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A 90 ans, elle reçoit la Médaille des Justes parmi les Nations

lundi 26 septembre 2016

Du 26/09/2016

 

 

 

 

 

 

 

 

Yvette Dugast (veste noire) aux côtés de Monique Covrigaru, l'ancienne enfant juive accueillie au Cellier pendant la seconde guerre mondiale. © Radio France - Pascale Boucherie

Une habitante du Cellier (44) a reçu ce dimanche la médaille des Justes parmi les Nations, la plus haute distinction civile de l'état d'Israël. Pendant la seconde guerre mondiale sa famille a accueilli une enfant juive dans le plus grand secret : Monique Covrigaru, présente à la cérémonie.

Monique Covrigaru a aujourd'hui 79 ans. Elle vit à Houston aux Etats-Unis. Mais ce dimanche elle était au Cellier en Loire-Atlantique pour assister devant quelques 500 personnes réunies à la salle des fêtes, à la cérémonie de remise de la médaille des Justes à Yvette Dugast, ainsi qu'à sa soeur et à ses parents aujourd'hui décédés. Pendant la seconde guerre mondiale, cette famille l'a accueilli dans le plus grand secret.

Tout le village était en danger à cette époque. Lorsque la famille a ouvert sa maison et son coeur, c'était du bonheur. On m'avait dit à l'époque on sait que tu es juive, mais tu ne peux le dire à personne- Monique Corvigaru.

Pascale Boucherie,



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Casseneuil (47) : un mémorial en hommage aux déportés juifs inauguré dimanche

lundi 26 septembre 2016

Du 01/09/2016

 

 

 

 

 

Le mémorial de la déportation des juifs de Lot-et-Garonne, en projet depuis 2009, voit enfin le jour © Julien Pellicier

Les stèles de marbre portent le nom des 473 personnes déportées après les rafles du 19 et du 26 août 1942 et rendent hommages aux 33 Justes parmi les nations du département

Le lieu n'a pas été choisi par hasard. La Voie verte, qui passe non loin, aurait pu offrir un cadre plus bucolique. L'association pour le mémorial du camp de Casseneuil a préféré que ce dernier se situe précisément là où le camp se dressait.

Les plaques de marbre ont donc été scellées au rond-point de Sauvaud, dans un zone d'activité, devant l'entreprise France Prune. 

Seulement 37 rescapés

Elles sont gravées des noms des 473 personnes, dont 38 enfants, déportées après les rafles du 19 et du 26 août 1942. La majorité d'entre eux sera transférée à Drancy avant d'être envoyée à Auschwitz-Birkenau pour y être assassinée. À la libération des camps, on ne comptera que 37 rescapés. Une stèle est également dédiée aux 33 Justes parmi les Nations recensés dans le département.

Le mémorial a été érigé avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et de nombreuses collectivités locales comme les municipalité de Casseneuil, Agen, Villeneuve-sur-Lot, le Département, la Région ou encore la réserve parlementaire du député Jean-Louis Coste.

 

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Deux nouveaux Justes parmi les Nations aux Abrets-en-Dauphiné

samedi 17 septembre 2016

Du 11/09/2016

 

 

 

Ruth Krell est venue des Etats-Unis, ce dimanche 11 septembre, pour la remise de médaille des Justes parmi les Nations aux descendants de ses sauveurs.

Pendant la guerre, Jean-Marie et Louise Chapot l’ont cachée ainsi que sa sœur Léa, deux enfants juives dont les parents ont été exécutés par les nazis. Voici le résumé en images d’une cérémonie de trois heures très émouvante: l’arrivée de Ruth, 83 ans.Puis Nuit et brouillard de Jean Ferrat ainsi que le Chant des partisans ont résonné.

Grande émotion quand dans l’assemblée les enfants de Ruth et Léa se sont levés. Sans le couple Chapot, ils ne seraient pas là. Puis remise officielle de la médaille avant que l’assemblée reprenne les hymnes nationales israéliennes et françaises. En fin de vidéo retrouvez le témoignage de Ruth.



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Joseph et Victoria Martinez, Justes parmi les Nations

mardi 23 août 2016

Du 23/08/2016

 

 

 

 

«L’institut Yad Vashem Jérusalem vient de décerner à vos parents, Joseph José et Victoria Maria Martinez, le titre de Juste parmi les Nations, pour avoir aidé, à leurs risques et périls, des juifs pourchassés pendant l’occupation».

