Actualités

Appel à témoins du sauvetage des Juifs de la rafle de Rosh HaShana à Lille

dimanche 4 novembre 2018

Du 11/10/2018

 

Grégory Celerse (g.) et Patrick Lecoutre à Tel Aviv début septembre 2018 après avoir rencontré plusieurs témoins de la rafle du 11 septembre 1942 (Crédit: Pierre-Simon Assouline)

 

 

Des cheminots ont aidé des centaines de juifs à échapper à une mort certaine, puis refusent les honneurs. Un épisode inconnu de la SNCF que deux locaux tentent de sauver de l'oubli.

Le 11 septembre 1942 l’armée allemande qui occupe le nord de la France depuis juin 1940 organise la plus grande vague d’arrestations de Juifs de Lille et sa région. Elle est aujourd’hui connue sous le nom de la « rafle de Rosh HaShana ».

Suite à cette rafle, plus de 600 Juifs d’origines polonaise, et française sont acheminés vers des gares de la région, avant d’être déportés vers les camps d’extermination nazis.

C’est dans l’une d’elles, la gare de Fives, que va se produire un événement unique en Europe. 

Car ce jour-là des cheminots décident spontanément d’organiser la fuite de dizaines de raflés, et de les cacher dans un premier temps dans un café où ils ont leurs habitudes. Un lieu détruit depuis.

Mais cet épisode, notamment à cause du refus de publicité de ces employés de la SNCF, n’occupe qu’une place minime, voire inexistante dans la mémoire collective (la SNCF elle-même n’était jusque récemment pas au courant) et reste peu documenté.

Il s’agit pourtant selon l’avocat et historien Serge Klarsfeld du plus grand sauvetage de Juifs en partance pour les camps de la mort.

Des membres de la SNCF de la gare de Fives (Crédit: famille Douce/Grégory Celerse)

Sans la rencontre d’un guide fait enquêteur-historien, Grégory Celerse et de son ami, Patrick Lecoutre, l’histoire aurait sans doute glissé petit à petit vers l’oubli.

Il y a quelques semaines les deux Lillois en quête de nouveaux témoignages étaient en Israël pour retrouver des sauvés et des enfants de sauvés de la rafle du 11 septembre 1942. Grégory Celerse nous raconte.

Times of Israël : Que s’est-il passé exactement le 11 septembre 1942 ?

Grégory Celerse : Le 11 septembre 1942, les Allemands ont organisé la plus grande rafle de Juifs du Nord-Pas-de-Calais. Elle a principalement concerné des Juifs polonais et leurs enfants français. Les personnes arrêtées ont été emmenées à la gare de Fives, un quartier populaire de Lille.

Il faisait très chaud ce jour-là et il n’y avait pas de point d’eau. Beaucoup de femmes et d’enfants pleuraient. Des cheminots de la SNCF qui travaillaient sur site ont constaté l’ampleur de cette rafle. Ils ont alors spontanément décidé d’agir et de sortir de la gare ou de cacher dans ces bâtiments qu’ils connaissaient par cœur. C’est comme cela, qu’ils ont pu substituer des dizaines de personnes, et surtout des enfants plus faciles à cacher.

Ils les ont soustraits à une mort certaine.

Vers où ont été acheminées ces personnes ?

Les personnes sauvées ont été cachées chez des gens de confiance, des cheminots, des catholiques et des protestants car très vite, les réseaux religieux et des gens de confiance ont accepté de prendre le risque de cacher des Juifs. Ce qui a l’époque était très risqué.

Plusieurs membres du comité de secours aux Juifs notamment, Louis Saint-Maxent et René Douce, cheminots qui ont sauvé des Juifs le 11 septembre mais également Simon Prechner, Juif lillois qui a aidé à les cacher (Crédit: famille Douce/Gregory Celerse)

Mais heureusement, un comité de secours aux Juifs s’est créé et une seule des 43 personnes que j’ai identifiées comme ayant été sauvées ce jour-là, a été reprise. Ce fut lors d’un passage de frontière quelques mois plus tard.

