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Distinguées par Israël

dimanche 12 juin 2016

Du 09/06/2016

 

 

 

 

 

Les familles entourées des élus et représentants. © Ph. s. G. []

C'est une cérémonie émouvante qui s'est déroulée le 29 mai dernier. Deux familles étaient réunies et ont été honorées. Nadine Arasse a reçu la médaille des Justes parmi les nations pour ses parents, Abel et Valentine Dulong. Était également présente, la dernière survivante de la famille Loebl, cachée par ces Lot-et-Garonnais pendant la guerre.

Ce bel acte a été salué à la salle des fêtes par Jean-Marc Colin, premier adjoint, qui accueillait à cette occasion Anita Mazor, consul d'Israël, Michel Alitenssi, délégué du comité français de Yad Vashem, Jacques Ranchère, secrétaire général de la préfecture, Françoise Laurent, conseillère départementale, et un nombreux public.

« Juste parmi les nations »

Cette distinction a donc été décernée, à titre posthume, à Abel et Valentine Dulong, représentés par leur fille Nadine Arasse, leurs petits enfants, arrière-petits enfants et arrière-arrière petits enfants.

Ce titre est la plus haute distinction civile de l'État d'Israël. Le patronyme des époux Dulong sera aussi gravé sur le mur des Justes à Jérusalem pour avoir hébergé et sauvé la famille Loebl. Cette cérémonie, à laquelle assistaient également de nombreux membres du Conseil, a beaucoup ému en raison des témoignages des représentants de la famille.

Elle s'est terminée par un poème, lu par les enfants des écoles, et la célébration des hymnes. Un buffet offert par la municipalité a permis à tous d'évoquer les nombreux souvenirs et de prolonger ces moments agréables de retrouvailles.

Sylviane Goudenhooft

 

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Un Juste briatextois honoré à titre posthume

dimanche 12 juin 2016

Du 11/06/2016

 

 

 

 

Dernièrement, en présence du préfet Thierry Gentilhomme, d’Albert Seifer et Francine Théodore Lévêque, délégués régionaux du Comité français pour Yad Vashem, de Bernard Bacabe, le maire de Briatexte, Anita Mazor, consul général de l’Etat d’Israël à Marseille, a remis à titre posthume la médaille et le diplôme des Justes parmi les nations à Laurent Ambroise-Escribe, honoré pour avoir aidé une famille juive durant la guerre.

C’est son arrière-petit-fils, Benjamin Tournier qui a reçu les deux présents. En mai 1940, fuyant l’invasion allemande, Israël Presbourg, son épouse et ses deux fils, ont quitté Anvers, pour quinze jours plus tard, faire une halte à Briatexte où la famille sera accueillie par Laurent Escribe, adjoint au maire, qui lui fournira un logement et des bons de ravitaillement.

Il trouvera une école et un emploi pour les deux fils et une place de maroquinier chez M. Ferrière à Briatexte, lui évitant de justesse d’être interné définitivement. Les deux hommes avaient forgé une solide amitié, jusqu’au départ de la famille Presburg, de Briatexte, en octobre 43, avec de faux papiers fournis par Laurent Escribe. En novembre, Israël sera arrêté par les Allemands à Annemasse et transféré au camp de Drancy. Il mourra en captivité quelques mois plus tard.

«Si cette cérémonie est particulièrement émouvante c’est parce qu’elle rappelle qu’il y eut des femmes et des hommes anonymes qui choisirent de n’écouter que leur conscience et leur courage. Aujourd’hui, nous lui rendons hommage à travers ses ayants droit et des témoins de ses actes, en présence des habitants qui, pour certains, ont partagé l’école et les jeux avec les enfants d’Israël Presburg, sans se rendre compte toujours de la dimension héroïque de l’acte de Laurent Escribe. Nous lui rendons hommage en présence aussi de la centaine d’enfants des écoles Jean-Louis-Etienne et Saint-Joseph. Car ce sont les jeunes d’aujourd’hui qui passeront le relais de cette mémoire du courage et de l’honneur», a pu conclure Bernard Bacabe.


