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Bollène : Emilie et Fernand Devès, Justes parmi les Nations

mardi 8 mars 2016

Du 07/03/2016

 

 

 

 

 

A titre posthume, cette distinction leur sera décernée le 13 mars au Camp des Milles (Aix-en-Provence), pour avoir sauvé Edith et Rose Margolis

 

Depuis dix-huit mois, Florianne Lambert-Devès a retrouvé dans le grenier de la maison de ses grands-parents le journal d'Emilie Devès. Une découverte qui l'a incitée a entamer un travail sur l'histoire familiale. Photo Ange Esposito
Depuis dix-huit mois, Florianne Lambert-Devès a retrouvé dans le grenier de la maison de ses grands-parents le journal d'Emilie Devès. Une découverte qui l'a incitée a entamer un travail sur l'histoire familiale. Photo Ange Esposito

Le 26 août 1942, une vaste opération de "ramassage des israélites étrangers" pilotée par la préfecture de Vaucluse est menée par la section de gendarmerie d'Orange, à Bollène comme dans plusieurs communes du département (Orange, Valréas, Beaumes-de-Venise, Vaison-la-Romaine).

Plusieurs familles polonaises y sont réfugiées depuis le début de la guerre, tolérées encore par le gouvernement de Vichy. Parmi elles, Edith et Rose Margolis, accueillies chez Émilie et Fernand Devès depuis juillet 1940, vont échapper à cette rafle, Edith parce qu'elle est absente, Rose est cachée in extremis dans la propre chambre des Devès. Elles seront ainsi épargnées jusqu'à la Libération grâce à leur pugnace humanité.

Florianne Lambert-Devès devant la maison de ses grands-parents où le temps semble s'être arrêté. Et ce sont les soeurs Margolis, émigrées aux États-Unis, qui ont entamé, dès 2013, les démarches auprès de Yad Vashem à Jerusalem afin qu'Émilie Devès (1902-1972) et son époux Fernand (1895-1982) soient élevés au titre de "Justes parmi les Nations".

La cérémonie aura lieu le 13 mars, au mémorial du camp des Milles à Aix-en-Provence, précisément là où les juifs qui n'ont pas eu la chance de Rose et Édith seront conduits cet été 1942, avant leur départ pour Auschwitz.

À quelques jours de les représenter, Florianne Lambert-Devès travaille sur le discours qu'elle devra prononcer, afin d'évoquer la mémoire de ses grands-parents paternels, exprimer les sentiments que suscite cet honneur qui leur est rendu plus de 70 ans après, sans toutefois laisser libre cours à l'émotion. "Ça va être difficile, murmure-t-elle les yeux embués de larmes. Mais heureusement je ne serai pas seule, il y aura mon mari et mes filles à mes côtés."

Les cahiers d'Émilie

Stéphanie et Sandra surtout, passionnée d'histoire, accompagnent avec intérêt leur mère dans un travail de mise à jour de l'épopée familiale, avec comme élément déclencheur, la découverte du journal d'Émilie.

En 2008, à la mort de sa tante Etiennette, fille d'Émilie et Fernand Devès, la Bollénoise découvre dans un carton rangé dans le grenier de la maison de ses grands-parents, des dizaines de cahiers d'écolier auxquels, d'une écriture appliquée, sa grand-mère alors institutrice a confié son quotidien de 1935 à 1972, soit 37 ans d'une vie déjà marquée par 14-18, à nouveau happée par la Seconde guerre mondiale.


Florianne Lambert-Devès devant la maison de ses grands-parents où le temps semble s'être arrêté.

"Depuis sa construction en 1880, nous avons eu la chance de garder la maison de famille intacte, sans déménager quoi que soit. Ma tante y a habité par la suite puis mes filles aujourd'hui", indique Florianne Lambert-Devès qui ne s'en est guère éloignée non plus. Ses parents puis elle et son mari ont fait construire dans ce même quartier Rigabo.