Pour quelle raison lancez-vous aujourd’hui un appel à témoins ?

J’ai retrouvé 43 personnes sauvées et il doit en rester encore. Certains ont peut-être fait leur alyah et je pense que l’appel à témoins est le meilleur moyen de retrouver des personnes qui ont une connaissance de qui a été sauvé le 11 septembre 1942.

Notamment, je pense qu’une dame qui s’appelle Suzanne Grinfas (nom de jeune fille) et qui habitait Lens (Pas-de-Calais) est venue s’établir en Israël. Je pense que c’est peut-être aussi le cas de Simon Rozenpik, dont les parents et la petite sœur sont morts à Auschwitz. De même, si vos lecteurs ont eu de la famille dans le Nord-Pas-de-Calais, pendant la Seconde Guerre mondiale ou avant l’Occupation, je suis intéressé par des témoignages et des copies de photographies.

Comment ont commencé vos recherches ?

J’ai commencé des recherches en 2013, après avoir rencontré Patrick Lecoutre, alors directeur de l’observatoire de la ville de Lille. Nous avons tout de suite été d’accord pour travailler sur cette histoire que nous trouvions incroyable.

Mais surtout parce qu’aucun historien spécialiste de la Seconde Guerre mondiale n’avait travaillé en détail sur ce sauvetage. Il y a bien eu quelques articles dans des revues spécialisées en 1978 et 1992. Mais rien de fouillé sur les motivation des cheminots. Et les témoignages retrouvés étaient toujours les mêmes depuis 1992.

Alors il a fallu entreprendre des recherches que personne n’avait faites jusque-là. C’est une collègue, Monique Heddebaut, qui a trouvé une liste de cheminots actifs le 11 septembre 1942 dans les archives départementales. Puis j’ai recherché individuellement les cheminots les plus actifs et j’ai retrouvé des familles, qui, pour certaines ignoraient ce sauvetage.Marcel Hoffmann, le cheminot le plus actif avec 10 personnes sauvées le 11 septembre 1942 (Crédit: famille Hoffman/Gregory Celerse)

Marcel Hoffmann, le cheminot le plus actif avec 10 personnes sauvées le 11 septembre 1942 (Crédit: famille Hoffman/Gregory Celerse) C’est le cas de Marcel Hoffmann, le cheminot qui a sauvé 10 personnes. C’est le plus actif. Sa propre fille ignorait l’activité de son père. Elle avait entendu parler de personnes sauvées mais elle ignorait qu’il s’agissait de Juifs. Mais ce qui nous a le plus aidé, c’est le rapport du chef de gare de Fives, Jean Mabille, qui racontait en détails le sauvetage.

Là, nous avons compris qu’il ne s’agissait pas d’un simple sauvetage.

Serge Klarsfeld vous a dit qu’il s’agissait sans doute du plus grand sauvetage de juifs en partance pour les camps de la mort. Comment expliquez-vous à la fois ce geste héroïque et le fait que ce sauvetage soit un grand oublié de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale en France ?

En effet, mon éditeur a envoyé mon livre – Sauvons les enfants – à Serge Klarsfeld et je lui ai demandé une préface. Il l’a lu et m’a envoyé une préface dans laquelle il confirme qu’il s’agit de l’événement le plus important en terme de sauvetage dans une gare française.

Le Musée de l’Holocauste de Washington (USHMM) considère qu’il s’agit d’un, voire du plus grand, sauvetage de Juifs d’un convoi en partance pour Auschwitz de toute l’Europe. M. Klarsfeld a par ailleurs trouvé ce travail très intéressant et très détaillé.

Qui êtes-vous venu rencontrer en Israël avec Patrick Lecoutre ?

Nous avons rencontré des témoins, dont un rescapé du 11 septembre 1942. Il avait 18 mois mais c’est surtout ce que sa mère lui a raconté – elle aussi a été sauvée par un cheminot – qui nous intéressait. Je vais devoir revenir car un témoin s’est rétracté à la dernière minute. Il est difficile de parler pour certains.

