Actualités des Régions

Il raconte l’histoire de « la petite juive de La Ferrière »

lundi 27 janvier 2020

Du 11/12/2019

 

 

 

 

Jean-Yves Revault présente son livre, à côté de la stèle érigée à La Ferrière-en-Parthenay en mémoire de Gaston et Lucienne Dupont, qui ont accueilli Lisette Chasklowicz. © Photo NR Jean-Yves Revault vient de sortir un livre sur l’histoire de Lisette, une jeune fille juive recueillie par une famille de La Ferrière-en-Parthenay en 1942.

Leur histoire n’est pas inconnue en Gâtine. Gaston et Lucienne Dupont, aujourd’hui décédés, ont été honorés à Saint-Pardoux-Soutiers et La Ferrière-en-Parthenay (NR du 26 juin). La raison ? Ils ont été reconnus « Justes parmi les nations » par le mémorial de Yad Vashem (Israël), pour avoir recueilli Lisette Chasklowicz, fillette juive alors âgée de 7 ans, de 1942 à 1944, dans leur ferme à La Ferrière-en-Parthenay.
Cette histoire, Jean-Yves Revault l’a découverte en janvier dernier lors des vœux de Guillaume Clément, maire de La Ferrière. « Il fallait que je la raconte », indique cet habitant de la commune, « très touché par l’histoire du peuple juif et de la Shoah ».
 

Rescapée de la rafle du « Vél d’Hiv »

 L’auteur, qui avait déjà écrit une vingtaine de livres, dont deux sur la Seconde Guerre mondiale, décide alors d’en savoir plus. De ses recherches naîtront un ouvrage, Lisette, la petite juive de La Ferrière, qui vient de paraître. Dans ce livre, Jean-Yves
Revault remonte jusqu’en 1940, au moment de l’exode du peuple juif vers le sud de la France.
Joseph et Rachel, les parents de Lisette, tailleurs parisiens, rencontrent alors Gaston et Lucienne Dupont, paysans gâtinais, qui les ont hébergés pendant quelques jours avant de retourner à Paris. « Une amitié très forte est née, à tel point que la famille Dupont a ensuite envoyé des colis de nourriture à la famille Chasklowicz. » Une relation qui aura une importance capitale deux ans plus tard, au moment de « la rafle du Vél d’Hiv », le 16 juillet 1942. Atteinte d’une varicelle et transférée à l’hôpital, Lisette échappera à la mort grâce à son père, caché, et à sa tante, qui l’enverront, en compagnie de « la femme de ménage de la famille », en Gâtine où elle vivra jusqu’à la fin de la guerre.
Lisette, dont les parents et la sœur vont mourir à Auschwitz, va découvrir une seconde famille à La Ferrière-en-Parthenay, où elle sera scolarisée. « Elle appellera Gaston et Lucienne “ tata et tonton ” et l’un de leur fils, Yves, également âgé de 7 ans, sera comme un petit frère pour elle », précise Jean-Yves Revault, qui explique s’être appuyé sur les souvenirs de Lisette et d’Yves, et ceux d’habitants du village, pour écrire son livre.


« Des gens exemplaires d’humanité »

Dans cet ouvrage, l’auteur romance certains passages, « pour donner de l’émotion », tout en se « basant sur des faits réels ». Au fil du récit, qu’il raconte à travers le regard des personnages, Jean-Yves Revault, apporte des précisions sur le contexte de l’époque, en s’appuyant notamment sur « La Grande Histoire des Français sous l’Occupation », écrite par Henri Lamouroux.
L’écrivain – qui a prévu d’organiser une fête à La Ferrière en janvier prochain, « en présence de Lisette et d’Yves » –, se dit marqué par l’écriture de ce livre : « C’est une histoire de cœur, de partage, et il me paraît très important de mettre en valeur des gens qui ont pris le risque d’accueillir une petite juive chez et eux et qui ont été exemplaires d’humanité. »

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Trémel. Thérèse Bourhis rend hommage au couple Le Quéré

samedi 25 janvier 2020

Du 06/01/2020

 

 

 

 

Samedi, la maire de la commune a souhaité, en présence d’une cinquantaine de Trémélois, fleurir la stèle élevée en l’honneur de Marie et Guillaume Le Quéré.

En octobre 1943, ce couple exemplaire a sauvé de la barbarie nazie les six membres de la famille Lévy. C’est Jean-François Le Lay, boulanger du village, qui conduira les Lévy chez les Le Quéré qui demeurent près de la chapelle de la Mission évangélique protestante d’Uzel.

