Actualités

Champier: Un couple isérois distingué à titre posthume pour avoir sauvé deux familles juives

samedi 15 décembre 2018

Du 09/12/2018

 

 

 

 

Ils sont 27 000 dans le monde, 4 000 en France et 711 en Isère, terre de refuge et de résistance. Les Justes parmi les Nations est la plus haute distinction décernée par l’état d’Israël aux femmes et aux hommes non juifs, de toute appartenance sociale et religieuse, qui ont caché et protégé, toujours au péril de leur vie, des personnes juives durant la deuxième guerre mondiale face à la monstruosité nazie.

Ce dimanche à Champier, Joséphine et Jean-Pierre Boullu, deux habitants de ce village du Nord-Isère se sont vus remettre cette distinction à titre posthume. Ils ont sauvé deux familles de médecins juifs. L’une d’elle a pu être retrouvée ; il s’agit de la famille Nussenblatt, qui demeurait à Nice, cachée à Champier de la fin de l’année 1943 jusqu’en août 1944. « Il a fallu une chaîne de sept personnes pour cela », témoigne Christine-Marie Rogelle, petite-fille de Joséphine et Jean-Pierre, qui témoigne aussi dans notre vidéo.

Moment très fort aussi de cette cérémonie, le moment ou la distinction a été présentée par Joseph Banon, le délégué régional du comité française pour Yad Vashem, et par Shimon Mercer Wood, porte-parole de l’ambassade d’Israël en France, à Paul, 94 ans, le fils de Joséphine et de Jean-Pierre et à Maria Nussenblatt, qui fut la femme d’Henryk, le petit garçon du couple sauvé par la famille iséroise. Un couple qualifié par tous les participants de héros qui ont sauvé l’honneur de la France.



Lire la suite

Le livre des Justes d'une famille de Haute-Garonne

mardi 11 décembre 2018

Du 09/12/2018

 

 

 

 

Laurent Robène à Moissac Ils étaient des membres actifs de cette fameuse armée des Ombres qui résista pendant les années sombres et ne réclama rien après. Lucien Robène et son épouse Blanche ont écrit, dans leur maison de Pechbonnieu, en Haute-Garonne, une merveilleuse histoire entre 1939 et 1945. Ils ont caché de nombreux clandestins leur évitant un sort funeste. Et ils ont été reconnus «Justes Parmi les Nations» en 2017.
Ils ont caché plus de soixante-dix personnes
C'est cette histoire que Laurent Robène, installé à Moissac (Tarn et Garonne), reprend avec talent dans un ouvrage qui vient de sortir «La Chambre de derrière» aux éditions L'Harmattan : «J'ai croisé les témoignages de ma maman, Marguerite, qui était alors âgée de 10 à 14 ans, mais aussi des écrits de sa tante, aujourd'hui décédée, raconte Laurent Robène. Puis j'ai essayé de croiser diverses sources de recherches, des archives pour retracer la vie quotidienne dans ce village et des nombreux pensionnaires de cette maison».
Selon les recherches menées par Laurent Robène, dans les archives de la préfecture de la Haute-Garonne et dans celles de la commune de Pechbonnieu, plus de 70 personnes ont été cachées dont des membres du célèbre réseau Combat ou ceux du Mouvement de Résistance des Prisonniers de Guerre et de Déportés (MRPGD).
C'est donc une somme de détails qui, accumulés, ont permis à Laurent Robène de mettre en musique cette étonnante et attachante histoire. Car les indices recueillis par Laurent Robène ont permis de confirmer que tous les habitants ou presque de Pechbonnieu étaient au courant : «Il y avait autour de 400 habitants. Personne n'a jamais rien balancé». Ironie de l'histoire, le responsable régional de la sinistre Milice habitait le même village : «Je crois qu'il a eu peur d'éventuelles représailles qu'on lui avait promis. On a assisté à une véritable solidarité de village qui a permis à cette maison de continuer ses activités au quotidien».
Un véritable travail de fourmi qui permet de restituer avec précision et force de détails la vie dans cette maison qui abrita le résistant Edgar Morin (voir l'encadré), mais aussi Clara Malraux ou encore le Dr Epstein, le médecin toulousain : «La maison de Blanche et Lucienne était un lieu de vie, en plein coeur de Pechbonnieu et tout le monde savait ce qui s'y passait, note l'auteur. Cette maison a servi de lieu de rencontre, de séjour mais aussi d'étapes pour des transferts vers les Pyrénées», note-t-il avec émotion et reconnaissance.
«Fier d'avoir réalisé ce travail de mémoire»
C'est cette histoire que réussit à faire vivre Laurent Robène. Un premier livre plein de tendresse mais qui se révèle aussi constituer une mine d'informations pour les historiens : «Je suis fier d'avoir réalisé ce travail de mémoire. C'est important pour ma famille mais aussi pour celles et ceux qui sont passés par Pechbonnieu et qui ont été sauvés des griffes de l'occupant.»
Une préface d'Edgar Morin
Le célèbre philosophe a écrit à Laurent Robène, se souvenant de son passage dans la maison de Pechbonnieu. L'auteur a publié au début de son livre la lettre d'Edgar Morin : «J'ai trouvé refuge chez Mme Robène au cours de l'été 1943 et pour quelques mois. Déjà y était accueilli Jean Krazatz, antifasciste allemand ami de Clara Malraux, qui allait s'associer à moi au Mouvement de Résistance des Prisonniers de Guerre et de Déportés. Il y avait d'autres clandestins qui étaient hébergés. Mme Robène m'a fait faire une carte d'identité vraie à la mairie de Pechbonnieu, mais sous une fausse identité. Nous avons pu organiser un réseau de renseignement et d'incitation à la désertion pour les soldats allemands cantonnés à Toulouse. J'étais aussi responsable régional du RGPD, faisant des tracts pour les prisonniers de guerre et déportés du travail, dans les usines allemandes. Nous les expédions dans des pots de confitures...»

