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DIEULEFIT/LA TOUCHE - La médaille des Justes remise à deux familles

lundi 11 septembre 2017

Du 11/03/2017

 

 

 

 

Dieulefit compte désormais douze Justes parmi les nations, ces hommes et femmes qui ont eu le courage de cacher des Juifs sous l’Occupation et ainsi leur sauver la vie. Marcel et Colette Arsac, aidés par l’abbé Georges Magnet, ont protégé Rosalie Zalamansky et ses deux enfants, Henri et Sylvie, installés à Portes-en-Valdaine puis à La Touche, en les aidant à rejoindre la fameuse école dieulefitoise de Beauvallon qui abrita tant de réfugiés.

La cérémonie, forte en émotion, a permis aux enfants, petits-enfants et neveu des Justes (à gauche) de recevoir la médaille en leur nom, à titre posthume, hier après-midi à la salle des fêtes La Halle en présence de la déléguée du comité français pour Yad Vashem, Arielle Krief (en blanc).

 

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Les descendants d’Avram Behar, déporté en 1943, se réunissent le temps d’un Shabbat

mardi 5 septembre 2017

Du 26/08/2017

 

Au centre Gisèle et Liz deux sœurs qui ont choisi de réunir leur famille respective en mémoire de leur père mort à Auschwitz lors d'un chabbat mémorable financé grace aux réparations de la SNCF (Crédit: Arié Zamor)

 

 

Une centaine d’Israéliens aux tendances juives très variées, tous descendants d’Avram Behar, se sont retrouvés lors d’un shabbat financé grace aux indemnisations tardives reçues de la SNCF dédiées aux victimes de déportation

Au premier coup d’œil, l’on pourrait penser qu’il s’agit d’une belle mais simple photo de famille. Au centre Lise et Gisèle nées Behar, entourées de leurs enfants et petits-enfants. Une belle et grande famille. Ce serait laisser de côté le miracle que renferme ce banal cliché.

L’œil averti saura reconnaître l’appartenance à l’une ou l’autre « tribu » de l’Israël moderne. On distinguera rapidement un pantalon beige et un noir, puis des chapeaux sombres et des chemises à manches courtes. L’on comprendra enfin que cette photo réunit ultra-orthodoxes et kibboutznik

Lise habite le kibboutz Sde Eliahou, dans la vallée du Jourdain, Gisèle un quartier orthodoxe de Jérusalem. Cette photo de famille vient conclure un Shabbat commun ; un Shabbat de fête dont le financement est aussi alambiqué que l’histoire du XXe siècle est douloureuse.

Voici ce que renferme ce banal cliché.

 

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Un panneau "Le Chambon-sur-Lignon, terre de Justes" crée une polémique

mardi 5 septembre 2017

Du 01/09/2017

 

 

 

 

 

Le village est célèbre pour avoir hébergé près d'un millier de personnes durant la Seconde Guerre mondiale

Le village de Chambon-sur-Lignon en Haute-Loire a déclenché une polémique en choisissant d'installer à proximité de son entrée un panneau touristique mettant en avant le titre de "Village des Justes" décerné par Israël en 1990.

Chambon-sur-Lignon est célèbre pour avoir hébergé près d'un millier de personnes et pour l'action de ses habitants qui ont aidé les Juifs menacés de déportation vers les camps de concentration durant la Seconde Guerre mondiale.

La municipalité dirigée par Eliane Wauquiez-Motte a décidé - il y a une dizaine de jours - d'ériger dans un but touristique un panneau "Le Chambon-sur-Lignon, terre de Justes" en bordure de la N 88, principal axe routier de la Haute-Loire.

Cette initiative a créé la polémique notamment auprès des élus des villages alentour pour qui "le Chambon n'a pas été la seule commune à héberger des personnes durant l'Occupation".

Ce panneau va "à l'encontre de l'esprit qui animait les gens d'ici lorsqu'ils ont fait ça, avec modestie et humilité", a dénoncé Marianne Mermet-Bouvier, adjointe au maire de Mazet-Saint-Voy, citée par Le Parisien.

"Le texte me choque. Le Chambon n'est pas la seule commune qui a agi. On a accueilli partout, sur cette montagne" a-t-elle ajouté, se référant à la notion de "Montagne-refuge" utilisée pour caractériser l'accueil singulier des habitants de cette région située dans le massif central.

