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Toucy - La gendarmerie portera désormais le nom de Pierre André

jeudi 6 juillet 2017

Du 28/06/2017

 

 

 

Yvette Weisbecker, entourée d’une petite-fille de Pierre André, du colonel William de Meyer, et de la secrétaire générale de la préfecture de l’Yonne, Françoise Fugier © . Pierre André était brigadier à Toucy entre 1941 et 1946, période pendant laquelle il avait aidé à sauver des Juifs et des Résistants.

Elle porte désormais le nom de Pierre André, brigadier à Toucy entre 1941 et 1946, période pendant laquelle il avait aidé à sauver des Juifs et des Résistants, avec Michel Martiret, alors secrétaire général de la mairie toucycoise. Les deux hommes ont été reconnus Justes parmi les nations en 2009.

Yvette Weisbecker, clandestine juive et sauvée d'une mort certaine par ces deux hommes en 1943, est venue à Toucy leur rendre hommage. « Je suis très émue de pouvoir assister à cette cérémonie et je remercie la vie de pouvoir exprimer ma gratitude envers Pierre André », a-t-elle témoigné, du haut de ses 98 ans.

« Ce sont mes frères, leur rencontre est un élément vital de mon existence. À vous, les gendarmes de 2017, pensez à Pierre André qui a refusé d'obéir à l'État du moment et a choisi entre désobéir ou sauver des vies. »

Les familles des deux hommes étaient également représentées.

C. F.


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Une « place des Justes » pour les Rigazio

jeudi 6 juillet 2017

Du 28/06/2017

 

 

 

Les petits-enfants de Jean-Charles et Marie-Thérèse Rigazio étaient une nouvelle fois réunis pour honorer la mémoire et le courage de leurs grands-parents. © DROSSON Thierry Il s'agit à la fois d'un « devoir de mémoire et un droit à la mémoire », pour le nouveau député André Villiers. « Le choix des époux Rigazio a redonné son sens et l'honneur à la République française dans cette période difficile », a-t-il évalué.

Une place des Justes parmi les nations a été inaugurée, dimanche après-midi. Une cérémonie très émouvante à laquelle ont participé, les petits-enfants de Jean-Charles et Marie-Thérèse Rigazio, Pierre Osowiechi, vice-président du comité français de l'institut Yad Vashem de Jérusalem. Ainsi qu'André Villiers, encore président du conseil départemental, Henri de Raincourt, sénateur, Abdelmajid Tkoub, sous-préfet d'Avallon, tous reçus par Jacques Bayol et son conseil municipal.

Ils secourent Laja Fajerman et ses filles

Cette inauguration fait suite à la « médaille de Juste parmi les nations », décernée en mai 2016 à titre posthume à Jean-Charles et Marie-Thérèse Rigazio. Ce couple a sauvé, pendant la Seconde Guerre mondiale, Laja Fajerman et ses filles, Fernande, Suzanne et Évelyne. Un acte qui a marqué les deux familles et les a unis à jamais.

La famille Fajerman, d'origine polonaise, vivait à Paris. Engagé volontaire, Kuszel, le mari, est arrêté par la police française le 16 juillet 1942. Déporté et assassiné le 24 juillet à Auschwitz. Seule avec ses trois filles, Laja décide de les mettre en nourrice à Stigny sur les conseils d'une voisine.

De retour dans la capitale, elle échappe à une rafle et s'enfuit à Stigny pour rejoindre ses enfants. Émus par la détresse de la famille, les Rigazio décident de l'héberger dans le grenier d'un bâtiment de leur exploitation. Ils entourent et aident la mère et ses filles. Laja travaille à la ferme et est rémunérée. Le village adopte au fil des semaines cette famille juive qui va à l'église et à l'école.

C'est face à « la planque », au centre du village, que la plaque, où est inscrite une citation de Simone Veil, a été inaugurée.

T. D.


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Le geste exceptionnel d'un couple ordinaire

jeudi 6 juillet 2017

Du 25/06/2017

 

 

 

 

Mézières-en-Brenne. Henri et Thérèse Morissé ont été honorés à titre posthume pour avoir aidé une famille juive en 1942.

Les familles Kroch et Goldschmidt étaient présentes.

Un jeune habitant de la commune aligne avec application les vers d'un poème écrit par un collégien de retour d'Auschwitz. Le message est poignant et l'assistance peine à retenir son émotion au cours d'une longue cérémonie marquée par la diffusion du succès de Jean Ferrat, Nuit et Brouillard, du Chant des partisans, de la Marseillaise et de l'hymne d'Israël.

