Actualités

Un couple du Mans reconnu Juste parmi les Nations

samedi 26 mars 2016

Du 21/03/2016

 

 

 

 

« Pierre et Denise Jousse ont eu le courage de s’opposer alors que l’esprit du moment était de ne pas le faire, » a déclaré l’enfant caché

Denise et Pierre Jousse ont reçu la médaille des Justes parmi les nations à titre posthume pour avoir porté secours à Maurice Sajet et sa mère en 1943 en les cachant, rapporte le site Ouest France.

Jeanne, la fille du couple Jousse, a reçu la distinction au nom de ses parents.

Maurice Sajet était présent pour cette cérémonie. Pendant la Seconde guerre mondiale les membres de la famille Sajet sont séparés. Le père est déporté à Auschwitz après avoir été dénoncé. La mère est cachée dans la famille Jousse seule et les deux enfants, Félix et Maurice, sont recueillis chez une autre famille de paysans dans la région du Mans.

Cependant, Maurice qui a alors deux ans tombe gravement malade. La famille Jousse décide alors de l’accueillir afin qu’il puisse résider avec sa mère.

« Pierre et Denise Jousse ont eu le courage de s’opposer alors que l’esprit du moment était de ne pas le faire », a déclaré l’enfant caché, Maurice Sajet lors de la remise de médaille.

Il a également rappelé que la famille Jousse résidait dans une rue non loin de la caserne Mangin ou résidaient les soldats allemands, soulignant l’importance du risque qu’avait pris la famille Jousse.

 



Lire la suite

Pologne: un musée en hommage aux Justes ayant sauvé des Juifs sous l'occupation

samedi 26 mars 2016

Du 18/03/2016

 

 

Markowa (Pologne), le 17 mars 2016. Dépôt de gerbe et hommage sur la tombe de la famille Ulma qui s'est sacrifiée pour venir en aide à des Juifs en les cachant pendant la guerre.

Le premier musée en hommage à des Polonais, en particulier la famille Ulma, ayant porté secours aux Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale a été inauguré le 17 mars 2016 à Markowa (sud-est) par le président Andrzej Duda. M. Duda a rappelé le «choix dramatique» devant lequel ces personnes avaient été placées. Sous l'occupation nazie, toute aide aux Juifs était passible de la peine de mort.


Le 24 mars 1944, le village de Markowa fut le théâtre de l'exécution de huit personnes: Jozef Ulma, sa femme Wiktoria, enceinte de sept mois, et leurs six enfants. Les huit Juifs qu'ils avaient cachés avaient eux aussi été abattus sur place par les gendarmes allemands, à la suite d'une dénonciation.

«Celui qui propage l'antisémitisme piétine la tombe des Ulma, piétine ce pour quoi ils sont morts: la dignité, l'honnêteté, la justice», a déclaré le président Duda lors de la cérémonie d'inauguration.

Faisant allusion aux crimes dont des Polonais s'étaient rendus coupables à l'égard des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, il a appelé à dire «toute la vérité, parfois affligeante, y compris sur la vilenie, car c'est seulement sur la vérité que l'on peut bâtir un futur meilleur». Le président polonais a remis des décorations aux descendants des familles de Justes polonais.

Il a ensuite planté un arbre dans le «verger de la mémoire» à proximité du musée, en compagnie de l'ambassadrice d'Israël Anna Azari et du descendant de l'un des Juifs survivants de Markowa.  

La maison des Ulma, transformée en musée, a été reconstituée, ses murs peints couleur rouille. Elle abrite maintenant des objets rappelant la répression, une porte avec des traces de balles tirées lors d'une exécution, des photos tachées de sang.


Presque 72 ans après leur exécution par l'occupant allemand, les membres de la famille Ulma qui avaient sauvé huit Juifs, ont été honorés par les autorités polonaises lors de l'inauguration de leur musée à Markowa (sud-est de la Pologne). Vidéo YouTube mise en ligne le 16 mars 2015.