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Coutras (33) : Les Laumier, reconnus Justes parmi les nations

dimanche 12 juin 2016

Du 07/06/2016

 

 

 

 

 

Suite à la demande des enfants Kalisz, recueillis chez eux durant la Shoah, les époux Laumier vont recevoir la plus haute distinction honorifique délivrée par l’État d’Israël. 

Denise et Lucien Kalisz étaient venus conter leur émouvante histoire, en juillet dernier, aux élèves d’Abzac. © photo archive stéphane klein La nouvelle, venue de Jérusalem, est tombée la semaine dernière. André et Hortense Laumier, anciens habitants de la Couperie à Coutras, recevront bien, à titre posthume, la plus haute distinction honorifique de l'État d'Israël donnée à des civils. Le couple, qui avait permis de sauver trois enfants juifs durant la Seconde Guerre mondiale, sera donc fait « Juste parmi les nations ».

Une récompense, particulièrement pour les désormais vieux enfants de la famille Kalisz qui avaient été recueillis chez les époux girondins de 1942 à 1944 et qui, depuis quelques mois, se battaient pour que l'action des Laumier soit mise en lumière.

« Papa », « maman »

En juillet dernier, Lucien et Denise Kalisz, rescapés de la Shoah, étaient venus raconter leur histoire aux élèves de l'école primaire d'Abzac. Une histoire forcément poignante. En fin d'année 1942, fuyant la déportation, Lucien n'a que 2 ans, Denise 5 et Paulette 8, lorsqu'ils sont confiés par leur mère aux Laumier, le cantonnier de la Couperie et sa compagne, chez qui une partie de la fratrie avait déjà passé des vacances durant l'été 1939.

« Mes sœurs et moi, nous restâmes chez eux, à la Couperie, jusqu'à la Libération, raconte Lucien, aujourd'hui 76 ans. Ils nous protégèrent en nous faisant passer pour leurs neveu et nièces bien que nous les appelions papa et maman (...) C'étaient des personnes discrètes et modestes avec de fortes convictions humanistes et ils nous donnèrent sans compter beaucoup d'amour. »

Inscrits au mur d'honneur

« Les autres habitants du hameau, qui se doutaient de nos origines, ne nous manifestèrent jamais d'hostilité et se gardèrent de dénoncer nos bienfaiteurs aux autorités de cette triste époque », retient également Lucien Kalisz. Les Laumier, chez qui Lucien et Denise sont retournés à plusieurs reprises durant leur enfance car très attachés, sont ensuite partis de Gironde pour gagner le Nord, près de la frontière belge. André y est mort en 1950 percuté par un camion, Hortense est décédée en juillet 2001 à l'âge de 94 ans.

Aujourd'hui, Lucien Kalisz se dit très heureux de la reconnaissance accordée aux époux Laumier. « Maintenant, Yad Vashem (mémorial pour victimes juives de la Shoah, NDLR) nous demande de retrouver des descendants, de manière à organiser une cérémonie et une remise de médailles », explique celui qui doit se rendre en Charente cette semaine pour retrouver leur trace.

Dans le courrier qui a été adressé à Lucien et Denise il y a quelques jours seulement, il est précisé que les noms d'André et d'Hortense Laumier seront inscrits sur le Mur d'honneur du Jardin des Justes de Yad Vashem, se trouvant dans la forêt de Jérusalem, sur le versant ouest du mont Herzl, au printemps ou à l'été 2017.

Les Kalisz : une famille meurtrie

L’histoire des Kalisz est comparable à celle de nombreuses familles juives françaises durant la Seconde Guerre mondiale. Une famille qui a été profondément déchirée et meurtrie. Des six enfants (trois nés en Pologne et trois à Paris), deux ont connu la terreur des camps : Berthe a été internée à Drancy et Fernand fut prisonnier à Buchenwald. « Il a mis plus de vingt ans avant de raconter ce qu’il a vécu là-bas », expliquait l’été dernier, à de jeunes élèves d’Abzac, son plus jeune frère Lucien.

Le père de famille, Sana Kalisz, fut interné le 14 mai 1941 au camp de Beaune-la-Rolande (Loiret). Le motif ? Il était « en surnombre dans l’économie française. » Il y resta quatorze mois et fut déporté, sous le matricule 508, en juillet 1942, à Auschwitz où il fut gazé le jour même de son arrivée.