Et la période de l'Occupation qu'elle a découverte discrètement évoquée sous la plume de sa grand-mère lui était aussi familière. "Je savais qu'on avait accueilli des juifs pendant la guerre. Édith et Rose sont toujours restées en contact. Je savais qu'elles existaient. En 1980, elles sont même venues de Chicago où elles sont installées. Ma grand-mère était décédée mais elles ont pu retrouver mon grand-père, mon père et ma tante, raconte encore Florianne, photographies à l'appui. Moi à cette époque, j'avais mes enfants, d'autres préoccupations."

C'est le journal d'Émilie qui a fait resurgir le passé dans le coeur de la Bollénoise. "Depuis j'ai repris le flambeau", sourit-elle. En 2014, à son tour, elle a fait le voyage jusqu'à Chicago avec son mari, à l'invitation d'Édith et Rose qui ont aujourd'hui 99 et 95 ans.

"Ma grand-mère, mon modèle"

Là-bas, Édith la polyglotte (elle parle sept langues), mais aussi Rose qui a retrouvé son français, les a emmenés au musée de l'Holocauste où une plaque aux noms d'Émilie et Fernand Devès a déjà été posée à leur initiative sur le Mur des Justes. "Il y avait de jeunes Américains qui visitaient le musée. Édith a voulu leur expliquer ce lien qui nous unit. Ils n'arrivaient pas à croire que ce soit vrai", relate Florianne Lambert-Devès.

À Chicago, ils ont rencontré aussi Isaac Levendel. Réfugié à Avignon pendant la guerre, enfant caché à Sarrians, il traque depuis inlassablement la vérité sur la persécution nazie, en particulier en Vaucluse avec l'écrivain et ancien journaliste avignonnais Bernard Weisz avec qui il a signé le livre Vichy, la pègre et les nazis. Il sera au camp des Milles pour représenter Édith et Rose, trop fatiguées désormais pour se déplacer. Cette cérémonie, Florianne Lambert-Devès regrette qu'elle ne se déroule pas à Bollène. "Impossible avec une municipalité qui refuse qu'on chante Le chant des partisans", observe-t-elle.

En 2014, la Bollénoise a rendu visite à Édith et Rose à Chicago. Depuis la fin de la guerre, le lien n'a jamais été rompu avec la famille Devès.
En 2014, la Bollénoise a rendu visite à Édith et Rose à Chicago. Depuis la fin de la guerre, le lien n'a jamais été rompu avec la famille Devès.

Elle ne sait pas encore très bien en quels termes, mais le 13 mars, elle voudrait exprimer sa "reconnaissance" envers les soeurs Margolis qui "auraient pu tout aussi bien tourner la page", sa "fierté" envers ses grands-parents "pour ce qu'ils ont fait et pour ce qu'ils étaient, des gens foncièrement bons, disponibles. Ma grand-mère a toujours été mon modèle. Elle était catholique pratiquante mais ouverte aux autres religions. La maison était toujours pleine. Elle apportait son aide aux gens qui en avait besoin sans se poser de question".

Et sa "révolte" face à l'histoire qui se répète, au "rejet de l'autre, de la différence, ce doit être ma grand-mère qui m'a transmis ça", glisse la petite fille d'Émilie qui songe à écrire à son tour l'histoire de la famille "pour ma famille mais aussi pour qu'on n'oublie pas".

Nathalie Varin

 

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Fenain : dimanche, trois nouvelles rues porteront le nom de résistants et de Justes parmi les nations

mardi 8 mars 2016

Du 01/03/2016

 

 

 

 

Ils font la fierté de la commune qui ne les oubliera pas. Les noms de Marinette Roch-Dubois, Mireille David et Gino Ferrari sont attribués à trois rues du nouveau lotissement. Une cérémonie, dimanche, officialise ce choix.

Dimanche à 10h30, Arlette Dupilet, maire, dévoilera trois plaques de rues qui porteront le nom de Fenainoises et Fenainois qui ont « juste fait leur devoir  ». C’est ce qu’ils avaient dit alors qu’on leur remettait la Légion d’honneur. Il s’agit de Marinette Roch-Dubois, au titre de la Résistance 1940-1944, Mireille David, au titre de Juste parmi les nations, et de Gino Ferrari au titre de la Résistance. Leur nom sera désormais scellé à jamais dans l’histoire de la commune.