J’ai aussi essayé de rencontrer l’employé de Yad Vashem, avec qui je travaille sur des dossiers de reconnaissance de Justes parmi les Nations. Mais je suis venu durant la période de Roch HaShana…

La SNCF, incriminée pour sa participation dans la déportation des juifs vous a-t-elle apporté une aide pour retrouver des éléments d’histoire dans ses archives ?

Initialement lorsque j’ai commencé mes recherches en 2013, la SNCF n’avait pas connaissance de ce sauvetage. Même les employés de la SNCF qui travaillaient sur le site de la gare de Fives ignoraient ce sauvetage.

Je m’y suis rendu à plusieurs reprises avec mon collègue Patrick pour retrouver les bâtiments et les lieux précis du sauvetage. Mais la SNCF n’a pas contribué à nos recherches. A l’époque, nous travaillions sur nos propres fonds.

Aujourd’hui, après le livre et la cérémonie qui a été organisée le 11 septembre 2016 sur le site, avec la présence de cinq enfants sauvés en 1942, la direction de la communication m’aide pour certains déplacements.

Pierre-Simon Assouline

Lire la suite

Des Charentais-Maritimes reconnus Justes parmi les nations

dimanche 4 novembre 2018

Du 08/10/2018

 

 

 

 

 

Une plaque en l'honneur de ces 4 villageois a été dévoilé, un square de la commune a également été baptisé "Jardin des Justes" / © Marc Millet (FTV)

Quatre habitants de Saint-Seurin-de-Palenne, un petit village de Charente-Maritime, ont caché en 1944, une mère et sa fille menacées de déportation, parce que juives. Israël et la France leur ont rendu hommage ce matin. Ils ont été décorés post mortem de la médaille des justes parmi les nations.

Is s'appelaient Louise et Alfred Labéausse. Il y avait aussi Auguste et Anathalie Demunter. Dans la nuit du 30 au 31 janvier 1944, et durant les sept mois qui suivirent, dans leur petite maison de Saint-Seurin-de-Palenne, ils ont fait quelque chose d'admirable. Ils ont ouvert leur porte à Alice et sa fille Marcelle.
Un geste salué comme il se doit presque 75 ans plus tard par la République Française, l'Etat d'Israël et par tout un village.
Dans le contexte de la France occupée par les nazis, héberger ces deux Juives était un risque énorme, qui aurait pu leur valoir, à eux aussi, la déportation, ou le passage par les armes, sans procès. 

Le lent travail de mémoire


Bien des années plus tard, la famille Lévy est revenue à Saint-Seurin pour tenter de retrouver les descendants des Labéausse et des Demunter. Elle a également oeuvré pour qu'ils soient reconnus Justes parmi les nations, ce qui fut fait en août 2016. Il faut parfois savoir laisser du temps au temps. Comme l'explique Marcelle, la fille : "pendant de longues années, Maman n'a pas pu en parler, tellement elle était émue, elle ne pouvait pas parler de cette période."

Depuis 1963, l'Etat d'Israël honore de ce titre de « Juste parmi les Nations » les personnes non juives qui au péril de leur propre vie, ont aidé des Juifs menacés par les nazis. Une Commission présidée par un juge de la Cour Suprême attribuer officiellement ces distinctions. Gérard Benguigui, du Comité Français pour Yad Vashem, était présent pour cette cérémonie. Pour lui, "on ne mesure pas assez la splendeur de leur acte... Mais il n'est jamais trop tard pour dire merci".

Louise, Anathalie, Auguste, Alfred... la France compte aujourd'hui 4055 justes parmi les nations et désormais 23 en Charente-Maritime.

