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Shoah : la famille du premier « Juste parmi les nations » arabe accepte finalement la distinction

samedi 11 novembre 2017

Du 25/10/2017

 

 

 

 

La famille d’un docteur égyptien, qui a sauvé des juifs lors de la Shoah, a finalement accepté de recevoir le titre de « Juste parmi les nations ». Cette distinction lui avait été décernée en 2013 par le mémorial israélien Yad Vashem. 

Quatre ans après que le mémorial israélien de Yad Vashem a reconnu le titre honorifique de « Juste parmi les nations » au docteur égyptien Mohamed Helmy, la famille de ce dernier a enfin accepté cette distinction en son nom.

Comme l’explique le journal Haaretz, une cérémonie aura lieu jeudi 26 octobre à Berlin, au ministère allemand des Affaires étrangères. Nasser Kutbi, le fils de l’un des neveux de Mohamed Helmy, se rendra en Allemagne pour l’occasion.

Quand, en 2013, cette reconnaissance avait été annoncée, la famille avait refusé dans un premier temps de recevoir ce prix décerné par une institution israélienne. « Si n’importe quel autre pays avait choisi d’honorer Helmy, nous aurions été très heureux », avait alors déclaré, à Associated Press, Mervat Hassan, la femme de l’un des petits neveux du docteur égyptien.

Dr. Mohamed Helmy Dans les pages du Jerusalem Post, Irena Steinfeld, directrice du département des « Juste parmi les nations » au Mémorial de Yad Vashem s’est félicitée de ce changement d’avis de la famille. « C’est très significatif et émouvant », a-t-elle expliqué. « Cela montre la capacité des gens à dépasser les frontières culturelles et à voir les souffrances des êtres humains. »

Cachée dans un cabanon

Mohamed Helmy est le premier Arabe à avoir été reconnu comme « Juste » pour avoir sauvé des juifs de la déportation au cours de la Seconde Guerre mondiale. Né en 1901 à Khartoum, au Soudan, de parents égyptiens, il s’installe à Berlin au début des années 1920 pour suivre des études de médecine. Lui-même victime de discrimination, le docteur assiste aux persécutions contre les juifs. Exclu en 1937 de l’hôpital où il travaille, il décide de venir en aide à une amie, Anna Boros. « Le Dr Helmy m’a cachée dans son cabanon à Berlin du 10 mars 1942 jusqu’à la fin de la guerre », a raconté cette juive allemande. « Le Dr Helmy a tout fait pour moi de bon cœur et je lui en serai reconnaissante pour l’éternité. »

Le médecin égyptien, aidé par une Allemande, Frieda Szturmann, elle aussi reconnue « Juste parmi les nations », a également sauvé trois membres de la famille d’Anna Boros. Après la guerre, ils ont émigré aux États-Unis, mais ont toujours gardé contact avec le docteur Helmy. Ce dernier est mort à Berlin en 1982, sans avoir eu d’enfant. Selon Mervat Hassan, lui et sa femme « ne voulaient pas en avoir par peur des guerres. Ils ne voulaient pas qu’ils voient de telles horreurs ».

Le Mémorial de Yad Vashem a reconnu 26 000 « Justes parmi les nations » de 44 pays différents. Une douzaine sont musulmans, la plupart venant des pays des Balkans.

 

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L’espion catholique qui sauva des milliers de Juifs et délivra 10 000 visas pour la Palestine

samedi 11 novembre 2017

Du 23/10/2017

Frank Foley

 

 

 

 

 

Frank Foley a vécu une vie tranquille dans une petite ville anglaise après la Seconde Guerre Mondiale. Ses voisins n’avaient aucune idée que ce petit homme sans prétention était un héros qui a mené une double vie dangereuse en Allemagne nazie. Il était à la tête du service de renseignement Britannique et a sauvé des milliers de vies juives.

Basé à Berlin dans les années 1930, son travail officiel était agent de contrôle des passeports pour les Britanniques. En réalité, il était à la tête du bureau de Berlin du MI6, le service de renseignement secret Britannique.

En tant qu’espion, le major Foley a eu une carrière dramatique. Il a organisé l’opération qui a sauvé les réserves d’or de la Norvège des Nazis et a persuadé les principaux scientifiques Allemands de ne pas transmettre les données essentielles sur la recherche atomique à la direction Nazie. Il a également convaincu des dizaines d’espions Allemands de devenir des agents doubles.