Les rues se situent dans le nouveau lotissement Les Terrasses de la voie verte, où ont été construits trente-neuf logements (et ce n’est pas fini) dont la moitié sont occupés depuis fin janvier.

Marinette Roch-Dubois a tenu une part essentielle au sein de la Résistance dans le Nord. Mireille David est entrée dans la communauté des Justes parmi les nations il y a 11 ans. C’est la plus haute distinction civile de l’État d’Israël. Elle avait hébergé en 1943 la fille d’émigrés juifs polonais arrêtés à Paris. Celle-ci doit à André et Mireille d’avoir échappé à la déportation. Elle a pu bâtir sa vie dans la région.

Gino Ferrari entra en résistance en mai 1942 aux côtés des FTP-MOI (Francs-Tireurs Partisans-Main d’œuvre immigrée) contre l’occupant nazi et ceux qui le soutenaient. Durant trente ans il sera un élu remarquable dans sa commune et sera maire de 1978 à 1984. Il est resté conseiller jusqu’en 2001.

La cérémonie est organisée rue Barbusse, au droit du lotissement. Un défilé emmènera ensuite les invités et les Fenainois jusqu’à la salle polyvalente.

 

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Moissac, des villes des justes

mardi 8 mars 2016

Du 28/02/2016

 

 

 

 

Un week-end de rencontres en préparation

«Moissac mérite d'être totalement reconnue comme une ville courageuse qui a sauvé des enfants juifs durant la deuxième Guerre mondiale. Nous avons fait un pas en avant il y a deux ans et demi avec l'exposition Moissac, ville des Justes oubliée. Je souhaite aujourd'hui rendre à la ville tout le mérite qui est le sien, estime Jean-Claude Simon. Au fil de mes rencontres et de mes discussions avec ceux qui étaient enfants de confession juive durant la guerre, je m'aperçois que tout le monde est passé à un moment donné par Moissac. On parle toujours du Chambon sur Lignon ou de Dieulefit. Je ne veux plus qu'on oublie Moissac.»

Organisateur des rencontres qui auront lieu les 27, 28 et 29 mai 2016 à Moissac, Jean-Claude Simon est président de l'association «Moissac, ville de justes oubliée». Il était au cœur de l'histoire, lui qui a été caché à l'âge de 10 ans dans la commune chez un peintre en bâtiment. Le silence de cette famille, du quartier mais aussi de la ville l'a sauvé.

Tables rondes et débats seront au programme pour échanger et réfléchir sur les raisons pour lesquelles ces trois communes ont su faire preuve de courage et d'humanité en cachant de nombreux enfants juifs. Ces rencontres sont organisées en partenariat avec le réseau Memorha et le soutien scientifique du Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes. «Je suis très honoré d'avoir obtenu le soutien officiel du président François Hollande et de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, ajoute Jean-Claude Simon. Nous accueillerons le dimanche Serge et Beate Klarsfeld pour une conférence au Hall de Paris.

La veille au soir, la pièce Le petit chaperon Uf de Jean-Claude Grumberg sera jouée dans cette salle.» Un très beau casting pour ces rencontres qui seront marquées par la cérémonie de remise de médailles des «Justes parmi les Nations» à la famille Bourel, quatre Moissagais qui se sont illustrés durant cette période trouble de l'histoire de France.

 


 

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Les enfants sauvés & Le combat des Justes. BD

mardi 8 mars 2016

Les enfants sauvés - Huit histoires de survie

Présentation
Ces histoires de vie montrent combien il est difficile de s'échapper de la nasse nazie et dressent un panorama de diverses situations existantes : le sort des Juifs de Salonique, la vie dans les ghettos, le sauvetage des enfants en France, en Autriche, aux Pays-Bas. Ces récits édifiants, violents, parfois cruels, sont tous authentiques et à jamais inscrits dans l'une des pires tragédies que l'humanité ait connue. 