À l’automne 1942, à Paris, la police frappait au domicile de la famille Kalisz pour arrêter tous ses membres. La mère, qui réussit à s’échapper, put confier aux époux Laumier ses trois plus jeunes enfants. Elle vint les récupérer à la Libération.

JEAN-CHARLES GALIACY

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Daniel et Yvonne Lebrat : un couple de Justes à Devesset

mercredi 8 juin 2016

U 07/06/2016

 

 

Daniel et Yvonne Lebrat : un couple de Justes à Devesset

 

Dimanche, la mairie de Devesset a servi de cadre à une cérémonie pleine d'émotion. Daniel Lebrat (1903-1977) et son épouse Yvonne née Valla (1906-1977) ont reçu, à titre posthume, la médaille de Justes parmi les nations.



Ce titre de "Juste" est décerné, après une enquête minutieuse, par l'Institut Yad Vashem. Il distingue une personne non-juive qui, au péril de sa propre vie, a contribué à sauver des Juifs pendant la dernière guerre. Le couple Lebrat rejoint la longue liste des Justes du Plateau Vivarais-Lignon.

C'est le deuxième couple de Justes de Devesset. Le 22 août 2013, une cérémonie comparable, à titre posthume là aussi, avait eu lieu pour Léon Morel et sa femme Pauline née Lebrat qui avaient caché Max Fajn.

La demande de reconnaissance a été faite par Jacqueline Giraud, née Ryczywol, qui a été mise à l'abri durant une année, de la fin 1943 à la fin 1944, chez les Lebrat à Devesset. Sous la fausse identité de Jacqueline Ricci, la fillette a ainsi échappé au pire. Arielle Krief, déléguée régionale, représentait Yad Vashem dimanche.


L'histoire telle qu'elle est narrée sur la fiche de l'Institut Yad Vashem

Abraham Mozeck Ryczywol et son épouse Rywka sont tous deux originaires de Varsovie en Pologne. Ils arrivent en France vers 1925 et se marient en 1929. Ils ont quatre filles : Paulette en 1930, Jacqueline en 1934 et des jumelles Ginette et Bella nées en 1937. La famille habite Boulevard Voltaire à Paris à Paris dans le 11ème arrondissement. Le père y a un atelier de maroquinerie.

En 1941, le père est arrêté lors de la rafle des Juifs étrangers dans le 11ème arrondissement. L’appartement et l’atelier sont confisqués. Abraham est interné à Drancy et est déporté à Auschwitz par le convoi N° 34 du 16 septembre 1942. Il survit à la déportation.

Rywka confie ses trois plus jeunes enfants à l’OSE (Œuvre de Secours aux Enfants). Elle tente de passer en zone libre avec sa fille aînée. Elles sont arrêtées et mises en résidence forcée à Culan dans le Cher. Le maire, René Barathon, prend Rywka à son service et la protège avec Paulette jusqu’à la fin de la guerre. Il parvient à leur éviter l’internement au camp de Douadic et la déportation.

Les trois filles sont placées au château du Masgelier dans la Creuse, puis au Château de Montintin en Haute-Vienne. Fin 1943, Jacqueline est convoyée vers l’Ardèche et remise aux bons soins de Daniel et Yvonne Lebrat, un couple sans enfant. Pendant un an, elle est protégée et choyée par ce couple généreux sous la fausse identité de Jacqueline Ricci. Elle va à l’école du village. Elle est présentée comme une petite en vacances à la montagne. Fin 1944, une personne vient la chercher et l’emmène en Isère au Château de Cessieu ou elle retrouve sa sœur jumelle. Les deux sœurs y restent jusqu’en 1947 où elles rentrent à Paris retrouver leur famille qui a réussi à récupérer l’appartement spolié.

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Moissac - Une émouvante cérémonie de « Justes parmi les nations »

mercredi 8 juin 2016

La cérémonie des Justes

Le titre de « Juste parmi les Nations » est décerné au nom de l’Etat d’Israël par le mémorial de Yad Vashem (situé à Jérusalem, construit en mémoire des victimes juives de la Shoah), aux personnes qui ont sauvé, au péril de leur vie, des personnes juives pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ce dimanche 29 mai, Anita Mazor, consul général de l’Etat d’Israël à Marseille et Pierre Osowiechi, vice-président du Comité Français pour Yad Vashem ont remis à titre posthume la « Médaille et le Diplôme des Justes parmi les Nations » à Pierre Etienne et Alida Bourel ainsi qu’à leur fils Henri Elie et sa femme Renée, représentés par leur petit-fils Francis Bourel, aujourd’hui âgé de 75 ans, pour avoir sauvé Bernard Simon durant l’occupation allemande.

