Actualités

La cachette souterraine d’un tailleur juif découverte dans une ferme en Pologne

dimanche 30 décembre 2018

Du 24/12/2018

 

 

Le mémorial de l'Holocauste construit à Treblinka, ancien camp de la mort nazi dans l'est de la Pologne (Crédit : Caroline Sturdy Colls)  

Sabina et Aleksander Smolarek avaient caché Moshe Bajtel sous leur maison après qu'il s'est enfui du camp de Treblinka.

 Dans une vieille ferme d’Otwock, près de Varsovie, une cachette souterraine a été découverte. Les fermiers y hébergeaient, pendant la Seconde Guerre mondiale, leur voisin, un tailleur juif.

Cette cachette sera probablement transférée au musée de l’Histoire de Pologne, selon les médias locaux.

L’emplacement secret était situé sous la ferme, mesurant 2 mètres sur 1 mètre 50. C’est au cours de travaux de construction pour une nouvelle route qu’il a été découvert.

Les propriétaires de la ferme sont Sabina et Aleksander Smolarek, qui, durant la Shoah, ont protégé Moshe Bajtel des nazis, chez eux. Bajtel avait fui le camp nazi de Treblinka, et s’est rendu chez ses amis les Smolarek.

 

Il y est resté un an, d’abord dans leur grenier. Les Smolarek ont été nommés Justes parmi les nations par le mémorial de la Shoah Yad Vashem à Jérusalem en 2004, avec 7 000 autres Polonais.

 

L’Institut du souvenir national de Pologne a manifesté son intérêt pour cette cachette. Son équipe de cameramen a filmé l’endroit avant qu’il ne soit démoli. Les informations concernant cet endroit ont déjà été communiquées au musée de l’Histoire de la Pologne, qui collecte des artefacts pour des expositions permanentes dans ses nouveaux locaux.

 

JTA

Lire la suite

Le lycée Alain-Fournier sur la trace des Justes

vendredi 21 décembre 2018

Du 21/12/2018

 

 

 

 

C'est une étape majeure (deux années) dont se rappelleront les 19 élèves du lycée Alain-Fournier qui ont participé, avec leur professeur Manuel Nérée, au projet «Juste Humains !» Ils ont mené leur enquête sur un couple de Justes mirandais, les époux Lacave, qui avaient caché Liuba Suganas et sa fille Odile de juin 1942 à août 1944. Les époux Lacave, des agriculteurs, habitaient alors une ferme à Mirande. Ils ont été reconnus «Justes parmi les nations» le 7 janvier 1996 pour avoir sauvé des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale sans contrepartie. Les 19 élèves du groupe iront leur rendre hommage au mémorial Yad Vashem lors d'un voyage du 20 au 25 janvier en Israël. Parmi les soutiens matériels et financiers de ce projet, la Fédération André-Maginot, la plus ancienne association à avoir apporté son soutien aux militaires en difficulté. Mardi après-midi, Denis Baret, président du groupement147 de la Fédération nationale André-Maginot (FNAM), a remis à Eric Bénard, proviseur, un chèque de 1.400 € de participation à ce voyage. Les jeunes ont aussi assisté à une remise de médaille de Justes, à Lavelanet, en Ariège. Ils ont aussi pu rencontrer Odile Suganas, qui leur a fait visiter la maison où elle avait été cachée, petite. Chaque élève a aussi été chargé de la rédaction partielle d'un chapitre d'un futur manuel scolaire qui racontera l'histoire des deux familles Lacave et Suganas, encadrés par leur professeur Manuel Nérée, qui a initié le projet. Les élèves ont mené de multiples actions pour financer leur projet. Cela s'est fait en parallèle à leurs activités scolaires. Eric Bénard, proviseur, a apprécié leur investissement dans ce projet qui complète leur programme scolaire.

Lire la suite

Serge et Béate Klarsfeld en Creuse en mémoire de la maison des enfants juifs de Crocq

vendredi 21 décembre 2018

Du 07/12/2018

 

 

 

Panneau - A l'arrière de la stèle des Oeuvres de Secours aux Enfants (OSE), le panneau d'explications de l'accueil des enfants juifs en 1939 a été dévoilé avec les époux Klarsfeld. © Pruny Rémi Serge et Béate Klarsfeld étaient à Crocq (Creuse) ce jeudi pour la cérémonie en mémoire des Justes qui ont protégé des fillettes juives entre 1939 et 1942. 