Avis
Je souhaitais partager avec vous cet album et celui qui suit car plus qu'une énième BD ayant pour thème la seconde guerre mondiale il s'agit là de témoignages, d'histoires vraies. Les enfants sauvés raconte huit histoires d'enfants juifs sauvés de l'idéologie nazie, certains ont été cachés par des Justes d'autres ont fui avec de la famille. Chacun de ces récits est différent de part le ou les rescapés, le ou les héros mais aussi le dessinateur car chaque histoire a son graphisme ce qui apporte une vraie variété à cette BD. Toutefois l'album n'étant pas développé sur un millier de pages il est donc difficile pour le scénariste de résumer une vie, un sauvetage en seulement une dizaine de pages, l'essentiel y est tout de même et surtout l'émotion que dégage certains récits, les méthodes employées pour les sauvetages dans différents pays sont diverses. Un petit plus concernant les photos des enfants au début de chaque histoire ainsi qu'une petite biographie et le dossier de fin d'ouvrage qui apportent de précieuses informations sur le sort des juifs d'Europe et les organisations d'aide.

 

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Cette semaine, la Normandie comptera 112 Justes parmi les Nations

jeudi 18 février 2016

Du 17/02/2016

 

 

 

Il y avait déjà 109 Normands reconnus pour avoir caché des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. La mémoire de trois nouveaux Justes sera honorée mercredi 2 mars à Caen.

Henri Calbris (à droite) avec Maurice Etynger son protégé à Deauville juste après la guerre

Il y a presque un an, en avril 2015, le Mémorial Yad Vashem de Jérusalem a accordé le titre de « Juste parmi les Nations » à titre posthume à une famille d’agriculteurs de Danvou-la-Ferrière dans le bocage virois. Pendant plusieurs mois du printemps à l’été 1944, Henri Calbris et ses parents ont caché maurice Etynger, une jeune Juf de 14 ans qui n’a jamais oublié.

Jeune paysan normand de 21 ans, Henri Calbris monte à Paris pour affaires début 1944. Là, il rencontre Maurice Etynger, un jeune juif de 14 ans à la merci d’une rafle ou d’une dénonciation. « Henri m’a proposé de me mettre à l’abri à la ferme, avec ses parents », se souvient Maurice Etynger. Arrivé à Caen avec de faux papiers, le gamin évite un bus rempli de militaires allemands et saute dans un train vers Thury-Harcourt. Terminant son périple par 17 km de marche, il trouve enfin le salut et se fond dans la vie du village. Maurice retrouvera Paris libérée et les siens à l’automne mais il restera toujours en contact avec les Calbris, revenant régulièrement en vacances dans la campagne normande.

L’histoire aurait pu en rester là. Mais Nicolas Leboulanger, un enseignant en histoire, travaillant sur les enfants juifs cachés en Normandie, croise un jour la route d’une petite-fille d’Henri, décédé il y a une vingtaine d’années. Avec ses élèves du lycée Victor-Lépine de Caen et des collègues, il va entreprendre un projet pédagogique qui mènera à la reconnaissance des « Justes » Calbris.

Mercredi 2 mars, au Mémorial de Caen, les filles d’Henri Calbris et leur famille recevront la médaille et le diplôme délivrés au nom de leurs aïeux. Le « petit » Maurice, 86 ans aujourd’hui, sera là, lui aussi.

Par Ouest France – JSSNews


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Coralie Beluse, Juste parmi les Nations

lundi 8 février 2016

 

 

© F3 Coralie Beluse dans la cour de l'orphelinat qu'elle dirigeait pendant la seconde guerre mondiale

Au 7 rue du Poirier à Orléans, il y a désormais une plaque en hommage à Coralie Beluse. Directrice d’un orphelinat, elle y cacha, au péril de sa vie, trois enfants juives entre 1943 et 1945, les sauvant d’une déportation certaine.

C’est au temple protestant que l’état d’Israël lui a rendu hommage en lui décernant le titre de Juste parmi les Nations, la plus haute distinction civile de l’état hébreu. Son nom sera inscrit au Mémorial du Yad Vashem à Jérusalem. Il viendra compléter la longue liste des 26 000 personnes non-juives qui se sont distinguées par leur courage face aux nazis. 

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