L'institut israélien Yad Vashem a conféré aux Ulma le titre de Justes parmi les nations du monde qu'ils partagent avec plus de 6.600 autres Polonais. De son côté, le Vatican étudie leur béatification.

Le président de l'épiscopat, Mgr Stanislaw Gadecki, et le grand rabbin de Pologne Michael Schudrich, ont récité des prières sur les tombes des victimes juives, puis sur celle des Ulma.

Dans l'assistance deux hommes et trois femmes étaient particulièrement émus: les descendants d'Abraham Segal, le seul survivant des 21 autres Juifs cachés avec succès à Markowa .

Abraham, 86 ans, ne se sentait pas assez fort pour faire le voyage d'Israël et n'a pas pu se trouver aux côtés de ses petites-filles, Yael, 31 ans, et Achinoan, de six ans sa cadette.

«Nous sommes ici pour le représenter», a dit Yael à l'AFP. «Nous sommes une grande famille. Ma soeur et moi avons quatre frères, et moi-même j'ai quatre enfants. Si mon grand-père n'avait pas été sauvé, aucun de nous ne serait là».

L'idée de créer un tel musée revient à l'historien Mateusz Szpytma, parent des Ulma et premier directeur de l'établissement.

Elle est souvent évoquée comme un pcontrepoint aux révélations sur un massacre de Juifs par leurs voisins polonais survenu en 1941 au village de Jedwabne (nord-est).

Véronique le Jeune

Lire la suite

Markowa - La Pologne crée un musée en hommage aux Polonais ayant porté secours aux Juifs

samedi 26 mars 2016

Du 17/03/2016

 Le premier musée créé pour rendre hommage à des Polonais ayant porté secours aux Juifs pendant la Seconde guerre mondiale a été inauguré jeudi à Markowa (sud-est) par le président Andrzej Duda.

Le président polonais a remis des décorations à leurs descendants, rappelant le choix dramatique devant lequel leurs proches avaient été placés. Sous l'occupation nazie, toute aide aux Juifs était passible de la peine de mort.

M. Duda a ensuite planté un arbre dans le verger de la mémoire à proximité du musée, en compagnie de l'ambassadrice d'Israël Anna Azari et du descendant d'un des Juifs survivants de Markowa.

Le 24 mars 1944, ce village fut le théâtre de l'exécution de huit personnes : Jozef Ulma, sa femme Wiktoria, enceinte de sept mois, et leurs six enfants. Huit Juifs qu'ils avaient cachés avaient eux aussi été abattus sur place par les gendarmes allemands, suite à une dénonciation.

Celui qui propage l'antisémitisme piétine la tombe des Ulma, piétine ce pour quoi ils sont morts : la dignité, l'honnêteté, la justice, a déclaré le président Duda lors de la cérémonie d'inauguration.

Faisant allusion aux crimes dont des Polonais s'étaient rendus coupables à l'égard des Juifs, il a appelé à dire toute la vérité, parfois affligeante, y compris sur la vilenie, car c'est seulement sur la vérité que l'on peut bâtir un futur meilleur.

La maison des Ulma, transformée en musée, a été reconstituée, ses murs peints couleur rouille. Elle abrite maintenant des objets rappelant la répression, une porte avec des traces de balles tirées lors d'une exécution, des photos tachées de sang.

L'institut israélien Yad Vashem a conféré aux Ulma le titre de Justes parmi les nations du monde - qu'ils partagent avec plus de 6.600 autres Polonais -, et le Vatican étudie leur béatification.

Le président de l'épiscopat, Mgr Stanislaw Gadecki, et le grand rabbin de Pologne Michael Schudrich, ont récité des prières sur les tombes des victimes juives, puis sur celle des Ulma.

Dans l'assistance deux hommes et trois femmes étaient particulièrement émus : les descendants d'Abraham Segal, le seul survivant des 21 autres Juifs cachés avec succès à Markowa.

Abraham, 86 ans, ne se sentait pas assez fort pour faire le voyage depuis Israël, ont expliqué à l'AFP ses petites-filles, Yael, 31 ans, et Achinoan, de six ans sa cadette.