Les responsables de Chambon-sur-Lignon ont toutefois nié avoir voulu se réapproprier l'histoire des localités de cette montagne.

"Perpétuer la mémoire de ce qu'il s'est passé ici par un panneau nous a semblé logique, absolument pas matière à polémique", a expliqué Denise Valat, adjointe à la culture dans le village, selon les médias français.

"Si vous regardez bien le panneau, il est écrit 'terre de Justes', et non pas 'terre des Justes'. Cela veut dire que nous sommes une terre de Justes parmi les autres. Nous ne voulons pas nous accaparer ce passé", a-t-elle tenu à préciser.

En 1990, le gouvernement israélien reconnut toute la région et ses habitants comme "Justes parmi les nations" pour leur action humanitaire et leur bravoure face au danger.

Dans son discours lors de la remise de la médaille des Justes aux habitants du plateau Vivarais-Lignon, le pasteur Arnoux avait alors déclaré: "Si qui que ce soit tirait un profit personnel quelconque de cette histoire, l'esprit qui a régné ici serait trahi".

 

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Thionville : un square pour se souvenir des Justes parmi les Nations

samedi 5 août 2017

Du 04/08/2017

 

 

 

 

 

Le square, situé à deux pas de l’emplacement de l’ancien cimetière juif du quartier Saint-François, a été inauguré en mai 2016. Photo Armand FLOHR

Le square des Justes parmi les Nations, inauguré l’an passé au cœur du quartier Saint-François, constitue désormais un lieu de plus ajouté aux nombreux et illustres lieux de mémoires qui, depuis plus de soixante-dix ans, tentent de faire rempart à l’Oubli.

Thionville, 1941. Après avoir incendié et détruit la synagogue en juillet de l’année précédente, l’occupant nazi s’acharne sur le cimetière juif de la cité nord mosellane. La clôture est enlevée, les pierres tombales arrachées et les tombes nivelées. Une sale besogne conduite en plusieurs étapes, jusqu’en 1942. Seul un monument, essentiellement composé de pierres tombales sauvées du désastre, témoigne aujourd’hui de l’emplacement de ce lieu de sépultures profané.

Printemps 2016 à l’angle des avenues Comte-de-Bertier et de Douai, au cœur du quartier Saint-François de Thionville, c’est-à-dire à quelques mètres à peine de l’ancien cimetière juif thionvillois. Autour de Pierre-François Veil, le président du comité français pour Yad Vashem, les autorités civiles, militaires et les représentants des cultes inaugurent le square des Justes parmi les Nations. Celui-ci accueille une stèle dédiée à la mémoire de Simone Stolze, Jean Augeard et Raymond Pichon. Trois de ces quelque 3 500 consciences officiellement reconnues en France (22 500 dans le monde) jusqu’à ce jour. Des femmes, des hommes qui, durant l’Occupation, sauvèrent avec une « généreuse imprudence » la vie de femmes, d’hommes et d’enfants persécutés pour la seule raison qu’ils étaient juifs.

Cet honneur, les trois Justes thionvillois n’y aspiraient pas forcément. Mais leur comportement extraordinaire dans des circonstances qui l’étaient tout autant le leur a assuré. Et finalement peu importe car là n’est pas tout l’enjeu, qui dépasse tellement ces trois destins pourtant déjà exceptionnels…

Simone Veil, récemment disparue, estimait qu’« en honorant ceux qui ont refusé de se plier à la fatalité de la volonté exterminatrice de l’idéologie nazie, la médaille des Justes contribue à rétablir l’Histoire dans sa vérité ». Honorer la mémoire des Justes constitue par conséquent une manière de faire sentinelle, de tenter d’éviter que l’histoire ne bégaye, comme cela lui arrive parfois… Haïm Korsia, le Grand Rabin de France, ne disait rien d’autre l’an passé quand il affirmait : « Celles et ceux qui arpenteront ce square mettent leurs pas dans ceux de ces Justes ».

