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Villeneuve-Saint-Georges: célébration émouvante de Justes parmi les nations

dimanche 10 mars 2019

Du 22/02/2019

 

 

 

 

 

Nous en sommes en 1942. Traqué par la police aux ordres de l’occupant nazi, Henri Tsaposnik, journaliste dans la presse de gauche, syndicaliste et juif, décide de fuir avec son épouse dans le sud de la France pour entrer dans la Résistance. Jean-Jacques, leur deuxième fils, n'a alors que quelques mois, et c'est Roland, 18 ans, qui va le chercher à Paris pour l'emmener avec son frère Pierre chez ses parents, les Marchoix, à Villeneuve-Saint-Georges.

André Marchoix est alors chef d’orchestre au théâtre municipal et sa femme fabrique des décorations et ornements en plume et des fleurs en tissus. Elle est également nourrice, ce qui permet d’éviter d’éveiller les soupçons sur la présence du petit Jean-Jacques. C’est dans cet univers que les deux fils Tsaposnik vont vivre des jours presque normaux, jusqu’à la fin de la guerre.

Et puis les enfants grandissent, et le temps file. Jean-Jacques Tsaposnik, lui, va passer une bonne partie de sa vie à la quête de son identité. «Dans nos familles on se taisait, il y avait des non-dits, des silences. Je n’avais aucune notion de ce que c’était que d’être juif. C’est à l’adolescence que j’ai commencé à me poser des questions. Mon père m’a juste donné un livre de Jules Isaac, Jesus et Israël, en me disant que je comprendrai beaucoup de choses. A l’âge de 20 ans, j’ai assisté à un mariage juif et c’est comme ça que j’ai commencé à fréquenter des gens de la communauté. Puis, il y a eu la guerre des Six jours, j’étais alors dans le milieu universitaire et j’entendais beaucoup de collègues taper sur Israël. C’est à partir de là que j’ai vraiment commencé à travailler sur moi. Dans les années 70 j’ai aidé des Refuznik (des juifs soviétiques souhaitant quitter le pays pour échapper aux persécution). Je suis parti en 1997 en Israël pour apprendre l’hébreu. Dans les années 2000, j’ai essayé de remonter la pente et de savoir d’où je venais. Grâce à une amie généalogiste de métier, elle a pu remonter le fleuve jusqu’aux fils Marchoix. En 2013, j’ai pu revoir Roland, et j’ai commencé à faire la démarche de Yad Vashem», raconte-t-il avec émotion, aujourd’hui âgé de 76 ans.

Depuis 1953, Israël honore du titre de «Juste parmi les nations», une expression issue du Talmud, les personnes qui ont mis leur vie en danger pour sauver des Juifs. Ce titre est décerné au nom d’Israël par le mémorial de Yad Vashem, représenté en France par le comité français pour Yad Vashem. qui a reconnu les trois Marchoix Justes parmi les nations en décembre 2017. Les époux Marchoix, eux, ont disparu depuis longtemps, et leur fils Roland est lui-même décédé en 2013, c’est donc à titre posthume qu’ils ont été décorés lors d’une cérémonie qui s’est tenue ce jeudi 21 février dans la salle Cocteau, à Villeneuve-Saint-Georges. Jean-Jacques a pu y retrouver Francine, la belle-soeur de Roland.

Qu’aurions nous fait ?

«Qu’aurions-nous fait ? Aurions-nous agi en héros ou nous serions tus ? Cette période noire est gravée dans la mémoire de chaque juif, dans leur ADN, mais qu’en est-il de la mémoire de l’humanité, de la mémoire collective des peuples ? Qui d’entre nous osera demain peut-être se lever devant la cruauté, devant l’abject ? Il suffit de baisser la garde pour que la bête immonde  relève la tête. L’antisémitisme n’est pas mort à Auschwitz, il aurait du y périr mais 74 ans après la Shoah, les actes antisémites persistent en France, s’y multiplient même, de plus en plus courant et violents. Ils sont tombés dans banalité, le fait divers, des tags et croix gammées apparaissent  sur les murs de nos villes, de nos écoles. Aujourd’hui, en France, soutenir Israël est considéré par certains comme un crime. Négationnistes et falsificateurs de l’histoire continuent de nier l’assassinat de 6 millions d’hommes, de femme et d’enfants. Nous devons monter la garde. L’antisémitisme renaît de ses cendres sous la forme de l’antisionisme. Il ne s’agit pas de contester la politique d’un gouvernement, les Israéliens le font très bien eux-mêmes, mais de contester l’existence même d’Israël dans le concert des nations. Un État qui a vu le jour pour panser 2000 ans d’exil et les persécutions et massacres» a insisté Delphine Gamburg, représentant l’ambassade d’Israël en France.

