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Israéliens et Polonais dansent dans la salle d’audience d’un commandant d’Auschwitz

mercredi 20 avril 2016

Du 18/04/2016

 

 

 

 

Israéliens et Polonais dansent dans la salle d’audience d’un commandant d’Auschwitz

Jonny Daniels danse le Foxtrot avec Alicia Schnepf, secrétaire de la Société polonaise des Justes parmi la Nation, à Varsovie, le 10 avril 2016. (Courtesy: From the Depths)

Environ 30 Polonais qui ont sauvé la vie de Juifs pendant l’Holocauste ont participé à une danse organisée pour eux par des Israéliens à Varsovie, dans le lieu où le commandant du camp d’extermination d’Auschwitz a été jugé.

From the Depths [Depuis les profondeurs], un groupe créé en 2014, a organisé la danse dimanche pour la Société polonaise des Justes parmi les Nations à l’auditorium de l’Union des enseignants polonais, qui, le 11 mars 1947, a vu l’ouverture du procès de Rudolf Höss. Il a été condamné à mort et pendu trois semaines plus tard.

« Nous avons choisi ce lieu en raison de son importance symbolique. L’activité organisée n’était pas une déclaration politique mais fait partie de notre engagement qui vise à essayer de redonner un peu à ces personnes », a déclaré le fondateur britannique israélien de l’organisation, Jonny Daniels.

Environ 6.500 Polonais ont été reconnus comme Justes parmi les nations – le plus grand nombre au monde. Moins de 300 d’entre eux sont encore en vie.

Lors de l’événement, Daniels a dansé au son de musiques des années 1930 avec plusieurs justes, y compris Anna Stupnicka, membre de l’association qui a aidé à cacher trois Juifs dans son appartement et a fait passer de la nourriture en contrebande dans le ghetto de Varsovie, et Alicia Schnepf, secrétaire de la société et mère de Ryszard Schnepf, ambassadeur de Pologne aux États-Unis. Étaient également présent l’entraîneur israélien de football Avram Grant, qui est membre du conseil de l’organisation, des fonctionnaires polonais, ainsi que l’ambassadeur d’Israël en Pologne, Anna Azari.

« Je ne connais pas très bien le Foxtrot, donc j’ai hésité à participer au début, mais mes partenaires de danse m’ont aidé à apprendre », a dit Daniels.

L’événement faisait partie de plusieurs commémorations organisées par From the Depths en Pologne cette semaine, y compris des cérémonies en l’honneur Jan Zabinski, directeur décédé du zoo de Varsovie qui, avec son fils et sa femme, a sauvé des centaines de Juifs. Le général Władysław Anders, un Polonais combattant de la résistance qui a également commandé l’ancien Premier ministre israélien Menahem Begin dans une milice connue sous le nom d’armée Anders – qui a combattu aux côtés des Alliés – était également à l’honneur.

Plus de 10.000 Juifs ont servi dans l’armée Anders. Anders a donné à ses soldats juifs, y compris Begin, l’autorisation de se démobiliser et de se rendre  en Israël avant la création de l’Etat, après la Seconde Guerre mondiale.

La cérémonie honorant Zabinski a été suivie par Sir Eric Pickles, envoyé spécial du gouvernement britannique pour les questions concernant l’après- Holocauste et copresenté par la fille d’Anders, Anna Maria Anders, une sénatrice polonaise et la secrétaire d’Etat du pays, un titre équivalent à celui de vice-ministre.

« Mon père a toujours fait l’éloge de ses frères d’armes juifs et était immensément fier d’avoir pu jouer un rôle dans le sauvetage d’un nombre si important d’entre eux et de les avoir amenés vers leur terre promise, Israël ; y compris un jeune soldat, Michesław Begi », se souvient-elle, utilisant le prénom polonais du leader israélien.

 

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LUZINAY - Trois « Justes parmi les Nations » honorés

samedi 9 avril 2016

Du 03/04/2016

 

 

Photo Le DL/Michel THOMAS

 

 

Durant la guerre 1939-1945, Gabriel Boulud, Anne-Marie et Jean-Joseph Raclet ont sauvé la vie de deux enfants juifs, Nadine et Jean Dreyfuss. Ce dimanche matin à Luzinay, la médaille de « Justes parmi les Nations » a été remise à leurs descendants lors d’une émouvante cérémonie qui a permis de mettre en lumière ces « êtres ordinaires qui ont accompli des actes extraordinaires ».

Clémence LENA 

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Des Villes et des Justes

mercredi 6 avril 2016

27, 28 et 29  mai 2016  à Moissac, Rencontre, Débats et Conférences, Cérémonie de remise de médaille.