L’Institut Yad Vashem de Jérusalem a nommé Marie et Guillaume « Justes parmi les Nations », et la médaille décernée mentionne : « Le Peuple Juif reconnaissant. Quiconque sauve une vie sauve l’univers tout entier. »

Le petit-neveu de la famille Le Quéré, Denis Le Person, a assisté au dépôt de la corbeille de fleurs. Thérèse Bourhis a voulu marquer le début d’année par cette commémoration, car pour des raisons techniques et d’aménagement des lieux, la stèle avait été dévoilée le 16 novembre dans la salle polyvalente en présence des délégués régionaux de Yad Vashem et des descendants Le Quéré, les familles Bohu, Charlot et Tarassenko.

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Le Creusot: Charles Schneider et son épouse ont été reconnus «Justes parmi les Nations»

samedi 25 janvier 2020

Du 21/01/2020

 

 

 

On dit que la vérité finit toujours par éclater. Quand elle a été longtemps cachée par pudeur, il est encore plus beau quand elle est révélée. Et pour ce qui concerne Charles Schneider et son épouse Lilian (et non pas Liliane) c’est donc récemment qu’ont été révélés leurs actes de résistance et d'héroïsme pendant la seconde guerre mondiale


Maître de forge dans la lignée de sa famille, Charles Schneider, avec son épouse, ont donc sauvé des enfants juifs de la déportation. 
Ils étaient au moins quatre à ainsi avoir été sauvés des crochets et des rafles de la Gestapo.
«Je ne me souviens évidemment pas de cette époque» explique Dominique, la fille de Charles et Lilian Schneider, née au milieu de la guerre. Alors jusqu’à ces derniers mois, elle a ignoré les actes de bravoure et d'héroïsme de ses parents. Ils ne lui avaient jamais dit.  
Charles, mort en 1960, tout comme Lilian, décédée en 1982, étaient partis avec leurs secrets bien gardés.
Dominique Schneider sait désormais que quatre enfants de confession juive, d'une même famille, quatre garçons, avaient été déposés par leurs parents auprès de ses parents. 
Et avec courage, car ils risquaient gros, les époux Schneider avaient donc décidé de les cacher, pour leur éviter la déportation vers les camps de la mort.
«Les deux ainés sont aujourd’hui décédés. Les deux autres ont dit «Il faut faire quelque chose». 
L’un vit à Paris et l’autre en Ile de France», détaille Dominique Schneider. Mais elle ne donne par leurs noms. 
Ils ne l’ont pas souhaité. Ils ont simplement voulu entamer les démarches pour que Charles et Lilian Schneider soient très officiellement nommés «Justes parmi les Nations». 
C’était en novembre dernier. Charles Schneider et Lilian Schneider, née Volpert, sont donc depuis au rang de tous les Justes de France. Ils sont parmi les 24 qui ont été nommés au cours de l’année 2019. La cérémonie co mémorielle de la Shoa aura lieu au printemps.
Ce n’est pas au Creusot, la ville était alors sous occupation allemande, que Charles et Lilian Schneider ont caché les quatre enfants, dont deux ont souhaité révéler et faire reconnaître cet acte d’héroïsme.
«J’ai appris que mes parents avaient fait faire des certificats de baptême catholique, de faux certificats, à ces quatre enfants», souligne Dominique Schneider. 
Elle a également appris que c’est dans l’une des propriétés de ses parents en Ile de France, autour de Paris, que les quatre enfants avaient été cachés. Dominique Schneider rappelle juste que sa maman s’occupait d’un orphelinat à Marly le Roy, dans les Yvelines, à l’ouest de Paris, puis ensuite en Province.
D'autres enfants ont ils été sauvés par les époux Schneider. 
Dominique Schneider ne le sait pas. Mais peut-être l'apprendra-t-elle un jour. Ce sera alors une autre très respectueuse surprise.

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Dordogne : ils avaient accueilli un adolescent juif, « au péril de leur vie »

mercredi 1 janvier 2020

Du 07/09/2019


 


 

 

Lucien et Marcelle Cousinet seront honorés par le mémorial de Jérusalem Yad Vashem, à titre posthume. DR Lucien et Marcelle Cousinet ont abrité Charles Brener chez eux pendant quatre ans. Ils vont être faits Justes parmi les nations.

Ils étaient agriculteurs au bourg, s’appelaient Lucien et Marcelle Cousinet et, durant l’Occupation, ils ont accueilli Charles Brener, un adolescent juif. Dimanche 8 septembre, près de quatre-vingt ans plus tard (1), le couple de Razac-de-Saussignac, un village de 360 habitants dans le Bergeracois, recevra à titre posthume la médaille des Justes parmi les nations, décerné au nom de l’État d’Israël.

