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Elles ont sauvé des Juifs, la reconnaissance d'Israël

lundi 2 juillet 2018

Du 02/07/2018

 

 

 

 

La ministre de l'ambassade d'Israël à Paris chargée des régions Sud, Anita Mazon, a remis la médaille et le diplôme Yad Vashem au neveu des sœurs Moncet, Jean-Jacques Ragon-Moncet./ Photo DDM

Dimanche à Decazeville, Yvonne Moncet a été reconnue «Juste parmi les Nations» à titre posthume. La gratitude d'Israël a été aussi exprimée à ses deux sœurs, Thérèse et Jeanne.

«Quiconque sauve une vie sauve le monde entier.» Une citation de Steven Spielberg reprise par quasiment tous les intervenants, dimanche après midi à Decazeville, lors de la cérémonie d'hommage et de mémoire en l'honneur des sœurs à Moncet qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, ont sauvé une famille juive (lire notre édition du mercredi 20 juin).

Le 7 juin 2017, Yad Vashem, l'Institut Institut international pour la mémoire de la Shoah, a attribué le titre de «Juste parmi les Nations» à Yvonne Moncet, et souhaité exprimer sa gratitude à ses deux sœurs, Thérèse et Jeanne. Dimanche après midi, la médaille et le diplôme Yad Vashem, ont été remis à Jean-Jacques Ragon-Moncet, neveu des trois sœurs Moncet, dont le courage, la grandeur d'âme, l'humanisme ont été mis en exergue à titre posthume. La cérémonie s'est déroulée en présence de Céline et Jacqueline, sauvées avec leurs parents, Alexandre et Czarna Weisz. Elle a eu pour cadre la cour de l'école Jean-Moulin. Un double symbole : celui de l'école lieu de transmission et le nom de Jean Moulin, ancien préfet de l'Aveyron et figure de la Résistance intérieure aux nazis. Le délégué régional du comité français pour Yad Vashel, Simon Massbaum, ainsi que le conseiller départemental, Christian Tieulié, l'ont relevé.

«Nous sommes redevables à Yvonne, Thérèse et Jeanne Moncet. Sachons nous en souvenir et dire tout notre respect à ces trois femmes, seules dans la tourmente qui ont ainsi sauvé l‘honneur de la France», avait auparavant dit le maire de Decazeville, François Marty. «Elles ont été de celles et ceux qui ont su dire non et ont agi au péril de leur vie. Quel courage et quel exemple pour les jeunes générations», a appuyé le sénateur Alain Marc.

«La médaille des «Justes parmi les Nations» est la plus haute distinction de mon État d'Israël», a d'abord rappelé la ministre de l'ambassade d'Israël à Paris chargée des régions Sud, Anita Mazon, avant de retracer les actes de bravoure des sœurs Moncet. Elle a aussi fait part de son inquiétude. «Le même vent mauvais souffle de nouveau sur le vieux continent. J'observe une renaissance au grand jour de l'antisémitisme.»

«Sauver une vie, c'est sauver l'humanité tout entière», a repris la préfète de l'Aveyron, Catherine Sarlandie de la Robertie, à l'issue de sa vibrante intervention.

Des textes récités par des enfants de CM2 de l'école du Sailhenc, la chanson de Jean Ferrat «Nuit et brouillard», le Chant des Partisans et la Marseillaise ont conclu cette cérémonie de la mémoire.

 

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Une Berruyère inscrite au rang des Justes parmi les Nations

samedi 23 juin 2018

Du 20/06/2018

 

 

 

Au côté du maire, Pascal Blanc, Léna Badach était très touchée par cette reconnaissance pour sa grand-mère. © Droits réservés

La liaison douce qui mène de l'avenue du Général-de-Gaulle à la rue Jean-Moulin, entre les quartiers des Gibjoncs et de la Chancellerie, a été inaugurée dimanche matin.

Elle porte désormais, sur proposition du conseiller municipal Lylian Lasnier, le nom de Simone Pasquet, une Berruyère née rue Barbès il y a cent cinq ans et que l'Institut Yad Vashem de Jérusalem a inscrite en 2012 au rang des Justes parmi les Nations.

Une vie exemplaire

« Il s'agit de la distinction honorifique la plus élevée décernée par l'État d'Israël aux civils qui ont sauvé des juifs au péril de leur vie », a rappelé le maire, Pascal Blanc, après avoir dévoilé les plaques commémoratives et retracé la vie de cette femme exemplaire pour son humanité.

