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Rafle du Vel' d'Hiv' : 75 ans après, Orléans n'oublie pas

vendredi 21 juillet 2017

Du 16/07/2017

 

 

 

 

Les représentants de l'Etat déposent des gerbes de fleurs devant l'hôtel des Créneaux. © Nicolas Une centaine de personnes était rassemblée ce matin à 10 heures, place de la République à Orléans, en hommage aux "Justes parmi les nations".

À l'occasion de la commémoration des 75 ans de la rafle du Vel' d'Hiv', symbole de la coalition avec le régime nazi, une centaine de Loirétains étaient rassemblés ce dimanche matin devant l'hôtel des Créneaux. Parmi eux, des représentants de la communauté juive et tzigane, des porte-drapeaux d'associations d'anciens combattants ainsi que des élus et des officiers de l'armée et de la police.

Une cérémonie solennelle entrecoupée de morceaux de violoncelle et de lectures des paroles de déportés. Il y a 75 ans, ce sont 13.000 Juifs parisiens qui furent placés dans des camps avant de rejoindre l'Allemagne. Des centaines passèrent par Pithiviers et Beaune-la-Rolande en attente des trains en direction d'Auschwitz-Birkenau depuis la gare de Pithiviers.

Cet hommage concernait aussi les "Justes parmi les nations". C'est la plus haute distinction civile décernée par l’Etat hébreu, à des personnes non juives qui, au péril de leur vie, ont aidé des Juifs persécutés par l’occupant nazi. 

Jacqueline, Orléanaise d'origine juive et cachée pendant la seconde Guerre Mondiale, s'est confiée. "Beaucoup de membres de ma famille sont morts à Auschwitz. Ce qu'il s'est passé, beaucoup l'ont oublié ou ne sont pas au courant."

Des "Justes parmi les nations", une distinction décernée en 1963, beaucoup ont été reconnus tardivement, dans les années 2000. Ils sont environ 25.000 en France à avoir obtenu cette médaille.

Nicolas Canizares


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Alençon. Une cérémonie en hommage aux déportés et aux Justes de France

vendredi 21 juillet 2017

Du 16/07/2017

 

 

 

 

Ce dimanche 16 juillet 2017, une cérémonie a été organisée au square des Déportés à Alençon. Une manifestation organisée à la mémoire des déportés et en hommage aux Justes de France.

« Il y a soixante-quinze ans, les 16 et 17 juillet 1942, avait lieu à Paris la rafle que la mémoire collective retiendra comme la plus importante qu'ait connue l'Occupation. Aujourd'hui, nous rendons hommage aux victimes des crimes racistes et antisémites de l'État français et aux Justes de France. » 

Ce dimanche 16 juillet 2017, une cérémonie a été organisée au square des Déportés à Alençon. Une manifestation organisée à la mémoire des déportés et en hommage aux Justes de France.

« La rafle du Vel' d'Hiv' constitue une blessure dans l'histoire de notre pays. En moins de 48 heures, 13 152 juifs, dont plus de 4 000 mineurs de moins de 16 ans, furent arrêtés, enfermés, puis déportés vers les camps de la mort. » Mention a été faite également, dans ce message, du sort des « nombreux tsiganes victimes du racisme du régime de Vichy, arrêtés, internés et parfois déportés ».

Le représentant de l'État a souligné ensuite que la journée était dédiée à l'espérance et à la dignité humaine. « Des Françaises et des Français refusèrent ces comportements barbares, ceux que l'on appela plus tard les Justes parmi les Nations. Plus de 4 000 Justes de France sont actuellement reconnus. Ils apportèrent leur aide au péril de leur vie à des juifs persécutés, cachant et sauvant des personnes recherchées, dont de nombreux enfants, leur évitant ainsi le sort réservé aux 75 000 autres qui furent déportés et dont à peine 2 500 rentrèrent au pays. »

Enfin, hommage a été rendu à Simone Veil, décédée récemment, qui a été à l'initiative de la reconnaissance des Justes de France. Le message ministériel soulignant un propos de « cette grande dame ». Elle avait écrit : « j'ai le sentiment que le jour où je mourrai, c'est à la Shoah que je penserai. » 

Fabienne GÉRAULT

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Plestan. Les Pettré, descendants de Justes et de résistants

vendredi 21 juillet 2017

Du 16/07/2017

 

 

 

 

En cette journée d’hommage aux Justes parmi les nations, rencontre avec les plestannais Jean-Christian Pettré et sa femme Françoise. Leurs ancêtres se sont distingués durant ces heures sombres.