Catholique fervent de longue date, Foley a été profondément ému par la persécution Nazie des Juifs et a aidé des milliers de personnes à fuir l’Allemagne.

Après Kristallnacht (la nuit de Cristal) en 1938, il écrivit dans un rapport confidentiel à Londres: «Le parti Nazi ne s’est pas dérobé de ses intentions initiales et son but ultime demeure la disparition des Juifs d’Allemagne».

Bien que les règles d’immigration soient restées strictes en cette période de crise économique, de nombreux Juifs ont réalisé le danger et ont essayé de fuir la menace Nazie.

Défiant la politique implacable de son propre ministère des Affaires Etrangères, Foley a délivré 10 000 visas pour la Palestine sous Mandat Britannique. Sans l’immunité diplomatique à Berlin, il courait un risque sérieux d’être découvert par les Nazis. Malgré le grand danger personnel pour lui et sa famille, il a continué d’établir des visas et des documents de passeport pour les Juifs qui tentaient de fuir l’Allemagne et l’Autriche. Il est entré dans des camps de concentration pour assurer la libération des prisonniers Juifs. On estime qu’il a sauvé environ 10 000 vies.

L’épouse de Frank Foley, Kay, a rapporté:

 le oui ou le non de Frank signifiait vraiment la différence entre une nouvelle vie et les camps de concentration

«Les Juifs qui tentaient de trouver un moyen de sortir d’Allemagne faisaient la queue devant des centaines de personnes à l’extérieur du consulat britannique, accrochés à l’espoir d’obtenir un passeport ou un visa. Jour après jour, nous les avons vus debout le long des couloirs, descendre les marches et traverser la grande cour, attendant leur tour pour remplir les formulaires qui pourraient conduire à la liberté. En fin de compte, cette file d’attente a grandi à un mile de long (environ 1.6 km). Certains étaient hystériques. Beaucoup pleuraient. Tous étaient désespérés. Avec eux, un flot de télégrammes et de lettres provenant d’autres parties du pays, tous implorant des visas et demandant de l’aide. Pour eux, le oui ou le non de Frank signifiait vraiment la différence entre une nouvelle vie et les camps de concentration. Mais il y avait beaucoup de difficultés. Comment tant de personnes pouvaient-elles être interrogées avant que leur tour ne vienne frapper à la porte?

Frank a travaillé de 7h à 22h sans interruption. Il traiterait lui-même autant de demandes qu’il pourrait en gérer et marcherait parmi son équipe d’examinateurs pour voir où il pourrait les aider, ou donner des conseils et des mots de réconfort à ceux qui attendaient. »

Wim Van Leer, également impliqué pour avoir aider les Juifs à échapper à l’Allemagne Nazie, notait que «l’hiver 1938 était dur et les hommes et les femmes âgés attendaient dès six heures du matin, faisant la queue dans la neige et le vent mordant. Le capitaine Foley veillait à ce qu’un commissionnaire en uniforme traîne une bouilloire de Thé sur un chariot le long de la ligne de la misère gelée …

Miriam Posner, une jeune fille Juive de seize ans, est partie de Prusse orientale pour demander un visa pour la Palestine, bien qu’elle n’ait pas respecté les conditions strictes d’entrée en Grande-Bretagne.

Elle explique : « Foley m’a sauvé la vie. Nous avons entendu qu’il y avait cet homme Foley qui était gentil avec les Juifs. Ma mère le suppliait. Il a fait les 100 pas pendant quelque temps et a ensuite demandé mon passeport et mis le cachet de visa dessus. Il n’a pas posé de questions. » Elle a ajouté :« Il était petit et silencieux. Tu ne soupçonnerais jamais qu’il était un espion. « 

Le père de Ze’ev Padan a été interné dans le camp de concentration de Sachsenhausen lorsque Foley l’a sauvé. Ze’ev aussi a était sauvé par le défi de Foley contre l’autorité.

Au moment de l’infâme pogrom de Kristallnacht (nuit de Cristal) en novembre 1938, Foley et sa femme avaient entrepris quelque chose d’encore plus dangereux: mettre des Juifs à l’abri du jour au lendemain dans leur appartement. Parmi leurs «invités», Leo Baeck, président de l’Association des Rabbins Allemands.