Marie-Ange Cristofari



Lire la suite

Justes parmi les Nations : un lieu de mémoire édifié pour un couple landais

dimanche 4 novembre 2018

Du 04/10/2018

 

 

 

 

 

 

 

 

Pierre et Cécile Larrazet avec les deux filles qu'ils ont sauvées : Esther et Charlotte Oehlgisser - Copyright Yad Vashem / Collections privées A Saint-Aubin, un lieu de mémoire va être édifié en hommage à un couple de Landais le samedi 24 novembre. Sur proposition du Comité français pour Yad Vashem, qui recense les Justes parmi les Nations, le maire de la commune a donné son feu vert.

Ils sont Landais et ont aidé des juifs à se cacher lors de la Seconde Guerre mondiale. Cécile et Pierre Larrazet, Justes parmi les nations, vont recevoir à titre posthume un lieu en leur mémoire. Le maire de Saint-Aubin, Stéphane Delpeyrat, a répondu positivement à la proposition du Comité français pour Yad Vashem, qui recense les Justes parmi les Nations. La plaque commémorative sera inaugurée le samedi 24 novembre. "J'ai accepté avec plaisir, confie Stéphane Delpeyrat. On connait tous l'importance de ce sujet à Saint-Aubin."

Deux familles qui n'auraient jamais dû se rencontrer

En 1942, le couple Larrazet a aidé la famille juive Oehlgisser à se cacher des Allemands. À cette époque, le couple Larrazet vit paisiblement à Saint Aubin. Cécile est institutrice et Pierre est postier. La famille Oehlgisser vit à Paris, où l'étau se resserre autour des juifs. La maman Oehlgisser décide alors de prendre ses deux filles sous le bras et s'enfuit jusqu'à Saint Aubin. Elle y inscrit ses enfants à l'école, où Cécile Larrazet est institutrice. 

Les Allemands franchissent la ligne

Quelques mois plus tard, le père des fillettes doit fuir Paris à son tour. Il rejoint la famille à Saint Aubin, aidé par Pierre Larrazet. Mais le calme est de courte durée : les Allemands franchissent la ligne de démarcation et approchent Saint Aubin. Le couple Larrazet décide alors de cacher la famille Oehlgisser. Cécile Larrazet place la mère et ses filles dans un orphelinat. Pierre Larrazet, lui, va prendre tous les risques pour aider le père. Il l'embarque sur son vélo et parvient à le déposer loin du village après être passé par les chemins de traverses pour éviter les convois Allemands.

En 1992, le couple Larrazet obtient le titre de Justes parmi les Nations. Le maire de Saint-Aubin veut leur rendre hommage en édifiant ce lieu de mémoire dans la commune. 

Lou Bourdy

Lire la suite

Des Charentais-Maritimes reconnus Justes parmi les nations

samedi 27 octobre 2018

Duy 08/10/2018

 

 

 

 

 

Une plaque en l'honneur de ces 4 villageois a été dévoilé, un square de la commune a également été baptisé "Jardin des Justes" / © Marc Millet (FTV) Quatre habitants de Saint-Seurin-de-Palenne, un petit village de Charente-Maritime, ont caché en 1944, une mère et sa fille menacées de déportation, parce que juives. Israël et la France leur ont rendu hommage ce matin. Ils ont été décorés post mortem de la médaille des justes parmi les nations.

Ils s'appelaient Louise et Alfred Labéausse. Il y avait aussi Auguste et Anathalie Demunter. Dans la nuit du 30 au 31 janvier 1944, et durant les sept mois qui suivirent, dans leur petite maison de Saint-Seurin-de-Palenne, ils ont fait quelque chose d'admirable. Ils ont ouvert leur porte à Alice et sa fille Marcelle.
Un geste salué comme il se doit presque 75 ans plus tard par la République Française, l'Etat d'Israël et par tout un village.
Dans le contexte de la France occupée par les nazis, héberger ces deux Juives était un risque énorme, qui aurait pu leur valoir, à eux aussi, la déportation, ou le passage par les armes, sans procès. 
 

