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Yvonne Deltour, une Juste reconnue par la Ville d’Enghien-les-Bains

mercredi 2 mai 2018

Du 26/04/2018

 

 

 

Des enfants juifs quittent le Comité Amelot, en 1943, pour être placés dans des établissements comme celui d’Enghien. (© DR) La Ville d’Enghien inaugurera, dimanche 29 avril, une stèle à la mémoire d’une de ses habitantes, reconnue Juste parmi les Nations pour avoir sauvé des enfants juifs.

Yvonne Deltour est morte depuis 44 ans. En 1977, à titre posthume, la courageuse Enghiennoise fut reconnue Juste parmi les Nations par l’État d’Israël. Son nom est ainsi gravé à Jérusalem, au Mémorial Yad Vashem, des martyrs de la Shoah, ainsi qu’à Paris, sur le Mur des Justes.

La commune d’Enghien n’a pas oublié son courage et sa prise de risque dans la cité thermale pendant l’Occupation. Dimanche 29 avril, à l’occasion de la journée de la Déportation, la Ville rendra hommage à cette habitante.

Une stèle dévoilée dimanche 29 avril

Une stèle sera dévoilée, à 11h15, au 6, rue Malleville, à l’endroit où se trouvait autrefois la colonie de vacances Les Peupliers. C’est à cet emplacement que la directrice de l’établissement recueillit et sauva une trentaine d’enfants juifs, dont les parents avaient, pour la plupart, déjà été déportés dans les camps d’extermination nazis.

La cérémonie sera dirigée par Philippe Sueur, maire (Lr) d’Enghien-les-Bains, en présence de Pierre Osowiechi, vice-président du Comité français pour Yad Vashem ainsi que de Viviane Lumbroso, secrétaire générale adjointe du Comité français pour Yad Vashem. Des enfants recueillis par Yvonne Deltour sont annoncés à ce rassemblement.

Le récit

Lorsqu’en 1941 le bruit courut que la colonie d’Enghien acceptait toujours les Juifs, l’organisation de sauvetage du Comité Amelot (constitué pour secourir des Juifs émigrés, dont le siège était situé 36, rue Amelot à Paris) commença à envoyer à Enghien, des enfants dont les parents avaient été déportés et dont la colonie Les Peupliers assumait les frais de séjour.

La plupart d’entre eux y vécurent jusqu’à la Libération. Yvonne Deltour hébergeait aussi des enfants juifs placés par leurs parents, même si ces derniers ne pouvaient pas payer les frais, ou seulement une toute petite partie.

Elle était mue par des considérations humanitaires et non par le désir de gagner de l’argent, et elle poursuivit son action courageuse au mépris du danger qu’elle courait, danger dont elle était parfaitement consciente, alors qu’Enghien était le siège de la Kommandantur.

Après la guerre, Mordechai et Marie Weisberg, dont deux enfants, Félix et Serge, avaient passé trois ans aux Peupliers, feront état du dévouement d’Yvonne Deltour.

Le maire de l’époque, Charles Bigou, témoigna lui aussi de ses activités de sauvetage, tandis que la directrice de l’école locale de filles évoqua le travail courageux d’Yvonne Deltour qui, dans des conditions difficiles et sans chercher de compensation matérielle, abrita des enfants dont les familles étaient persécutées par les Allemands. (sources : Dictionnaire des Justes de France).


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Deux familles du Loiret honorées par l'Etat d'Israël

mercredi 2 mai 2018

Du 22/04/2018

 

 

 

 

Françoise Labidoire, Ido Bromberg (ambassade d'Israël), Mireille Raynaud et Yvette Goldberg pour la remise du diplôme des Justes à l'hôtel Groslot d'Orléans. / © X.Naizet Les Labidoire et les Léocournet ont reçu à titre posthume la médaille de "Justes parmi les nations" pour avoir hébergé, une petite fille juive pendant la 2e guerre mondiale. Leur protégée, Yvette Goldberg, est revenue du Brésil où elle réside aujourd'hui pour assister à la cérémonie à Orléans.

Joseph et Marguerite Labidoire ainsi que Louis et Louise Léocournet ne sont plus de ce monde mais leurs descendants sont venus en nombre remplir le salon d'honneur de l'hôtel Groslot pour assister à ce grand moment. Car la médaille de "Justes parmi les nations" ce n'est rien moins que la plus haute distinction civile de l'Etat d'Israël qu'on décerne sur décision d'une commission présidée par un juge de la cour suprême. Créé en 1953 pour rendre hommage à ceux qui ont apporté leur aide à des juifs persécutés, ce titre a jusqu'à présent été accordé à 26 500 personnes dans le monde dont 243 en Centre-Val-de-Loire, et 33 dans le Loiret.