Nous sommes ici pour le représenter, a dit Yael à l'AFP. Nous sommes une grande famille. Ma soeur et moi avons quatre frères, et moi-même j'ai quatre enfants. Si mon grand-père n'avait pas été sauvé, aucun de nous ne serait là.

L'idée de créer un tel musée revient à l'historien Mateusz Szpytma, parent des Ulma et premier directeur de l'établissement.

Elle est souvent évoquée comme un pendant aux révélations sur un massacre de Juifs par leurs voisins polonais survenu en 1941 au village de Jedwabne (nord-est).

Lire la suite

Holocauste: une cachette intacte de Juifs polonais devient lieu de mémoire

samedi 26 mars 2016

Du 17/03/2016

 

 

 

 

 

crédits/photos : AFP Mémorial aux victimes de l'holocauste à Budapest. (Illustration)

Le besoin d'un tel musée s'est fait sentir après les révélations d'un massacre de 1941 au village de Jedwabne

Bon pied, bon oeil à 85 ans passés, Jozef Jarosz se glisse dans la cave au sol boueux et des souvenirs défilent devant ses yeux: ceux des 14 Juifs que sa famille y avait cachés pendant l'occupation nazie de la Pologne.

"C'est un cas unique, cette cachette est restée pratiquement intacte", dit Jonny Daniels, chef de la fondation internationale From The Depths, qui veut faire connaître des lieux historiques de ce genre.

"En plus, nous avons ici un sauveur et une survivante", se réjouit-il.

La survivante est Hanna Grygiel-Huryn, une vieille dame pétillante qui reçoit les journalistes de l'AFP chez elle, dans la ville de Nowy Sacz.

Elle avait quatre ans quand elle est sortie de la cachette dans un hameau du village de Niwki, niché sur le flanc d'une colline boisée des Carpates.

Elle ne se souvient plus de son séjour dans ce souterrain d'environ cinq mètres sur deux et demi.

Mais elle se rappelle avoir déchiré une photo qu'on a prise d'elle peu de temps après.

"J'étais un monstre. Je louchais affreusement, parce que j'avais cherché à voir avec un oeil un rayon de soleil passant par une fente. J'avais les jambes rachitiques, j'avais du ventre, j'étais bossue"...

A la cave, il lui était interdit de pleurer pour ne pas alerter un visiteur de passage. "Quand je pleurais, on étouffait mes cris. Alors, j'ai appris à m'étouffer moi-même en mettant une main sur la bouche".

"Comme des taupes"    

"Nous vivions comme des taupes", soupire Anna.

La vie et la mort s'y côtoyaient. Un bébé, Abraham Rygielhaupt, conçu à l'époque, est né peu après la libération.

Mais son père et un autre homme, partis voir un débiteur, ne sont jamais revenus, probablement tués par ceux qui leur devaient de l'argent.

 

Jozef Jarosz à l'entrée de la cave où lui et sa famille ont caché 14 Juifs pendant l'Holocauste et la seconde guerre mondiale à Stankowa en Pologne, le 16 mars 2016 Photo WOJTEK RADWANSKI. AFP

Tout le groupe a frôlé l'extermination quand un adolescent du voisinage, Piotr, a entendu Anna pleurer et, accusant les Jarosz de cacher des Juifs, a dit avoir l'intention de les dénoncer. Les Jarosz sont alors allés expliquer la situation à sa mère qui, raconte Jozef, "a pris une fourche et prévenu Piotr que s'il le faisait, elle le tuerait d'un coup de cette fourche". Il s'est tu...    

Sur une photo prise deux ans après la fin de la guerre, à six ans, Anna sourit déjà radieusement. Plus tard elle va se marier, aura une fille - qui vit aujourd'hui à Tel Aviv.

Ce qu'a fait le père de Jozef, Franciszek, qui a décidé de cacher des Juifs qu'il connaissait pour avoir fait du commerce avec eux, d'abord pour quelques jours, puis finalement jusqu'à la défaite de l'Allemagne, est pour elle un "acte d'héroïsme, d'amour du prochain".