En septembre 1939, lorsque la guerre a commencé, Foley est retourné en Angleterre. Cependant, il a laissé derrière lui une épaisse pile de visas pré-approuvés avec des instructions pour qu’ils soient distribués à ceux qui fuyaient les Nazis.

Après la guerre, Frank Foley et sa femme Kay se sont retirés dans la petite ville de Stourbridge. Il vivait tranquillement, profitant de son jardin et discutant avec les enfants locaux. Comme il mentionnait rarement ses expériences en temps de guerre, les voisins ne savaient pas qu’un héros vivait parmi eux.

Il mourut en 1958 à l’âge de 74 ans. Trois ans après sa mort, Mme Foley révèla enfin ses exploits courageux.

Le journaliste Britannique Michael Smith mit en lumière l’histoire inconnue de Foley dans son livre Foley, l’espion qui a sauvé 10.000 Juifs, publié en 1999 :

« Foley s’est clairement classé aux côtés d’Oskar Schindler et Raoul Wallenberg et pourtant son nom était pratiquement inconnu. Je me suis mis à la recherche de la vérité sur Foley. L’un de mes premiers arrêts fut Yad Vashem, le Centre Israélien du Mémorial de l’Holocauste, où j’ai demandé si Foley avait été considéré pour l’honneur de Justes parmi les Nations, la reconnaissance accordée à tout gentil qui a sauvé un juif de l’Holocauste.

Bien que les responsables de Yad Vashem aient entendu parler de Foley, ils ont affirmé qu’il n’y avait aucune preuve à l’appui de son cas. Cependant, un document dans ces archives écrit par Hubert Pollack, un travailleur humanitaire Juif, qui avait travaillé aux côtés de Foley à Berlin, a décrit comment Foley avait sauvé des dizaines de milliers de Juifs des Nazis.

C’était le premier de nombreux témoignages de Juifs éminents qui avaient connu Foley. Le plus dramatique est venu pendant le procès de 1961 en Israël d’Adolf Eichmann. L’un des principaux témoins à charge, Benno Cohn, ancien président de l’Organisation Sioniste d’Allemagne, a rendu hommage à Foley.

« Il y avait un homme qui se démarquait des autres comme un phare », a déclaré Cohn. « Capitaine Foley, officier du passeport au consulat britannique dans le Tiergarten à Berlin, un homme qui à mon avis était l’un des plus grands parmi les nations du monde. Il a été possible d’amener un grand nombre de personnes en Israël grâce à l’aide de cette personne merveilleuse. Il a sauvé des milliers de Juifs des griffes de la mort. « 

Hubert Pollack, un agent sioniste, a souligné que Foley était également au courant de l’organisation sioniste secrète Mossad LeAliyah Bet qui a introduit clandestinement des Juifs dans la Palestine sous contrôle britannique. Cependant, Foley ne l’avait pas signalé, comme requis, à ses supérieurs.

Grâce au Holocaust Educational Trust, les preuves recueillies par Michael Smith ont été données à Yad Vashem. Après que les fonctionnaires aient interviewé les témoins vivants qu’il a trouvés en étudiant le livre, ils ont finalement attribué à Foley le titre de Juste parmi les Nations en 1999 et un arbre a été planté pour lui à Jérusalem.

Il y a aussi une plaque en l’honneur de Foley à l’ambassade Britannique de Berlin et une autre dans la ville de Stourbridge. Une statue de pierre haute de 8 pieds ((2,40m) sur son lieu de naissance de Highbridge fournit également un hommage permanent à ce héros silencieux.

  traduction © Prescilla Stofmacher pour Dreuz.info.






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Bédarieux - Grand moment d'émotion pour 110 élèves des deux lycées de la ville

samedi 11 novembre 2017

Du 30/09/2017

 

 

 Le témoignage d'Edith a bouleversé tout le monde, lycéens et encadrants

Les deux établissements scolaires de Bédarieux le lycée Ferdinand Fabre et le lycée Fernand Leger avaient regroupés plusieurs classes  (110 élèves) dans la toute nouvelle salle de conférence flambant neuve de Fernand Léger mardi 17 octobre après midi pour un événement très particulier .
Il s'agissait de rendre un nouvel hommage aux Justes parmi les Nations à travers le témoignage de Edith Moscovic enfant juif cachée pendant la guerre.

Cette rencontre s'inscrivait dans la logique du travail de mémoire initié par Résurgences qui a permis en 2013 d'inaugurer l'avenue des Justes parmi les Nations, avenue qui démarre au pied du lycée Fernand Léger pour se terminer aux rond-point des Fourmis.

