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Béthune : ils sont reconnus Justes depuis 1991, une plaque porte enfin leurs noms

mercredi 15 juin 2016

Du 13/06/2016

 

 

 

 

En 1991, autour de Jacques Mellick, les parents sont faits Justes parmi les nations. Fanny a grandi, elle est tout à droite de la photo. Patrick Delestrez, c’est celui qui porte la moustache. Grâce aux anciens combattants, à la Ville de Béthune et au comité Yad-Vashem, un hommage a été rendu jeudi aux familles Delestrez et Legras. Une plaque commémorative a été inaugurée rue des Martyrs. Elle grave dans le marbre les noms des cinq Justes de Béthune. Leurs ancêtres courageux.

Au lendemain de la cérémonie officielle, jeudi au coin de la rue des Martyrs, Patrick Delestrez (1) a décroché son téléphone. Au bout du fil, Fanny. À 87 ans, elle vit près de Bordeaux et n’avait pas la force de faire le voyage. Alors, il lui a raconté l’hommage, la plaque, l’émotion… Fanny, c’est cette petite-fille sauvée par les grands-parents Fortuné et Louise et leurs fils Zénobe et Roger, Justes parmi les nations depuis le 4 septembre 1991. Fanny n’a jamais perdu le contact avec eux.

Les concierges de la mairie

Patrick, avec son neveu Thibault Savary, sont deux des gardiens de la mémoire familiale. « Les Davidowicz, qui étaient béthunois depuis 1936, tenaient le magasin La Femme Chic, sur l’actuelle place du 4-Septembre. Nos aïeux, Fortuné et Louise Delestrez, logeaient en voisins au 4e étage de la mairie, parce qu’ils étaient concierges. »

En 1940, Béthune est occupée par les Allemands. Une visite du Fürher programmée dans le Dunkerquois entraîne l’arrestation préventive des familles juives de la région. Ordre est donné à la police française de passer à l’action le 16 décembre à 13 heures. « Des policiers avertissent le matin la petite dizaine de familles béthunoises. Anna Davidowicz fait revenir, Fanny, 11 ans, et Simon, 10 ans, de l’école. Fanny arrive la première au magasin. Sa maman lui dit : Fanny, on vient nous arrêter ! Es-tu d’accord pour te cacher chez M. Delestrez ? Elle acquiesce de suite, heureuse d’y retrouver son amie et voisine Marie-Louise. »

Les enfants apprennent qu’ils sont Juifs

Simon arrive à son tour, bien décidé à suivre sa sœur. L’heure de la révélation pour deux gosses innocents. « C’est en demandant pourquoi à leur mère, qu’ils apprennent qu’ils sont Juifs. Fortuné quitte le magasin, suivi à distance par Fanny et Simon. Ils rentrent dans la mairie par une porte dérobée et accèdent à l’appartement réservé à la conciergerie. Une courte distance pleine de dangers, la Kommandantur et la police française occupaient les locaux actuels de l’état civil. »

Les parents Davidowicz, accompagnés de leur autre fille Jenny, 14 ans, sont de leur côté hébergés quelque temps à Nœux-les-Mines dans la famille Caine, également reconnue dans la liste des Justes. Jean, 19 ans, l’ainé de la fratrie prend le train pour Paris.

À Béthune, le frère et la sœur entament trois longs mois sans sortir de l’appartement. Avec deux frayeurs (lire aussi ci-dessous). L’escalier menant au 4e étage craque et annonce les visiteurs. « À la première perquisition, Louise cache Fanny et son frère sous la table de cuisine. » Pas de fuite possible, l’appartement est en cul-de-sac. « Les Allemands fouillent… mais ne soulèvent pas la nappe cirée et s’installent à la table. Louise leur propose le café ! Fanny dit qu’elle se souvient encore de l’odeur du cuir des bottes… »

Les gosses cachés dans un sac de jute

Une 2e perquisition va suivre la première dans l’appartement de la mairie de Béthune. La famille Delestrez a juste le temps de dissimuler les enfants derrière une lourde armoire, pieds posés sur des caisses à bière retournées… Les Allemands sont à nouveau bredouilles mais la décision est prise de sortir les enfants au plus vite.