Crocq (Creuse), la mémoire et l’Histoire, c’est une belle aventure. Il y a d’abord eu la reproduction du Guernica de Picasso, quasiment grandeur nature, accrochée non loin de la maison qui a hébergé le premier ministre de la République espagnol, Largo Caballero, réfugié à Crocq après la guerre civile.

Désormais, un nouveau panneau vient rappeler un autre récit que l’Histoire a fait passer par la cité crocquante. Planté près de la maison des Granges, où réside désormais l’école primaire, et qui a servi de refuge à une centaine de fillettes juives de 1939 à 1942 dans cette “maison d’enfants”.

Quels sont les liens de Serge Klarsfeld avec la Creuse ? 

Présence exceptionnelle - Serge et Béate Klarsfeld oeuvrent inlassablement à la vérité de l'histoire de l'holocauste juif initié par les nazis. Ils ont reçu la médaille de la Ville de Crocq le 6 décembre.

Et pour le dévoiler, un grand témoin, un couple, les époux Serge et Béate Klarsfeld qui ont consacré leur vie à poursuivre les criminels de guerre nazis. 

Petite histoire, grande Histoire, qui a aussi noué un lien entre Serge Klarsfeld et la Creuse. Lui aussi, comme les fillettes de Crocq, a été un enfant caché. C’était à Grand-Bourg, il y a 78 ans.

Il a évoqué Louis Aron, directeur de la maison d’enfants de Crocq, dont il a édité le journal, témoignage exceptionnel de la vie quotidienne des réfugiés juifs en Creuse. Il a salué « les actes de bravoures des petites gens, qui discrètement, ont fait des actes ordinaires pour eux mais héroïques pour les autres ».

Des petites gens reconnus comme “Justes” de nos jours. Ceux qui ont tenu cette maison d’enfants, une des quatre du département, du début de la Seconde Guerre Mondiale à son évacuation vers le château de Chaumont à Mainsat. Ces maisons, elles, avaient été transférées de la région parisienne, en l’occurrence de Neuilly, vers les zones rurales, loin de la guerre. Jusqu’à ce que les Allemands passent la ligne de démarcation.

Que sont devenus les fillettes réfugiées à Crocq ?

Le maire de Crocq, Jacques Longchambon, n’a de cesse de mettre en évidence le devoir de mémoire et ces acteurs de l’époque qui ont sauvé l’honneur. À Crocq, une place porte le nom de Marie-Thérèse Goumy, directrice de l’école pendant la guerre qui a œuvré pour la protection des enfants. On trouve aussi la rue Louis-Aron, qui a pris tous les risques pour les sauver. Sans oublier Marie Lagrollière, ouvrière de Chapal, qui a sauvé un enfant de la rafle.

Paroles justes pour des actes justes. À la cérémonie du dévoilement (*) de ce panneau explicatif, le représentant du comité français du mémorial Vad Yashem, a salué le travail de mémoire local qui répond à la résurgence des actes antisémites et racistes de ces temps troubles. Les fillettes réfugiées à Crocq ont toutes survécu.

Quelle transmission aux générations actuelles ?

Cette belle cérémonie, chargée d’émotion et d’espoir, a été suivie par les écoliers et les collégiens des établissements scolaires du bourg. Tous les enfants ont écouté avec une attention rare l’ensemble des discours, signes de l’intérêt du sujet qu’ils ont abordé auparavant en classe pour préparer ce moment important de leur vie d’écolier.

Immersion - A l'issue de la cérémonie, les collégiens ont eu un temps bref pour interviewer Serge Klarsfeld pour mesurer l'importance de son travail de mémoire, d"histoire et de justice.

Il s’est achevé par une chanson de Jean-Jacques Goldman dont les paroles (2) ont résonné comme un hymne à l’enfance qui a été protégée et sauvée entre 1939 et 1942, puisque toutes les fillettes réfugiées à Crocq ont évité l’arrestation et la déportation, toutes ont survécu presque miraculeusement.