Pour le mériter, les Labidoire et les Léocournet ont fait une chose très simple et très courageuse à la fois. Héberger en 1944, à Orléans puis en Sologne, la petite Yvette Goldberg, alors âgée de 9 ans. A cette époque, son père Michel, qui avait connu les Labidoire dans sa jeunesse, était prisonnier de guerre et sa mère Chana craignait la déportation. Elle avait donc décidé de remettre sa fille à des personnes de confiance.

"Mes parents ont fait ça très naturellement. Cela leur semblait normal de sauver une petite fille,raconte aujourd'hui Mireille Raynaud, la fille du couple Léocournet. A l'époque, j'étais toute petite mais j'ai quelques souvenirs d'Yvette à la maison. Ensuite, ils ont très peu parlé de ce qu'ils avaient fait. Ils n'en faisaient pas une gloire. Mais ils auraient été heureux de la revoir. Parfois, ils parlaient de la petite Yvette et se demandaient ce qu'elle était devenue."

 
Une place des Justes à Orléans ?


Et Yvette est là, bien vivante, revenue pour l'occasion du Brésil où sa famille s'est installée dans les années 50. Ce sont des cousins de la famille Léocournet qui ont retrouvé sa trace. Le contact renoué entre les familles a ensuite déclenché le processus de reconnaissance et la remise de médaille. "On ne s'était pas revues depuis la guerre," poursuit Mireille Raynaud. "C'est touchant de vivre ça."

Le diplôme de "Justes" a été remis par un représentant de l'ambassade d'Israël ainsi que par le vice-président du comité français pour Yad Vashem (le mémorial des martyrs de la Shoah), François Guguenheim qui en a profité pour interpeller la mairie d'Orléans : "A l'heure où des milliers de juifs quittent la France, après le meurtre de Mireille Knoll et les attentats qu'on a connus, il serait souhaitable qu'Orléans dispose, comme d'autres villes, d'un lieu pour honorer la mémoire des Justes. Une simple place, un square ou une stèle par exemple."

La mairie d'Orléans n'a pas encore répondu à cette demande mais à Jérusalem et à Paris, là où ces lieux de mémoire existent depuis longtemps, les noms des Labidoire et des Léocournet viennent d'être gravés sur les murs des "Justes".

 Xavier Naizet

 

 

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Un héros de la Shoah honoré 75 ans après l’incroyable sauvetage de 1 000 juifs

lundi 23 avril 2018

Du 21/04/2018

 

Enzo Cavaglion (assis). De droite à gauche : Alan Schneider, Directeur du centre mondial Bnai Brith-Jérusalem; Paolo Eliezer Foa, Président du Bnai Brith - loge de Milan, Milan, Dario Disegni, Président du musée du judaïsme italien et de la Shoah, le fils

 

 

L'Italien Enzo Cavaglion, 98 ans, a reçu la Citation du sauveteur juif pour avoir risqué sa vie pour aider des personnes à échapper à la déportation à Auschwitz.

Soixante-quinze ans après être venu en aide à plus de 1 000 Juifs qui fuyaient un village de France occupé par l’Italie, Enzo Cavaglion, un Juif italien aujourd’hui âgé de 98 ans, a fait l’objet d’un hommage dans sa ville natale de Cuneo, dimanche.

Cavaglion a reçu la citation du sauveteur juif du centre mondial Bnai Brith de Jérusalem et de la Commission de reconnaissance de l’héroïsme des Juifs ayant sauvé d’autres Juifs durant la Shoah à son domicile, entouré de sa famille et de ses amis. 

Il vit encore dans le même village que celui où il avait organisé son initiative de sauvetage en 1943.

« Enzo a été vraiment ému par cette distinction », dit Alan Schneider, directeur du Centre mondial Bnai Brith – Jérusalem, qui était présent lors de la petite cérémonie.

« Il a 98 ans maintenant – son corps est frêle mais son esprit est vif, et cela a été une opportunité pour lui de se souvenir de ces jours terribles où il est venu en aide à ces 1 000 Juifs qui s’étaient échappés, traversant les Alpes-maritimes pour entrer en Italie », a dit Schneider.

Cette citation des sauveteurs juifs a été établie en 2011 pour aider à corriger l’idée fausse que les Juifs n’auraient pas apporté une aide significative aux autres Juifs durant l’Holocauste.

A ce jour, presque 200 héros qui s’étaient distingués en Allemagne, en France, en Hongrie, en Grève, en Slovaquie, en Yougoslavie, en Russie, en Lituanie, en Pologne, en Hollande, en Italie, en Ukraine, en Lettonie et en Autriche ont reçu cette distinction.