Le lent travail de mémoire


Bien des années plus tard, la famille Lévy est revenue à Saint-Seurin pour tenter de retrouver les descendants des Labéausse et des Demunter. Elle a également oeuvré pour qu'ils soient reconnus Justes parmi les nations, ce qui fut fait en août 2016. Il faut parfois savoir laisser du temps au temps. Comme l'explique Marcelle, la fille : "pendant de longues années, Maman n'a pas pu en parler, tellement elle était émue, elle ne pouvait pas parler de cette période."

Depuis 1963, l'Etat d'Israël honore de ce titre de « Juste parmi les Nations » les personnes non juives qui au péril de leur propre vie, ont aidé des Juifs menacés par les nazis. Une Commission présidée par un juge de la Cour Suprême attribuer officiellement ces distinctions. Gérard Benguigui, du Comité Français pour Yad Vashem, était présent pour cette cérémonie. Pour lui, "on ne mesure pas assez la splendeur de leur acte... Mais il n'est jamais trop tard pour dire merci".

Louise, Anathalie, Auguste, Alfred... la France compte aujourd'hui 4055 justes parmi les nations et désormais 23 en Charente-Maritime.

 Marie-Ange Cristofari



Lire la suite

Yad Vashem met en cause des honneurs rendus à 3 « sauveteurs de Juifs » Polonais

mardi 18 septembre 2018

Du 14/09/2018

Jonny Daniels de l'organisation From the Depths rend hommage à trois Polonais qui auraient sauvé des Juifs pendant la Shoah. (Crédit : Jonny Daniels/Facebook)

 

 

 

Le musée considère que l’hommage donné par l’organisation From the Depths est basé sur une information peu claire et qu’elle pourrait donc tromper le public.

Le mémorial Yad Vashem a exprimé ses inquiétudes à propos d’un groupe polonais qui a honoré trois personnes que le musée n’a pas reconnues comme ayant pris des risques pour sauver les vies de Juifs.

Joel Zisenwine, le directeur du Département des Justes parmi les Nations du musée Yad Vashem, a déclaré « craindre que ces actions puissent conduire à tromper le public », dans un email adressé ce mois à Meir Bulka, un militant impliqué dans la commémoration de la Shoah en Israël, qui dirige le groupe JNerations.

Bulka avait écrit à Zisenwine pour se plaindre de l’honneur accordé à trois personnes à Varsovie le mois dernier par l’organisation From the Depths, qui a été fondée par Jonny Daniels, un activiste israélo-britannique impliqué dans la commémoration de la Shoah. Daniels a dit que les hommes honorés ont sauvé environ 3 000 personnes en leur fournissant des documents qui leur ont permis de s’échapper. 

« Les éléments sur lesquels Daniels s’est basé pour attribuer ces honneurs ne sont pas du clairs », a écrit Zisenwine.

L’une des personnes honorées, Julian Kulski, « avait été nommé par les Nazis comme le maire actif de Varsovie, demandant aux responsables du ghetto local de réduire sa taille, de libérer des appartements etc », a écrit Zisenwine.

Des Juifs alignés dans le ghetto de Varsovie au cours de la Seconde guerre mondiale (Crédit : Autorisation de l’American Jewish Joint Distribution Committee Archives via JTA)

Yad Vashem avait examiné une demande de reconnaissance effectuée par le fils de Kulski, mais l’avait rejetée dans les années 1980 « à cause de témoignages contradictoires avec d’autres sources, qui donnent une vision légèrement différente de son attitude vis-à-vis des Juifs », avait déclaré Zisenwine.

Duda Falik compte parmi ceux qui ont affirmé que Kulski avait sauvé la vie de Juifs. En 1980, elle avait dit à Yad Vashem que Kulski avait caché ses parents de 1940 à 1944.

Daniels a déclaré au JTA que son groupe n’avait donné aucun titre mais défendait sa décision « de dire merci » à Kulski et à toute autre personne qu’il considérait digne d’un remerciement en se basant sur ses recherches et celle de l’Institut polonais du Souvenir National.