Tous les ingrédients étaient réunis, vendredi matin à Mézières-en-Brenne, pour célébrer le courage d'un couple de l'ombre face à une barbarie, face à l'intolérable.

" L'homme peut toujours refuser l'inacceptable "

En 1942, Henri et Thérèse Morissé, modestes cultivateurs installés à « La Maison-Neuve », avaient caché et ravitaillé pendant trois semaines la famille juive des Kroch, menacée par les rafles. L'inauguration de la fontaine de la Liberté fut l'occasion de leur rendre hommage par la remise à titre posthume de la médaille des Justes. Plusieurs de leurs descendants, mais aussi des représentants de la famille Goldschmidt, elle aussi secourue à Mézières, étaient présents aux côtes d'Ido Bromber, attaché de l'ambassade d'Israël, et de François Guguenheim, vice-président du comité français Yad Vashem.
Après un dépôt de gerbe sur la tombe du couple Morissé, le maire de Mézières-en-Brenne, Jean-Louis Camus, invitait ses hôtes à dévoiler la plaque commémorative située près de la fontaine, sur un fond de drapeaux français et israéliens enlacés. Si François Guguenheim vantait « le comportement d'êtres exceptionnels qui, au péril de leurs vies, ont su montrer à l'humanité tout entière que l'homme, s'il veut, peut toujours dire non et refuser l'inacceptable », Jean-Louis Camus ajoutait : « Avec cette page que nous écrivons ensemble aujourd'hui, nous accomplissons le devoir de mémoire, mais bien au-delà encore, nous mettons en exergue la liberté qui doit demeurer la valeur fondamentale de notre humanité ». Jean-Luc Gillard, secrétaire général de la sous-préfecture du Blanc, précisait : « Lorsque l'État n'est plus fondé sur le droit mais sur la violence, la loi du plus fort, alors il est un devoir de ne plus respecter la règle imposée ». La petite fille du couple Morissé rappelait enfin : « Ce titre prestigieux de Justes parmi les Nations est le résultat d'une démarche entreprise par les descendants de Fritz et Léonore Kroch ». Avec « une pensée très émue » pour Judith, seule survivante de cette famille.

Jean-Michel Bonnin


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Sous l'Occupation, Marie et Guillaume furent leur bonne étoile

dimanche 2 juillet 2017

Du 25/06/2017

 

 

 

Ce dimanche, à la mairie de Trémel (22), Marie et Guillaume Le Quéré seront reconnus Justes parmi les Nations, à titre posthume, pour avoir caché une famille juive durant la Seconde Guerre mondiale. Le comité Yad Vashem, institut international pour la mémoire de la Shoah, met ainsi en lumière une histoire d’amitié restée jusque-là sous silence.

Marie et Guillaume Le Quéré

Un fil. Tout n’a tenu qu’à un fil. Le fil du rasoir. Le fil de l’histoire. Le fil blanc qu’on utilise pour coudre des vies entre elles. C’était l’automne 1943. Lundi 11 octobre, au matin. La police nazie se rend au nº 95 de la rue Gambetta, à Morlaix (29), au domicile de la famille Levy, réfugiée en France depuis 18 ans. Un seul objectif : arrêter tous les membres de cette famille juive et les envoyer en déportation. Presque par chance, peu sont présents à ce moment-là. Chacun vaque à ses occupations en ville. Les grands-parents, peu vaillants, sont épargnés. La jeune tante, Esther, 22 ans, est, quant à elle, conduite à Drancy, puis envoyée au camp d’Auschwitz par le convoi nº 66. Elle y sera gazée peu après son arrivée.

Le temps presse. L’angoisse a laissé place à la terreur. Les parents, Prossiadi et Bohor, et leur fils Jacques, se mettent alors en quête d’un nouveau havre. Des fermiers des environs les hébergent quelques jours. Par crainte d’être eux aussi dénoncés et arrêtés, la famille est sommée de partir. Son salut viendra de la communauté protestante de Trémel, située à une vingtaine de kilomètres de là, dans le département voisin des Côtes-du-Nord. Parmi ses membres, un certain Guillaume Le Quéré, surnommé « Tonton Tom », colporteur-évangéliste. 

Les Levy deviennent les Leroy

« Le trajet qui mène la petite famille vers la mission baptiste est épique », écrit Jean-Yves Carluer, historien spécialiste du protestantisme en Bretagne, auteur de plusieurs articles sur « Les Justes de Trémel ». « Ils sont véhiculés par François Le Lay, boulanger à Plourin (29), cachés dans sa carriole à cheval sous une fournée de gros pains. Ils sont arrêtés en chemin par un barrage allemand. Le boulanger tend en souriant un pain à la patrouille qui remercie et les laisse passer ».