 

Laurent Benayoun

Lire la suite

Des lycéens du Gers sur les traces d'un couple de Justes avant un voyage en Israël

samedi 8 décembre 2018

Du 07/12/2018

 

 

 

 

Les lycéens se retrouvent pour travailler sur le projet chaque mardi, en salle informatique./ Photo DDM, Sébastien Lapeyrère 19 élèves du lycée Alain-Fournier à Mirande dans le Gers ont mené leur enquête sur un couple de Justes mirandais, les époux Lacave, qui avaient caché des Juifs pendant la guerre. Pour conclure ce projet pédagogique, ils partent en Israël en janvier.
Découvrir l’histoire locale en approfondissant sa connaissance du programme, tout en luttant contre le racisme et l’antisémitisme, en réalisant un travail de mémoire. Dix-neuf élèves du lycée Alain-Fournier de Mirande travaillent pour la deuxième année sur un projet intitulé « Juste humains !!! ».
Pendant ces deux années, ils sont partis sur les traces des époux Lacave, qui ont hébergé une Juive, Liuba Suganas et sa fille Odile, de juin 1942 à août 1944, pendant la Seconde guerre mondiale. Ils ont aussi aidé le reste de la famille à se cacher à Auch.
Un voyage en Israël pour leur rendre hommage
Les époux Lacave, des agriculteurs, habitaient alors une ferme à Mirande. Ils ont été reconnus Justes parmi les nations, le 7 janvier 1996. Les élèves iront leur rendre hommage lors d’un voyage en Israël en janvier, au mémorial Yad Vashem.
Les élèves se sont donc transformés en apprentis historiens, contactant différents services d’archives et se déplaçant à celles du Gers, en octobre. Ils ont ainsi pu retrouver le récit de l'arrestation de quinze juifs étrangers à Mirande, le 26 août 1942. Et même les consignes envoyées par le préfet de région au préfet du département lui indiquant notamment d’éviter les fuites sur la rafle prévue comme il y en avait eu lors du Vel d’Hiv et qui avaient permis à certains Juifs de s'échapper.
"Beaucoup d'émotion"
Les jeunes ont aussi assisté à la remise de médaille de Justes, à Lavelanet, en Ariège. Une cérémonie qui a marqué Marie, qui se souvient : « Il y avait beaucoup d’émotion, c’était beau. »
Ils ont aussi pu rencontrer Odile Suganas, qui leur a fait visiter la maison où elle avait été cachée, petite. Tonin raconte : « Elle avait peu de souvenirs mais tout de même quelques-uns. Elle nous a montré la cachette sous l’escalier, où elle se mettait avec sa mère quand la police patrouillait, sous des tas de bois. »
Chaque élève est aussi chargé de la rédaction d’un chapitre d’un futur manuel scolaire, qui racontera l’histoire des deux familles Lacave et Suganas, encadrés par leur professeur Manuel Nérée, qui a initié le projet.