La reconnaissance des Polonais qui ont sauvé des Juifs pendant la Shoah est une question sensible.

Dans ce domaine, des efforts par le gouvernement de droite de Pologne ont été critiqués par certains Juifs qui ont affirmé qu’il s’agissait de mettre en lumière l’héroïsme de la période de la Shoah, dans le but de masquer certaines complicités.

Yad Vashem a reconnu 6 863 Justes polonais – beaucoup plus que dans n’importe quel autre pays. Mais en février, le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a affirmé que pour la seule ville de Varsovie, 90 000 à 150 000 personnes avaient risqué leurs vies pour sauver des Juifs.

Les partisans de Daniels ont déclaré qu’il avait développé des partenariats qui réduisent la rhétorique antisémite. Ses détracteurs, y compris le grand rabbin de Pologne Michael Schudrich, l’ont accusé d’avoir aidé le gouvernement à politiser le débat sur la Shoah. Cette année, le gouvernement polonais a notamment passé une loi polémique qui interdit d’attribuer les crimes nazis à la Pologne.

Daniels, qui en février a critiqué une déclaration de Morawiecki comme une forme de « négationnisme de la Shoah », a défendu son travail comme étant apolitique et visant à préserver la mémoire de la Shoah, tout comme à construire des liens culturels entre la Pologne et Israël.

« Nous aimerions qu’il y aient davantages de fondations juives qui disent merci », a déclaré Daniels au JTA au sujet de la critique de Yad Vashem. Son groupe, qui interviewe des survivants et de sauveteurs dans des films de témoignage, organisera d’autres événements dans les prochaines semaines afin d’exprimer sa gratitude envers ceux qu’il considère comme des sauveteurs, a-t-il déclaré, alors que « le temps presse ».

JTA
Lire la suite

Ces diplomates étrangers qui ont sauvé des Juifs durant la Shoah

lundi 17 septembre 2018

Du 25/08/2018

 

Raoul Wallenberg, à droite, avec des juifs à l'ambassade de Suède à Budapest, date non précisée. (Crédit : autorisation de Yad Vashem) "Au-delà du devoir", a rendu hommage aux diplomates, originaires de 21 pays, qui ont été reconnus comme des Justes parmi les nations par Yad Vashem.

Durant l’été 1944, Albert Franko avait été déporté de la ville grecque occupée par les nazis dont il était originaire, Piraeus, vers Auschwitz. Il a été soudainement sorti du train dans lequel il avait été embarqué – parce que son épouse était citoyenne turque.

Sa vie avait été sauvée en raison de l’intervention personnelle de Selahattin Ülkümen, consul général de Turquie à Rhodes. 

De sa propre initiative et grâce à une persévérance tenace, Ülkümen était parvenu à sauver environ 50 Juifs. La majorité d’entre eux n’étaient pas des citoyens turcs mais il avait déclaré à la Gestapo que la loi turque considérait les époux des Turcs comme ses propres ressortissants et réclamé leur libération. 

Les survivants avaient réalisé plus tard qu’une telle loi n’avait jamais existé et qu’Ülkümen l’avait inventée pour leur sauver la vie.

Environ 75 ans plus tard, le ministère des Affaires étrangères israélien rend hommage à Ülkümen et à 35 autres diplomates étrangers qui, au péril de leurs vies, ont sauvé des Juifs durant la Shoah. Un monument a été installé au siège du ministère, à Jérusalem et une exposition sera présentée dans plus de 60 ambassades de l’Etat juif à travers le monde.

Cette exposition, qui a été intitulée « Au-delà du devoir », rend hommage aux diplomates, originaires de 21 pays, qui ont été reconnus comme des Justes parmi les nations par Yad Vashem.

« A une époque de difficulté morale suprême et pendant les heures les plus obscures jamais connues par le peuple juif, ces gens ont agi à la lumière de leur conscience pour sauver des Juifs, sans égard pour les éventuelles conséquences personnelles et professionnelles qu’ils encouraient », a expliqué Ran Yaakoby, qui a dirigé le projet.