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Georges Lauret, un Juste renait sous la plume de Sébastien Bailly

jeudi 31 mars 2016

Du 29/03/2016

 

 

 

 

Le journaliste Sébastien Bailly vient de publier Les Miraculées, retraçant le destin peu commun du docteur Georges Lauret, Juste parmi les Nations et héros oublié. Réparation est faite.

La discrétion est le propre même des Justes parmi les Nations. Et ce n'est pas peu dire quand on parle du docteur Georges Lauret. Son histoire, jusqu'ici peu connue, vient d'être couchée sur papier dans un très beau livre de Sébastien Bailly, intitulé Les Miraculées.

Un héros discret

Le journaliste et auteur raconte, en 80 pages, l'histoire extraordinaire de cet homme, le seul Juste de Rouen, né en 1904 et mort en 1996. Pendant quinze mois, de 1943 à 1944, Georges Lauret cacha une mère et ses deux filles, juives, au sein du service obstétrique de l'hospice de Rouen, au mépris des risques nombreux, bravant la méfiance des médecins allemands chargés de surveiller le personnel français et même celle de quelques confrères malintentionnés.

Le médecin, chef de service, inventa une maladie indécelable à Linda, la jeune mère de famille, recommandant qu'elle reste alitée. Les deux petites, Pauline et Gaby, âgées de 8 et 7 ans, furent placées dans un service pour enfants avec la complicité des religieuses infirmières. Jusqu'à la Libération, le médecin réussit à les garder dans l'enceinte de l'hôpital, sauvant les trois femmes d'une mort certaine.

La ville de Rouen connut en effet deux rafles, la première en 1942 à destination des hommes, la seconde un peu plus tard pour les femmes et les enfants. Le mari de Linda Ganon, commerçant dans la ville normande, fut arrêté lors de la première rafle, conduit à Drancy puis déporté à Auschwitz. Comme lui, 66% de la population juive de Rouen périt dans les camps nazis.

 

Un hommage juste

 

Jamais, Georges Lauret n'a raconté son histoire, ni pendant, ni après la guerre. Ses enfants n'ont découvert les faits que lorsque le médecin fut nommé Juste parmi les Nations, en avril 2004.

Sans fioriture, Sébastien Bailly retrace le courage extraordinaire de cet homme et redonne à ce juste la place qui lui est due. L'auteur a travaillé pendant deux ans pour resituer les faits dans une ville et une période, tourmentées et peu narrées, et pour recueillir les témoignages, entre autres de Gaby, le plus jeune des miraculées et du fils du docteur Lauret.

Les Miraculées ne laisse pas indifférent, surtout en cette période, la nôtre, tout aussi tourmentée. Un récit bouleversant, hommage à un héros, pour ne jamais oublier !

Les Miraculées, de Sébastien Bailly, éditions des Falaises, 80 p., 9 €.

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Chabanais: un nouveau nom pour l’école

jeudi 31 mars 2016

Du 30/03/2016

 

 

 

 

 

Michèle Soult, présidente départementale des Amis de la fondation pour la mémoire de la Déportation, et Marie-Claude Poinet, maire de Chabanais. Le groupe scolaire va porter le nom de Marianne et Albert Béraud, Justes parmi les Nations Un choix qui a fait débat. La maire a dû s’en expliquer.

C’est le nom Yad Vashem qui a fait tiquer en conseil d’école. Contre le principe de laïcité, ont estimé certains enseignants et certains parents, qui sont montés au créneau, interpellant même l’inspection d’académie. Dimanche, le groupe scolaire de Chabanais portera un nouveau nom, celui de Marianne et Albert Béraud, Justes parmi les Nations. Durant la Seconde Guerre mondiale, le couple angevin, réfugié à Chabanais, a protégé Nelee et Mina, deux petites filles de la région parisienne alors que leurs deux parents juifs avaient trouvé refuge en...

Julie PASQUIER

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MAYENNE- Le Buret : Justes parmi les nations. Ils ont caché et sauvé une famille juive pendant la guerre 39-45 au Buret

jeudi 31 mars 2016

Du 27/03/2016

 

 

 

 

 

Marie-Louise et Auguste ont risqué leur vie pendant la Seconde Guerre mondiale en cachant la famille Jakubowicz. Ils ont reçu le titre des Justes parmi les Nations.