C’est Roger (le papa de Patrick), 17 ans, qui trouve la ruse ; il accompagne quotidiennement son père au jardin familial rue de Fouquereuil. Les deux hommes décident de camoufler Fanny et Simon dans des sacs de jute. Ils passent au nez et à la barbe de la Gestapo en plein jour, Simon sur les épaules de Fortuné, Fanny sur celles de Roger ; puis traversent la Grand-Place vers la rue Carnot, lieu de jonction avec des résistants. Les enfants montent à bord d’une camionnette et retrouvent Jean, leur grand frère. Suivront pour la famille Davidowicz de longues années d’errance, mais ils seront tous réunis en 1944.

Zoom : 18 Justes dans le Pas-de-Calais

L’ONAC a offert la plaque de la rue des Martyrs. Elle porte 5 noms mais dans le Pas-de-Calais, 18 Justes sont reconnus à ce jour : 5 à Béthune, 2 à Hersin, 3 à Nœux, 1 à Outreau, 2 à Ostreville, 2 à Saint-Pol et 3 à Loos-en-Gohelle.

(1) Patrick Delestrez est connu comme président du père Noël chante le blues.

Alice Legras, Juste parmi les Nations depuis août 1999

La famille lilloise d’Alter Kurzbart, prise dans la grande rafle du 11 septembre 1942, est déportée de la gare de Fives vers Auschwitz. Des cheminots sauvent in extremis quelques enfants, dont Ketty Kruzbart, 3 ans. Dans la poche de la gamine, juste une adresse, celle d’Alice Legras, à Béthune.

Contactée, elle se rend à Lille et prend en charge Ketty. Exploitant un petit magasin de confection boulevard Poincaré, elle connaît Alter Kurzbart comme fournisseur. Elle recueille l’enfant jusqu’à fin 1945 en la prénommant Annick.

Les Kruzbart ne reviennent pas des camps de la mort. À six ans, Ketty est confiée à l’œuvre de protection des enfants juives. Elle s’installera par la suite en Israël. Des retrouvailles auront lieu en 1998 à Béthune. Ce 9 juin 2016, la benjamine, Apolline Marchant, arrière arrière petite-fille d’Alice Legras, accompagnait toute la famille pour ce vibrant hommage. « C’est une surprise après autant d’années ! C’est une grande journée pour la famille et un beau témoignage pour les générations futures. » Le nom d’Alice Legras figure désormais sur la même plaque que les Delestrez.

ALAIN BRASIER

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Justes parmi les Nations : Paul et Régine Girard honorés à Chinon

mercredi 15 juin 2016

Du 09/06/2016

 

 

 

 

 


 

Henri Muflasz (chemise noire) et Janine Souvant Girard (veste blanche) © Radio France - Marie-Ange Lescure Paul et Régine Girard ont reçu ce jeudi la médaille de Justes parmi les Nations pour avoir gardé et protégé trois petits garçons juifs âgés de 10, 11 et 13 ans en 1943. Ils les ont accueillis chez eux pendant trois ans.

Henri et Janine étaient installés au premier rang de cette cérémonie ce jeudi dans la salle Olivier Debré de la Mairie de Chinon pour recevoir la médaille de Justes parmi les Nations. Lui a 85 ans et elle 63 ans. Ils se sont rencontrés il y a seulement deux ans mais depuis 70 ans leurs vies sont intimement liées.

1943 : Henri, Simon et leur cousin Paul arrivent à Chinon

Au début de l’année 1943, un ami de la famille Muflasz conseille de cacher les enfants chez un couple d’amis. L'épouse de l'ami de la famille est originaire de Chinon, elle accompagne les enfants chez Paul et Régine Girard.  Paul Girard travaille à l’EDF à Chinon. Régine est femme au foyer. Les Girard vont pendant 3 années présenter les enfants comme de vagues parents.  Les 3 enfants juifs sont aussitôt inscrits à l'école publique en face de la maison et pendant ces trois années, ils vont mener une vie presque ordinaire chez Paul et Régine Girard.