Léna Badach était très touchée par cette reconnaissance faite à sa grand-mère qu'elle a décrite comme « une femme discrète et humble sur les actions qu'elle a 

réalisées pendant la Seconde Guerre mondiale. Les Justes sont des êtres de lumière, a-t-elle souligné, ils nous éclairent sur le chemin du courage, de la solidarité et de la dignité ».

Ces valeurs fondamentales sont portées, depuis le décès de Simone Pasquet, en 2013, par l'association Ipse Idem que Léna Badach préside pour faire vivre ce modèle de vie, afin qu'il constitue une source intarissable d'inspiration.

Didier Cerf, le délégué régional de Yad Vashem, a tenu également à rendre hommage à cette belle figure de la Résistance dont le nom est déjà gravé dans les allées des Justes de France à Perpignan, Paris et Jérusalem. 

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Justes parmi les Nations : La famille Weisz sauvée par la famille Moncet

samedi 23 juin 2018

Du 23/06/2018

 

 

 

Yvonne Moncet – 1947/1986
Yvonne, Marie-Thérèse et Jeanne Moncet, qui vivaient à Decazeville pendant la guerre,  recevront à titre posthume le diplôme et la médaille de Juste parmi les nations, le 24 Juin.

Alexandre Weisz est né en 1911 à Nusfalau en Roumanie. Il émigre en France pour chercher du travail à l’âge de 19 ans.
Czarna Karmazyn est née en 1912 à Pabianice en Pologne. Elle vient à Paris à l’âge de 17 ans. Ils se marient en 1933. Alexandre Weisz est tailleur apiéceur, son épouse l’aide. La famille Weisz habite Faubourg Saint-Denis à Paris 10ème. Deux enfants naissent de cette union, Céline en 1934 et Jacqueline en 1935.

Le 21 octobre 1939, Alexandre Weisz est engagé volontaire pour combattre pour la période de la guerre. Le 24 juin 1940, il est fait prisonnier à Allain (Meurthe et Moselle) et interné dans le stalag XII-E à Metz. Il programme son évasion avec un détenu politique, René Combes originaire de Mur-de-Barrez (Aveyron) et avec la complicité d’une famille allemande pour laquelle il travaillait comme tailleur. Après plusieurs jours de marche, de fatigue, de peur et de froid, ils parviennent à Mur-de-Barrez, petit village d’environ 800 habitants.
Le Maire prend contact avec la Résistance. Yvonne Moncet et ses sœurs Thérèse et Jeanne prennent en charge Alexandre Weisz. Elles lui louent une chambre dans un petit hôtel de Decazeville, rue Cayrade, lui procurent vêtements, ustensiles de cuisine et du travail dans les mines de charbon de Decazeville.

La vie à Paris devient très difficile et très dangereuse pour Madeleine Weisz et ses filles. Yvonne Moncet vient à Paris chercher Céline et Jacqueline et les ramène en train. Madeleine Weiszemprunte un autre train. La famille est enfin réunie. Les « trois Moncettes » obtiennent du curé de faux certificats de baptême.

Malgré toutes les précautions prises, fin 1942, la famille est dénoncée. La Gestapo vient arrêter Alexandre Weisz, fort heureusement absent, mais emmène Madeleine Weisz à Rodez pour un interrogatoire. Elle leur affirme que son époux est prisonnier et sera libérée au bout de quelques jours. Yvonne Moncet la récupère et la conduit chez elle pour lui donner des vêtements et la restaurer et se met en recherche de nouvelles caches. Les fillettes Weisz sont mises à l’abri dans un couvent. Les sœurs Moncet leur tricotent des vêtements chauds et leur apportent des friandises et des cartes de rationnement.
Les parents trouvent refuge à Campuac où le curé leur procure une vieille maison hors du village. Les villageois participent à l’installation de la famille.
Les fillettes rejoignent leurs parents. Elles iront à l’école et à la messe. La famille passe pour une famille de Parisiens en quête de calme et de nourriture. Ils vivent avec de faux papiers au nom de « Blanc », procurés par Yvonne Moncet.
Monsieur Esquieu, tailleur à Decazeville, recommande Alexandre Weisz à Monsieur Barrié, tailleur à Campuac.

