Actualités de Paris

Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'État français et d'hommage aux Justes de France.

jeudi 28 juillet 2016

Chaque année, pour rappeler le souvenir de la rafle du Vel d'Hiv des 16 et 17 juillet 1942 au cours de laquelle 9037 adultes et 4115 enfants juifs ont été internés au Vélodrome d'hiver, puis transférés dans les camps de Beaune-la-Rolande et Pithiviers, pour être ensuite déportés à Auschwitz, une cérémonie Co-organisée par le Ministère des anciens combattants et la commission du souvenir du CRIF, se déroule dans le square des Martyrs Juifs, quai de Grenelle et aussi partout en France où nos délégués ont représentés le Comité Français pour Yad Vashem.

La commémoration qui s'est tenue dimanche 17 juillet 2016 revêtait une intensité particulière, car chacun avait en tête le terrible attentat terroriste perpétré 3 jours auparavant.

 

Lire la suite

YomHashoa - De génération en génération

lundi 2 mai 2016

Yom Hashoa - De génértion en génération
Yom Hashoa - De génértion en génération
Article_Tnoua.pdf (265,1 KB)

Lire la suite

Georges Lauret, un Juste renait sous la plume de Sébastien Bailly

jeudi 31 mars 2016

Du 29/03/2016

 

 

 

 

Le journaliste Sébastien Bailly vient de publier Les Miraculées, retraçant le destin peu commun du docteur Georges Lauret, Juste parmi les Nations et héros oublié. Réparation est faite.

La discrétion est le propre même des Justes parmi les Nations. Et ce n'est pas peu dire quand on parle du docteur Georges Lauret. Son histoire, jusqu'ici peu connue, vient d'être couchée sur papier dans un très beau livre de Sébastien Bailly, intitulé Les Miraculées.

Un héros discret

Le journaliste et auteur raconte, en 80 pages, l'histoire extraordinaire de cet homme, le seul Juste de Rouen, né en 1904 et mort en 1996. Pendant quinze mois, de 1943 à 1944, Georges Lauret cacha une mère et ses deux filles, juives, au sein du service obstétrique de l'hospice de Rouen, au mépris des risques nombreux, bravant la méfiance des médecins allemands chargés de surveiller le personnel français et même celle de quelques confrères malintentionnés.

Le médecin, chef de service, inventa une maladie indécelable à Linda, la jeune mère de famille, recommandant qu'elle reste alitée. Les deux petites, Pauline et Gaby, âgées de 8 et 7 ans, furent placées dans un service pour enfants avec la complicité des religieuses infirmières. Jusqu'à la Libération, le médecin réussit à les garder dans l'enceinte de l'hôpital, sauvant les trois femmes d'une mort certaine.

La ville de Rouen connut en effet deux rafles, la première en 1942 à destination des hommes, la seconde un peu plus tard pour les femmes et les enfants. Le mari de Linda Ganon, commerçant dans la ville normande, fut arrêté lors de la première rafle, conduit à Drancy puis déporté à Auschwitz. Comme lui, 66% de la population juive de Rouen périt dans les camps nazis.

 

Un hommage juste

 

Jamais, Georges Lauret n'a raconté son histoire, ni pendant, ni après la guerre. Ses enfants n'ont découvert les faits que lorsque le médecin fut nommé Juste parmi les Nations, en avril 2004.

Sans fioriture, Sébastien Bailly retrace le courage extraordinaire de cet homme et redonne à ce juste la place qui lui est due. L'auteur a travaillé pendant deux ans pour resituer les faits dans une ville et une période, tourmentées et peu narrées, et pour recueillir les témoignages, entre autres de Gaby, le plus jeune des miraculées et du fils du docteur Lauret.

Les Miraculées ne laisse pas indifférent, surtout en cette période, la nôtre, tout aussi tourmentée. Un récit bouleversant, hommage à un héros, pour ne jamais oublier !

Les Miraculées, de Sébastien Bailly, éditions des Falaises, 80 p., 9 €.

Lire la suite

Les enfants sauvés & Le combat des Justes. BD

mardi 8 mars 2016

Les enfants sauvés - Huit histoires de survie

Présentation
Ces histoires de vie montrent combien il est difficile de s'échapper de la nasse nazie et dressent un panorama de diverses situations existantes : le sort des Juifs de Salonique, la vie dans les ghettos, le sauvetage des enfants en France, en Autriche, aux Pays-Bas. Ces récits édifiants, violents, parfois cruels, sont tous authentiques et à jamais inscrits dans l'une des pires tragédies que l'humanité ait connue. 