Mur des Justes de Paris

Dominique Chenet, née Martinez, tient la lettre. Ses mains tremblent. Elle est gagnée par une grosse émotion. Ses parents décédés reçoivent à travers ce titre un hommage important. C’est la reconnaissance d’actes de bravoure que le couple a réalisés lors de la guerre de 39/45, sauvant entre autre Lucie Waitter, juive, la tante de Dominique, toujours vivante, à Paris.

Dominique se souvient : «C’était la guerre, j’étais petite mais des images sont restées, on habitait le faubourg de Bensa, papa a caché toute la famille de tante, qui habitait en face de la gendarmerie, en les amenant à la maison, sous une couverture sur une charrette, il a pris des risques énormes, mais il a réussi avec maman».

Joseph Martinez avait 18 ans lorsqu’il est arrivé en France, Victoria avait 14 ans. «Papa a travaillé dans le textile, à Bensa, puis chez Roudière, maman un peu partout, elle apprenait aussi à tricoter et le crochet, elle a surtout été une maman, ils étaient aimés de tous». De Joseph, dit «Pépé», les rugbymen «jaune et noir» en parlent encore. Il a été le porte-drapeau du Stade lavelanétien durant de nombreuses années.

Lors de son décès, en juin 1994, dans l’hommage que lui rendait notre journal, on pouvait lire : ««Pépé», c’était le supporter n° 1 du Stade, il était toujours habillé en jaune et noir, et suivait les joueurs dans tous leurs déplacements. «Pépé», c’était aussi l’homme de la bourriche». Une médaille et un diplôme d’honneur seront établis à leurs noms, à jamais gravés sur le mur d’honneur, dans le jardin des Justes parmi les Nations, à Yad Vashem, Jérusalem.

Le comité français pour Yad Vashem a contacté Dominique Chenet-Martinez, pour organiser une cérémonie en honneur de ses parents en un lieu de son choix, afin que lui soient remis la médaille et le diplôme.

 

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La stèle en l’honneur des « Justes » des Midi-Pyrénées s’agrandit

jeudi 11 août 2016

Du 270/07/2016

 

 

 

La stèle qui comptait en 2003, 131 noms de Justes, en compte aujourd’hui 361.

En février 2003, une stèle en l’honneur des Justes parmi les Nations des Midi-Pyrénées avait été installée dans le Jardin des plantes de Toulouse, afin de rendre hommage à ceux qui avaient sauvé des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale au péril de leur propre vie.

Cette inauguration avait été réalisée en présence d’Elie Wiesel, survivant de la Shoah et prix Nobel de la Paix, décédé le 2 juillet dernier.

La stèle était composée de 131 noms de Justes parmi les Nations de la région avant d’être mise à jour le 17 juillet dernier, à l’occasion de la Journée à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français qui célébrait également le 74e anniversaire de la Rafle du Vel’ d’Hiv (16 juillet 1942). Cette stèle compte aujourd’hui 361 noms.

Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, était à l’origine de la mise à jour de la stèle.

De son côté, Jean-Baptiste de Scorraille, conseiller municipal délégué à la Mémoire et au monde des combattants, témoigne de la difficulté de retrouver tous les noms des Justes qui ont aidé pendant la guerre à sauver des Juifs.

« On a actuellement 361 Justes, mais ça pourrait encore changer. On les a classés par département, par ordre alphabétique et par année, ce qui permettra plus de clarté en cas de nouveaux rajouts. Mais des Justes, il n’y en a plus beaucoup en vie, » indique-t-il à la Dépêche.

Le processus pour devenir Juste parmi les NationS est long et doit être validé par le Mémorial de Yad Vashem de Jérusalem, qui est la seule institution mondiale à délivrer cette reconnaissance.

Le plus souvent ce sont les survivants juifs eux-mêmes qui rapportent les personnes qui leur ont sauvé la vie. Si les Justes sont décédés, leurs descendances reçoivent la médaille en leur nom.

« Il y a un long travail de vérification, qui dure entre deux et trois ans. (…) C’est, en dernier recours, une commission spéciale du Mémorial de Yad Vashem qui décide d’octroyer une distinction, » rapporte Francine Théodore Lévêque, en charge des dossiers localement pour le compte du Comité français pour Yad Vashem.

La France comptabilise aujourd’hui 3 944 Justes parmi les nations en France.

 

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Les héros de votre canton: Anne-Marie Piguet, ou un idéal qui lui valu le titre de Juste

mercredi 10 août 2016

Du 14/07/2016

 

LA HILLE (F), JUIN 1944 Anne-Marie Piguet (au centre) donne des cours de tricot à Gerti Lind et à Cilli Stueckler. C’est de cette colonie qu’elle décide d’organiser la fuite d’enfants juifs vers la Suisse.

