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Deux classes de 3e du collège Voltaire ont visité l'exposition "Ce ne sont pas des jeux d'enfants"

mercredi 24 mai 2017

 

 

 

Après avoir érigé une stèle le 1er octobre 2016 à Barroux en l’honneur de Lucile Marie Godrie, Juste parmi les Nations, la commune d’Airvault a adhéré au réseau « Villes et Villages des Justes parmi les Nations de France ». A ce titre elle a bénéficié d’une exposition « Ce ne sont pas des jouets d’enfants » prêtée par l’institut Yad Vashem de Jérusalem. Installés dans le musée Jacques Guidez jusqu’au 29 mai, 15 panneaux retracent les conditions de vie des enfants pendant la Shoah dont seuls quelques milliers ont survécu.

Monsieur Guggenheim, vice-président du comité français pour Yad Vashem, invité par Olivier Fouillet, maire d’Airvault, présent à cette occasion aux côtés de madame Nicolas, principale du collège et des professeurs d’histoire du collège Voltaire, s’est adressé aux élèves de deux classes de 3e s’étant déplacées tout spécialement pour cette rencontre. Il a replacé les événements dans leur contexte historique et social.

 Nul doute que les élèves n’oublieront pas l’émouvant hommage rendu à ceux qui, par pure générosité, ont sauvé des vies au péril de la leur, ces combattants du silence dont il convient d’honorer le courage et l’humanité. Monsieur Guggenheim a insisté sur la nécessité absolue de faire preuve d’esprit critique et la possibilité de recourir à la désobéissance en des périodes d’exception afin que l’Histoire ne se répète pas en ces termes !

L’oubli, c’est l’exil, mais la mémoire est le secret de la délivrance,
est en effet un des messages forts de l’institut Yad Vashem.

 

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Lucien Leconte et Fernand Prével, ces deux prêtres normands qui sauvèrent cinq juifs

lundi 1 mai 2017

Du 24/04/2017

 

 

 

 

Le 30 avril aura lieu la Journée du souvenir des victimes de la déportation. Dans l’Orne, deux prêtres ont évité à cinq juifs de subir ce sort, et viennent pour cela d’être reconnus Justes parmi les nations par le mémorial israélien de Yad Vashem.

L’histoire du sauvetage de son grand-père par deux prêtres, dans les tréfonds de l’Orne, en pleine bataille de Normandie en juin 1944, Haïm Brézis l’avait entendue de ses oreilles d’enfant. Il gardait le souvenir de cet homme ensoutané qui ne manquait pas, lors de ses passages à Paris, de venir partager le repas de Solomon, à qui le liait désormais une solide amitié.

Trois pages de témoignages retrouvées dans les archives

Ce qu’il ignorait, c’est que ce grand-père rescapé avait déposé en 1958, au mémorial de Yad Vashem, un récit racontant comment deux prêtres lui avaient sauvé la vie, à lui et à ses deux beaux-frères. « À l’époque, le titre de Juste n’existait pas », raconte le professeur Haïm Brézis. En 2015, Yad Vashem contacte celui qui est devenu un mathématicien de renommée internationale, membre de plusieurs académies dans le monde, pour lui annoncer que les trois pages de témoignage de son grand-père ont été retrouvées dans les archives. Le 5 septembre 2016, l’Institut commémoratif des martyrs et des héros, édifié sur le mont du Souvenir à Jérusalem, a décerné le titre de Justes parmi les nations aux Pères Lucien Leconte et Fernand Prével. 

Une rencontre au cœur du bocage ornais

Réfugié avec sa famille depuis 1943 dans le village auvergnat de Riom-ès-Montagnes, Solomon Brézis, originaire de Roumanie – qu’il a quittée dans les années 1930 –, est arrêté au printemps 1944 avec ses deux beaux-frères, Marcel-Moïse et Izi Blanar. Envoyés en Normandie, pour travailler au renforcement du mur de l’Atlantique, ils échappent à une exécution sommaire. Le Débarquement vient d’avoir lieu, et les Allemands décident d’envoyer leurs prisonniers en Allemagne. Solomon, Marcel et Izi réussissent à fausser compagnie à leurs geôliers. Le 22 juin, au cœur du bocage ornais, ils croisent le chemin du Père Lucien Leconte, responsable de l’institut de Tinchebray – un lycée de mécanique –, qui leur ouvre les portes. « Ils étaient en loques, raconte Haïm Brézis. Le Père Leconte leur a donné des vêtements de jardiniers. »