Avis
Je souhaitais partager avec vous cet album et celui qui suit car plus qu'une énième BD ayant pour thème la seconde guerre mondiale il s'agit là de témoignages, d'histoires vraies. Les enfants sauvés raconte huit histoires d'enfants juifs sauvés de l'idéologie nazie, certains ont été cachés par des Justes d'autres ont fui avec de la famille. Chacun de ces récits est différent de part le ou les rescapés, le ou les héros mais aussi le dessinateur car chaque histoire a son graphisme ce qui apporte une vraie variété à cette BD. Toutefois l'album n'étant pas développé sur un millier de pages il est donc difficile pour le scénariste de résumer une vie, un sauvetage en seulement une dizaine de pages, l'essentiel y est tout de même et surtout l'émotion que dégage certains récits, les méthodes employées pour les sauvetages dans différents pays sont diverses. Un petit plus concernant les photos des enfants au début de chaque histoire ainsi qu'une petite biographie et le dossier de fin d'ouvrage qui apportent de précieuses informations sur le sort des juifs d'Europe et les organisations d'aide.

 

Lire la suite

Paris rejoint le réseau des Villes et Villages des Justes de France

mercredi 3 février 2016

Délibération pour l'adhésion de Paris au réseau des Villes et Villages de Justes le 28 janvier 2016

Du 30/01/2016

 

 

 

 

A l’initiative d’Anne Hidalgo et à l’unanimité du Conseil municipal, la capitale, forte de ses 352 Justes, vient de rejoindre le réseau mis en place par le comité français de Yad vashem.

Quel chemin parcouru ! Dans la grande salle presque comble de l’Hôtel de Ville, le public est attentif, concentré et parmi les sourires, on distingue quelques yeux brillants dans l’assistance. Ce 28 janvier, 2016 des anciens enfants cachés, des Justes et leurs familles respectives se sont retrouvés pour rappeler que Paris, même aux heures noires de l’occupation qui marquèrent la France à jamais avec les rafles, fut aussi une ville où l’on sut protéger, cacher et aider une population juive aux abois. Anne Hidalgo a expliqué dans des termes très forts « qu‘on ne pouvait pas comprendre l’histoire de notre ville sans connaître celle des juifs qui y ont trouvé refuge contre les pogroms et qui l’ont enrichi de leur belle présence, de leur apport culturel et humain » Comme Nantes, Grenoble, l’ile de Sein et Vassieux en Vercors, Paris avait déjà été faite Ville Compagnon de la Libération par le Général de Gaulle.

En adhérant au réseau des villes et villages de France, créé en 2012, à la suite de Nice, Toulouse, Strasbourg, le Chambon sur Lignon , Vabre et Moissac, bientôt Lyonet Bordeaux, Paris continue donc son capital travail de mémoire. Anne Hidalgo a rappelé l’action de Serge et Béate Klarsfeld, qui en donnant un nom à chaque victime de la Shoah ont permis que la ville installe des plaques avec les noms des enfants déportés sur toutes les écoles de la capitale. Le maire du 3ème arrondissement, Pierre Aidenbaum a œuvré pour que l’on n’oublie pas les bébés, trop jeunes pour l’école mais raflés comme leurs ainés, et dont les noms figurent sur désormais aussi sur des stèles dans des jardins publics de nombreux arrondissements. Pierre-François Veil, président du Comité français pour Yad Vashem insiste sur une autre initiative forte, « celle de l’allée des Justes édifiée en 2006 à côté du mémorial de la Shoah qui permet aux Parisiens de mieux connaître ce pan de leur histoire ». La technologie permet maintenant d ‘aller plus loin : une application nomade permettra très prochainement aux promeneurs de connaître en écoutant leur téléphone l’histoire de ceux qui ont été cachés et sauvés avec des exemples bien réels dans des quartiers différents de la capitale.

Qui étaient donc ces 354 Parisiens qui ont contribué à sauver l’honneur de Paris ? Pour l’historienne Annette Wieworka, ils appartenaient à toutes les catégories sociales : artisans, ouvriers, concierges, employés, enseignants ou bourgeois. Une seule catégorie ne comporte pas de Juste : celle des hauts fonctionnaires… au-delà de leurs différences sociales, ces justes appartenaient à une institution soit religieuse, politique ou à un mouvement de résistance. Preuve, selon Wieworka que la société civile, quand elle s’organise, peut résister. La sociologue Sarah Gensburger a expliqué que la notion de Juste était relativement récente dans notre pays : si le terme apparait en 1953 à l’occasion du procès Eichmann en Israël il n’y a que 310 Justes reconnus en France en 1985. Il a fallu la mobilisation massive d’anciens EI comme Georges Pulver pour populariser le concept et découvrir partout en France des gens qui selon les mots de M Veil pensent « n’avoir fait que leur devoir ».

Aujourd’hui, l’on compte 3904 Justes de France pour un total de 26 000 dans le monde Si 75% des juifs en France ont pu être sauvés, un chiffre plus important que partout en Europe, c’est à eux que nous le devons.

La soirée s’est achevée en laissant la place aux artistes : Sani Levy, une violoniste de douze ans, a joué le bouleversant thème musical de La liste de Schindler, puis le chœur des Eclaireuses Eclaireurs Israelites de France a entonné le célèbre Chant des Marais devant une salle debout. Enfin le cabaret Terezin a donné au public la chair de poule en faisant entendre pour la première fois depuis la guerre les voix des grands artistes qui ont écrit leurs œuvres au camp de Theresienstadt entre 1942 et 1944. Une soirée inoubliable.


Lire la suite