Grâce à l’humanité, à la résistance, aux actes ordinaires de bon sens des petites gens de Crocq et de la Creuse. 

 

 

 

 

Lire la suite

La Creuse est l'un des départements où le plus de Juifs ont été sauvés pendant la Seconde Guerre mondiale : mythe ou réalité ?

vendredi 21 décembre 2018

Du 19/12/2018

 

 

 

La médaille des Justes a été décernée à Marcelle Porte, enseignante qui vivait à Bourganeuf © BARLIER Bruno La Creuse fut un département  "refuge" sous l'Occupation.  Ce qui tient à sa position géographique mais aussi à l'hospitalité de ses habitants. Si l'histoire des maisons d'enfants de l'OSE est relativement connue, de multiples actes individuels ont permis  d'empêcher l'arrestation de 95% des quelque 3.000 Juifs, étrangers et Français,  réfugiés en Creuse.  

Avant la Seconde Guerre mondiale, la population de confession juive de la Creuse représentait « 600 personnes », selon l’historien creusois Christophe Moreigne. Nombre qui a pu atteindre 3.000 à 3.500 personnes sous l’Occupation.

Un refuge pour tous les persécutés 

La Creuse a été une terre d’accueil pour les réfugiés en général : lors de l’exode de mai 1940, la population du département, qui comptait alors 200.000 habitants, a plus que doublé.

Par la suite et en proportion, la Creuse a accueilli plus de personnes persécutées que d’autres départements. Christophe Moreigne explique ce rôle de « refuge » par « la proximité de la ligne de démarcation ».

 Surtout, en Creuse, il y a eu les “homes d’enfants”.

Chateau de Chabannes Saint Etienne Saint Pierre de Fursac

Au début des hostilités, l’OSE (Œuvre de secours aux enfants) a replié ses maisons installées intialement en région parisienne  entre la Haute-Vienne et la Creuse (à Saint-Pierre-de Fursac, Le Grand-Bourg et Mainsat). Il y avait également la maison du Refuge israélite de France; près de Crocq.

A Chabannes, le directeur, Felix Chevrier a réussi à exfiltrer "300 enfants vers les Etats-Unis", rappelle Christophe Moreigne. 

1.000 enfants juifs protégés dans le département

Au total, environ 1.000 enfants juifs ont séjourné dans ces différents établissements sur la durée de l’Occupation. « Les châteaux de l’OSE ont créé des points de fixation pour les familles juives », observe Christophe Moreigne.

Dans un contexte de présence quantitativement importante de réfugiés juifs, l’hospitalité creusoise, reconnue par les témoins , a fait des merveilles.

Dans son livre, La Mention  rouge, qui vient de paraître  aux éditions Points  d'encrage, Christophe Moreigne a ainsi recueilli le témoignage de Jacques Bloch,  le neveu de l’historien et Résistant Marc Bloch,  qui fut lycéen à Guéret et  qui s'est lui-même engagé dans la Résistance à 17 ans.

La famille Schwab est venue d'Alsace et s'est réfugiée à Guéret en 1942 ( collection Ch.Moreigne)

Une générosité spontanée

Jacques Bloch évoque la générosité spontanée des habitants de Genouillac, une commune du nord du département: « Mes parents sont arrivés complètement démunis dans la Creuse sans connaître personne. Des paysans avaient appris que des pauvres gens pourchassés venaient d’arriver.  Ils nous proposaient du beurre, un rang de pomme de terre dans leur champ de façon complètement désintéressée » . 

Cérémonie commémorative , 9 adultes, enfants, juifs ,réfugiés, Mainsat, raflés , 1942,1943, morts en déportation, stèle, Jacqueline Jary, maire, conseil municipal

Christophe Moreigne a mené de longues recherches sur les différentes  vagues de réfugiés  en Creuse. Des Italiens fuyant le fascisme se sont ainsi  expatriés dans les Monts de Sardent des les années 1920 :  « Il y a un fond naturel hospitalier chez les paysans creusois. Une solidarité des humbles. A la veille de la guerre, les Creusois ont été accueillants avec les réfugiés espagnols. Ils le seront avec les Juifs comme avec les prisonniers allemands après la Libération », éclaire l'historien.