Une partie du panneau de l’exposition consacré à Selahattin Ülkümen (Autorisation du ministère des Affaires étrangères)

« Le ministère des Affaires étrangères sera éternellement reconnaissant et saluera toujours leur courage et leur exemple moral », a ajouté Yaakoby, directeur du département chargé de la lutte contre l’antisémitisme et du souvenir de la Shoah au ministère.

Le 5 février – quelques jours après Yom HaShoah, – le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est rendu à l’inauguration d’une importante installation à la mémoire de ces diplomates devenus des Justes parmi les nations.

L’installation, créée par l’artiste israélien Zehava Benjamin, est constituée d’arbres – qui symbolisent une forêt européenne – et les noms des 36 diplomates, notamment celui d’une personne qui ne l’était pas en réalité, mais qui avait prétendu assumer cette fonction. Giorgio Perlasca, qui travaillait à Budapest pour une entreprise d’exportation de bovins, avait en effet changé son nom en 1944, adoptant celui de Jorge, et il avait prétendu être le consul-général d’Espagne, sauvant ainsi des dizaines de Juifs.

Six Suédois sont également sur la liste, ce qui fait de ce pays le premier en termes de diplomates reconnus comme Justes parmi les nations. Le plus célèbre d’entre eux est Raoul Wallenberg, qui avait sauvé des milliers de Juifs dans la Hongrie occupée par les nazis. La Suisse affiche cinq représentants sur la liste et l’Espagne quatre. Parmi les autres pays, le Vatican, la Roumanie, le Portugal, la Slovaquie, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, le Japon et le Pérou.

Je voudrais que nos diplomates connaissent les histoires de ces diplomates internationaux qui ont sauvé des hommes dans le besoin … et suivent leur exemple

Yaakoby a développé l’exposition avec l’aide du studio de production The Hive de Tel Aviv et avec l’assistance d’experts de Yad Vashem. Au mois d’avril 1998, le centre de recherche et de mémoire de l’Holocauste de Jérusalem avait accueilli une exposition similaire intitulée « Des visas pour la vie : Les diplomates Justes parmi les nations » en l’honneur du 50e anniversaire de la fondation d’Israël.

Le mur du mémorial du ministère des Affaires étrangères de Jérusalem, avec les noms des 36 diplomates qui avaient sauvé des Juifs pendant l’Holocauste (Courtesy)

Cette année, Jérusalem a également émis un timbre pour commémorer ces diplomates qui ont sauvé des Juifs durant la Shoah.

Mais depuis vingt ans, la liste a quelque peu augmenté, car Yad Vashem a continué d’ajouter des personnes qui ont risqué leur propre vie pour aider les Juifs, à sa liste des Justes parmi les Nations.

Le projet, cette année, n’a pas seulement pour objectif de commémorer des événements passés, mais également d’inspirer un héroïsme similaire à l’avenir, selon Yaakoby.

« Le message est très clairement de s’en tenir à des raisons morales, en particulier à une époque de chaos », a-t-il dit.

« Je voudrais que nos diplomates connaissent les histoires de ces hommes dans le monde entier qui en ont sauvé d’autres qui en avaient besoin, non parce qu’ils avaient l’obligation de le faire, mais parce que leur conscience ne leur permettait pas de faire autrement, et qu’ils suivent leur exemple. Les règles ne fournissent pas toutes les réponses aux dilemmes moraux, et c’est ce qu’un représentant d’une nation – et c’est assurément le cas dans la nation juive – doit tirer comme leçon ».

Cette année, Jérusalem a également émis un timbre pour commémorer ces diplomates qui ont sauvé des Juifs durant la Shoah. Mais depuis vingt ans, la liste a quelque peu augmenté, car Yad Vashem a continué d’ajouter des personnes qui ont risqué leur propre

 

 

Lire la suite