Les parents de Henri et Simon et leur petite soeur de 2 ans à l'époque ont été déportées et sont morts à Auschwitz.  A la fin de la guerre, le cousin Max Perl retrouve sa mère. Henri et Simon seront eux hébergés par l'OSE (Oeuvre de Secours aux Enfants).

Le 27 mai 2014, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem décerne le titre de "Justes parmi les Nations" à Paul et Régine Girard

Ce jeudi, en mairie de Chinon, l'un des vice-présidents du Comité français pour Yad Vahsem avait fait le déplacement pour remettre à Janine Souvant, la fille de Paul et Régine Girard, la médaille des Justes parmi les Nations qui honore les hommes et les femmes qui ont sauvé pendant la guerre des Juifs au mépris de leur propre vie et de leur liberté.

L'émotion était forte pour cette cérémonie à laquelle participaient les deux familles toutes générations confondues.

Le peuple juif n'oubliera ni les bourreaux ni leurs collaborateurs. Il se souviendra à jamais de ces justes, véritable lumière des Nations" - François Guguenheim Vice-Président du Comité français pour Yad Vashem.

Des êtres ordinaires qui ont accompli des choses extraordinaires dira-t-il également avant de remettre la médaille à Janine pour honorer ses parents.

François Guguenheim Vice-Président du Comité frnaçais pour Yad Vashem.

C'est bien pour se souvenir et transmettre l'histoire aux jeunes générations que le Mémorial de la Shoah Yad Vashem à Jérusalem honore de leur vivant ou à titre posthume des personnes ordinaires qui ont réalisé des actions extraordinaires. Des actions dont ils n'ont pour la plupart laissé aucune trace ni même fait le récit à leur propre famille

Janine Souvant Girard, la fille de Régine et de Paul Girard est née bien après la guerre et elle n'a connu l'histoire que grâce à une voisine de ses parents.

Janine n'a jamais entendu ses parents raconter l'histoire de ces 3 enfants

Henri Muflasz, son frère et son cousin sont revenus plusieurs fois à Chinon rencontrer Paul et Régine Girard.

Les 3 enfants se sont réfugiés à Chinon grâce à une amie de leur famille

Et malgré les circonstances, la guerre, l'absence des parents et la présence de l'occupant allemand, ces années passées à Chinon ont été de vraies années d'enfance pour Henri, Simon et leur cousin

 Les 3 enfants ont été présentés à tout le monde comme de "vagues parents"

Janine n'a découvert que beaucoup plus tard l'histoire des trois garçons juifs réfugiés chez ses parents. Elle est née bien après la guerre et c'est grâce   à une voisine qu'elle a trouvé l'adresse d'Henri et a décidé de lui écrire. Les deux familles se sont retrouvées d'abord à Paris

Janine était entourée de son fils et de ses petites filles

Chinon fait désormais partie de "l'ADN" des deux familles, liées par l'humanité et le courage de Paul et Régine Girard. Le fils d'Henri l'accompagnait pour cette cérémonie d'hommage

 Le fils d'Henri est retourné avec son père sur les lieux où il avait vécu

 Pour le fils de Janine, c'est comme un mystère dévoilé sur l'héroïsme de ses grand-parents

 C'est aussi une façon de passer le flambeau aux générations futures

 Et les plus jeunes générations des deux familles étaient présentes

 Julie 16 ans la petite fille de Janine Souvant Girard

Henri est venu seul pour cette cérémonie d'hommage, son frère Simon malade n'avait pas pu se déplacer et son cousin Max est décédé il y a quelques années comme Paul et Régine Girard, désormais Justes parmi les Nations gravés dans la pierre de Yad Vashem à Jérusalem.