« Nous sommes partis de la légende familiale, évoquée parfois par mon père . Elle tournait autour de M.Obstander, un Juif hollandais qui se cachait dans notre grange . Ni mon père ni ma tante  n’avaient eu accès à d’autres informations. Les anciens ne parlaient pas ». 

Elisabeth Remy-Netange (enseignante et decendante de la famille Nétange de Moutier-Rozeille qui s'est vouée à la protection de familles juives sou

La Creuse et la Haute-Vienne

Au plus près de ses propres racines, et à l'invitation d'Elisabeth Rémy-Nétange,   le journaliste creusois Robert Guinot a su délier les langues 70 ans après et même « forcer » une certaine forme de pudeur autour de Moutier-Rozeille, une commune proche d'Aubuson. 

Dans son  dernier livre, Terre des Justes, paru aux éditions de Borée, Robert Guinot  reprend l'enquête fleuve intitulée Le Réveil des mémoires silencieuses publiée dans La Montagne, entre 2013 et 2014 .   

Le livre la Mention Rouge de Christophe Moreigne est le résultat de plusieurs années de recherches dans les archives. Un travail autour de documents édifants et exclusifs. Le livre Terre des Justes, de Robert Guinot, est publié au éditions de Borée. Il su

La situation dans d’autres départements très ruraux souligne la relative « protection » dont ont bénéficié les Juifs réfugiés en Creuse.

 

Le régime de Vichy, puis l‘Occupant directement, ont procédé à au moins quatre rafles en Creuse entre le 26 août 1942 et le 25 juillet 1944.

Au final,  on dénombre 170 déportations sur plus de 3.000 Juifs réfugiés en Creuse.

60 Justes parmi les nations dans le département

Le « refuge » creusois et haut-viennois, bien que plus diffus, est comparable à celui des vallées de Haute-Loire et du Vivarais, marquées par la présence protestante, qui ont abrité entre 3.000 et 5.000 Juifs.

S’il n’y a pas eu de Chambon-sur-Lignon en Creuse, un autre indicateur est le nombre de personnes élevées au rang de Justes parmi les nations par la fondation Yad Vashem : le département compte aujourd’hui 60 Justes.

Un nombre important rapporté à la population totale.

Julien Rapegno

 

 

 

 

Lire la suite

Champier: Un couple isérois distingué à titre posthume pour avoir sauvé deux familles juives

samedi 15 décembre 2018

Du 09/12/2018

 

 

 

 

Ils sont 27 000 dans le monde, 4 000 en France et 711 en Isère, terre de refuge et de résistance. Les Justes parmi les Nations est la plus haute distinction décernée par l’état d’Israël aux femmes et aux hommes non juifs, de toute appartenance sociale et religieuse, qui ont caché et protégé, toujours au péril de leur vie, des personnes juives durant la deuxième guerre mondiale face à la monstruosité nazie.

Ce dimanche à Champier, Joséphine et Jean-Pierre Boullu, deux habitants de ce village du Nord-Isère se sont vus remettre cette distinction à titre posthume. Ils ont sauvé deux familles de médecins juifs. L’une d’elle a pu être retrouvée ; il s’agit de la famille Nussenblatt, qui demeurait à Nice, cachée à Champier de la fin de l’année 1943 jusqu’en août 1944. « Il a fallu une chaîne de sept personnes pour cela », témoigne Christine-Marie Rogelle, petite-fille de Joséphine et Jean-Pierre, qui témoigne aussi dans notre vidéo.

Moment très fort aussi de cette cérémonie, le moment ou la distinction a été présentée par Joseph Banon, le délégué régional du comité française pour Yad Vashem, et par Shimon Mercer Wood, porte-parole de l’ambassade d’Israël en France, à Paul, 94 ans, le fils de Joséphine et de Jean-Pierre et à Maria Nussenblatt, qui fut la femme d’Henryk, le petit garçon du couple sauvé par la famille iséroise. Un couple qualifié par tous les participants de héros qui ont sauvé l’honneur de la France.