La Pologne était le seul pays occupé par l'Allemagne nazie où le fait de cacher un Juif était  puni de mort. 

Au début des années 90, les parents de Jozef, lui-même et une de ses soeurs, ont reçu le titre israélien de Justes parmi les nations du monde. 

Hologrammes

La fondation From The Depths compte acquérir le terrain abritant la cachette, la protéger par un bâtiment léger et y créer un lieu d'accueil pour les visiteurs.

Elle a aussi l'intention d'enregistrer en 3D de longues interviews avec Anna et Jozef. Un programme informatique sophistiqué permettra aux futurs visiteurs de "s'entretenir" avec leurs hologrammes, de leur poser des questions et recevoir des réponses. 

Le coût total de ce projet serait de 800.000 euros.

Jeudi, un musée dédié aux Polonais ayant porté secours aux Juifs doit être inaugurée à Markowa, dans le sud-est du pays.

Le besoin d'un tel musée s'est fait sentir après les révélations d'un massacre de 1941 au village de Jedwabne, dans le nord-est, où des juifs avaient été brûlés vifs dans une grange par leurs voisins polonais.

Jozef ne compte pas se rendre à l'inauguration: c'est fatiguant. Et il n'a pas été invité. 


Lire la suite

Mamers - Marcel, « Juste parmi les Nations »

jeudi 17 mars 2016

Du 15/03/2016

 

 

 

 

Les parents de Marcel Lépinay ont sauvé de la barbarie nazie Louise Epelbaum et des membres de sa famille. Avec ses parents Alexis et Hélène, Marcel Lépinay a, pendant la Seconde Guerre mondiale, sauvé des Juifs de l'Occupation nazie. Pour cet acte héroïque, il recevra la plus haute distinction de l'Etat d'Israël.

1942. La guerre fait rage. En France, les Allemands traquent les Juifs pour les conduire dans les camps de concentration et les éliminer.

Lors de rafles en Sarthe, Wolf Abramczyk, un Polonais marié à une Française, Renée, tente de cacher sa famille. Marchand ambulant dans divers marchés, le couple est bien connu à Mamers et sa région.

Au cours d’une inspection dans le train qui allait les emmener en zone libre, Wolf est repéré. Les Allemands lui tirent dessus et le tuent. C’était le 6 février.

A Monhoudou

Louise Epelbaum, la mère de Renée, couturière de métier, habite à Monhoudou.

« Nous nous sommes connus car elle habitait la maison qui se trouvait à 250 mètres de chez nous, se souvient Marcel Lépinay, du haut de ses 91 printemps consommés fin mai. Elle était couturière. Elle a déménagé dans une autre maison, à 1 800 mètres du bourg, le long d’un chemin à “La Ménagerie”. »

Atteint gravement de la diphtérie cette année-là, Jacques, l’un des cinq enfants du couple Abramczyk, est éloigné de ses proches, afin d’éviter la contagion. Son frère Guy part vivre chez sa grand-mère, Louise Epelbaum.

Avec sa bicyclette

Les rafles s’intensifient. Marcel revoit le « car » stationné sur la place du village.

« Ce jour-là, raconte l’ancien agriculteur, papa est allé chercher le pain dans le bourg. Il rencontre le secrétaire de mairie et lui demande de les retarder pour aller vite avec sa bicyclette afin de prévenir Louise Epelbaum. »

« Il arrive dans la cour de sa maison. La porte était fermée à clé. Papa a caché sa bicyclette dans les buissons et il s’est tiré à travers champs. »

Louise avait vu le « car ». « Ça y est, ils viennent me chercher », a-t-elle immédiatement pensé. « Surtout qu’elle avait un frère à Paris qui avait été déporté. » La couturière s’enfuit avec son petit-fils Guy, qu’elle laisse chez la famille Foulard, jusqu’en 1944.