 

 

 

Humanitaire (1916-2010). Pendant la Seconde Guerre mondiale, la jeune femme de la vallée de Joux fait passer une douzaine d’enfants juifs en Suisse. Puis elle cofonde l’une des premières ONG consacrées à la coopération au développement.

Le Gy de l’Echelle est l’un des sentiers les plus escarpés du Grand Risoux, grosse montagne ronde culminant à quelque 1400 mètres d’altitude, dont les épaisses forêts de sapins marquent depuis des siècles la frontière entre la Suisse et la France. C’est par ce passage secret qu’une jeune femme de la vallée de Joux est parvenue à faire entrer clandestinement en Suisse des enfants juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, permettant à ces derniers d’échapper aux camps de la mort. Clandestinement car, côté helvétique, les douaniers et les policiers avaient l’ordre de les expulser. Le nom de cette jeune femme: Anne-Marie Piguet.

Cette fille d’inspecteur forestier, qui a passé sa jeunesse au Sentier, connaissait les bois de la région comme sa poche. Alors, quand il lui a paru inimaginable de ne rien entreprendre pour sauver des vies, c’est à cette région isolée qu’elle a pensé pour faire passer une douzaine d’enfants. Ce qui lui a valu de recevoir, en 1991, la médaille des Justes parmi les nations, une haute distinction décernée au nom de l’Etat d’Israël par le mémorial de Yad Vashem, le mémorial de l’holocauste à Jérusalem.

Complices en  France et en suisse

L’historienne Lucienne Hubler garde un vif souvenir de son amie, décédée en 2010 à l’âge de 94 ans: «Elle avait une personnalité très généreuse. Elle aimait les gens. Elle alliait intelligence et enthousiasme. » C’est ainsi que, armée d’une licence en lettres de l’Université de Lausanne et d’un minimum d’expérience d’enseignante, elle est engagée en 1942 par l’Œuvre de secours aux enfants de la Croix-Rouge suisse. Elle se retrouve dans une colonie à La Hille, à une soixantaine de kilomètres au sud de Toulouse, lorsque surviennent les premières rafles. Sa décision est prise, elle ne va pas rester sans réagir.

Un bref séjour à la vallée de Joux lui permet d’établir les complicités nécessaires pour créer sa filière. Côté français de la frontière, avec Victoria Cordier, dont la mère réside à Chapelle-des-Bois, dans la maison la plus proche de la frontière. Côté suisse, avec Fred Reymond, qui l’aide à éloigner ses protégés de la frontière. Entre-deux, le fameux Gy de l’Echelle, à moins que ce ne soit la borne 176, perdue dans les bois. Le dernier passage a lieu en 1944, quelques mois avant la Libération.

Elle se taira pendant quarante et un ans, «par discrétion protestante», explique l’historien Marc Perrenoud. Mariée en 1947 avec l’historien bernois Ulrich Im Hof, elle cofonde, en 1959, Swisscontact, l’une des premières ONG de coopération au développement, avec plusieurs entrepreneurs alémaniques et un ambassadeur. Mais ce n’est qu’en 1985 qu’elle raconte ses exploits dans un livre, La filière. Les hommages et les honneurs s’enchaînent désormais sans qu’elle perde sa simplicité. Lucienne Hubler témoigne: «Elle avait une personnalité retenue. Elle ne s’épanchait pas sur elle-même, mais elle faisait les choses quand il fallait les faire.» 


En savoir plus

➤ Anne-Marie Im Hof-Piguet a raconté son aventure dans «La filière» en 1985  (Edition de la Thièle à Yverdon), puis dans deux films, «La filière» de Jacqueline Veuve (1987) et son témoignage dans la série «Plans fixes» avec le journaliste Jacques Poget (2009).

➤ Parmi les distinctions qu’elle a reçues pour son engagement, celle du mémorial de Yad Vashem à Jérusalem, qui honore la mémoire des non-juifs ayant sauvé des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, qui l’a nommée en 1991 Juste parmi les nations.

➤ Un monument à sa mémoire a été érigé en 2014 sur l’un des points de passage qu’elle a utilisés à la frontière franco-suisse. Un autre a été inauguré dans le village du Pont, à la vallée de Joux, la même année, à la mémoire de la quinzaine de passeurs du Risoux.

 

Yves Genier

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