Sains et saufs, les Leroy (nom qui figure sur les faux papiers d’identité qu’on leur a attribués) sont mis à l’abri dans une dépendance du temple, au lieu-dit Uzel. Ils y resteront un an. Un an d’incertitudes, de privations et de solidarité absolue. « La mission évangélique était pauvre », se souvient Jacques Levy, âgé de 15 ans à l’époque. « Pour aider, mon père s’occupait des vaches, ma mère était à la cantine, et moi, je suis devenu moniteur pour les enfants de l’orphelinat ». À Paris, les rafles se multiplient. La situation est devenue intenable pour les réfugiés toujours plus nombreux. Au printemps 1944, Mazalto, sœur aînée de Jacques, accompagnée de sa tante Lucie et de son oncle Maurice, parviennent à rejoindre la mission protestante de Trémel. 

"Dans la famille, ce n’était ni une histoire cachée, ni une histoire honteuse. On en parlait, sans plus."

Au cours des mois qui suivent, le danger est permanent. Trémel abrite des groupes actifs de maquisards. Les collabos sont aux aguets. Des opérations militaires s’y déroulent, avec leur lot de répressions et de représailles. La tension est extrême. Sous la protection bienveillante de Marie et Guillaume Le Quéré, et des sœurs de ce dernier, Anna et Émilie, la famille Levy dort dans un grenier. En cas d’urgence, le refuge ultime est une pièce inhospitalière située entre le plafond et la toiture du temple. Jean-Yves Carluer rapporte cette scène surréaliste décrite par Jacques : « Le dimanche, il n’était pas rare de voir des Allemands venir prier au temple. On les voyait par les interstices du plancher pendant l’office. Il ne fallait faire aucun bruit et se préparer à fuir ».

Octobre 1944, la France est sur la voie de la Libération. Les Lévy quittent Trémel et reprennent peu à peu leur commerce de tissu sur les marchés de la région. Cette petite histoire qui rejoint la grande, Marie-Emilie Charlot la connaissait depuis son enfance. 

Marie Emilie Charlot la petite fille

 

« Ça faisait partie de la saga familiale. On en parlait de temps en temps, mais sans plus », témoigne la petite-fille des époux Le Quéré, née en 1948. Jusqu’au jour où, en 2007, elle découvre un document d’archives de la mission évangélique de Trémel (livre d’or des visiteurs) sur lequel on peut lire des remerciements très appuyés à l’endroit de ses grands-parents, datés du 10 octobre 1944. Marie-Emilie est débordée par l’émotion. Elle hésite. Elle ne fait rien. Le déclic interviendra le 9 janvier 2015, jour de la prise d’otages au magasin Hyper Cacher, porte de Vincennes, à Paris. Un acte à caractère antisémite qui fait cinq victimes. « Je me suis dit qu’il fallait parler des belles choses, des belles actions ».

 

Elle contacte alors le comité Yad Vashem France, lequel dépend de l’institut international pour la mémoire de la Shoah établi à Jérusalem, en Israël. En parallèle, elle réussit à renouer le contact avec Jacques Levy. La rencontre se fait. Chacune des deux familles apporte témoignages écrits et oraux de cet épisode ineffable qui les a unies. L’enquête menée par Yad Vashem dure un an. Son verdict est sans appel : Marie et Guillaume Le Quéré sont déclarés Justes parmi les Nations pour avoir sauvé des juifs sous l’Occupation au péril de leur vie.

Une plaque portant leurs noms sera bientôt apposée au Jardin des Justes, à Jérusalem, ainsi qu’au mémorial de la Shoah à Paris. Comblée, Marie-Emilie Charlot veut surtout retenir le message délivré par ses grands-parents : « Ce ne sont pas des héros. Ce sont des chrétiens qui ont mis leur foi en application, par des actes ».




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Thérèse Papillon, décorée de la Médaille des Justes

dimanche 2 juillet 2017

Du 15/06/2017

 

Thérèse Papillon

 

 

Ce vendredi 16 juin, à Argoules, Thérèse Papillon, femme de bonté, fondatrice de l’association de Valloires, accueillant des enfants déshérités, sera décorée à titre posthume. 

 

Un hommage sera rendu ce vendredi 16 juin, à Thérèse Papillon, fondatrice, en 1922, de l’Association de Valloires, à Argoules, qui existe et fonctionne toujours à cet endroit. Elle recevra, à titre posthume, le diplôme d’honneur de la Médaille des Justes parmi les nations, qui est «  remis aux personnes non juives, qui ont sauvé des Juifs sous l’Occupation, au péril de leur vie  ».