Après la guerre, la famille Weisz regagne Decazeville où Alexandre Weisz est artisan tailleur. Céline et Jacqueline vont en pension à Rodez.

En 1954, la famille regagne Paris et récupère son logement vidé de tous ses biens. Des liens affectueux unissent à jamais ces deux familles.

Le 5 Juin 2017, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Madame Yvonne Moncet, et a souhaité exprimer sa gratitude à ses sœurs, Thérèse et Jeanne Moncet pour leur assistance et leur générosité.


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Le village rend hommage aux Justes

samedi 23 juin 2018

Du 23/06/2018

 

 

 

 

Ce samedi 16 juin, au cours d'une cérémonie émouvante, le maire de Salviac Alain Faucon, entouré de son conseil et Francine Théodore Lévêque, déléguée régionale du Comité français pour Yad Vashem, ont inauguré un monument à la mémoire des Justes parmi les Nations : Berthe Fournier, Raymonde et Pierre Leglaive, tous trois de Salviac, Antonin et Pélagie Bargues de Marminiac, Louis Forestier de Lavercantière, enfin Adrienne et Elie Colombié, qui bien que non reconnus comme Justes faute de survivants, figurent sur ce monument pour honorer tous les anonymes qui, en véritables héros discrets, ont aidé des familles juives à survivre à la Deuxième Guerre mondiale : les Meynard qui ont permis à M. Lévy et sa fille d'échapper à la rafle de l'Hôtel de l'Univers, l'abbé Delbreil qui a apporté son aide pour le sauvetage de la famille Sirota, Louis et Marcelle Mommejat qui ont caché la famille Cymerman…

Le village des Justes

Les familles des Justes ont participé à la cérémonie, mais aussi les survivants des familles juives : Elisabeth Sirota sauvée par Berthe Fournier et la famille Bargues, la fille de Gisèle Cahen dont la mère a été sauvée par Berthe Fournier. Toutes les deux ont témoigné de leur attachement à Salviac «le village qui sauve» qui s'honore désormais du titre de village des Justes.

Cette cérémonie était présidée par le préfet du Lot Jérôme Filippini, en présence d'Aurélien Pradié député du Lot, de la sénatrice Angèle Préville, de la vice-présidente de la région Occitanie Marie Piqué, de Serge Rigal président du département et des deux conseillers départementaux Nathalie Denis et Robert Lacombe, du directeur de l'ONAC M. Parayre et du lieutenant-colonel Pierrard, délégué militaire départemental, des maires de la communauté de communes, des porte-drapeaux de Cazals et Salviac, des jeunes du conseil municipal jeunes.

 

 

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Trois sœurs decazevilloises faites _Juste parmi les Nations

mercredi 20 juin 2018

La médaille et le diplôme d’honneur de Justes parmi les Nations seront remis à titreposthume à Yvonne, Thérèse et Jeanne Moncet, qui ont sauvé une famille de la barbarie nazie pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le 24 juin prochain, à Decazeville, Anita Mazor, ministre de l’ambassade d’Israël, en charge des régions du sud de la France remettra, à titre posthume, la médaille et le diplôme d’honneur des Justes parmi les Nations à Yvonne, Thérèse et Jeanne Moncet.

Une cérémonie organisée par la mairie de Decazeville et Simon Massbaum, délégué régional du Comité français pour Yad Vashem. Près de 150 personnes sont attendues dont les associations d’anciens combattants, de résistants, de déportés, des élus, des membres des clergés des religions du Livre, des membres des familles Montet et Weisz et une classe de l’école du Sailhenc.

Le 5 juin 2017, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem avait décerné le titre de Juste parmi les nations aux soeurs Moncet.

Ce titre (la plus haute distinction civile de l’état d’Israël) a été décerné à plus de 26 500 personnes à travers le monde dont près de 4 000 en France. Yvonne Moncet était assistante greffière au tribunal de paix et Jeanne gantière à domicile pour les ants de Millau. Les trois soeurs étaient célibataires et vivaient ensemble dans la maison familiale de l’actuelle avenue Laromiguière, acquise par leurs parents à la mère de la cantatrice Emma Calvé qui y avait grandi. Une quatrième soeur, Hélène, est morte à l’âge de 38 ans. Elle avait épousé Mr Ragon. C’est Dominque Ragon-Moncet, neveu, qui recevra la médaille et le diplôme d’honneur le 24 juin prochain.