Des liens très forts

Solomon, fils du grand rabbin de Ploiesti, en Roumanie, est un juif religieux et pratiquant. « Le Père Leconte lui a alors trouvé une bible rédigée en hébreu. Et pendant tout le temps où les juifs ont été cachés à Tinchebray, il s’est efforcé de leur donner de la nourriture casher », poursuit Haïm, visiblement ému au souvenir de la « très grande sensibilité et délicatesse » du prêtre. Le 13 juillet, l’institut est fouillé par les Allemands persuadés que des juifs s’y cachent. Ils ne les trouveront pas, terrés dans la crypte de la chapelle. Malade, le Père Leconte part se faire opérer à Paris, où il meurt le 25 juillet. Son adjoint, le Père Fernand Prével continue à s’occuper des trois clandestins, qui quittent Tinchebray, sains et saufs, le 7 août. « Mon grand-père gardera des liens très forts avec le Père Prével jusqu’à sa mort, en 1962 », poursuit Haïm, se souvenant des deux hommes qui, après avoir partagé leur repas, bénissaient chacun le Seigneur selon leur propre rituel.

Une cérémonie à Tinchebray

En 1949, les restes du Père ­Leconte, enterré à Paris, sont transférés à Tinchebray. La prière du Kaddish est récitée sur la tombe du prêtre par ceux qu’il a sauvés. Ils font aussi apposer dans la chapelle un ex-voto qui est encore visible. Les noms des Pères Leconte et Prével seront bientôt inscrits dans l’allée des Justes de Yad Vashem, avant une cérémonie qui doit avoir lieu à Tinchebray, à l’initiative de Yad Vashem-France, de l’ambassade d’Israël en France et de l’association de sauvegarde de la chapelle Sainte-Marie de Tinchebray 

Clémence Houdaille

 

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Crest : Raymond, sauvé par Yvon et Paulette

mercredi 12 avril 2017

Du 07/04/2017

 

 

 

 

 

Paulette Paturel et Raymond Strompf À titre posthume, la médaille de « Juste parmi les Nations » a été décernée à un couple de Crestois pour avoir caché un enfant juif durant l’Occupation. Dimanche, une cérémonie émouvante a eu lieu en mairie de Crest, en présence du survivant, aujourd’hui âgé de 82 ans.

« Il y a des comportements honteux d’hommes et de femmes, de groupes, d’États, mais il y a heureusement aussi sur la planète des hommes et des femmes qui ont honoré leur mémoire, la leur, la nôtre et la mémoire de l’humanité ». Des propos d’Hervé Mariton, député maire de Crest, agrémentés de la magistrale musique de Tchaïkovski et des mots d’Evtouchenko, compositeur et poète russes… Émouvante cérémonie, dimanche 2 avril en salle Max Tabardel à la mairie de Crest. Anita Mazor, ministre plénipotentiaire en charge des Régions du Sud, représentant l’État d’Israël, a remis à titre posthume la médaille et le diplôme des « Justes parmi les Nations » à Yvon et Paulette Paturel, représentés par leur nièce Yvette Paturel. Le couple avait sauvé un enfant juif, Raymond Strompf.

La famille Paturel, avec Yvette Paturel, la nièce et Jean-Luc Souillol, le neveu, a pris la parole. Ils ont évoqué le souvenir de Paulette et Yvon Paturel. Paulette Maillet, née en Algérie a épousé en 1930 à Crest Yvon Paturel. Ils tenaient la boulangerie de la rue Général Berlier, avec une spécialité, les desserts « fromages ». Yvon est décédé en 1975 et Paulette lui a survécu jusqu’en 2003.

Raymond Strompf a alors raconté le récit de son sauvetage. Nicolas Strompf et Rosalie nés à Budapest, arrivent en France en 1925. Électromécanicien et couturière, ils s’installent à Vincennes, se marient en 1933 et Raymond naît en 1935, ses parents obtenant pour lui la nationalité française. Nicolas Strompf s’engage dans la Légion étrangère en octobre 1939, tandis que Rosalie se réfugie sur l’Île de Ré avec Raymond. Après l’armistice, Nicolas, démobilisé, retourne à Vincennes avec sa famille. Le 14 mai 1941, Nicolas Strompf est arrêté, conduit dans le camp d’internement de Pithiviers, puis déporté à Auschwitz le 25 juin 1942. Son épouse est arrêtée puis déportée le 27 juillet 1942.