Vidéo : témoignages sur la rafle de Lyon en 1942


Plugin flash manquant. Veuillez télécharger le dernier lecteur Adobe Flash:
Obtenez Adobe Flash Player

« Papa est rentré avec le pain. Louise est venue le soir même chez mes parents. Je ne sais pas comment elle a été prévenue. Papa s’est sûrement arrangé pour l’avertir », songe Maurice.

Passée tout près

Les Lépinay acceptent de cacher Louise sur sa demande. Ils lui ont donné une de leurs chambres. Marcel est allé dormir dans la grange. Louise y restera de mars à avril 1942.

Louise a échappé de peu au drame. Tout s’est joué rapidement. « Ils ont forcé la porte, sont entrés dans la maison. Il y avait encore du feu dans la cuisine. Elle ne devait pas être loin. »

« Louise est venue à la maison un certain temps. Dès qu’on voyait des gens dans la cour, elle allait se cacher dans la chambre. »

Dénonciations

Deux mois plus tard, avec le danger grandissant des dénonciations, Maurice a emmené la vieille dame dans sa « voiture à capote », à dix kilomètres de la maison. « C’était convenu que je la dépose dans le bourg d’Avesnes-en-Saosnois, chez Monsieur et Madame Marcel Royer. Les parents avaient sûrement orchestré quelque chose. »

Louise et sa fille Renée sont ensuite allées se réfugier à Bellavilliers. « Avec de faux papiers. »

Marcel a aussi changé d’identité : le secrétaire de la mairie de Monhoudou l’a rajeuni de deux ans.

« Avec ces fausses cartes d’identité, je m’appelais Marcel Loiseau. On risquait le service du travail obligatoire (STO) et on avait été rajeuni. En 1944, j’avais 18 ans. »

Vidéo : les travailleurs français en Allemagne


Plugin flash manquant. Veuillez télécharger le dernier lecteur Adobe Flash:
Obtenez Adobe Flash Player

Comme tous ces résistants qui, à leur façon, ont défié l’envahisseur allemand, Marcel risquait sa vie « sans le savoir »« A cette époque, il n’y avait aucune information. Les camps de concentration, on ne savait rien. »

Le quotidien a repris

La Gestapo est venue chercher le secrétaire de mairie. « Je l’ai su après. »

Il raconte :

« Ils lui ont dit de prendre ses affaires et de les suivre. Emmené en Allemagne, il a survécu à trois camps, dont celui de Dachau. Libéré en avril 1944 par les Russes, il a été emmené en Pologne, puis en Russie. »

 Il est mort peu de temps après, sur le chemin du retour.

C’est un prêtre sarthois qui a donné des nouvelles lors d’une cérémonie en son hommage. « Il avait été lui aussi déporté. »

En 1945, la guerre s’est arrêtée. Le quotidien a repris. Le travail, la vie. Cet épisode, « nous en parlions de temps en temps », avoue Marcel. « Cela faisait partie d’une période de la vie, d’une période pas vraiment belle. »

Cérémonie

Ce dimanche 20 mars 2016, Alexis et Hélène Lépinay et leur fils Marcel, dans sa 92e année, vont recevoir des mains d’un diplomate de l’Ambassade d’Israël la médaille des «Justes parmi les Nations ». Cette haute distinction est remise aux personnes ayant sauvé des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

Deux ans d’échanges et une grande fierté

Parce que son père et ses grands-parents ont commis un acte héroïque, parce qu’ils l’ont fait par solidarité et sans arrière-pensée, parce que trop de gens se sont affichés résistants à la Libération, Jean-Louis Lépinay a œuvré afin que Marcel, Alexis et Hélène reçoivent la médaille des « Justes parmi les Nations ».

Cette distinction est décernée par l’Institut Yad Vashem de Jérusalem aux personnes qui ont sauvé, au péril de leur vie, des Juifs sous l’Occupation nazie.

Yad Vashem

Depuis 1963, Yad Vashem, en hommage aux « Justes parmi les Nations », a créé l’Avenue des Justes plantée d’arbres à leurs noms, puis le Jardin des Justes où les listes de noms sont gravées sur des murs, pays par pays.