Après une première allocution du Maire Jean-Michel Henryot, plusieurs personnalités se sont succédées à la tribune : Pierre Osowiechi vice-président du comité français pour Yad Vashem, David Assouline et François Bonhomme, respectivement sénateur de Paris et du Tarn-et-Garonne, Christian Astruc, président du Conseil départemental et Anita Mazor, consul de l’État d'Israël à Marseille. Les collégiens de la cité scolaire François Mitterrand ont lu un poème et quatre élèves de l’institution Jeanne d’Arc se sont mis en scène en parcourant le poème du pasteur « Martin Niemöller.»

Pour clôturer cette émouvante cérémonie qui se déroulait sous le haut patronnage du Président de la République, le préfet Pierre Besnard a rappelé que « la République défend le principe de laïcité, afin de protéger toutes les populations qui composent notre pays » puis la chanteuse Laura Mayne a interprété les hymnes nationaux « Hatikva » et « La Marseillaise. »

 

L’histoire d’un sauvetage dans le contexte moissagais de l’époque

Lors de sa prise de parole, le maire Jean-Michel Henryot a rappelé l’implication de la ville et de ses habitants dans le sauvetage d’enfants juifs :

« Ville d’histoire, Moissac a su au cours des siècles accueillir ceux qui cherchaient un secours et un refuge. Après la Grande Guerre et dès la montée des dictatures dans leurs pays respectifs, italiens et espagnols sont venus s’installer à Moissac. A peine sortie du drame des inondations catastrophiques de 1930, la ville est confrontée à l’afflux des réfugiés de l’exode, venant de la région du Nord et de l’Est de la France mais aussi de Belgique.

Dans un remarquable élan de solidarité, la commune va, à l’initiative du maire d’alors, Roger Delthil, organiser la prise en charge de tous ces déracinés. Tout au long de la guerre, le docteur Moles, maire « désigné » par le régime de Vichy en mars 1941, va poursuivre cette politique.

A cette même période, la communauté juive fait l’objet de persécutions. Les responsables des Éclaireurs Israélites de France (EIF) se soucient d’évacuer les enfants des villes vers des zones moins exposées. C’est dans ce contexte que Shatta et Bouli Simon s’installent à Moissac et ouvrent une maison d’accueil pour les enfants juifs (aussi bien français qu’étrangers) au 18 quai du Port à Moissac, immeuble qui restera pour tous « la Maison des enfants de Moissac. »

En 1942, après avoir échappé à la rafle du Vél d’Hiv, Bernard Simon, alors âgé de 18 ans, trouve refuge à Moissac en rejoignant son oncle Bouli. Placé dans la famille Bourel dans le quartier de la Madeleine, il est considéré comme un fils, vivant et travaillant à la ferme, partageant tous les événements familiaux. Muni de faux papiers au nom de Simonnet avec une mention d’âge inférieur pour échapper au Service du Travail Obligatoire, il restera dans la famille Bourel jusqu’à la Libération. Après la guerre des liens amicaux ont perduré entre les deux familles. »

Grâce à la complicité active ou tacite de tous, 500 enfants juifs sont passés par Moissac et ont été sauvés, préservant leur vie mais aussi leur âme. Lorsque les choses sont devenues plus difficiles, la chaîne ne s’est pas rompue et certains ont été évacués vers des lieux moins exposés, notamment au Chambon-sur-Lignon, d’autres furent intégrés dans plusieurs familles moissagaises dont ils devinrent les enfants.

 

La famille Bourel : 4 nouveaux moissagais « Justes parmi les nations »

En 1984, « la Maison des Enfants » était reconnue. En 2004, la place Bouli et Shatta Simon a été inaugurée. En avril 2013, s’est tenu un premier colloque sur la question des villes de Justes et la promenade de l’Uvarium est devenue l’esplanade des Justes.