Un concert samedi soir
Les élèves ont mené de multiples actions pour financer leur projet. Ce samedi soir, ils organisent un concert à la salle Beaudran de Mirande, à 18 h. Au programme, un duo occitan berbère, Hilhas Deu Vent, le Petit chœur de Chantegrives et la Philharmonie de Mirande. 5 € pour les adultes, gratuit pour les petits.

GAETANE ROHR

 

Lire la suite

Neuvy-en-Sullias : un couple de Justes reçoit les honneurs

vendredi 7 décembre 2018

Du 02/12/2018

 

 

 

 

Au cours de la cérémonie à Neuvy-en-Sullias (Loiret), Serge Vanry prononce quelques mots en mémoire de ceux qui l'ont sauvé de la barbarie Nazie. / © Antoine Morel / France 3 Centre-Val de Loire
A Neuvy-en-Sullias (Loiret) où ils résidaient, Marguerite et René Poignard ont reçu ce dimanche 2 décembre 2018, la médaille des Justes parmi les nations à titre posthume. Une distinction pour honorer ceux qui ont sauvé des juifs pendant la seconde guerre mondiale.

En 1942, ce couple d’agriculteurs a accueilli et caché le petit Serge Vanry, 11 ans, l’un des enfants d’une famille de juifs-polonais installée à Paris.

Serge avait pris un train pour Orléans et rejoint la ferme de René et Marguerite Poignard. Ils l'ont accueilli et caché pendant toute la durée de la guerre. 

Devenu grand, Serge s'est battu pour que les époux Poignard soient reconnus comme Justes parmi les nations. Présent à la cérémonie, il a vu son souhait se réaliser et une plaque être érigée en l'honneur de ses sauveurs.

C'est Robert Poignard (89 ans), le fils des époux, qui devait recevoir la médaille au nom de ses parents à titre posthume. Il n’a finalement pas pu être présent pour des raisons de santé.

En Centre-Val de Loire, 243 hommes et femmes ont été reconnus Justes parmi les nations.

Amélie Rigodanzo

Lire la suite

En souvenir des Justes parmi les nations

vendredi 7 décembre 2018

Du 28/11/2018  

 

 

 

Liliane Bidault et Michel Daubord, pour la Ville, et Denise Morissé, pendant la cérémonie. © Photo NR

A la demande de la famille Morissé, la mairie de Mézières-en-Brenne est dépositaire de la médaille et du diplôme déclarant Thérèse et Henri Morissé Justes parmi les nations.
A la fin du mois d’août 1942, avertis d’une rafle imminente de juifs, bravant le danger, le couple a caché, pendant trois semaines, Lore et Fritz Kroch et leurs enfants, dans un cabanon, au milieu des vignes.
La famille Kroch n’a pas oublié cet acte courageux, ni le soutien de la population de la commune. En 2012, Amatsia Kashti, petit-fils de Lore et Fritz Kroch, est venu à Mézières. Puis il a entrepris une démarche auprès du mémorial Yad Vashem, de Jérusalem, pour que Thérèse et Henri Morissé soient déclarés Justes parmi les nations. Désormais, leur nom est gravé sur le mur d’honneur du Jardin des Justes.
A l’initiative de Denise Morissé, belle-fille de Thérèse et Henri Morissé, la médaille et le diplôme des Justes ont été remis à la municipalité de Mézières. « Je ne voulais pas garder cette distinction pour moi, a expliqué Mme Morissé. Avec le temps, elle risquait d’être égarée»
La médaille est désormais accrochée à un mur de la salle v des mariages de la mairie, pour que les générations futures se souviennent. Un fascicule relatant l’histoire des familles Morissé et Kroch a été édité par la Ville.