Alors que les tags antisémites se sont multipliés ces derniers temps, dans une sorte d’émulation qui conduit parfois jusqu’aux profanations de tombes, difficile de ne pas faire de parallèle avec l’actualité. «La découverte de l’immensité du crime nazi a secoué l’humanité toute entière et elle a ouvert dans sa conscience un tel abîme d’horreur qu’il fut un temps où l’on espérait l’humanité vaccinée à jamais contre l’antisémitisme. Malheureusement, depuis quelques temps, les événements font souffler sur notre pays un vent mauvais qui nous montre que les sociétés sont faillibles et que la mémoire n’est pas éternelle», a rappelé Martine Laquièze, sous-préfète de L’Haÿ-les-Roses. 

Ces citoyens qui ne seraient pas là s’ils n’avaient été sauvés par d’autres justes

«Cette histoire m’a beaucoup touché, elle ravive des souvenirs familiaux, des souvenirs plus intimes, je pense en cet instant à mes beaux parents, jeunes juifs cachés pendant la guerre et dont une partie de la famille est morte dans les camps d’extermination. Je pense également à mon ami Charles Knopfer ici présent, enfant juif caché qui ne devra sa vie qu’à un geste admirable d’un policier venu prévenir sa famille pour leur dire de partir, la veille de la rafle du Vel d’Hiv. (…) Les actes antisémitismes qui se sont accumulés en quelques jours ont provoqué un vif effroi et un sursaut citoyen des plus salutaires à l’image des rassemblements de mardi soir. Si l’antisémitisme en France rejaillit régulièrement, il n’est pas inéluctable si tant est que l’on se donne les moyens de le combattre. En tant que citoyens il ne faut pas banaliser, ne rien laisser passer, ni un mot, ni un geste», a enjoint Sylvie Altman, maire de Villeneuve-Saint-Georges, dans un vibrant discours. Des mots qui ont particulièrement touché le rabbin de Villeneuve-Saint-Georges, Schneour Lubecki. «Nous avons eu des désaccords avec certains prises de position de la municipalité et je suis heureux de voir un drapeau d’Israël dans une cérémonie à Villeneuve-Saint-Georges. Dans le contexte actuel, ces moments sont précieux pour que nous nous rassemblions.»

Une belle réponse aux tags grossiers apposés cette semaine encore, ici sur le mur d’une synagogue à Bry-sur-Marne, là sur un immeuble d’habitation de Créteil, dont les reproductions répandues sur les réseaux sociaux apparaissent comme des trophées pour leurs auteurs.


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Une cérémonie exceptionnelle pour honorer deux Justes toulousains : Raymonde et Roger Fontaneau

mercredi 6 mars 2019

DU 05/02/2019

 

 

 

 

C'est une cérémonie exceptionnelle qui a eu lieu au sein du Capitole, à la salle des Illustres hier matin. En présence d'une centaine d'invités issus du monde politique et associatif, de personnalités, mais aussi d'écoliers, les Toulousains Raymonde et Roger Fontaneau ont été officiellement honorés du titre de Juste parmi les nations, par Yad Vashem. Cette distinction civile est remise par l'État d‘Israël aux personnes non juives qui ont aidé et sauvé les Juifs pendant la Shoah. Raymonde a été également été élevée au grade de Chevalier de la Légion d'honneur. En 1944, le couple Fontaneau a accueilli et sauvé de la déportation Rachel Sattinger et ses enfants Colette et Gérard. Des enfants, qui, sept décennies plus tard ont décidé d'honorer l'acte de courage de leurs bienfaiteurs. «Tant que notre mère était vivante, nous n'osions pas trop parler de cette histoire, ce souvenir était trop douloureux pour elle. Ensuite, nous avons essayé de faire des recherches, mais nous avions juste trois informations : un nom, une ville et la profession de M. Fontaneau. Des amis du Comité français pour Yad Vashem nous ont dit que c'était suffisant pour les retrouver. Ils ont travaillé plus d'un an, et un jour, ils nous ont appelés : bonne nouvelle, nous avons retrouvé Madame Fontaneau, et elle est vivante !», raconte Gérard.

