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La médaille des Justes pour une fratrie de Nespouls en Corrèze

mercredi 20 septembre 2017

Du 17/09/2017

A 91 ans, Tina Adler n'a jamais oublié la famille Serre de Nespouls qui a sauvé la vie de sa mère et la sienne pendant la guerre / © Morgane Jacob

 


 

 

Des larmes d'émotion ont coulé ce dimanche dans la salle des fêtes de Nespouls, en Corrèze. Une fratrie a reçu la médaille des Justes parmi les Nations au nom de leur grand-père et arrière grand-mère, mais c'est tout un village qui a été salué. 

Tina Adler a aujourd'hui 91 ans. Et elle n'aurait pas voulu manquer cette cérémonie qui a rendu hommage à Alfred et Toinette Serre, un fils et sa mère qui les ont cachées et protégées elle et sa mère Jachet, juives polonaises, entre 1942 et 1944, dans leur maison de Favars. 

Alfred et Toinette ne sont plus de ce monde, mais ce sont leurs descendants, deux soeurs et deux frères qui ont reçu la médaille en leur nom. Une plaque va également être apposée sur la maison des Justes, pour rappeler leur acte de courage, mais aussi celui de tout un village, où jamais personne n'a dénoncé la famille réfugiée. 

France Lemaire



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Lucien et Blanche Robène reconnus Justes parmi les Nations

lundi 11 septembre 2017

Du 11/09/2017

 

 

 

 

 

Blanche Lavalade est née à Lormont, en Gironde, et épouse Lucien Jules Robène le 24 novembre 1928 à Bordeaux. Ils auront deux filles, nées toutes deux à Toulouse. Le couple s'est installé à Pechbonnieu, à 15 km des usines Latécoère, où Lucien était métallurgiste. Dès 1941, des personnes recherchées, réfractaires au S.T.O, juifs, communistes, résistants ... trouvent refuge au domicile des Robène, les uns pour quelques jours, certains plusieurs mois. Jusqu'à la Libération, ce sont entre 6 et 12 personnes qui partagent le quotidien de cette famille. Les Robène cachèrent des enfants juifs qui leur étaient adressés par le mouvement : «Le réseau, écrit Edgar Morin, s'appliquait à sauver des enfants juifs de la déportation. On en plaçait quelques-uns momentanément chez Madame Robène». Clara Malraux et sa fille Florence firent également un séjour à Pechbonnieu, dans la maison des Robène : «Tant d'êtres humains, écrira-t-elle, lui ont dû de survivre». Blanche et Lucien ont divorcé après la guerre et aucun des deux n'a demandé quelque reconnaissance que ce soit après la Libération. Ils avaient juste le sentiment d'avoir fait ce qu'ils devaient faire. Pourtant, les personnes auxquelles Blanche a procuré un hébergement clandestin, et parfois sauvé la vie, se comptent par dizaines et, sans les témoignages écrits et publiés par Clara Malraux mais aussi Edgar Morin, aucune preuve n'aurait subsisté de leur héroïsme. Blanche est décédée à Moissac le 25 mai 1966, dans l'humilité et la discrétion comme elle avait vécu. Une cérémonie d'hommage leur avait été rendue en novembre 2014 au cimetière de la Dérocade, ainsi que par la ville de Pechbonnieu qui avait, l'année suivante, honoré sa mémoire en apposant une plaque commémorative au 11, route de Saint-Loup, son ancien domicile. Aujourd'hui, Yad Vashem vient de reconnaître Blanche et Lucien Robène Justes parmi les Nations «pour avoir aidé à leurs risques et périls des Juifs pendant l'Occupation». Leur nom sera gravé sur le Mur d'Honneur dans le Jardin des Justes parmi les Nations à Jérusalem

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DIEULEFIT/LA TOUCHE - La médaille des Justes remise à deux familles

lundi 11 septembre 2017

Du 11/03/2017

 

 

 

 

Dieulefit compte désormais douze Justes parmi les nations, ces hommes et femmes qui ont eu le courage de cacher des Juifs sous l’Occupation et ainsi leur sauver la vie. Marcel et Colette Arsac, aidés par l’abbé Georges Magnet, ont protégé Rosalie Zalamansky et ses deux enfants, Henri et Sylvie, installés à Portes-en-Valdaine puis à La Touche, en les aidant à rejoindre la fameuse école dieulefitoise de Beauvallon qui abrita tant de réfugiés.