C’est bien la vocation d’un lieu de mémoire qu’il s’agisse d’un « objet matériel et concret, éventuellement géographiquement situé » ou d’un « objet le plus abstrait et intellectuellement construit » selon la définition de l’historien et académicien, Pierre Nora : faire de celles et ceux qui l’abordent des « relais de la mémoire ». Dans le cas thionvillois, de celle des rescapés de la Shoah dont le nombre ne cesse de décroître.

herve.boggio

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La famille Biagi parmi les 135 Justes des Alpes-Maritimes

jeudi 27 juillet 2017

Du 25/07/2017

 

Émilie et Joseph Biagi, parents de Jean Biagi En savoir plus sur http://jforum.fr/70-ans-apres-la-famille-biagi-parmi-les-135-justes-des-alpes-maritimes.html#iEUAzAAM7kpRxEhz.99

 

 

Au nom de ses grands-parents et de son père, Richard Biagi reçoit aujourd’hui à la Villa Eilenroc le titre de Juste parmi les Nations. Retour sur une famille de Résistants pendant l’occupation.

 

Ce sont des souvenirs qu’on évoque peu dans la famille. Par pudeur, peut-être. Par effroi du passé, sûrement.

Quand le téléphone sonne chez Richard Biagi et qu’on lui annonce que sa famille va recevoir le titre de Juste parmi les Nations, c’est l’incertitude. Son père n’a jamais souhaité recevoir une quelconque récompense de son vivant. Mais après tout, ces douloureux souvenirs sont désormais un chapitre de l’Histoire.

Après réflexion, le retraité Antibois accepte. Le rendez-vous est fixé aujourd’hui à la Villa Eilenroc. Une médaille et un diplôme lui seront remis. Deux symboles pour immortaliser le combat de son père, Jean, et de ses grands-parents, Joseph et Émilie.

Ce qu’ils ont fait de si héroïque ? Richard Biagi l’évoque brièvement, tant le sujet était épineux. Tant cet acte de bravoure avait paru normal à ses aïeux.

« Mes grands-parents gardaient la demeure d’un couple d’Américains à Cagnes-sur-Mer. Quand les nazis ont débarqué en France et ont commencé à rechercher des juifs, ils en ont caché dans la maison », relate-t-il simplement.

Un choix qui, dit comme ça, peut paraître logique, mais qui aurait pu leur coûter la vie à tous. Si la famille s’en est finalement sortie indemne, son père a failli en payer le prix fort. Jean Biagi était chargé d’accompagner les juifs dans l’arrière-pays, là où les nazis n’allaient pas les chercher.

Il leur apportait aussi de quoi manger. « De peur qu’ils les trouvent dans la maison, mon père faisait monter les juifs dans des communes reculées en passant sous le pont du Var, puis par le chemin des contrebandiers », précise Richard. Seulement, la délation était monnaie courante à l’époque.

La répression, elle, était plus que violente. Sitôt le manège découvert, Jean Biagi a été conduit en Allemagne. « Ils l’ont enfermé dans un placard, nu, et ils l’ont frappé. Il a eu les poumons perforés et des côtes cassées. Ils l’ont laissé deux jours sans manger avant de l’emmener en camp de travail », détaille le fils. Des récits qu’il n’entendit que de la bouche de sa mère ; le père n’en a jamais dit mot à ses enfants.

Le jour où le camp a été bombardé fut synonyme de libération pour le jeune homme. Même si l’image de ses camarades, victimes du drame, laisse des traces.

« Mon père a réussi à s’enfuir par les égouts. Ensuite, il a traversé l’Autriche à pieds jusqu’en Italie, où il est resté chez ses parents pour se requinquer », retrace Richard Biagi. La suite n’est guère plus rose. La famille italienne a été dénigrée par la France pour ses origines et ignorée par l’Italie car « les faits se sont passés en France ». Finalement, ni Jean Biaggi ni ses parents n’ont été reconnus pour leurs actes. Jusqu’à aujourd’hui.

Des familles juives, ils en ont pourtant sauvé beaucoup. Ce sont finalement les descendants des Konigsberg qui ont réussi à retrouver leur bienfaiteur. « Rachel, une femme qu’il avait aidée, était revenue voir mon père il y a quelques années. Ça lui avait fait plaisir, se souvient Richard Biagi. Elle lui avait déjà proposé le titre, mais il avait refusé. Il disait que puisqu’il n’a jamais été reconnu, il n’était rien du tout ».

Il aura fallu attendre plus de 70 ans pour le faire mentir. Sept décennies pour faire reconnaître ces lourds secrets enfouis sous le poids de la douleur. La démarche est souvent ardue pour les descendants, mais nécessaire pour aller de l’avant. Nécessaire pour faire jurer aux nouvelles générations qu’elles n’en arriveront plus jamais là.