C’est un jour particulier pour Jean-Christian Pettré et sa femme Françoise. À 11 h 15, place Saint-Michel à Saint-Brieuc, ce fils et petit-fils de résistant lira le nom des 77 juifs domiciliés ou réfugiés dans les Côtes-d’Armor ayant été déportés par l’Allemagne nazie. Parmi eux, « des enfants de 11 mois, 3 ans… Déportés simplement car ils étaient juifs » s’indigne Jean-Christian. Il a été choisi car l’histoire de sa famille et de celle de sa femme est exceptionnelle.

La résistance, une histoire de famille

Le père de Jean-Christian, Christian Pettré, atterrit à Pontivy en 1940. C’est là qu’il rencontre sa future épouse, Maryvonne, mais surtout son beau-père Henri Clément. Ce dernier fait partie du réseau Pat O’Leary qui récupère et cache les pilotes alliés.

En juin 1943, Henri Clément est dénoncé et arrêté. Son gendre, pourtant pas encore entré en résistance, est aussi fait prisonnier. Il sera finalement libéré après deux mois de captivité. Henri Clément n’a pas cette chance. Transféré à Compiègne, en mars 1944, il est déporté à Auschwitz-Birkenau, en avril, puis à Buchenwald et enfin à Flossenbürg, en mai 1944. Malade, c’est là qu’il s’éteindra au début de l’année 1945.

Pendant ce temps, Christian Pettré a repris le maquis. En juin 1944, il est de nouveau arrêté. Interrogé, torturé, il fera partie du dernier convoi de déportés jusqu’au camp de concentration de Neuengamme. Il suivra la débâcle allemande jusqu’à Sandboostel d’où il sera libéré en juin 1945.

Voici du côté de Jean-Christian. Mais sa femme, Françoise Pettré-Calmbacher n’est pas en reste. Ses arrière-grands-parents, Charles Julien de Lespinasse et Berthe Ferrier ont protégé les Garih, une famille juive, à Nice à la fin de l’année 1942. « Ils ont été nommés Justes parmi les nations », explique-t-elle, très attachée à cette journée d’hommage. Claude et Sylvie, les enfants Garih étaient d’ailleurs présents à la mairie de Neuilly-sur-Seine en 2012 lorsque les Lespinasse ont été honorés.

Ces deux familles extraordinaires se connaissent depuis très longtemps. « Pendant la guerre, mes grands-parents étaient venus se réfugier au Val-André, explique Françoise. C’est là que mon père a rencontré la mère de Jean-Christian. » Les futurs mariés avaient alors 4 et 7 ans et la résistance les unissait.

L’an passé, grâce à une association, Jean-Christian s’est rendu à Auschwitz-Birkenau. Il a pu marcher dans les pas de son grand-père, avec émotion. Clin d’œil de l’histoire, la fille des Pettré a épousé un allemand dont la mère vit à, à peine 50 km de Flossenbürg, le dernier camp de son grand-père. Jean-Christian a donc pu, avec fierté, « remonté toute sa trace ».


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Journée des Justes : portrait d'un Landais qui aida des Juifs

vendredi 21 juillet 2017

Du 16/07/2017

 

 

 

 

 

 

 

Henri Tauzia, 90 ans, hébergea une famille de Juifs pendant l'été 1942 La Nation rend hommage ce dimanche aux Justes qui aidèrent des Juifs pendant la Seconde guerre mondiale. C'est le cas d'Henri Tauzia, un Landais de 90 ans. Il n'a jamais demandé le titre de Juste. Mais, adolescent, il a pris de gros risques pour sauver une famille.

Il vient de fêter ses 90 printemps, il a de l'allure et un caractère bien trempé ... Facile d'imaginer, alors, l'adolescent fier et débrouillard que fut Henri Tauzia pendant la Seconde guerre mondiale! En 1942, Henri a 15 ans, il vit avec sa soeur Henriette et ses parents dans une ferme, à Benquet, à quelques kilomètres de Mont-de-Marsan. La persécution nazie s'intensifie à cette période, beaucoup de Juifs se pressent dans les Landes pour franchir la ligne de démarcation avec la zone occupée. Elle serpente de Mont-de-Marsan à Saint-Sever. C'est dans ce contexte que le jeune Henri fait la connaissance de la famille Zawidowicz.