Marie-Ange Lescure, France Bleu Touraine

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Distinguées par Israël

dimanche 12 juin 2016

Du 09/06/2016

 

 

 

 

 

Les familles entourées des élus et représentants. © Ph. s. G. []

C'est une cérémonie émouvante qui s'est déroulée le 29 mai dernier. Deux familles étaient réunies et ont été honorées. Nadine Arasse a reçu la médaille des Justes parmi les nations pour ses parents, Abel et Valentine Dulong. Était également présente, la dernière survivante de la famille Loebl, cachée par ces Lot-et-Garonnais pendant la guerre.

Ce bel acte a été salué à la salle des fêtes par Jean-Marc Colin, premier adjoint, qui accueillait à cette occasion Anita Mazor, consul d'Israël, Michel Alitenssi, délégué du comité français de Yad Vashem, Jacques Ranchère, secrétaire général de la préfecture, Françoise Laurent, conseillère départementale, et un nombreux public.

« Juste parmi les nations »

Cette distinction a donc été décernée, à titre posthume, à Abel et Valentine Dulong, représentés par leur fille Nadine Arasse, leurs petits enfants, arrière-petits enfants et arrière-arrière petits enfants.

Ce titre est la plus haute distinction civile de l'État d'Israël. Le patronyme des époux Dulong sera aussi gravé sur le mur des Justes à Jérusalem pour avoir hébergé et sauvé la famille Loebl. Cette cérémonie, à laquelle assistaient également de nombreux membres du Conseil, a beaucoup ému en raison des témoignages des représentants de la famille.

Elle s'est terminée par un poème, lu par les enfants des écoles, et la célébration des hymnes. Un buffet offert par la municipalité a permis à tous d'évoquer les nombreux souvenirs et de prolonger ces moments agréables de retrouvailles.

Sylviane Goudenhooft

 

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Un Juste briatextois honoré à titre posthume

dimanche 12 juin 2016

Du 11/06/2016

 

 

 

 

Dernièrement, en présence du préfet Thierry Gentilhomme, d’Albert Seifer et Francine Théodore Lévêque, délégués régionaux du Comité français pour Yad Vashem, de Bernard Bacabe, le maire de Briatexte, Anita Mazor, consul général de l’Etat d’Israël à Marseille, a remis à titre posthume la médaille et le diplôme des Justes parmi les nations à Laurent Ambroise-Escribe, honoré pour avoir aidé une famille juive durant la guerre.

C’est son arrière-petit-fils, Benjamin Tournier qui a reçu les deux présents. En mai 1940, fuyant l’invasion allemande, Israël Presbourg, son épouse et ses deux fils, ont quitté Anvers, pour quinze jours plus tard, faire une halte à Briatexte où la famille sera accueillie par Laurent Escribe, adjoint au maire, qui lui fournira un logement et des bons de ravitaillement.

Il trouvera une école et un emploi pour les deux fils et une place de maroquinier chez M. Ferrière à Briatexte, lui évitant de justesse d’être interné définitivement. Les deux hommes avaient forgé une solide amitié, jusqu’au départ de la famille Presburg, de Briatexte, en octobre 43, avec de faux papiers fournis par Laurent Escribe. En novembre, Israël sera arrêté par les Allemands à Annemasse et transféré au camp de Drancy. Il mourra en captivité quelques mois plus tard.

«Si cette cérémonie est particulièrement émouvante c’est parce qu’elle rappelle qu’il y eut des femmes et des hommes anonymes qui choisirent de n’écouter que leur conscience et leur courage. Aujourd’hui, nous lui rendons hommage à travers ses ayants droit et des témoins de ses actes, en présence des habitants qui, pour certains, ont partagé l’école et les jeux avec les enfants d’Israël Presburg, sans se rendre compte toujours de la dimension héroïque de l’acte de Laurent Escribe. Nous lui rendons hommage en présence aussi de la centaine d’enfants des écoles Jean-Louis-Etienne et Saint-Joseph. Car ce sont les jeunes d’aujourd’hui qui passeront le relais de cette mémoire du courage et de l’honneur», a pu conclure Bernard Bacabe.