C'est Marine Marchesini qui a est à l'origine de cette manifestation.

Pendant 2 heures Edith Moscovic a témoigné de son errance à travers l'Europe pour échapper aux griffes du nazisme. Ayant quitté sa Hongrie natale elle s'est retrouvée cachée à Bruxelles par des gens qui ont ouvert spontanément leur porte a cet enfant de 7 ans.
Pendant deux années elle est restée cloitrée dans un grenier avant d' être recueillie par une institution catholique en attendant la libération.

Le témoignage d'Edith a bouleversé tout le monde. Au delà de l'image d'Epinal de «la Juive errante» l'errance c'est le récit d'une enfant ravagée de l'intérieur qu'elle livre. « J'ai perdu mon enfance lorsque j'ai du laisser ma poupée pour fuir précipitamment la maison ».Elle insiste et tient à faire passer un message d'amour car il n'y a pas de haine dans son cœur.

A la demande d'un élève « si vous aviez rencontré Hitler que lui auriez vous dit ?» elle répond  « Pourquoi, pourquoi ? pourquoi détruire un peuple, des enfants, des adultes, des vieillards seulement parce qu'ils sont juifs. » Ce témoignage bouleversant restera gravé dans la mémoire de tous ce qui étaient là. Cette dame de 87 ans dégage une force de conviction impressionnante. Son seul moteur c'est la transmission de la mémoire de la Shoah dans une formule « Plus jamais ça ! »

Les jeunes générations sont, bien sur, les plus concernées. Avant que les témoins disparaissent ce devoir de mémoire est essentiel.

Beaucoup l'ont compris. Un réalisateur tourne actuellement dans les hauts cantons héraultais. Il s'agit d'une rencontre avec les familles de Justes qui ont cachés des Juifs. Ce film sera diffusé sur France 3 courant 2018.

 

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Dordogne : la petite-fille de deux “justes” veut remercier les villageois

vendredi 10 novembre 2017

Du 31/10/2017

 

 

un hommage rendu aux “JUSTES” du Village : Jeanne et Gaston de Créty et les villageois d’Anlhiac pour leur action lors de la deuxième guerre mondiale / © Commune d'Anlhiac

 

La cérémonie a eu lieu ce week-end. Pendant la seconde guerre mondiale Jeanne et Gaston de Créty ont aidé des enfants juifs et la résistance. Il ont été reconnu "justes parmi les nation". Leur petite-fille a voulu honorer l'ensemble des villageois d’Anlhiac pour avoir su garder le silence.

C'était impossible de ne pas savoir, et ils ont choisi de ne rien dire. De garder le silence à un moment où la parole aurait pu tuer.
Samedi dernier un hommage a été rendu à l'ensemble de la population du petit village d'Anlhiac, dans le Périgord noir, à l'initiative de la petite-fille et des descendants de Jeanne et Gaston de Créty. Ces deux aristocrates qui possédaient un château dans la commune ont été reconnus à titre posthume "Justes parmi les nations" en 1991.
Un titre décerné par l’Institut Commémoratif des Martyrs et des Héros de la Shoah, Yad Vashem, qui a déjà reconnu plus de 630 "justes parmi les nations" en Nouvelle-Aquitaine. Pendant la Seconde guerre mondiale le couple a caché dans leur domaine deux enfants juifs.
En cachant ces enfants, le couple a bien évidemment pris des risques pour sa propre sécurité, mais aussi compté sur la discrétion de l'ensemble de la population du village, car il n'était pas possible de ne pas savoir, dans un si petit village à l'époque.
C'est pour cela que les petits-enfants du couple, la petite-fille Isabelle Cochin de Créty en tête, ont voulu rendre hommage à cette population qui aurait pu les trahir.
Une plaque commémorative a été inaugurée sur le mur de la mairie "Jeanne et Gaston De Crety, justes parmi les nations, rendent hommage à la population d'Anlhiac, héros de l'ombre".

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Cérémonie du 10° anniversaire de la Médaille des Justes

mardi 17 octobre 2017

 

 

 

 

Auguste Chabrol 10 ans plus tard, le vendredi 20 octobre à 15h00, la Proviseure Ingrid Berger, les professeurs et les élèves, du Lycée professionnel Gustave Eiffel, organisent la cérémonie du 10° anniversaire de la médaille des Justes.