A quatre pattes dans un tunnel

Henri Tauzia se souvient très bien des Zawidowicz. "C'était un couple avec deux filles, Léa et Rachel, elles avaient à peu près mon âge, 10-12 ans. Les parents venaient de Bordeaux, des marchands ambulants, ils se sont installés à Mont-de-Marsan". Très vite, à l'été 1942, ils doivent quitter la ville, passer en zone libre, même si c'est dangereux, pour trouver refuge chez les Tauzia, à Benquet. C'est Henri qui se charge de les faire passer. Il connaît le secteur comme sa poche. "J'avais repéré un tunnel, sous la route, au niveau de l'actuelle déchetterie de Saint-Pierre-du-Mont. L' hiver, les eaux fluviales y passaient, mais l'été, c'était à sec! La famille l'a traversé avec moi à quatre pattes", explique le nonagénaire.

Rachel et Léa Zawidowicz ont passé l'été 1942 à la ferme, chez Henri Tauzia - Document remis (droit réservé)

A la ferme, on partageait tout

A la ferme, chez les Tauzia, la famille Zawidowicz dispose de sa propre chambre, les enfants s'amusent ensemble. "On partageait tout, c'était la guerre, c'était dur, mais on donnait ce qu'on avait. il y avait des oeufs, quelques poulets, des légumes", raconte Henri. De temps en temps, l'adolescent fait des incursions dans l'ancienne maison des Zawidowicz, à Mont-de-Marsan, pour leur ramener des affaires. Opération non sans danger...Mais Henri n'a peur de rien! Pendant trois mois, il leur rend des services.

Fiches de déportation des petites Zawidowicz, au départ du camp de Drancy - Document remis (droit réservé)

 

Une carte postale pour dernier contact

Henri perd la trace des Zawidowicz en 1943. Ils sont arrêtés à Tarbes, direction le camp de Drancy. "Notre dernier contact, c'est une carte postale qu'ils nous ont envoyée depuis Drancy". Quelques lignes assez vagues, bien sûr, à cause de la censure. Et puis, plus rien...La famille Zawidowicz périt à Auschwitz en février 1943. Henri Tauzia en aura la confirmation vingt ans plus tard, lors d'un voyage en Israël. Ce fut un déchirement. "Je visitais un mémorial, il y avait ce ciel étoilé avec l'inscription des noms de tous les Juifs morts en camps de concentration. Là, j'ai vu ceux des Zawidowicz", murmure Henri, toujours très ému, 75 ans après les faits.

Des Justes, il y en a eu plein!

Il n'est pas du genre à se tresser des lauriers, Henri. Il réfute le terme d'héroïsme, comme il refuse de se faire reconnaître comme Juste par l'Etat d'Isräel. "Des Justes, des anonymes comme moi, qui ont secouru des Juifs, il y en a eu plein!", s'emporte-t-il.

 

Dans les Landes, 19 personnes ont été faites "Justes parmi les Nations", par l'Etat d'Israël.

Elodie Vergelati

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Les Justes tourangeaux ces " héros ordinaires "

vendredi 21 juillet 2017

Du 17/07/2017

 

 

 

 

Les Goupille (avec Françoise Marchelidon à droite) devant la stèle où sont gravés les six noms de leurs parents reconnus « Justes parmi les nations ». Le 75 e anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv a donné l’occasion d’honorer la mémoire des cinquante Tourangeaux reconnus “ Justes parmi les nations ”.

Jamais la place des Justes n'a aussi bien porté son nom. Hier matin, à Tours, devant la stèle qu'avait inaugurée Simone Veil en 2005, le sous-préfet Pierre Chauleur, élus et membres de la communauté juive ont commémoré le 75e anniversaire de la rafle du Vel d'Hiv. Ce dimanche était classé « Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites ».

La cérémonie a pris un relief particulier avec l'hommage appuyé aux cinquante Tourangeaux reconnus « Justes parmi les nations » et la présence de leurs familles comme Mireille Saint-Cricq, la fille de Jean Meunier, les Goupille, Pierre Louault. Les parents du maire de Chédigny et président de l'Association des maires d'Indre-et-Loire avaient en effet caché trois enfants juifs pendant la guerre au nez et à la barbe des nazis, tout en élevant leurs quatre petits.