« Pendant des décennies, on s’est concentré sur les sauveteurs non-juifs, comme cela a été le cas avec la reconnaissance des Justes parmi les nations – ce programme remarquable mis en place par Yad Vashem », commente Schneider. « Mais les pays européens désireux de montrer leurs sauveteurs s’intéressent également énormément à cette reconnaissance, et ils ont souvent une manière bien plus grande de l’envisager qu’à Yad Vashem », précise-t-il.

« Tout cela a aidé à créer ce concept de Justes parmi les nations et aujourd’hui, après toutes ces décennies, nous tentons de rattraper le temps et de reconnaître ces Juifs qui sont allés au-delà de l’appel du devoir et qui se sont mis en danger en Allemagne et dans les pays alliés ». 

Schneider raconte que ce sont des milliers de Juifs en France qui ont rejoint les groupes de résistance qui sauvaient des Juifs pendant la guerre – en particulier des enfants – et que ces groupes sont parvenus à aider à préserver l’avenir de la communauté juive française face au génocide.

Figurant peut-être parmi les partisans les plus célèbres qui se sont consacrés au sauvetage de Juifs, le groupe dirigé par les quatre frères Bielski, Tuvia, Zus, Asael et Aron, qui avaient gardé 1 236 Juifs dans une forêt de ce qui est aujourd’hui la Biélorussie.

Le groupe a été le sujet d’un film produit en 2008 à Hollywood, « Defiance », avec en têtes d’affiches Daniel Craig et Liev Schreiber.

 

 




Comme les frères Bielski, Cavaglion et son propre frère Riccardo ont affronté simultanément les nazis et ont oeuvré à sauver des vies juives, quelque chose d’inhabituel, selon Schneider.

« Dans de nombreux cas, on ne faisait pas les deux – sauver des Juifs et combattre les nazis. C’est ainsi que beaucoup de groupes de résistants devaient choisir entre le combat et le secours », explique-t-il. 

Les frères Cavaglion étaient les membres fondateurs du groupe de partisans Italia Libera, qu’ils avaient établi le 12 septembre 1943, le jour où la ville de Cuneo a été occupée par la première division SS Panzer.

Au même moment, plus de 1 000 Juifs qui vivaient dans le village alpin français alors occupé par l’Italie de Saint-Martin-Vesubie avaient pris la fuite, se dirigeant vers Cunéo à travers les Alpes-maritimes face à l’invasion allemande – trouvant les nazis qui encerclaient la zone. Environ 300 d’entre eux avaient été capturés et envoyés à Auschwitz.

Les frères avaient aidé les 700 autres à trouver un refuge parmi une population paysanne sympathisante dans les villages de montagne environnants et avaient mené des raids dans les bureaux municipaux locaux, volant des documents qui leur avaient permis de fournir des papiers aux fugitifs.

Cavaglion a reçu la citation des sauveteurs juifs pour avoir outrepassé ses propres difficultés – lui et sa famille étaient également chassés par les nazis – et pour avoir aidé des Juifs en fuite à trouver un asile.

Ce survivant de l’Holocauste a été ému jusqu’aux larmes lorsque cette distinction lui a été présentée.

« C’est la première reconnaissance qu’il a eue de la part d’une organisation juive pour s’être mis en danger », explique Schneider.

« Au-delà de ça, il se trouvait déjà en situation de péril parce qu’il était juif dans un secteur où rôdaient les nazis, il s’est placé de lui-même sur la ligne de feu et il s’est mis en danger pour secourir ces Juifs ». 

Yaakov Schwartz

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Rennes. Honorée pour avoir caché une petite fille juive âgée de 2 ans

mercredi 18 avril 2018

Du 13/04/2018

 

 

 

 

Rennes. Honorée pour avoir caché une petite fille juive âgée de 2 ans Pour avoir caché une petite fille juive entre 1942 et 1944, à Fougères, Angèle Breton, décédée en 1981, recevra à titre posthume la médaille et le diplôme de Justes parmi les Nations. La cérémonie aura lieu à l’hôte de ville de Rennes, mardi 24 avril, en présence d’Aliza Bin-Noun, ambassadrice d’Israël en France. Angèle Breton sera la seconde Bretillienne déclarée Juste parmi les nations.

L’Etat d’Israël remettra à titre posthume la médaille et le diplôme de Justes parmi les Nations à Angèle Breton. Entre 1942 et 1944, elle avait caché chez elle, à Fougères, Liliane Mazuras, une petite fille juive.