Le 13 novembre 2007, la Médaille des « Justes parmi les nations » était remise au lycée professionnel Gustave Eiffel à Aubagne, établissement désigné comme « ayant droit » par le Comité Français pour YAD VASHEM et l’Etat d’Israël.

te distinction exceptionnelle venait aussi récompenser l’excellent travail de mémoire mené pendant plusieurs années par les élèves du lycée encadrés par leurs professeurs à l’initiative de Jacques Dubois, ancien conseiller municipal de la Ville, de 1989 à 2008, qui avait notamment organisé des voyages de la Mémoire à Auschwitz-Birkenau auxquels avaient participé plus de 200 élèves des collèges et lycées aubagnais.

Auguste Chabrol – né en 1874 et mort en 1955 - dont le nom figure depuis 2007 sur le Mur d’Honneur dans le Jardin des « Justes parmi les nations » à Jérusalem, avait été distingué pour avoir sauvé une famille juive pendant la guerre, et en particulier M. Edgar Zmiro, père de famille qu’il avait caché. Le Lycée Gustave Eiffel devenait et est toujours le seul établissement en Europe dépositaire de cette distinction.

10 ans plus tard, la Proviseure Ingrid Berger, les professeurs et les élèves de l’établissement organisent la cérémonie du 10° anniversaire de cette distinction, en présence d’Anita Mazor Ministre déléguée auprès de l’ambassade d’Israël en France et de Serge Coen Président du Comité Français pour Yad Vashem, Institut International pour la Mémoire de la Shoah. 


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Joseph et Maria Martinez «Justes parmi les nations»

mardi 17 octobre 2017

Du 12/10/2017

 

 

 

 

Anita Mazor, ministre près l'ambassade d'Israël à Paris, remet médaille et diplôme à Dominique Martinez-Chenet, fille de Joseph et Maria Martinez./ Photo DR. «Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers, nus et maigres tremblants dans ces wagons plombés…». Hier matin, alors que débutait à l'hôtel de ville la cérémonie de remise de médaille et diplôme de «Justes parmi les nations» à Joseph Martinez et son épouse Maria, Dolorès, née Victoria, les paroles de «Nuit et Brouillard» par la voix de Jean Ferrat touchaient les cœurs d'une assistance dont l'émotion était déjà palpable. Une cérémonie digne, un grand jour pour Dominique Martinez-Chenet, la fille de Joseph et Maria, qui recevra la médaille et le diplôme décernés à titre posthume à ses parents par l'Institut Yad Vashem Jérusalem, des mains d'Anita Mazor, ministre près l'ambassade d'Israël à Paris, en charge du sud de la France, pour avoir aidé et sauvé de la barbarie nazie, à leurs risques et périls, des Juifs pourchassés pendant l'Occupation. Nous sommes au début 1944, au faubourg de Bensa, Joseph et Maria ouvrent leur porte à Sarah Waiter et sa fille Lucie, pourchassées par les nazis. Elles vont y rester cachées dans le grenier, jusqu'à la Libération. Marc Sanchez, le maire, a rendu un vibrant hommage à Joseph et Maria et dit sa «fierté et la reconnaissance de la commune». Francine Théodore Levèque, comité français Yad Vashem, a retracé l'historique de l'Institut et recommandé la vigilance sur le retour de l'antisémitisme. «Au péril de leur vie, Joseph et Maria ont offert un refuge, ils ont réconforté, rassuré», a souligné Anita Mazor. Les collégiens de Victor-Hugo, de Lavelanet, et les lycéens d'Alain Fournier, de Mirande (32), ont lu des poèmes. À l'heure de la remise, Dominique est submergée par l'émotion. Elle remercie beaucoup, tout comme Lucie Waiter, qui avait fait le voyage depuis Paris.

En conclusion, Marie Lajus, préfète de l'Ariège, a évoqué la lumière des Justes. «Il y a la conscience, le courage, il y a la lumière de ceux qui ont résisté, ceux qui ont ouvert leur porte, et au nom de la République française, je dis avec vous honneur à Joseph et Maria Martinez, honneur aux Justes de France, grâce à qui nous pouvons vivre ensemble et regarder la tête haute la lumière.» Les noms de Joseph et Maria Martinez sont à jamais gravés sur le mur d'honneur, dans le jardin des Justes parmi les nations, à Yad Vashem, à Jérusalem.

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