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Dossier historique : Barral et Pratlong, collèges des justes

samedi 22 juillet 2017

Du 21/07/2017

 

Dans le parc de Barral, les élèves de la classe de Première « Défense et Sécurité globale » devant le monument qu’ils ont créé avec leur professeur d’Art plastique. Avec eux, le père Claude Cugnasse, ancien vicaire général, frère de l’abbé Gilbert Cugnass

Pendant la deuxième guerre mondiale, les petits séminaires de Castres et de Pratlong devinrent le refuge de professeurs et d’élèves juifs, ainsi que de résistants. Le 16 mai dernier à Barral, une cérémonie commémorait l’action de Mgr Pierre-Marie Puech et de l’abbé Gilbert Cugnasse, déclarés Justes parmi les Nations par le mémorial de la Shoah de Yad Vashem. Récit de Richard Amalvy.

Dans ses mémoires , Pierre-Marie Puech, ancien Supérieur du petit séminaire de Castres, décrit l’ambiance qui régnait à Barral pendant la seconde guerre mondiale : « Les mesures prises par Vichy à l’encontre des juifs, les tentatives pour une « jeunesse unique », et le texte de « la charte du travail » avait provoqué un réel désenchantement. Insensiblement, les esprits passaient de la collaboration à la résistance ». Dès lors, le corps professoral se fit un devoir d’éviter toute compromission avec le régime de Vichy et observait une véritable réserve à l’égard des familles qui soutenaient soit la résistance soit le Maréchal Pétain. Mais, au salut aux couleurs qui avait lieu presque chaque dimanche, le prêtre indique : « jamais nous n’avons chanté « Maréchal, nous voilà ! « . L’école préféra entonner le couplet patriotique de La Marseillaise « Amour sacré de la Patrie… ». »

Deux écoles catholiques au service de la résistance

Au fil des cinq années de guerre, de 1940 à 1945, les résistants trouvèrent en Barral un lieu de plus en plus sûr et les prêtres allaient dire la messe auprès d’eux dans la Montagne noire. Pierre-Marie Puech raconte que durant l’été 1944, alors que se préparait la libération des différentes villes de la région, de nombreux cheminots arrivaient en gare de Castres vers huit heures du soir pour demander asile au petit séminaire avant de repartir le matin suivant vers le maquis par le train de Brassac et Lacaune. La direction de l’école dut apprendre à vivre avec la menace des dénonciations et des tentatives de fermeture qui en aurait résulté.

Durant l’hiver 1943-1944, le maquis de Vabre animé par Guy de Rouville (éclaireur unioniste, protestant) était composé, entre autre, par des membres des Eclaireurs Israélites de France (2) et concentra une part importante de combattants juifs (3). L’abbé Gilbert Cugnasse, supérieur du petit séminaire de Pratlong, fit spontanément des locaux de l’école l’infirmerie du maquis. C’est ici que furent prodigués les premiers secours aux blessés des opérations de harcèlement contre les convois militaires allemands et, le 8 août 1944, d’un assaut ennemi contre les cantonnements des maquis du scoutisme juif.

À partir de ces maquis, Pierre Dunoyer de Segonzac, ancien directeur de l’école d’Uriage, pris le commandement des Forces françaises de l’intérieur (FFI) de la zone A du Tarn qui réunissait des juifs, des protestants et des catholiques avec lesquels il libéra Castres, Mazamet et Béziers à la tête de son nouveau régiment, le 12ème Dragon. Avec lui, il rejoindra la 1ère armée du Maréchal de Lattre.

Des réfugiés juifs à Barral et à Pratlong

À Barral comme à Pratlong (Lacaze), les abbés Puech et Cugnasse étaient couverts par Mgr Jean-Joseph Moussaron , archevêque d’Albi qui amplifia dans son diocèse l’appel de Mgr Jules Saliège, archevêque de Toulouse (5) pour que les juifs pourchassés soient accueillis par l’église, ses fidèles et son réseau. C’est ainsi que les deux écoles devinrent un lieu de refuge pour eux. Ces ecclésiastiques connaissaient le contenu de l’encyclique Mit brennender Sorge publiée en allemand le 10 mars 1937 par le pape Pie XI pour dénoncer l’idéologie nazi (6).