Lire la suite

Saint-Aubin : Une plaque dans l'école pour honorer des Landais "Justes parmi les Nations"

vendredi 7 décembre 2018

Du 25/11/2018

 

 

 

 

 

 

 

Les descendants des familles Juste et Larrazet pose avec Alain Geller, le fils d'Esther, une jeune fille juive sauvée par leurs familles pendant la seconde Guerre Mondiale. © Radio France - François-Pierre Noel Une cérémonie a été organisée par la mairie de Saint-Aubin en l'honneur de deux familles, reconnues "Justes parmi les Nations", les Larrazet et les Juste. Elles ont aidé à cacher la famille juive Oehlgisser pendant la Seconde Guerre Mondiale, de 1942 jusqu'à la la Libération en 1945. 
Alain Geller ne peut retenir ses larmes quand il entend l'histoire de sa famille, racontée par deux jeunes enfants de l'école primaire de Saint-Aubin : "Ces enfants-là, ça aurait pu être ma mère et ma tante. Ils ont raconté l'histoire à la limite mieux que moi je la connaissais". Il est le fils d'Esther, toute jeune lors de la seconde Guerre Mondiale et qui a été sauvée par les familles Juste et Larrazet.  

Une histoire qui marque les esprits

En 1942, la pression s'intensifie sur les juifs français qui vivent sous l'occupation allemande. La famille Oehlgisser vit à Paris et avait comme voisin, Jules-Henri et Simone Juste qui décide de proposer à leurs voisins de fuir dans les Landes, là où l'armée allemande est moins présente et où ils ont plus de chances de ne pas se faire déporter. Ils arrivent sur la commune de Saint-Aubin en mars 1942, dans la ferme des Larrazet.  Les deux filles et leur mère seront ensuite hébergées par les sœurs au couvent de Saint-Vincent-de-Paul. Le père Oehlgisser sera quand à lui exfiltré par Pierre Larrazet à travers les lignes ennemies pour qu'ils puissent se réfugier dans un endroit proche de Vichy. 

Des retrouvailles touchantes

Jacqueline Juste, belle-fille de ceux qui ont aidé les Oehlgisser à fuir, était pressé de revoir Alain Geller : "Il y avait ici, une secrétaire de mairie qui avait avertit la famille Juste en disant, vous risquez la vie de toute la population là". Alain se sent avec les descendants des Juste et Larrazet, comme "en famille". 

Une plaque inaugurée à l'école de Saint-Aubin

Les deux petites filles sauvées à l'époque, Esther et Charlotte n'ont pas pu être présentes lors de l'inauguration de cette plaque qui rend hommage à Julien-Henri, Simone, Marthe-Agnès Juste et Cécile et Pierre Larrazet. Mais Alain, le fils d'Esther a pris en vidéo tous les descendants pour les montrer aux deux rescapés, qui vivent aujourd'hui dans le Nord de la France. 

La plaque qui rend hommage aux familles Larrazet et Juste pour leurs actes héroïques © Radio France - François-Pierre Noel
Dans les Landes, le comité Yad Vashem, qui honore et fait reconnaître les Justes parmi les Nations, compte 18 familles landaises ayant aidé les juifs à se cacher lors de la seconde Guerre Mondiale. Les familles Juste et Larrazet ont été reconnues "Justes parmi les Nations" en 1992. 

François-Pierre Noël
Lire la suite