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Coutras (33) : Les Laumier, reconnus Justes parmi les nations

dimanche 12 juin 2016

Du 07/06/2016

 

 

 

 

 

Suite à la demande des enfants Kalisz, recueillis chez eux durant la Shoah, les époux Laumier vont recevoir la plus haute distinction honorifique délivrée par l’État d’Israël. 

Denise et Lucien Kalisz étaient venus conter leur émouvante histoire, en juillet dernier, aux élèves d’Abzac. © photo archive stéphane klein La nouvelle, venue de Jérusalem, est tombée la semaine dernière. André et Hortense Laumier, anciens habitants de la Couperie à Coutras, recevront bien, à titre posthume, la plus haute distinction honorifique de l'État d'Israël donnée à des civils. Le couple, qui avait permis de sauver trois enfants juifs durant la Seconde Guerre mondiale, sera donc fait « Juste parmi les nations ».

Une récompense, particulièrement pour les désormais vieux enfants de la famille Kalisz qui avaient été recueillis chez les époux girondins de 1942 à 1944 et qui, depuis quelques mois, se battaient pour que l'action des Laumier soit mise en lumière.

« Papa », « maman »

En juillet dernier, Lucien et Denise Kalisz, rescapés de la Shoah, étaient venus raconter leur histoire aux élèves de l'école primaire d'Abzac. Une histoire forcément poignante. En fin d'année 1942, fuyant la déportation, Lucien n'a que 2 ans, Denise 5 et Paulette 8, lorsqu'ils sont confiés par leur mère aux Laumier, le cantonnier de la Couperie et sa compagne, chez qui une partie de la fratrie avait déjà passé des vacances durant l'été 1939.

« Mes sœurs et moi, nous restâmes chez eux, à la Couperie, jusqu'à la Libération, raconte Lucien, aujourd'hui 76 ans. Ils nous protégèrent en nous faisant passer pour leurs neveu et nièces bien que nous les appelions papa et maman (...) C'étaient des personnes discrètes et modestes avec de fortes convictions humanistes et ils nous donnèrent sans compter beaucoup d'amour. »

Inscrits au mur d'honneur

« Les autres habitants du hameau, qui se doutaient de nos origines, ne nous manifestèrent jamais d'hostilité et se gardèrent de dénoncer nos bienfaiteurs aux autorités de cette triste époque », retient également Lucien Kalisz. Les Laumier, chez qui Lucien et Denise sont retournés à plusieurs reprises durant leur enfance car très attachés, sont ensuite partis de Gironde pour gagner le Nord, près de la frontière belge. André y est mort en 1950 percuté par un camion, Hortense est décédée en juillet 2001 à l'âge de 94 ans.

Aujourd'hui, Lucien Kalisz se dit très heureux de la reconnaissance accordée aux époux Laumier. « Maintenant, Yad Vashem (mémorial pour victimes juives de la Shoah, NDLR) nous demande de retrouver des descendants, de manière à organiser une cérémonie et une remise de médailles », explique celui qui doit se rendre en Charente cette semaine pour retrouver leur trace.

Dans le courrier qui a été adressé à Lucien et Denise il y a quelques jours seulement, il est précisé que les noms d'André et d'Hortense Laumier seront inscrits sur le Mur d'honneur du Jardin des Justes de Yad Vashem, se trouvant dans la forêt de Jérusalem, sur le versant ouest du mont Herzl, au printemps ou à l'été 2017.

Les Kalisz : une famille meurtrie

L’histoire des Kalisz est comparable à celle de nombreuses familles juives françaises durant la Seconde Guerre mondiale. Une famille qui a été profondément déchirée et meurtrie. Des six enfants (trois nés en Pologne et trois à Paris), deux ont connu la terreur des camps : Berthe a été internée à Drancy et Fernand fut prisonnier à Buchenwald. « Il a mis plus de vingt ans avant de raconter ce qu’il a vécu là-bas », expliquait l’été dernier, à de jeunes élèves d’Abzac, son plus jeune frère Lucien.