Paris, 16 juillet 1942. Les policiers arrivent au domicile de Cyna Jakubowicz et de ses trois enfants, Romain, 7 ans, Marcel, 5 ans et Rosette, 1 an et demi. Cyna refuse de partir car elle sait que les familles avec un enfant de moins de deux ans ne peuvent être déportées. Mais ce sursis est de courte durée. Cyna Jakubowicz le sait. Les arrestations et les déportations sont de plus en plus fréquentes.
Pour protéger ses enfants, la jeune maman cherche à les envoyer à la campagne. Elle réussit à entrer en contact avec Mme Perrin, secrétaire de mairie à Grez-en-Bouère. Cette dernière demande secrètement à Marie-Louise Cordier de les accueillir.

Marie-Louise élève seule ses cinq enfants au Buret. Son mari, Georges, est prisonnier de guerre. Elle demande l’avis de son père qui lui déconseille. Mais n’écoutant que son cœur, elle accepte en dépit des risques pour elle et ses enfants.

 

 

 

 

Marie Louise Cordier
Marie-Louise Cordier part à Paris le 1er octobre 1942. Le voyage du retour fut long. Le train est souvent arrêté en raison des bombardements. C’est à la nuit tombée qu’ils arrivent à Sablé. Auguste Cribier, conseiller municipal, les attend avec deux carrioles. Vingt kilomètres les séparent du Buret.
Marie-Louise doit désormais nourrir huit bouches. Officiellement, les enfants étaient des réfugiés catholiques polonais. Seule Amélie Bruneau, femme du maire, était au courant de leur véritable identité. Romain, Marcel et Rosette étaient les seuls juifs du village.
Quelque temps plus tard, Cyna Jakubowicz compte rejoindre ses enfants. À la gare de Laval, elle est arrêtée puis emmenée par la milice de la préfecture. Ses papiers sont confisqués. Le préfet, Édouard Bonnefoy, qui faisait parti de la Résistance, téléphone à Auguste Cribier pour qu’il vienne la chercher. Ce dernier fait plus de 50 km avec sa carriole. La famille est au Buret.

Famille Cordier Georges le 26 Mars 1944 Marie Louise Cordier et ses enfants Pour rendre plus réaliste leurs fausses identités, les enfants vont à l’école mais aussi à l’église. Auguste Cribier a réussi à convaincre le curé de l’époque à prendre Romain et Marcel au catéchisme et comme enfants de chœur. Mme Bruneau aide Cyna à trouver du travail dans les fermes voisines et des logements. La famille Jakubowicz vécut dans la commune jusqu’en septembre 1947.
Cyna Jakubowicz a pu vivre en effectuant des petits travaux divers dans le village. La famille retourne ensuite vivre à Paris. « Par leur courage, leur compassion sans faille, Marie-Louise Cordier, Auguste Cribier et Amélie Bruneau ont caché, aidé ses quatre personnes. Ils ont préservé le secret de leurs origines juives pendant deux longues années de guerre permettant à Cyna Jakubowicz et ses enfants d’échapper, s’ils avaient été arrêtés par Vichy, à une mort certaine comme ce fut le cas pour Herz Mordka Jakubowicz, le mari de Cyna », a déclaré Pierre Osowiechi, vice-président du comité français pour Yad Vashem.
La famille Jakubowicz et la famille Cribier sont toujours restées en contact. Sur les 320 000 Juifs qui vivaient en France en 1940, 76 000 dont 11 400 enfants ont été déportés. 2 551 survivants seulement sont revenus… Mais parmi eux, aucun enfant.
« Éternellement reconnaissants »
Une cérémonie officielle a de nouveau réuni ces deux familles mais aussi les descendants de la famille Bruneau. Le représentant de l’ambassade d’Israël a remis aux descendants des familles Cordier et Cribier la médaille, le diplôme et le titre des Justes parmi les nations, la plus haute distinction civile de l’État d’Israël. Rosette et Romain Jakubowicz ont apporté leur témoignage.
C’est avec émotion que nous rendons hommage à Marie-Louise Cordier et Auguste Cribier. Ils furent de belles et bonnes personnes pleines de compassion et d’humanité. Ils nous ont aidés à échapper à Hitler et à Vichy. Amélie Bruneau est le 3e maillon essentiel. Elle nous a permis de vivre normalement avec les autres enfants. Ces trois héros anonymes ont permis à notre maman d’assurer, ce qui lui tenait le plus à cœur, l’avenir de ses enfants. Nous leur serons éternellement reconnaissants.
Le petit-fils d’Auguste Cribier est également intervenu.
Nous sommes très fiers de lui. Il était un homme d’honneur. On a toujours à apprendre du passé. Il ne suffit pas de dire plus jamais ça. L’actualité récente nous démontre que les leçons du passé n’ont pas été retenues. Notre seule arme aujourd’hui est le devoir de mémoire.

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