De 1942 jusqu’à la Libération, l’abbé Gilbert Cugnasse cacha Sigismond Wolf, un luxembourgeois juif qui enseigna l’allemand et l’anglais. Il hébergea deux émigrés juifs berlinois dont la famille s’était convertie au catholicisme, Jacques et Nicolas Kamnitzer. Puis, Pratlong étant situé dans la zone d’action du maquis de Vabre, l’Abbé Cugnasse pu cacher plusieurs éclaireurs israélites. La personnalité la plus étonnante ayant séjourné à Pratlong est Rudolf Leonhard, écrivain allemand communiste. Sa biographie indique qu’après s’être installé à Paris en 1928, il a été interné au camp du Vernet. Créé à l’origine pour recevoir les républicains espagnols en 1939, ce camp servi pour interner les juifs arrêtés dans la région de Pamiers. Confiant ses souvenir, l’abbé Cugnasse dira : « Je savais que les juifs étaient plus en danger que les autres. Mais à Pratlong on ne faisait pas la différence. Quelqu’un arrivait en détresse, était-il juif ou pas ? Souvent je n’en savais rien. J’étais là pour les aider et je n’avais pas peur. Ce n’est que plus tard que j’ai pris conscience des risques que nous prenions ».

À Barral, Pierre-Marie Puech rapporte que le corps professoral cacha plusieurs juifs : « un avocat ayant plaidé contre Hitler […] (7), plusieurs professeurs traqués par la Gestapo, un autre traqué plus tard par la milice de Vichy, un autrichien qui devait mourir à Auschwitz… Parmi les élèves, même diversité, plusieurs étaient juifs et leur identité, Dieu merci, ne fut pas découverte ». Deux autres professeurs laïcs de 21 ans, licenciés ès lettres, étaient des réfractaires au STO. Bien entendu, seul Pierre-Marie Puech connaissait la véritable identité de chacun.

Le devoir de mémoire des témoins des témoins

Ancien élève de Barral, je me souviens que l’abbé Matthieu, alors supérieur, aimait rappeler les actions menées par son prédécesseur et ses prêtres valeureux. C’est avec lui que je pus rencontrer Mgr Puech dans le salon des professeurs au début des années 80. Ce dernier venait donner une conférence aux élèves. L’abbé Veaute, quand il présidait aux messes du matin, aimait nous faire chanter Le chant des marais, le chant des déportés. Se faisant témoin des témoins, ces prêtres entretenaient ainsi le devoir de mémoire, et c’est ce qu’Évelyne Blanc, directrice actuelle de l’établissement encourage également. En mai 2016, le lycée Barral a renouvelé le protocole « enseignement défense » signé avec le 8ème RPIMa, régiment de parachutistes stationné à Castres. Cet accord a permis la création d’une classe de Première « Défense et Sécurité globale » pour « encourager la formation de la personne et du citoyen » en menant des projets éducatifs qui mobilisent plusieurs enseignements. Ainsi, à travers les notions apprises en cours d’histoire ou d’enseignement moral et civique, les élèves peuvent parfaire la dimension humaniste de leur éducation. Le 16 mai dernier, les élèves concernés présentaient une œuvre monumentale dans le parc de l’école.

Ce projet, né en septembre 2015 à la suite d’un voyage d’études à Auschwitz, a pris la forme d’une installation réalisée sous la direction de Mmes Munoz, professeur d’Arts plastiques, et Pietravalle, professeur d’Histoire. Baptisée «Je ne trahirai pas», composée de bois, de métal et de polystyrène, elle est recouverte de tissu de verre et de résine. Elle porte les noms de résistants qui ont écrit, peint ou dessiné pour témoigner. Elle est agrémentée d’une stèle sculptée par Jacques Bourges, qui porte les noms de Mgr Pierre-Marie Puech et de l’abbé Gilbert Cugnasse.

Charlotte Le Provost, représentante du Mémorial de la Shoah de Paris, présente lors de l’inauguration, a salué le mérite de ce projet : «Votre travail d’histoire s’inscrit à la fois dans votre contexte géographique et est intégré plus largement à l’histoire nationale et européenne. Voilà un parcours et un travail qui vous marqueront pour la suite de votre vie ». Barral, établissement catholique, joue ainsi son rôle pour permettre « aux élèves de mieux adhérer aux valeurs de la République et de mieux cerner leur engagement citoyen ».

Richard Amalvy

 

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