Ses tantes ont sauvé la famille Weisz : Alexandre, son épouse Czarna et leurs enfants Jacqueline et Céline (lire ci-dessous). En 1947, Yvonne Moncet est élue MRP au conseil municipal de Decazeville ; nommée au bureau de bienfaisance (futur CCAS). En 1952, elle participe à l’inauguration de l’école Jean-Moulin. Réélue en 1953, elle participe à la création d’un chantier de chômage. Yvonne Moncet s’est éteinte en 1995 à Rodez. Les noms des trois soeurs Moncet seront ajoutés sur la stèle des Justes parmi les Nations de l’Aveyronà Sainte-Radegonde qui compte déjà 41 noms.

D’autres cérémonies célébrant des Justes Aveyronnais ont lieu en 2018 : le 8 juin, une plaque a été dévoilée à l’ancien couvent de Grèzes à Sévérac-L’église, par Salomon Jassy, qui avait été caché par Simone Stolze-Coqué.

Puis, cet été, au mémorial de la Shoah de Paris, la médaille et le diplôme de Juste parmi les Nations seront remis aux descendants d’Eva Pourcel, institutrice à Villefranchede-Rouergue, qui accueillit chez elle Victor Gottesman, alors âgé de 2 ans et dont le père fut tué quelques mois plus tard.

Victor n’est jamais reparti de chez Eva. Neuf ans plus tard, tous deux quittèrent Villefranche pour Versailles. Pour " renvoyer l’ascenseur à l’Humanité ", Victor Gottesman a créé en 2005 une ONG pour créer des écoles de brousse au Mali. Deux ont déjà été construites, pour 800 élèves. Trois de plus sont en projet.

Alexandre Weisz naît en 1911 en Roumanie, il se marie à Paris en 1933 avec Czarna Karmazyn, d’un an sa cadette. Deux enfants naissent de cette union, Céline (1934) et Jacqueline (1935). Alexandre Weisz est installé comme tailleur apiéceur, son épouse lui apporte son aide.

 

Le 21 octobre 1939, quelques semaines après la déclaration de guerre, il s’engage volontairement dans l’armée française, il est fait prisonnier par les troupes allemandes le 24 juin 1940 à Allain (Meurthe-et-Moselle) et rejoint le stalag 12-E de Metz d’où il s’évade en mars 1942, grâce à la complicité d’une famille allemande, avec un compagnon d’infortune, René Combes, originaire de Mur-de-Barrez (Aveyron). près plusieurs jours de marche, tous deux parviennent à Mur-de-Barrez, le maire du village entre en contact avec la Résistance. Une assistante sociale à Decazeville, Yvonne Moncet, et ses deux soeurs, Thérèse et Jeanne, prennent alors en charge Alexandre Weisz. Elles louent une chambre d’hôtel à Decazeville, lui procurent des vêtements et du travail à la mine.Les rafles et les contrôles des autorités rendent la vie difficile pour Czarna et ses deux filles, restées à Paris. Yvonne Moncet vient chercher les deux enfants et les ramène en Aveyron. Par sécurité, la maman emprunte une autre voie pour rejoindre son époux et ses enfants désormais réunis à Decazeville. Le curé de Decazeville fournit de faux certificats de baptême mais en février 1944, la Gestapo vient arrêter Alexandre Weisz, heureusement absent à ce moment-là. Elle embarque néanmoins Czarna et la retient pour son interrogatoire où elle affirme que son mari est prisonnier en Allemagne. Elle est relâchée quelques jours plus tard.

Devant le danger qui s’amplifie, Yvonne Moncet met les deux enfants du couple à l’abri à Asprières, en périphérie de Decazeville. Les parents trouvent refuge dans une vieille maison de Campuac, fournie par le curé de la paroisse. Céline et Jacqueline rejoignent

finalement leurs parents. Grâce à de faux papiers au nom de «Blanc » et au soutien des villageois de Campuac, la famille Weisz échappera à la déportation.

Après la guerre, Alexandre Weisz s’installe comme artisan tailleur à Decazeville. Il retournera à Paris en 1954 avec son épouse et ses deux filles. Des juifs résidents ou réfugiés dans le Bassin decazevillois ont été raflés et déportés. Edouard Bleiberg et Elie Korentager (oncle du cardinal Lustiger) ont été raflés le 22 février 1943, déportés à Maïdanek-Lublin en Pologne et gazés le 9 mars 1943. Gisèle Lustiger (mère du cardinal) a été arrêtée à Decazeville puis relâchée; arrêtée à Paris, déportée et gazée à Auschwitz (Pologne). Les époux Henri et Carmen Pizante (commerçants) ont été déportés et assassinés à Auschwitz. Adrienne Klein a été déportée et décédée à Ravensbrück (Allemagne). Hans-Jean Kaufman a été raflé le 22 février 1943 et déporté sur l’île d’Aurigny. Il a survécu. 