Raymonde Fontaneau, comme la plupart des Justes, a été surprise de tant d'honneurs, mais elle s'est dite ravie d'avoir pu revoir ses petits protégés. «Je suis heureuse de voir que Colette et Gérard aillent bien. Je voudrais que nous continuions à nous voir et à nous écrire ces prochaines années. Cette cérémonie fait chaud au cœur, je suis très impressionnée et très contente», a indiqué Raymonde, rayonnante.

Cette cérémonie fut aussi l'occasion pour les intervenants de rappeler que l'antisémitisme est toujours d'actualité. Anita Mazor, ministre auprès de l'ambassade d'Israël à Paris, en charge du sud de la France, a rappelé que les actes antisémites ont augmenté de 69 % l'an dernier en France, et qu'un Français sur dix ignorait ce qu'était la Shoah. «Les démons d'extrême droite et d'extrême gauche se réveillent partout dans le monde. Où est notre mémoire ? Où sont les Justes du XXIe siècle ?», a questionné François Guguenheim, vice-président du Comité français pour Yad Vashem.

Julie Philippe

 

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Rome : ces couvents qui ont sauvé des juifs de la Shoah

dimanche 10 février 2019

Du 31/01/2019

Rome : ces couvents qui ont sauvé des juifs de la Shoah

« Justes parmi les nations » : 30 prêtres, 12 religieuses, 15 religieux et 4 évêques

Pendant la persécution nazie, plus de 220 couvents, églises et maisons appartenant à divers ordres religieux catholiques hébergeaient environ 4500 juifs à Rome, soit près de la moitié de l’ensemble de la communauté juive de la capitale, alors composée de 10 000 à 12 000 personnes.

C’est Vatican News en italien du 29 janvier 2019 qui indique ces chiffres, notant qu’ « il est impossible de quantifier avec précision le nombre total de Juifs cachés et sauvés par l’Église catholique » à cause du « manque presque complet de documentation écrite ». L’article se base, entre autres, sur des témoignages oraux de Graziano Sonnino, sauvé par les jésuites du Collège de Mondragone; du cardinal Prosper Grech, qui était témoin de l’accueil des juifs par les pères augustins à Rome, et de la sœur Grazia Loparco, religieuse des Filles de Marie Auxiliatrice et professeur d’histoire de l’Église à la Faculté pontificale des sciences de l’éducation « Auxilium » de Rome.

L’accueil des Juifs, raconte Sœur Grazia Loparco, s’est déroulé dans le contexte plus large de l’accueil réservé aux hommes politiques recherchés, aux personnes déplacées et aux orphelins.

Le p. Robert Leiber SJ, alors secrétaire particulier du pape Pie XII, a confirmé en 1961 à la revue « Civiltà Cattolica » que le pape avait fait savoir que les maisons religieuses « pourraient et devraient » offrir un abri aux juifs.

Parmi les premières maisons religieuses à offrir l’hospitalité aux Juifs après le bombardement du 19 juillet 1943 : celle des Sœurs de Maria Bambina, à deux pas du Vatican. Le Collège international des pères augustins Santa Monica, situé à proximité, a également accueilli de nombreux réfugiés.

Les familles juives arrivaient dans des maisons religieuses souvent par le biais de relations directes ou par le biais de listes de couvents livrés clandestinement par les évêques aux comités d’assistance juifs. Certains étaient recommandés, d’autres ont frappé à la porte d’églises et de monastères dans une tentative désespérée de trouver un abri.

Dans de nombreux cas, pour des raisons de sécurité, les juifs cachés ont dû apprendre les prières chrétiennes. Il y avait aussi ceux qui portaient la soutane lors d »annonce de raids des nazis. Pourtant, la plupart des témoignages parlent du respect total des croyances juives par des religieux et des prêtres.