Le père de famille, Sana Kalisz, fut interné le 14 mai 1941 au camp de Beaune-la-Rolande (Loiret). Le motif ? Il était « en surnombre dans l’économie française. » Il y resta quatorze mois et fut déporté, sous le matricule 508, en juillet 1942, à Auschwitz où il fut gazé le jour même de son arrivée.

À l’automne 1942, à Paris, la police frappait au domicile de la famille Kalisz pour arrêter tous ses membres. La mère, qui réussit à s’échapper, put confier aux époux Laumier ses trois plus jeunes enfants. Elle vint les récupérer à la Libération.

JEAN-CHARLES GALIACY

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Daniel et Yvonne Lebrat : un couple de Justes à Devesset

mercredi 8 juin 2016

U 07/06/2016

 

 

Daniel et Yvonne Lebrat : un couple de Justes à Devesset

 

Dimanche, la mairie de Devesset a servi de cadre à une cérémonie pleine d'émotion. Daniel Lebrat (1903-1977) et son épouse Yvonne née Valla (1906-1977) ont reçu, à titre posthume, la médaille de Justes parmi les nations.



Ce titre de "Juste" est décerné, après une enquête minutieuse, par l'Institut Yad Vashem. Il distingue une personne non-juive qui, au péril de sa propre vie, a contribué à sauver des Juifs pendant la dernière guerre. Le couple Lebrat rejoint la longue liste des Justes du Plateau Vivarais-Lignon.

C'est le deuxième couple de Justes de Devesset. Le 22 août 2013, une cérémonie comparable, à titre posthume là aussi, avait eu lieu pour Léon Morel et sa femme Pauline née Lebrat qui avaient caché Max Fajn.

La demande de reconnaissance a été faite par Jacqueline Giraud, née Ryczywol, qui a été mise à l'abri durant une année, de la fin 1943 à la fin 1944, chez les Lebrat à Devesset. Sous la fausse identité de Jacqueline Ricci, la fillette a ainsi échappé au pire. Arielle Krief, déléguée régionale, représentait Yad Vashem dimanche.


L'histoire telle qu'elle est narrée sur la fiche de l'Institut Yad Vashem

Abraham Mozeck Ryczywol et son épouse Rywka sont tous deux originaires de Varsovie en Pologne. Ils arrivent en France vers 1925 et se marient en 1929. Ils ont quatre filles : Paulette en 1930, Jacqueline en 1934 et des jumelles Ginette et Bella nées en 1937. La famille habite Boulevard Voltaire à Paris à Paris dans le 11ème arrondissement. Le père y a un atelier de maroquinerie.

En 1941, le père est arrêté lors de la rafle des Juifs étrangers dans le 11ème arrondissement. L’appartement et l’atelier sont confisqués. Abraham est interné à Drancy et est déporté à Auschwitz par le convoi N° 34 du 16 septembre 1942. Il survit à la déportation.

Rywka confie ses trois plus jeunes enfants à l’OSE (Œuvre de Secours aux Enfants). Elle tente de passer en zone libre avec sa fille aînée. Elles sont arrêtées et mises en résidence forcée à Culan dans le Cher. Le maire, René Barathon, prend Rywka à son service et la protège avec Paulette jusqu’à la fin de la guerre. Il parvient à leur éviter l’internement au camp de Douadic et la déportation.

Les trois filles sont placées au château du Masgelier dans la Creuse, puis au Château de Montintin en Haute-Vienne. Fin 1943, Jacqueline est convoyée vers l’Ardèche et remise aux bons soins de Daniel et Yvonne Lebrat, un couple sans enfant. Pendant un an, elle est protégée et choyée par ce couple généreux sous la fausse identité de Jacqueline Ricci. Elle va à l’école du village. Elle est présentée comme une petite en vacances à la montagne. Fin 1944, une personne vient la chercher et l’emmène en Isère au Château de Cessieu ou elle retrouve sa sœur jumelle. Les deux sœurs y restent jusqu’en 1947 où elles rentrent à Paris retrouver leur famille qui a réussi à récupérer l’appartement spolié.

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