi qui permet de restituer avec précision et force de détails la vie dans cette maison qui abrita le résistant Edgar Morin (voir l'encadré), mais aussi Clara Malraux ou encore le Dr Epstein, le médecin toulousain : «La maison de Blanche et Lucienne était un lieu de vie, en plein coeur de Pechbonnieu et tout le monde savait ce qui s'y passait, note l'auteur. Cette maison a servi de lieu de rencontre, de séjour mais aussi d'étapes pour des transferts vers les Pyrénées», note-t-il avec émotion et reconnaissance.
«Fier d'avoir réalisé ce travail de mémoire»
C'est cette histoire que réussit à faire vivre Laurent Robène. Un premier livre plein de tendresse mais qui se révèle aussi constituer une mine d'informations pour les historiens : «Je suis fier d'avoir réalisé ce travail de mémoire. C'est important pour ma famille mais aussi pour celles et ceux qui sont passés par Pechbonnieu et qui ont été sauvés des griffes de l'occupant.»
Une préface d'Edgar Morin
Le célèbre philosophe a écrit à Laurent Robène, se souvenant de son passage dans la maison de Pechbonnieu. L'auteur a publié au début de son livre la lettre d'Edgar Morin : «J'ai trouvé refuge chez Mme Robène au cours de l'été 1943 et pour quelques mois. Déjà y était accueilli Jean Krazatz, antifasciste allemand ami de Clara Malraux, qui allait s'associer à moi au Mouvement de Résistance des Prisonniers de Guerre et de Déportés. Il y avait d'autres clandestins qui étaient hébergés. Mme Robène m'a fait faire une carte d'identité vraie à la mairie de Pechbonnieu, mais sous une fausse identité. Nous avons pu organiser un réseau de renseignement et d'incitation à la désertion pour les soldats allemands cantonnés à Toulouse. J'étais aussi responsable régional du RGPD, faisant des tracts pour les prisonniers de guerre et déportés du travail, dans les usines allemandes. Nous les expédions dans des pots de confitures...»

 

Laurent Benayoun

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Des lycéens du Gers sur les traces d'un couple de Justes avant un voyage en Israël

samedi 8 décembre 2018

Du 07/12/2018

 

 

 

 

Les lycéens se retrouvent pour travailler sur le projet chaque mardi, en salle informatique./ Photo DDM, Sébastien Lapeyrère 19 élèves du lycée Alain-Fournier à Mirande dans le Gers ont mené leur enquête sur un couple de Justes mirandais, les époux Lacave, qui avaient caché des Juifs pendant la guerre. Pour conclure ce projet pédagogique, ils partent en Israël en janvier.
Découvrir l’histoire locale en approfondissant sa connaissance du programme, tout en luttant contre le racisme et l’antisémitisme, en réalisant un travail de mémoire. Dix-neuf élèves du lycée Alain-Fournier de Mirande travaillent pour la deuxième année sur un projet intitulé « Juste humains !!! ».
Pendant ces deux années, ils sont partis sur les traces des époux Lacave, qui ont hébergé une Juive, Liuba Suganas et sa fille Odile, de juin 1942 à août 1944, pendant la Seconde guerre mondiale. Ils ont aussi aidé le reste de la famille à se cacher à Auch.
Un voyage en Israël pour leur rendre hommage
Les époux Lacave, des agriculteurs, habitaient alors une ferme à Mirande. Ils ont été reconnus Justes parmi les nations, le 7 janvier 1996. Les élèves iront leur rendre hommage lors d’un voyage en Israël en janvier, au mémorial Yad Vashem.
Les élèves se sont donc transformés en apprentis historiens, contactant différents services d’archives et se déplaçant à celles du Gers, en octobre. Ils ont ainsi pu retrouver le récit de l'arrestation de quinze juifs étrangers à Mirande, le 26 août 1942. Et même les consignes envoyées par le préfet de région au préfet du département lui indiquant notamment d’éviter les fuites sur la rafle prévue comme il y en avait eu lors du Vel d’Hiv et qui avaient permis à certains Juifs de s'échapper.
"Beaucoup d'émotion"
Les jeunes ont aussi assisté à la remise de médaille de Justes, à Lavelanet, en Ariège. Une cérémonie qui a marqué Marie, qui se souvient : « Il y avait beaucoup d’émotion, c’était beau. »
Ils ont aussi pu rencontrer Odile Suganas, qui leur a fait visiter la maison où elle avait été cachée, petite. Tonin raconte : « Elle avait peu de souvenirs mais tout de même quelques-uns. Elle nous a montré la cachette sous l’escalier, où elle se mettait avec sa mère quand la police patrouillait, sous des tas de bois. »
Chaque élève est aussi chargé de la rédaction d’un chapitre d’un futur manuel scolaire, qui racontera l’histoire des deux familles Lacave et Suganas, encadrés par leur professeur Manuel Nérée, qui a initié le projet.