Sur les 468 Italiens proclamés « Justes parmi les nations » par Yad Vashem, le mémorial israélien de l’Holocauste qui examine depuis 1962 les archives des non-juifs qui ont sauvé des juifs pendant la Shoah, environ un huitième appartient au clergé catholique : 30 prêtres diocésains, 12 religieuses, 15 religieux et 4 évêques.

Marina Droujinina

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Lisette, miraculée de la Shoah : "Cette famille est le miracle de ma vie, avec la varicelle !"

dimanche 10 février 2019

Du 30/01/2019

 

 

 

Ce lundi (28 janvier), Lisette Jovignot a raconté son histoire, bouleversante, aux élèves du collège Jeanne-d'Arc d'Orléans. Ce lundi (28 janvier), Lisette Jovignot a raconté son histoire, bouleversante, aux élèves du collège Jeanne-d'Arc d'Orléans. 

Lundi 28 janvier, Lisette Jovignot, 83 ans, était dans les murs du collège Jeanne-d'Arc d'Orléans, après avoir quitté ceux du Cercil-Musée mémorial des enfants du Vel d’hiv, où se tenait, le midi, une cérémonie en hommage aux victimes de la Shoah.

L'octogénaire a ainsi conté sa vie face à une cinquantaine d'élèves, accrochés à ses lèvres. Il leur revient, aujourd'hui, "de faire passer le message" suivant : celui "de toujours demeurer dans la compréhension humaine, et dans la bienveillance". Le contraire de ce que devait connaître Lisette, quand survint la Guerre 1939-45. Elle n'avait alors pas cinq ans.

Face à la progression de l'armée allemande, "ma famille part en exode, quand j'ai cinq ans". On est alors en 1940, quand celui-ci les conduit dans le département des Deux-Sèvres, "où l'on fait la connaissance d'une famille qui va jouer un rôle déterminant dans ma vie". La famille Dupont. 

"Moi, j'étais heureuse de prendre l'autobus..."

1942. La guerre est bien entamée et la famille Haskowiez, celle de Lisette, est revenue vivre dans cet immeuble parisien se trouvant au-dessus "du commissariat de quartier, dit de la Goutte-d'Or. La veille de la rafle du 16 juillet (1942), mon père est informé que celle-ci va avoir lieu. Avec mon oncle, ils partent se cacher, ne s'imaginant pas un instant que la rafle concernerait toute la famille".

C'est ainsi que, depuis sa cachette, l'oncle de Lisette assiste au départ pour le Vel d'Hiv de toute sa famille. "Mon père s'est alors précipité chez nous, mais nous avions été emmenés le matin. Je ne garde que peu de souvenirs de cet épisode. Je me rappelle cependant que, dans l'autobus nous conduisant au Vel d'Hiv, ma mère pleurait. Je me demandais bien pourquoi, moi, j'étais heureuse de prendre l'autobus."

La taille de l'équipement, le bruit, la lumière dans le Vel d'Hiv..., tout est conté aux collégiens par Lisette, qui va très vite tomber malade, alors enfermée dedans, avec sa mère Rachel et sa grande soeur Margot. La varicelle s'avèrera "être le miracle de ma vie. Car ils ont eu peur de la contagion..." 

La petite fille est donc transférée à l'hôpital Rothschild. Une information qui arrive aux oreilles de sa tante "ayant obtenu la naturalisation pour elle et ses deux fils. Elle n'a donc pas été inquiétée par la rafle".

Avec son père, se croyant sous protection du commissariat de la Goutte-d'Or, ils se précipitent alors à l'hôpital. Ma tante parvient à convaincre le médecin de me laisser sortir." Lisette précise aux élèves que, dans le livre Blouses blanches et étoiles jaunes (paru en 2000), il est fait état d'une cinquantaine d'enfants juifs conduits à l'hôpital Rothschild depuis le Vel d'Hiv. Seuls 26 en auraient finalement été exfiltrés.