Après avoir envoyé un premier courrier, le 2 février 2014, au secrétariat des Anciens combattants, qui s’est déclaré incompétent, Jean-Louis Lépinay est réorienté vers l’Institut Yad Vashem, pour faire reconnaître son père Marcel, et ses grands-parents, Alexis et Hélène.

Il rencontre des neveux de Jacques Abramczyk qui connaissaient son père. Qui effectuent plusieurs allers-retours en Israël pour faire avancer le dossier. A Mamers, Jean-Louis réunit alors un maximum de documents auprès de la mairie de Mamers.

En janvier

« En janvier dernier, Yad Vashem a reconnu mes grands-parents et mon père. Le Gouvernement a aussi décidé d’attribuer à mon père la Légion d’honneur. »

Une reconnaissance. Pour Jean-Louis, cette reconnaissance est une « fierté » :

« J’avais tellement d’admiration pour mes grands-parents qui ont agi sans jamais rien demandé. Comme tous ceux qui ont fait preuve de solidarité, mon père avait une telle humilité. Alors qu’il y a tellement de gens qui se sont affichés comme résistants mais qui n’ont jamais rien fait. »

Amine el Hasnaouy

 

Lire la suite

Biterrois : deux Hérépianaises reconnues "Justes parmi les nations" par Yad Vashem

mercredi 16 mars 2016

Du 210/02/2016

 

 

Retrouvailles de Jeannette, la fille de Laetitia et de "Marcelou" soixante-dix ans après DR Lætitia Carayol et Gabrielle Gasset, deux habitantes d'Hérépian, dans les Hauts Cantons biterrois, ont sauvé des juifs pendant la guerre. Leurs actes viennent d'être reconnus par Yad Vashem.

Avocat aux barreaux d'Ile-de-France, Edmond Cohen a entrepris, une fois la retraite sonnée, d'écrire ses mémoires. Le récit de son passage à Hérépian n'a pas laissé indifférents les descendants de deux familles qui l'ont secouru durant la guerre. Lors de l'exposition sur les “Justes parmi les nations”, à Bédarieux, l'association Résurgence a affiché les écrits de l'avocat. Commence alors le long processus de reconnaissance de deux Hérépianaises: Lætitia Carayol et Gabrielle Gasset. Et ces derniers jours, leurs descendants ont appris par un courrier que l'institut Yad Vashem, à Jérusalem, venait de les reconnaître “Justes parmi les nations”.

D'abord réfugiés à Lamalou

Edmond Cohen et ses parents étaient réfugiés à Lamalou-les-bains. M.Huguonnenc, adjoint au maire, sachant qu'une rafle était imminente, leur conseilla de se réfugier chez Laetitia Carayol, une "bonne chrétienne". C'est au beau milieu de la nuit qu'ils tapèrent à la porte de cette femme. Chez elle, se cachaient déjà cinq autres juifs et son fils, réfractaire au travail obligatoire. Elle les conduisit chez Gabrielle Gasset, une cousine de feu son mari. De longs jours d'enfermement commencèrent.

Et Edmond devient "Marcelou"

De santé fragile, Edmond Cohen dut, sur les conseils d'un médecin taiseux, sortir au grand air. C'est ainsi qu'à l'âge de huit ans, il prit l'identité de Marcel Colin et habita chez Lætitia Carayol. “Marcelou” s'acclimata rapidement à la vie du village, menant les chèvres à la pâture, assistant à la messe, jouant avec les autres enfants du village, tout cela sans voir ses parents. Ce fut la délivrance absolue lorsque les dernières colonnes de l'armée allemande traversèrent à jamais le village. Edmond Cohen fait de la radio où il s'exprime en judéo-espagnol. Aussi Lætitia Carayol, décédée en 1980, et Gabrielle Gasset, décédée en 1948, sont connues bien au-delà du village, comme en Argentine ou en Chine.

 

Lire la suite