" Nous ressentons tous une grande fierté "

Sur la stèle, six prénoms de la famille Goupille se suivent. : « Mon grand-père était vétérinaire à Descartes. Il avait le laissez-passer permettant de franchir la ligne de démarcation toute proche. Et il a aidé à faire passer des pilotes, des prisonniers, des résistants. Il a été dénoncé… », témoigne André-Louis, dont la grand-mère poursuivra les exfiltrations avec des membres de la famille. Au total, 2.000 juifs et résistants seront sauvés. « Nous ressentons tous une grande fierté d'appartenir à leur descendance, dira André-Louis dans une courte allocution prononcée avec son frère Frédéric. Ce sont des héros ordinaires qui défiaient tous les risques encourus. Leur bravoure leur vaudra la déportation, mais ils seront libérés in extremis en 1945 et rentreront à Descartes. Ils ne doivent pas être oubliés. Devenons à notre tour des Justes sans armes… »
Le maire de Descartes, Jacques Barbier, rapportera à son tour que sa commune compte neuf « Justes parmi les nations », ce qui est exceptionnel.
Au délégué régional du Crif, François Gugenheim, de rappeler quelques chiffres essentiels : « Le 16 juillet 1942, 334 juifs, dont 133 internés à Monts ont été arrêtés. Parmi eux, 282 seront déportés par le convoi n°8. Neuf en reviendront… » C'est jeudi 20 juillet (*), à 11 h 30, que sera commémoré leur départ à Angers.

 

Bruno Pille


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Ajaccio : Hommage aux victimes des crimes racistes et antisémites et aux Justes de France

vendredi 21 juillet 2017

Du 18/07/2017

 

 

 

 

 

A l’occasion de la journée nationale à la mémoire des crimes racistes et antisémites de l’Etat français et d’hommage aux « justes » de France, une commémoration a été organisée sur Ajaccio. Lina Sillamy, représentante des israélites de Corse-du-Sud a rendu un vibrant hommage aux « justes » mais aussi à Simone Veil, récemment disparue.
«Après la shoah,  à son retour en France, c’est précisément parce qu’elle a été épargnée qu’elle pense qu’elle a un destin à accomplir, une mission à assumer. Avec courage, force et détermination, elle met sa vie au service des plus faibles. Elle mène également un combat pour l’émancipation des femmes, pour la construction de l’Europe. Et, contre toute attente, elle qui aura tant souffert dans les camps et qui a vu sa mère mourir d’épuisement, elle se bat pour la réconciliation franco-allemande dès 1945. Elle n’était pas obsédée par la collaboration mais, en revanche, elle attachait une très grande importance à l’attitude de ces français qui au péril de leur vie avaient caché des enfants et des familles juives ».


Parmi les « justes » de France un hommage a été rendu à Dolinda Luciani, originaire de Rospigliani qui a caché à son domicile une famille juive durant plus d’une année. Elle a pourtant toujours refusée de reconnaissance pour un geste humain qui lui semblait normal. Ce n’est qu’après que la petite Sarah, l’enfant qu’elle avait logé et qui, devenue adulte, lui a demandé d’accepter en souvenir de ses parents et pour ses enfants, que Dolinda Luciani a finalement consentie à recevoir le titre de juste parmi les nations.


C’est ensuite le Préfet de Corse qui a lu la lettre de Geneviève Darrieussecq, en charge du secrétariat d'État auprès de la ministre des Armées. A été évoquée la rafle du Vel d’hiv qui est devenue le symbole de l’atrocité commise envers les juifs de France avec la complicité du gouvernement de Vichy. En moins de 48 heures 13 152 juifs dont plus de 4000 mineurs furent arrêtés, enfermés et déportés. « Cette journée est aussi la journée dédiée à l’espérance et à la dignité humaine. En effet, des français refusèrent ces comportements barbares, ceux que l’on nomment les justes parmi les nations. Plus de 4000 justes de France sont actuellement reconnus. Ils ont prouvé que la Résistance est toujours possible même dans les moments les plus extrêmes. Cette armée de l’ombre a rendu son honneur au Pays des Droits de l’Homme. En 2007, un plaque leur rendant hommage a été apposée dans la crypte du Panthéon leur rendant ainsi la place qui leur revient de droit aux côtés de grands hommes de la République ». 

Pierre BERETTI

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