"Jamais ma famille d'adoption n'a caché que j'étais juive"

"Une fois sortie de l'hôpital, ma tante m'envoie en train dans les Deux-Sèvres, où vivaient les Dupont qui avaient quatre enfants. J'ai passé deux ans dans leur ferme. Et le plus étonnant, c'est que, jamais, ma famille d'adoption n'a caché que j'étais juive. Dans cette ville, je suis allée à l'école sous mon vrai nom. J'ai d'ailleurs retrouvé récemment le registre scolaire dans lequel figure mon nom, à côté de celui du fils de la famille, Yves Dupont. Durant ces deux années, je vais aussi à la messe. Je suis au sein d'une famille aimante. Gaston et Lucienne Dupont me considèrent comme leur fille. Protégée par eux, je n'ai ni froid, ni jamais faim."

Un rayon de soleil perce par la baie vitrée de la salle polyvalente du collège orléanais. Il tombe sur la joue de Lisette. "Vous savez, j'ai longtemps hésité à raconter mon histoire, mes souvenirs. Car je n'ai pas souffert physiquement à cette époque." 

Son père ne reviendra jamais de Drancy

Arrive 1944. Et la Libération. "Ma tante, qui s'était repliée dans l'Aveyron, où elle était Résistante, vient me chercher dans les Deux-Sèvres". Quelques mois plus tôt, le père de Lisette (qui avait échappé à la rafle) est envoyé au camp de Drancy. Il n'en reviendra jamais.

"J'ai appris plus tard qu'il avait été arrêté par le commissaire de La Goutte-d'Or, qui nous avait promis sa protection", explique l'octogénaire. Lisette a donc vécu un an à Rodez (Aveyron) avec sa tante, avant de revenir à Paris, en 1945. Elle a alors dix ans. "Là, on retrouve l'appartement de mes parents. Vide."

"Les Dupont étaient très aimés au village, à tel point que personne n'aurait jamais pu les dénoncer."

Lisette Jovignot

La guerre est maintenant totalement achevée. Lisette vit avec sa tante, "qui finance mes études et me donne tout son amour. Jusqu'à ce que je la quitte, au moment de me marier. J'ai bien entendu présenté mon mari à la famille Dupont. Une famille que je n'ai jamais quittée. Mon enfant allait même chez elle en vacances. Cette famille est extraordinaire et c'est ce qui explique qu'elle n'a jamais cherché à cacher mon nom, ni mes origines juives. Et, surtout, qu'elle n'a jamais été inquiétée. Vous savez pourquoi ?"

"Non", disent les collégiens. "Car ces gens-là, les Dupont, étaient très aimés au village, à tel point que personne n'aurait jamais pu les dénoncer." Les Dupont avaient le coeur bon à ce point qu'il eut été un sacrilège de leur faire du mal, en déduit Lisette, encore dans l'émotion et le rayon de soleil. 

Leur bonté, leur immense humanité, voilà ce qui poussa, en 2017, Lisette Jovignot à demander à ce que Gaston et Lucette soient fait Justes parmi les nations, à titre postume. Ils le devinrent en décembre 2018.

"Cette famille est le miracle de ma vie, avec la varicelle", aime répéter Lisette, qui semble presque s'excuser, quand elle précise aux élèves "ne pas avoir d'histoire de camps de concentration à vous raconter. Je vous apporte juste le témoignage d'une enfant qui a traversé la guerre. Mais, vous savez, c'est plus tard, quand on est en âge de réaliser que l'on est orpheline, que la souffrance se fait sentir".A-t-elle jamais quitté Lisette depuis ? Rien de moins sûr... Ce lundi après-midi, un nuage passe. Le rayon de soleil sur sa joue disparaît. Lisette adresse le plus beau de tous les sourires aux adolescents venus l'écouter. Merci.

