Yoram Kaniuk : « Le dernier juif »

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Dossier n°

Yoram Kaniuk : « Le dernier juif »

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Prix littéraire
de la Fondation France-Israël :
« Le dernier juif« 
roman de Yoram Kaniuk

Présentation par la maison d’Ed. Fayard :

– « Le héros du Dernier Juif, Evenezer Schneorsohn, sujet d’études d’un centre spécialisé de Tel-Aviv, enregistre des cassettes sur lesquelles il témoigne de son expérience unique dans un camp de la mort : convaincu qu’il serait le seul survivant de l’Holocauste, il a réussi, par un curieux phénomène d’effacement de soi, à emmagasiner dans son cerveau tout ce qui, d’après lui, constituait le savoir juif (la théorie de la relativité d’Einstein, le texte intégral des cinq livres de la Bible, une recette de cuisine…). 
Il est le « dernier Juif », autour duquel s’articulent tous les autres personnages de ce roman fragmenté. Récits, légendes hassidiques, témoignages, lettres viennent se greffer sur l’histoire d’Evenezer pour composer cette grande fresque qui retrace une histoire d’Israël portée par la totale subjectivité de Yoram Kaniuk.

Considéré comme l’un des plus grands écrivains israéliens, Yoram Kaniuk est né à Tel-Aviv en 1930. Après avoir participé à la guerre d’Indépendance d’Israël, en 1948, il est parti vivre à New York pendant dix ans. Il vit actuellement à Tel Aviv. 
Romancier, peintre et journaliste, il est l’auteur de dix-sept romans, de sept recueils de nouvelles, de deux recueils d’essais et de cinq ouvrages pour la jeunesse. Son œuvre, traduite en vingt-cinq langues, a été couronnée par de nombreux prix, en Israël comme à l’étranger. En France, il a reçu le prix des Droits de l’Homme (1997) et le prix Méditerranée étranger (2000). »

Yoram Kaniuk :

– « Un juif est celui qui possède la mémoire et les mots pour la transmettre. Mis à part cela, il ne possède rien. »

Eglal Errera :

– « Pas de chapitres pour ce long roman, pas question pour le lecteur de reprendre son souffle. C’est un fleuve où l’on s’immerge et où parfois on se noie, une suite de visions puissantes et d’une sensibilité extrême, portées par une écriture à la fois lyrique et pétrie d’implacable ironie.
C’est une expérience unique de lecture où, chahutés, pris à contre-pied et à contretemps, on accède au plus profond de notre commune fragilité, à la féroce cruauté qui nous habite, à la compassion à laquelle nous touchons parfois. On en sort étonnamment réconcilié avec le genre humain.
Lors de sa parution en Israël, en 1981, Le Dernier Juif a reçu un accueil mitigé, salué par certains, considéré comme un objet de scandale par d’autres, plus nombreux. C’est que ce livre constitue un monument de démystification de valeurs particulièrement sensibles du judaïsme moderne ; en particulier celle de la sacralisation de l’héroïsme militaire et de la mémoire des disparus. Si, à Berlin en 1945, Evenezer distrait ses anciens bourreaux avec la remémoration du savoir juif et en tire pendant un temps sa subsistance, son fils Boaz fonde en Israël, au lendemain de la guerre de juin 1967, une prospère entreprise de commémoration des soldats morts au combat.
Réédité près de trente ans après sa parution, Le Dernier Juif est devenu, à l’instar de quelques-uns des vingt ouvrages de Yoram Kaniuk, un livre-culte de la jeunesse israélienne. « Peut-être parce que les Israéliens font l’expérience intime de la vieille insécurité juive dont ils se croyaient exempts. Ils connaissent la peur. La force militaire ne fait rien à l’affaire. Allez donc savoir d’où nous vient la peur. »
(Le Monde, 11 février 2010).

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Edition originale d’Yoram Kaniuk (DR).

Daniel Bertrand :

– « L’un des plus talentueux et productif écrivain israélien nous livre, en ce fertile et foisonnant roman, une oeuvre littéraire majeure de l’Histoire juive. Il va sans dire que cette grande Histoire est subjective, puisque romancée, et assumée comme telle. Bien sûr aussi, car nous le savons tous, ce sont les «petites» histoires personnelles qui permettent la constitution et l’entretien de la Grande Mémoire collective. Nous ne devons, pas plus que nous ne pouvons, faire abstraction de cette Grande Mémoire. Pas plus que nous ne pourrions faire abstraction d ?une telle oeuvre, qui marquera, à son tour, l’Histoire littéraire : la Grande. »
(Librairie Coquillettes à Lyon, 13 mars 2010).

André Clavel :

– « Quant à ce qui l’a poussé à écrire, c’est la tragédie de son peuple : il met en scène des personnages meurtris, souvent déboussolés, dont les tourments intérieurs sont attisés par le souvenir cauchemardesque de l’Holocauste. Il a fallu près de vingt ans à Kaniuk pour venir à bout du monumental Dernier Juif, une fresque qui a été publiée en 1982 en Israël et qui brasse toute l’histoire de ce pays en multipliant les registres – du merveilleux à la chronique sociale en passant par le témoignage…
Le dernier Juif est un roman inépuisable, le testament spirituel d’un écrivain qui s’est toujours identifié à son peuple. »
(Lire, février 2010).

 

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Fondation France-Israël :

– « Le Dernier Juif interroge la relation entre la Shoah, l’identité israélienne et la mémoire juive européenne (…).
Ecrit en 1981 et traduit par Laurence Sendrowicz (éd.Fayard) en 2009, Le Dernier Juif est désormais reconnu comme un chef d’oeuvre de la littérature israélienne.
C’est avec une écriture lyrique et un humour cynique que cet auteur atypique s’interroge sur l’identité juive dans sa dimension non religieuse et démystifie avec ironie les valeurs fondatrices de la société
israélienne, telles que la commémoration des victimes de la Shoah. »

Nicole Guedj :

– « Le souci de transmission de la mémoire aux générations françaises et israéliennes est une préoccupation centrale pour la Fondation France-Israël. L’humour parfois corrosif de Yoram Kaniuk dévoile une autre façon d’accomplir ce devoir de mémoire. »

Remise du prix littéraire de la Fondation, le 9 mars :

La Fondation France Israël couronne chaque année un auteur français ou israélien traduit dans la langue de l’autre et dont l’ouvrage participe à une meilleure connaissance de la culture française ou israélienne.
Pour cette cérémonie du 9 mars 2010, les deux ministres de la Culture français et israélien, Frédéric Mitterrand et Limor Livnat, étaient réunis, en présence de l’Ambassadeur d’Israël en France S.E Daniel Shek et de Madame Nicole Guedj, Ancien Ministre, Président de la Fondation France-Israël.
Au nombre des personnalités présentes, figurait Paul Schaffer, Président du Comité Français pour Yaéd Vashem.

Pour ce prix, le Jury avait été présidé par Serge Moati. Avec le concours de la commission culturelle de la Fondation France Israël, présidée par Antoine Compagnon, Professeur au Collège de France, et lan Greilsammer, Professeur titulaire de Sciences politiques comparées au Département des Sciences politiques de l’université Bar-Ilan.

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Remise du Prix littéraire de la Fondation à Yoram Kaniuk (Ph. Erez Lichtfeld / F F-I/ DR).

Yoram Kaniuk, Le dernier juif, Fayard, 2010, 622 p.