C’est Delphine Lopez, petite-fille de Charles, qui a saisi le mémorial de Jérusalem Yad Vashem. Cette jeune femme marseillaise avait adressé une lettre à René Visentini, le maire de Razac-de-Saussignac, en 2013. Ni plus ni moins un hommage à « l’héroïsme » de la famille Cousinet, insistait-elle d’autant que pour la première fois de sa vie, elle venait de visiter le camp d’Auschwitz.

« Ma famille leur doit la vie »

La lettre avait été diffusée dans le bulletin municipal. L’histoire était connue au village mais sans doute par pudeur, les Cousinet ne s’étaient guère épanchés sur le sujet. Ni les intéressés, ni leurs enfants. « J’en avais entendu parler, mais les langues ne se sont déliées que quelques décennies après », dit René Visentini. Seulement âgé de 14 ans, le jeune « Charly » Brener avait fui Paris à vélo, direction la Dordogne où « Lucien et Marcelle Cousinet lui ont donné un toit, de la nourriture, un travail pendant quatre ans au péril de leur vie », témoignait Delphine Lopez, l’une des ses six petits-enfants. « Toute ma famille doit la vie à la famille Cousinet. »

Aujourd’hui âgé de 92 ans et affaibli, Charles Brener ne fera pas le voyage en Bergeracois. Mais Delphine Lopez sera présente à la cérémonie où sont attendus la famille Cousinet, les villageois et « toutes les personnes qui se sentent sensibilisées », ajoute le maire René Visentini.

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Beaumont-de-Lomagne. Un couple sans histoires entre dans l'Histoire

mercredi 30 octobre 2019

Du 08/09/2019

 


 

 

Un couple sans histoires entre dans l'Histoire Jeanne, née Martel, et Jean-Marie Arquié sont, pendant l'Occupation, le couple tranquille qui tient entre ses mains le fonctionnement de l'école Sainte-Lucie, à Beaumont-de-Lomagne. Leur existence n'est ponctuée que par les aléas de la vie d'un établissement scolaire auquel s'ajoute l'éducation de leurs deux enfants nés en 1922 et 1924. En septembre et octobre 1943, les rafles à l'encontre des Juifs se multiplient, et la pression sur ces populations se fait de plus en plus pesante.

Des enfants juifs cachés jusqu'à la Libération

C'est dans ce contexte que Suzette et Daniel Fajnzang, Erna Ulmer et Rachel Raichman sont confiés aux époux Arquié. Un jour, la milice vient à l'école et interroge le directeur car ils ont des informations concernant des enfants juifs qui seraient dans cette école. Jean-Marie Arquié s'emporte et leur répond : «Comment ça, des Juifs chez moi ? Sachez que si j'avais la moindre connaissance qu'il y ait des Juifs ici, je n'attendrais pas la milice, je les aurais fait arrêter moi-même !» Le directeur a crié tellement fort que les enfants ont compris le danger et sont partis se cacher. La milice, impressionnée, quitte les lieux sans fouiller l'établissement. Ils protégeront les enfants jusqu'à la Libération. C'est pourquoi le couple Arquié a été élevé, le 8 mai 2018, à titre posthume, à la dignité de Justes parmi les nations par le comité Yad Vashem. Il s'agit de la plus haute distinction civile attribuée par Israël. La médaille des Justes parmi les nations est décernée par l'Institut Yad Vashem de Jérusalem aux personnes non juives qui ont sauvé des Juifs sous l'occupation nazie, au péril de leur vie.


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Inauguration d’un Jardin des Justes en Charente

mercredi 2 octobre 2019

du 05/09/2019

 

 

La commune de Lesterps. (Crédit : Jack ma / Wikimédia / CC BY-SA 3.0)

 

Le Jardin honorera la mémoire de sœur Saint-Cybard, qui a protégé et sauvé Josie Levy, alors âgée de 5 ans, pendant la guerre

Le 22 septembre prochain, un Jardin des Justes parmi les Nations sera inauguré dans la commune de Lesterps, en Charente, à proximité d’Angoulême, a rapporté le journal Sud-Ouest.

Aliza Bin Noun, ambassadrice d’Israël en France, devrait participer à la cérémonie, co-organisée par la mairie de Lesterps et par le comité français de Yad Vashem. L’évêque de la région et d’autres personnalités devraient également être présentes. 

Le Jardin honorera la mémoire de Marie-Elisabeth Lacalle, sœur Saint-Cybard, qui a protégé et sauvé Josie Levy, alors âgée de 5 ans, pendant la Seconde Guerre mondiale. 

Dans un livre publié en 2007, intitulé Ne dis jamais ton nom, Josie Levy lui a rendu un émouvant hommage.

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