David Creff

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Montauban intègre le réseau des villes "Justes parmi les Nations"

mercredi 30 janvier 2019

Du 25/01/2019

 

 

 

 

 

Marie-Rose Gineste, Juste parmi les Nations était de Montauban

 

Montauban intègre le réseau Villes et Villages des « Justes parmi les Nations ».  Attachée à perpétuer le souvenir de ceux qui ont, au péril de leur vie, sauvé des juifs durant la seconde guerre mondiale, en s’opposant aux persécutions antisémites nazies et à l’État français de Vichy, Montauban adhère au réseau des villes et villages des « Justes parmi les Nations » de France.
Au cours de la seconde guerre mondiale, une vingtaine de Montalbanaises et Montalbanais, parmi lesquels Monseigneur Pierre-Marie Théas, Marie-Rose Gineste (Photo DDM), Jean-François Labro, Simone Schmidt, Marguerite Dulaut…, se sont héroïquement distingués par leurs actes de courage et ont été reconnus « Justes parmi les Nations ».
Afin de perpétuer leur souvenir et de préserver les valeurs portées par les « Justes » que sont la fraternité, l’humanisme, l’héroïsme, la justice et la paix, la ville de Montauban a décidé d’adhérer au réseau des Villes et Villages des « Justes parmi les Nations » de France.
Initié en 2010 par le Comité Français pour Yad Vashem, ce réseau a pour vocation de transmettre cette mémoire aux générations futures au travers de différentes actions et initiatives pédagogiques, culturelles et mémorielles. 

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Juste quelques notes pour un peu d'humanisme

mercredi 30 janvier 2019

Du 29/11/2019

 

 

 

 

Une initiative d'élèves du lycée Alain-Fournier

Manuel Nérée, professeur d'Histoire Géographie au lycée Alain-Fournier de Mirande, travaille avec ses élèves depuis la rentrée de 2017 sur un vaste projet mis en place dans le cadre de l'Accompagnement Personnalisé et baptisé « Juste Humains ». 

L'an passé, vingt de ses élèves de première du lycée ont pu interviewer Simone Susskind, députée belge très engagée pour la paix dans le conflit Israélo-Palestinien, lors d'une voyage entrant dans le cadre des échanges entre la sous-préfecture et ses villes jumelles. Aujourd'hui sénatrice, Simone Susskind, a mené plusieurs actions sur le terrain pour favoriser le dialogue entre ces deux peuples. 
 
Le projet mirandais

La première étape du projet concerne d'abord une action qui s'est déroulée à Mirande, plus exactement au lieu-dit Valentées, durant la Seconde Guerre mondiale. Les époux Lacave ont caché des juifs dans leur maison. Cette action leur vaut aujourd’hui le titre de "Justes parmi les Nations". Les élèves engagés ont effectué des recherches afin d’en apprendre plus sur cette famille et la famille Suganas qu’ils ont hébergée. En janvier 2019, ils partiront à Jérusalem, en Israël et en Palestine. Ce voyage a pour but de rendre hommage aux époux Lacave mais aussi de découvrir la vie des jeunes Palestiniens et Israéliens. 

Une famille exemplaire

Gaston et Marie Lacave avaient une ferme à Valentées, près de Mirande. En juin 1942, ils furent contactés par Albert Suganas, un réfugié juif qui s'était enfui de Rouen avec toute sa famille. Ce monsieur leur demanda de loger dans leur étable la vache qu'il avait achetée pour donner du lait à sa fillette de deux ans. Non contents d'accepter, Gaston et Marie Lacave offrirent d'héberger Liuba Suganas et la petite Odile. Les deux grands enfants du couple étaient en pension dans une école religieuse de la région. Liuba et sa fille vécurent chez les Lacave jusqu'à la Libération en août 1944. Albert Suganas venait les voir tous les jours et les grands enfants venaient passer les vacances à la ferme. Lorsque des étrangers arrivaient, les réfugiées se cachaient dans la cave à vins dont la porte avait été camouflée. Pendant toute cette période, les fermiers refusèrent d'accepter tout autre dédommagement que le lait de la vache. Pourtant ils couraient un immense danger en hébergeant des Juifs, d’autant que Mirande comptait de nombreux collaborateurs. Les Lacave et leurs quatre enfants traitèrent Liuba et Odile comme des membres de leur famille. Après la guerre, Liuba raconta que sa fille appelait Marie Lacave "Mémé" et que, arrivée menue et chétive, elle était devenue à la ferme une enfant robuste et pleine de santé. Lubia Suganas et sa fille restèrent en contact pendant de longues années avec les fermiers qui accueillaient chaleureusement leurs fréquentes visites.

 

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