Un concert samedi soir
Les élèves ont mené de multiples actions pour financer leur projet. Ce samedi soir, ils organisent un concert à la salle Beaudran de Mirande, à 18 h. Au programme, un duo occitan berbère, Hilhas Deu Vent, le Petit chœur de Chantegrives et la Philharmonie de Mirande. 5 € pour les adultes, gratuit pour les petits.

GAETANE ROHR

 

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Neuvy-en-Sullias : un couple de Justes reçoit les honneurs

vendredi 7 décembre 2018

Du 02/12/2018

 

 

 

 

Au cours de la cérémonie à Neuvy-en-Sullias (Loiret), Serge Vanry prononce quelques mots en mémoire de ceux qui l'ont sauvé de la barbarie Nazie. / © Antoine Morel / France 3 Centre-Val de Loire
A Neuvy-en-Sullias (Loiret) où ils résidaient, Marguerite et René Poignard ont reçu ce dimanche 2 décembre 2018, la médaille des Justes parmi les nations à titre posthume. Une distinction pour honorer ceux qui ont sauvé des juifs pendant la seconde guerre mondiale.

En 1942, ce couple d’agriculteurs a accueilli et caché le petit Serge Vanry, 11 ans, l’un des enfants d’une famille de juifs-polonais installée à Paris.

Serge avait pris un train pour Orléans et rejoint la ferme de René et Marguerite Poignard. Ils l'ont accueilli et caché pendant toute la durée de la guerre. 

Devenu grand, Serge s'est battu pour que les époux Poignard soient reconnus comme Justes parmi les nations. Présent à la cérémonie, il a vu son souhait se réaliser et une plaque être érigée en l'honneur de ses sauveurs.

C'est Robert Poignard (89 ans), le fils des époux, qui devait recevoir la médaille au nom de ses parents à titre posthume. Il n’a finalement pas pu être présent pour des raisons de santé.

En Centre-Val de Loire, 243 hommes et femmes ont été reconnus Justes parmi les nations.

Amélie Rigodanzo

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En souvenir des Justes parmi les nations

vendredi 7 décembre 2018

Du 28/11/2018  

 

 

 

Liliane Bidault et Michel Daubord, pour la Ville, et Denise Morissé, pendant la cérémonie. © Photo NR

A la demande de la famille Morissé, la mairie de Mézières-en-Brenne est dépositaire de la médaille et du diplôme déclarant Thérèse et Henri Morissé Justes parmi les nations.
A la fin du mois d’août 1942, avertis d’une rafle imminente de juifs, bravant le danger, le couple a caché, pendant trois semaines, Lore et Fritz Kroch et leurs enfants, dans un cabanon, au milieu des vignes.
La famille Kroch n’a pas oublié cet acte courageux, ni le soutien de la population de la commune. En 2012, Amatsia Kashti, petit-fils de Lore et Fritz Kroch, est venu à Mézières. Puis il a entrepris une démarche auprès du mémorial Yad Vashem, de Jérusalem, pour que Thérèse et Henri Morissé soient déclarés Justes parmi les nations. Désormais, leur nom est gravé sur le mur d’honneur du Jardin des Justes.
A l’initiative de Denise Morissé, belle-fille de Thérèse et Henri Morissé, la médaille et le diplôme des Justes ont été remis à la municipalité de Mézières. « Je ne voulais pas garder cette distinction pour moi, a expliqué Mme Morissé. Avec le temps, elle risquait d’être égarée»
La médaille est désormais accrochée à un mur de la salle v des mariages de la mairie, pour que les générations futures se souviennent. Un fascicule relatant l’histoire des familles Morissé et Kroch a été édité par la Ville.

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