Après Manuel Barrac, Henriette Ducom, Alice Pelous et Jean Gainard à la fin des années 1980, la Ville de Moissac a reçu le diplôme reconnaissant le couple Ernestine-Maria et Albini-Jean Ginisty en tant que Justes parmi les nations pour avoir sauvé Jean-Claude Simon, à l’occasion du 70è anniversaire de la Libération de la ville, le 20 août 2014.

Le 15 juillet 2014, l’institut de Yad Vashem à Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les nations  à Pierre Etienne et Alida Bourel ainsi qu’à leur fils Henri Elie et sa femme Renée pour avoir sauvé Bernard Simon durant l’occupation allemande. La cérémonie du 29 mai 2016 leur a rendu hommage.

Désormais, la commune comptabilise 10 Justes parmi les nations. Après la reconnaissance d’actes individuels, l’action collective de la population est reconnue puisque Moissac a intégré en 2015 le Réseau « Villes et Villages des Justes de France », regroupant les municipalités françaises ayant donné le nom de « Juste parmi les Nations » à une rue ou une place de leur localité, en hommage aux Français qui ont par leur courage, sauvé des familles juives, d'une mort certaine.

 

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Bressuire - Aimé et Jeanne rejoignent les Justes

dimanche 29 mai 2016

Du 19/05/2016

 

 

 

 

Janie Sochard a reçu la médaille des Justes parmi les nations pour Aimé et Jeanne Sochard. Elle a rencontré, hier, Françoise Baum, qui représentait Régine Goldblat.

Le couple Sochard vient d’être fait Juste parmi les nations. Pendant la Seconde Guerre mondiale, ces Bressuirais ont sauvé Régine Goldblat.

Elle s'appelait Régine, elle avait 16 ans. Ses voisins, Aimé et Jeanne Sochard, ont sauvé l'adolescente juive de la barbarie nazie durant la Seconde Guerre mondiale. Ce couple de Bressuirais a été fait Justes parmi les nations (*). Hier, pour la remise de la médaille et du diplôme des Justes à Janie Sochard, leur petite-fille, la salle des mariages de l'hôtel de ville était comble.

En 1940, Binem et Liba Goldblat, accompagnés de leur fille Régine, fuient Paris, l'invasion nazie et la politique antisémite. Ils arrivent à Bressuire, où vit le frère de Liba, et louent un appartement rue Georges-Lorand. Dans la nuit du 8 au 9 octobre 1942, date de la première rafle de Bressuire, les gendarmes arrêtent la famille Goldblat. Grâce à la persévérance de ses parents, Régine, née française, est relâchée. Eux sont déportés à Auschwitz. De sa famille, seul son cousin Léon Rotsztejn reviendra des camps.

Le geste le plus important

« Elle est rentrée seule chez elle », raconte Françoise Baum, petite-cousine de Régine. Cette dernière représente la nonagénaire qui n'a pu faire le déplacement de Lyon. « Spontanément, Mme Sochard est venue la voir, poursuit Françoise Baum. Elle lui a proposé de venir partager leur repas. C'est pour elle le geste qui reste le plus important. »
L'adolescente passe ses soirées chez les Sochard. Le 30 janvier 1944, le gendarme Compain prévient Aimé et Jeanne Sochard de l'éminence d'une nouvelle rafle. Une chaîne de solidarité se met en place pour sauver Régine. L'adolescente trouve refuge chez Mme Mennecé, une voisine, puis sous une couverture dans la voiture d'Aimé Sochard. Elle sera ensuite cachée à Montchamp, en Vendée, chez Berthe Guedon, une parente de Jeanne Sochard.
Aimé et Jeanne Sochard ont été fait Justes grâce à leur petite-fille, Janie. « Je l'ai fait pour eux, mais aussi pour mes petits-enfants, et pour mon père qui a parcouru 100 km à vélo pour aller jusqu'à Montchamp trouver un nouvel abri pour Régine. C'est notre devoir de mémoire. »
Après deux ans de démarches soutenues par l'historien Dominique Tantin, la nouvelle est tombée en mai. « J'étais très émue que cela ait abouti, confie Janie Sochard. J'en ai encore le cœur qui palpite à fond. »

Marion Michel
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