Lire la suite

Le livre des Justes d'une famille de Haute-Garonne

mardi 11 décembre 2018

Du 09/12/2018

 

 

 

 

Laurent Robène à Moissac Ils étaient des membres actifs de cette fameuse armée des Ombres qui résista pendant les années sombres et ne réclama rien après. Lucien Robène et son épouse Blanche ont écrit, dans leur maison de Pechbonnieu, en Haute-Garonne, une merveilleuse histoire entre 1939 et 1945. Ils ont caché de nombreux clandestins leur évitant un sort funeste. Et ils ont été reconnus «Justes Parmi les Nations» en 2017.
Ils ont caché plus de soixante-dix personnes
C'est cette histoire que Laurent Robène, installé à Moissac (Tarn et Garonne), reprend avec talent dans un ouvrage qui vient de sortir «La Chambre de derrière» aux éditions L'Harmattan : «J'ai croisé les témoignages de ma maman, Marguerite, qui était alors âgée de 10 à 14 ans, mais aussi des écrits de sa tante, aujourd'hui décédée, raconte Laurent Robène. Puis j'ai essayé de croiser diverses sources de recherches, des archives pour retracer la vie quotidienne dans ce village et des nombreux pensionnaires de cette maison».
Selon les recherches menées par Laurent Robène, dans les archives de la préfecture de la Haute-Garonne et dans celles de la commune de Pechbonnieu, plus de 70 personnes ont été cachées dont des membres du célèbre réseau Combat ou ceux du Mouvement de Résistance des Prisonniers de Guerre et de Déportés (MRPGD).
C'est donc une somme de détails qui, accumulés, ont permis à Laurent Robène de mettre en musique cette étonnante et attachante histoire. Car les indices recueillis par Laurent Robène ont permis de confirmer que tous les habitants ou presque de Pechbonnieu étaient au courant : «Il y avait autour de 400 habitants. Personne n'a jamais rien balancé». Ironie de l'histoire, le responsable régional de la sinistre Milice habitait le même village : «Je crois qu'il a eu peur d'éventuelles représailles qu'on lui avait promis. On a assisté à une véritable solidarité de village qui a permis à cette maison de continuer ses activités au quotidien».
Un véritable travail de fourmi qui permet de restituer avec précision et force de détails la vie dans cette maison qui abrita le résistant Edgar Morin (voir l'encadré), mais aussi Clara Malraux ou encore le Dr Epstein, le médecin toulousain : «La maison de Blanche et Lucienne était un lieu de vie, en plein coeur de Pechbonnieu et tout le monde savait ce qui s'y passait, note l'auteur. Cette maison a servi de lieu de rencontre, de séjour mais aussi d'étapes pour des transferts vers les Pyrénées», note-t-il avec émotion et reconnaissance.
«Fier d'avoir réalisé ce travail de mémoire»
C'est cette histoire que réussit à faire vivre Laurent Robène. Un premier livre plein de tendresse mais qui se révèle aussi constituer une mine d'informations pour les historiens : «Je suis fier d'avoir réalisé ce travail de mémoire. C'est important pour ma famille mais aussi pour celles et ceux qui sont passés par Pechbonnieu et qui ont été sauvés des griffes de l'occupant.»
Une préface d'Edgar Morin
Le célèbre philosophe a écrit à Laurent Robène, se souvenant de son passage dans la maison de Pechbonnieu. L'auteur a publié au début de son livre la lettre d'Edgar Morin : «J'ai trouvé refuge chez Mme Robène au cours de l'été 1943 et pour quelques mois. Déjà y était accueilli Jean Krazatz, antifasciste allemand ami de Clara Malraux, qui allait s'associer à moi au Mouvement de Résistance des Prisonniers de Guerre et de Déportés. Il y avait d'autres clandestins qui étaient hébergés. Mme Robène m'a fait faire une carte d'identité vraie à la mairie de Pechbonnieu, mais sous une fausse identité. Nous avons pu organiser un réseau de renseignement et d'incitation à la désertion pour les soldats allemands cantonnés à Toulouse. J'étais aussi responsable régional du RGPD, faisant des tracts pour les prisonniers de guerre et déportés du travail, dans les usines allemandes. Nous les expédions dans des pots de confitures...»

 

Laurent Benayoun

Lire la suite