Honorée par l'Etat d'Israël

Angèle Breton est décédée en 1981, c’est son fils Raymond-Jean Breton qui la représentera pour recevoir la plus haute distinction honorifique civile de l’Etat d’Israël des mains d’Aliza Bin-Noun, ambassadrice d’Israël en France.

La cérémonie aura lieu à l’hôte de ville de Rennes, mardi 24 avril, en présence de la maire Nathalie Appéré et de Pierre-François Veil, président du comité français pour le mémorial de Yad Vashem.

Des jeunes invités à la cérémonie

Des élèves du collège Anne de Bretagne de Rennes et du collège Martin Luther-King de Liffré participeront à la cérémonie. Un épisode de la web-série documentaire les www.derniers.org de Sophie Nahum sera projeté en ouverture de la cérémonie.

Quinze Justes parmi les nations en Bretagne

« Quinze Justes parmi les nations ont été honorés à ce jour en Bretagne. Angèle Breton est la seconde Brétillienne après Marie-Louise Charpentier en 1990 », rappelle Catherine Korenbaum, délégué pour l’ouest de la France du comité français Yad Vashem.

Liliane Mazuras restera toujours en relation avec la famille Breton. Aujourd’hui installée en région parisienne, elle sera présente à la cérémonie du 24 avril, en mairie de Rennes.

Pascal Simon



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Israël rend hommage à des Justes de Libourne

mercredi 18 avril 2018

Du 11/04/2018

 

 

 

 

 

René et Thérèse Boussat, couple de coiffeurs libournais, reconnus Justes par Yad Vashem. Sud Ouest

La ville de Libourne est invitée cette semaine à participer aux cérémonies de la Journée du Souvenir pour la Shoah, célébrées au mémorial Yad Vashem à Jérusalem

 

A l’invitation du Comité Français pour Yad Vashem, la Ville de Libourne fait partie d’une délégation d’une dizaine de « Villes et villages des Justes parmi les Nations de France ». A ce titre, le maire de Libourne, Philippe Buisson, participera aux cérémonies de la Journée du Souvenir pour la Shoah et l’héroïsme, « Yom Hashoah », au mémorial de Yad Vashem à Jérusalem.

Cette présence en Israël est une manière de rendre hommage à Thérèse et René Boussat, et Henri Daigueperse. Ces trois Libournais reconnus comme "Justes parmi les Nations" pour avoir sauvé des familles juives pendant la 2nde Guerre Mondiale au péril de leur liberté et de leur vie.

"Au moment où la lutte contre toute forme de racisme et d’antisémitisme est plus que jamais une priorité pour notre pays et après l’ignoble assassinat de Mireille Knoll à Paris, il était opportun que la ville de Libourne s’associe à ce moment républicain" déclare Philippe Buisson.

 

Sylvain Petitjean
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La mémoire des Justes vue par les CM2

samedi 31 mars 2018

Du 26/03/2018

 

 

 

 

À l'école primaire les classes de CM2 étudient la Shoah. Ce terme désigne spécifiquement la mise à mort de près de 6 millions de Juifs d'Europe par l'Allemagne nazie et ses collaborateurs pendant la période de la Seconde Guerre mondiale.

Aujourd'hui les élèves ont pu découvrir le film «La mémoire des Justes» qui rend hommage aux Justes parmi les Nations et plus particulièrement aux Justes de Montréjeau. À l'occasion des Journées européennes du patrimoine 2016, Carole Pays et Céline Gras Baqué de l'office de tourisme de Montréjeau ont lancé l'idée de rendre hommage aux Justes de Montréjeau et alentours par le recueil de témoignages de descendants.

Un film sera réalisé par Florian Seube, Axel Marcial, Pierrick Fauroux, Andréa Le Foll, Quentin Lopez et Jean Beaufils, élèves du collège Bertrand Laralde de Montréjeau. On notera l'aide indispensable de Nathalie Salles leur professeur d'histoire géographie, de Jérôme Etchécopar (cinéaste bénévole), l'association des 3C et de la Communauté de communes et son office de tourisme intercommunal.

Venu en support de l'étude faite de la Shoah, ce film a touché les spectateurs. À l'issue de la séance les élèves ont pu dialoguer avec deux des descendants de Juste, Gérard Dufor dont les parents ont hébergé un jeune juif ; ils ont été honorés officiellement en 1995. Jean Tornamorell dont les parents ont hébergé un vieux médecin juif. Le film «La mémoire des Justes» est un ouvrage de mémoire qui mérite d'être vu par le plus grand nombre. C'est un bel exemple d'action citoyenne.

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