La cérémonie, forte en émotion, a permis aux enfants, petits-enfants et neveu des Justes (à gauche) de recevoir la médaille en leur nom, à titre posthume, hier après-midi à la salle des fêtes La Halle en présence de la déléguée du comité français pour Yad Vashem, Arielle Krief (en blanc).

 

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Les descendants d’Avram Behar, déporté en 1943, se réunissent le temps d’un Shabbat

mardi 5 septembre 2017

Du 26/08/2017

 

Au centre Gisèle et Liz deux sœurs qui ont choisi de réunir leur famille respective en mémoire de leur père mort à Auschwitz lors d'un chabbat mémorable financé grace aux réparations de la SNCF (Crédit: Arié Zamor)

 

 

Une centaine d’Israéliens aux tendances juives très variées, tous descendants d’Avram Behar, se sont retrouvés lors d’un shabbat financé grace aux indemnisations tardives reçues de la SNCF dédiées aux victimes de déportation

Au premier coup d’œil, l’on pourrait penser qu’il s’agit d’une belle mais simple photo de famille. Au centre Lise et Gisèle nées Behar, entourées de leurs enfants et petits-enfants. Une belle et grande famille. Ce serait laisser de côté le miracle que renferme ce banal cliché.

L’œil averti saura reconnaître l’appartenance à l’une ou l’autre « tribu » de l’Israël moderne. On distinguera rapidement un pantalon beige et un noir, puis des chapeaux sombres et des chemises à manches courtes. L’on comprendra enfin que cette photo réunit ultra-orthodoxes et kibboutznik

Lise habite le kibboutz Sde Eliahou, dans la vallée du Jourdain, Gisèle un quartier orthodoxe de Jérusalem. Cette photo de famille vient conclure un Shabbat commun ; un Shabbat de fête dont le financement est aussi alambiqué que l’histoire du XXe siècle est douloureuse.

Voici ce que renferme ce banal cliché.

 

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Un panneau "Le Chambon-sur-Lignon, terre de Justes" crée une polémique

mardi 5 septembre 2017

Du 01/09/2017

 

 

 

 

 

Le village est célèbre pour avoir hébergé près d'un millier de personnes durant la Seconde Guerre mondiale

Le village de Chambon-sur-Lignon en Haute-Loire a déclenché une polémique en choisissant d'installer à proximité de son entrée un panneau touristique mettant en avant le titre de "Village des Justes" décerné par Israël en 1990.

Chambon-sur-Lignon est célèbre pour avoir hébergé près d'un millier de personnes et pour l'action de ses habitants qui ont aidé les Juifs menacés de déportation vers les camps de concentration durant la Seconde Guerre mondiale.

La municipalité dirigée par Eliane Wauquiez-Motte a décidé - il y a une dizaine de jours - d'ériger dans un but touristique un panneau "Le Chambon-sur-Lignon, terre de Justes" en bordure de la N 88, principal axe routier de la Haute-Loire.

Cette initiative a créé la polémique notamment auprès des élus des villages alentour pour qui "le Chambon n'a pas été la seule commune à héberger des personnes durant l'Occupation".

Ce panneau va "à l'encontre de l'esprit qui animait les gens d'ici lorsqu'ils ont fait ça, avec modestie et humilité", a dénoncé Marianne Mermet-Bouvier, adjointe au maire de Mazet-Saint-Voy, citée par Le Parisien.

"Le texte me choque. Le Chambon n'est pas la seule commune qui a agi. On a accueilli partout, sur cette montagne" a-t-elle ajouté, se référant à la notion de "Montagne-refuge" utilisée pour caractériser l'accueil singulier des habitants de cette région située dans le massif central.

Les responsables de Chambon-sur-Lignon ont toutefois nié avoir voulu se réapproprier l'histoire des localités de cette montagne.