Ce qui fut le cas de Thérèse Papillon. Durant la Seconde Guerre mondiale, alors qu’elle accueillait, dans l’Abbaye, des enfants déshérités, elle a aussi hébergé des enfants juifs. Ils ont ainsi pu échapper à un funeste destin. Parmi eux, le jeune Joseph Kleinhandler, qui a séjourné à Valloires, de 1942 à 1944

Surnommée « la bonne dame de l’Authie » pour son dévouement

Son frère Jean, aumônier de l’Abbaye et prêtre de la paroisse (Ndlr  : décédé accidentellement en 1957), est resté à ses côtés, pour accueillir, en permanence, ces enfants pré-tuberculeux. Et ce, jusqu’en 1974.

Thérèse Papillon a ainsi été surnommée «  la bonne dame de l’Authie  » en écho à son dévouement, qui lui a valu d’être entourée de nombreuses infirmières. Thérèse Papillon s’est éteinte en 1983, à l’âge de 97 ans. Elle a été inhumée avec son frère, dans la chapelle absidiale de l’église.

Joseph Kleinhandler, sauvé de la barbarie allemande

Décédé en 2001, Joseph Kleinhandler avait laissé des récits, racontant comment lui, enfant juif polonais, s’était exilé en France avec ses parents et avait été confié à la Croix-Rouge de Lens (Nord) par ceux-ci, avant leur déportation à Auschwitz (Pologne). Après un court séjour dans le Jura, le jeune garçon est arrivé, avec trois autres enfants juifs, à Valloires, où Thérèse Papillon les a accueillis. Elle les a «  débaptisés  ». Joseph Kleinhandler est devenu Joseph Petit. Ces trois enfants sont restés cachés parmi 350 enfants malades, cohabitant avec des officiers allemands. «  C’est un endroit de tristesse, de solitude, d’insécurité  », écrira le gamin de 10 ans. En 1947, Joseph Petit, grâce au petit carnet d’adresses que lui avait confié son père, a retrouvé des cousins en France d’abord, puis aux USA, où il s’est installé et s’est marié (lire Courrier picard du 26 octobre 2014). Ce 16 juin, son fils, Abraham, accompagné de son épouse, plusieurs autres membres de la famille, tous américains, seront présents à la cérémonie.

 



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Airvault - Les collégiens à la rencontre de la Shoah

samedi 10 juin 2017

Du 09/06/2017

 

 

 

 

Les élèves de 3e du collège Voltaire à l'exposition Yad Vashem au musée.

L'exposition intitulée « Ce ne sont pas des jouets d'enfants » installée au musée Jacques-Guidez durant tout le mois de mai a été la semaine passée l'objet d'une rencontre entre les élèves de 3e du collège Voltaire et François Guggenheim, vice-président du comité français pour Yad Vashem, institut commémoratif des martyrs et des héros de la Shoah. Celui-ci était venu en Airvaudais à l'occasion de l'inauguration de l'installation d'une plaque, le 1er octobre 2016 à Barroux, en l'honneur de Lucile-Marie Godrie, Juste parmi les Nations.

La commune d'Airvault ayant adhéré au réseau « Villes et villages des Justes parmi les Nations de France », c'est à ce titre qu'elle a bénéficié de cette exposition prêtée par l'institut Yad Vashem de Jérusalem. L'installation est une suite de visuels, quinze panneaux qui retracent les conditions de vie des enfants pendant la Shoah dont seuls quelques milliers ont survécu.
Le rendez-vous s'est déroulé en présence d'Olivier Fouillet, le maire, de Béatrice Nicolas, principale du collège, et de Philippe Hervé, professeur d'histoire des élèves. L'exposition relate des épisodes de la vie de quelques-uns des six millions de juifs qui avaient été déportés vers des camps de concentration durant la dernière guerre mondiale, dont fort peu survécurent, et aussi le sort d'enfants dont la Shoah les avaient dépouillé de leur enfance. L'antisémitisme répandu en Europe avait conduit nombre d'entre eux à trouver une activité pour participer à la survie de leur famille.
Olivier Fouillet à François Guggenheim : « Je vous remercie d'être là, de rappeler un passé où des citoyens ont permis à la démocratie d'avancer. »
François Guggenheim : « Notre fondation qualifie de Justes des personnes non juives qui ont contribué à sauver en les cachant ou en les exfiltrant des personnes juives qui ont été sauvées de la déportation, souvent au péril de leur vie car risquant d'être dénoncées. » Puis a insisté sur la nécessité absolue de faire preuve d'esprit critique avec la possibilité de recourir à la désobéissance en des périodes d'exception afin que l'Histoire ne se répète pas en ces termes.

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