Anita Mazor, Ministre, remet la Médaille des Justes et le Diplôme à Yvette Paturel, devant Raymond Strompf

Adopté comme neveu

Des amis font passer la ligne de démarcation à Raymond, le conduisent à Crest, où il est caché dans une ferme, puis confié à Yvon et Paulette Paturel, comme neveu de la famille. Il fréquente l’école communale sous le nom de Raymond Paul et le Temple le dimanche. Paulette est très douce avec lui, mais ferme. Le passage des troupes allemandes, la peur des dénonciations inquiètent la famille Paturel. Pendant l’été 1944, Raymond retrouve à Aouste-sur-Sye la famille de son oncle Louis, qui a rejoint les maquis du Vercors. Il voit arriver les premiers soldats américains, puis avec une cousine, regagne Vincennes, espérant retrouver sa famille. Ce n’est qu’au bout d’une attente terrible de 2 ans qu’il obtient l’acte de décès de son père et apprend la disparition de sa mère. Une de ses tantes s’est occupée de l’adolescent. Par la suite, Raymond est resté en contact avec Paulette et lui a écrit régulièrement.

Raymond a maintenant 82 ans et il s’inquiète de la transmission de la Mémoire. Il se dit heureux que le Souvenir de Paulette et d’Yvon soit honoré. Anita Mazor, Ministre, insiste elle aussi sur la nécessité de transmettre la mémoire de la Shoah et d’enseigner aux enfants la lutte contre l’antisémitisme, avant de remettre la médaille. Une émotion, rehaussée par les poèmes : « Quand il n’y aura plus personne pour protester » par Marie-Christine Reynier, « le Badge » par Anne Goy, Clémentine et Lucile, « Les Justes » par Marie-Odile Petiot, et par la diffusion du Chant des Partisans et de « Nuit et Brouillard ». Hervé Mariton conclut alors par une phrase de Shimon Peres : « Quand, dans un seau, vous mettez des œufs et une pierre, c’est la pierre qui a gagné  ; ce sont aussi les Résistants même peu nombreux qui ont gagné  ! » 


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GEYSSANS - L’hommage d’un enfant juif devenu grand à la famille Paquien

mercredi 29 mars 2017

Du 11/12/2016

René Roffé entouré des familles et des personnalités religieuses devant la Vierge en bois de sycomore qu’il a offert à la ville.

 

 

 

Hommage à la famille Paquien et à Geyssans
C’est une cérémonie exceptionnelle de reconnaissance qui vient de se dérouler à Geyssans, en présence de René Roffé et son épouse, et de la famille Paquien.
L’histoire commence le 11 avril 1934 quand naît, à Lyon, René Roffé, dans une famille juive. Lorsqu’il a à peine un an, il perd sa mère. Il est alors élevé par ses grandsparents, Mordo et Marie Nassi.

Au début de la guerre de 3945, il part vivre chez la soeur de sa mère et son mari, à RomanssurIsère.
En novembre 1943, sa grandmère Fanny le confie à Augusta Paquien, fermière à Geyssans.
Augusta vient de perdre son mari. Elle a quatre fils, dont l’aîné est maquisard dans le Vercors. René va rester à la ferme de novembre 1943 à septembre 1944. Augusta le fera passer pour son neveu. Il fréquente l’école publique et va
à la messe. Après la guerre, René est resté en contact avec Augusta jusqu’à la mort de celleci en 1976.


Après la médaille de Juste parmi les Nations...
René Roffé interviendra pour faire une demande officielle de décerner la médaille des Justes parmi les Nations à Augusta. En janvier 2010, l’Institut Yad Vashem Jérusalem lui décerne le titre lors d’une cérémonie de reconnaissanceà titre posthume en 2013. C’est Luc Paquien, son fils, Génissois en maison de retraite, qui reçoit la médaille de reconnaissance, un certificat officiel, et l’assurance que le nom d’Augusta Paquien sera gravé à Jérusalem.

René Roffé n’a jamais oublié Augusta et le village qui l’a sauvé. C’est pourquoi il a réalisé une sculpture de la Vierge Marie, en bois de sycomore, qui vient d’être installée dans l’église de Geyssans. Pour la circonstance, une cérémonie officielle s’est tenue dans l’église jeudi soir, en présence de l’évêque,
Monseigneur PierreYves Michel, du père Christophe Rivière, des trois diacres du secteur, Michel Chaix, Jean Michel, Guy Leydier, du maire Claude Bourne, de la conseillère départementale Emmanuelle Anthoine, et des familles

Roffé et Paquien et leurs amis. Une messe était ensuite célébrée en présence des musiciens geyssanais, et d’un nombreux public.

JeanPaul MOUTON

 

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