"Perpétuer la mémoire de ce qu'il s'est passé ici par un panneau nous a semblé logique, absolument pas matière à polémique", a expliqué Denise Valat, adjointe à la culture dans le village, selon les médias français.

"Si vous regardez bien le panneau, il est écrit 'terre de Justes', et non pas 'terre des Justes'. Cela veut dire que nous sommes une terre de Justes parmi les autres. Nous ne voulons pas nous accaparer ce passé", a-t-elle tenu à préciser.

En 1990, le gouvernement israélien reconnut toute la région et ses habitants comme "Justes parmi les nations" pour leur action humanitaire et leur bravoure face au danger.

Dans son discours lors de la remise de la médaille des Justes aux habitants du plateau Vivarais-Lignon, le pasteur Arnoux avait alors déclaré: "Si qui que ce soit tirait un profit personnel quelconque de cette histoire, l'esprit qui a régné ici serait trahi".

 

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Thionville : un square pour se souvenir des Justes parmi les Nations

samedi 5 août 2017

Du 04/08/2017

 

 

 

 

 

Le square, situé à deux pas de l’emplacement de l’ancien cimetière juif du quartier Saint-François, a été inauguré en mai 2016. Photo Armand FLOHR

Le square des Justes parmi les Nations, inauguré l’an passé au cœur du quartier Saint-François, constitue désormais un lieu de plus ajouté aux nombreux et illustres lieux de mémoires qui, depuis plus de soixante-dix ans, tentent de faire rempart à l’Oubli.

Thionville, 1941. Après avoir incendié et détruit la synagogue en juillet de l’année précédente, l’occupant nazi s’acharne sur le cimetière juif de la cité nord mosellane. La clôture est enlevée, les pierres tombales arrachées et les tombes nivelées. Une sale besogne conduite en plusieurs étapes, jusqu’en 1942. Seul un monument, essentiellement composé de pierres tombales sauvées du désastre, témoigne aujourd’hui de l’emplacement de ce lieu de sépultures profané.

Printemps 2016 à l’angle des avenues Comte-de-Bertier et de Douai, au cœur du quartier Saint-François de Thionville, c’est-à-dire à quelques mètres à peine de l’ancien cimetière juif thionvillois. Autour de Pierre-François Veil, le président du comité français pour Yad Vashem, les autorités civiles, militaires et les représentants des cultes inaugurent le square des Justes parmi les Nations. Celui-ci accueille une stèle dédiée à la mémoire de Simone Stolze, Jean Augeard et Raymond Pichon. Trois de ces quelque 3 500 consciences officiellement reconnues en France (22 500 dans le monde) jusqu’à ce jour. Des femmes, des hommes qui, durant l’Occupation, sauvèrent avec une « généreuse imprudence » la vie de femmes, d’hommes et d’enfants persécutés pour la seule raison qu’ils étaient juifs.

Cet honneur, les trois Justes thionvillois n’y aspiraient pas forcément. Mais leur comportement extraordinaire dans des circonstances qui l’étaient tout autant le leur a assuré. Et finalement peu importe car là n’est pas tout l’enjeu, qui dépasse tellement ces trois destins pourtant déjà exceptionnels…

Simone Veil, récemment disparue, estimait qu’« en honorant ceux qui ont refusé de se plier à la fatalité de la volonté exterminatrice de l’idéologie nazie, la médaille des Justes contribue à rétablir l’Histoire dans sa vérité ». Honorer la mémoire des Justes constitue par conséquent une manière de faire sentinelle, de tenter d’éviter que l’histoire ne bégaye, comme cela lui arrive parfois… Haïm Korsia, le Grand Rabin de France, ne disait rien d’autre l’an passé quand il affirmait : « Celles et ceux qui arpenteront ce square mettent leurs pas dans ceux de ces Justes ».

C’est bien la vocation d’un lieu de mémoire qu’il s’agisse d’un « objet matériel et concret, éventuellement géographiquement situé » ou d’un « objet le plus abstrait et intellectuellement construit » selon la définition de l’historien et académicien, Pierre Nora : faire de celles et ceux qui l’abordent des « relais de la mémoire ». Dans le cas thionvillois, de celle des rescapés de la Shoah dont le nombre ne cesse de décroître.

herve.boggio

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