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En mémoire de Simone Coqué-Stolze, Juste parmi les Nations

lundi 18 juin 2018

Du 09/06/2018

 

 

 

 

La commune de Laissac-Sévérac l'Église et le comité français pour Yad Vashem ont inauguré hier, au lieu-dit Grèzes, une plaque en mémoire de Simone Coqué-Stolze. Cette infirmière, reconnue «Juste parmi les nations», avait sauvé un enfant en 1943-1944.

«Qui sauve une vie, sauve l'humanité tout entière». Cette parole du Talmud a particulièrement résonné hier dans l'enceinte de l'ancien orphelinat de Grèzes, à Sévérac-l'Eglise. Devenu un institut thérapeutique éducatif et pédagogique, l'établissement a été le théâtre d'une cérémonie très émouvante. La commune et le comité français pour Yad Vashem -le mémorial de la Shoah à Jérusalem- ont inauguré une plaque en mémoire de Simone Coqué-Stolze, reconnue Juste parmi les Nations en 2003

Une infirmière chargée du suivi des enfants juifs

Cette infirmière, originaire de Moselle, était chargée, pendant la Seconde Guerre mondiale, d'assurer le suivi d'enfants juifs placés dans les institutions religieuses ou chez les particuliers du Sud Massif central, et de l'Aveyron notamment. Et c'est à l'occasion de l'une de ses visites au couvent de Grèzes qu'elle s'est prise d'affection pour un petit garçon juif de 7 ans, dont elle s'est occupée jusqu'à la Libération et les retrouvailles avec sa mère et sa sœur.

Ce petit garçon était présent hier au moment de dévoiler la plaque en hommage à Simone Coqué-Stolze. Salomon Jassy a parcouru spécialement les 4 000 kilomètres qui séparent Israël de l'Aveyron, pour raconter, «cette femme digne, d'une grande conscience ; une âme rare et précieuse».

«À partir de maintenant, je suis ta maman Simone»

Au micro, des larmes dans la voix, cet homme de 83 ans aujourd'hui s'est souvenu de sa rencontre avec celle qui l'a sauvé. «En 1942, mon père avait été arrêté et déporté à Auschwitz. Pour que ma mère puisse se cacher, nous avons été placés, ma sœur et moi par l'Ose -Oeuvre de secours aux enfants- dans la Creuse. Avant d'être séparés et dispersés pour éviter d'être pris au piège par les Allemands… J'ai été transféré à Grèzes, où je suivais la messe deux fois par jour jusqu'à ce que cette infirmière découvre que j'étais circoncis. Elle m'a alors dit : à partir maintenant, je suis ta maman Simone. Son vœu, son idéal, c'était de sauver des enfants. Et quel destin ! Quelle bravoure !».

Un jugement et des sentiments, que Salomon Jassy partage avec Pierre Stolze, «Pierrot», le fils de Simone né en 1952. Hier au pupitre, cet écrivain est lui aussi revenu sur le parcours méritant de sa mère, qui lui avait demandé d'écrire un livre sur sa vie. «Il faudrait des tomes et des tomes !».

44 Justes en Aveyron

76 000 personnes en France, dont 11 000 enfants, ont été déportées pendant la Seconde Guerre mondiale. «Mais à partir de 1942, des hommes et des femmes ont choisi de les aider et de les cacher, risquant eux-aussi la déportation, l'infortune ou l'extermination», raconte Simon Massbaum, délégué régional du Comité français pour Yad Vashem. L'organisme contribue à la mémoire de la Shoah et œuvre pour la reconnaissance des Justes de France. Un titre que Simone Coqué-Stolze a reçu en 2003 au titre de son engagement pour les enfants juifs entre 1943 et 1944. «Les Justes sont des non-Juifs vertueux qui œuvrent avec compassion et justice», précise Simon Massbaum, «Ils sont 27 000 dans le monde entier et 44 en Aveyron».

M.G.

 



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