Actualités des Régions

« Les Allemands devenaient méchants »

jeudi 17 janvier 2019

Du 28/09/2013

 

 

 

 

Mme Bochereau : « Après les moments de peur, ce 31 août 1944, la joie l'emporte. » | Henriette Bochereau vit aussi à Ragon. Pendant la guerre, elle était jeune ouvrière maroquinière dans le Choletais. Avec sa mère, Henriette également, à Saint-André-la-Marche, elle a hébergé la petite juive Edith Prymak pendant un an, en 1939 et 1940, puis pendant plus de deux ans de juillet 1942 à août 1944.

Les Allemands devenaient méchants. C'est à ce signe que j'ai senti que la Libération était proche. Pour moi, leur réaction violente était une réaction de peur. Le jour même de la libération de Cholet, ils sont entrés dans notre maison et ont tiré des coups de feu. Ils n'ont trouvé que mon frère, très malade. Nous avions caché Edith.

C'est une des rares journées de cette période de guerre où elle n'a pas eu le droit de sortir. Les Allemands étaient peu nombreux à Saint-André-des-Bois. Ils étaient surtout à Saint-Macaire. En fait, on les ignorait et Edith allait à l'école comme les autres enfants. Je la faisais passer pour ma nièce. Mais les 900 habitants du village, très familial, n'étaient pas dupes. Le maire lui-même avait répondu favorablement à une demande de ma mère. Il a fait ce qu'il fallait pour la petite car ma mère était très respectée dans le village. Elle avait par exemple sermonné le boulanger qui avait refusé du pain à un jeune couple avec deux petits enfants qui vivaient dans la plus grande misère.

Pendant le séjour d'Edith chez nous, tout s'est bien passé. Edith n'a jamais manqué de rien. Mais je m'étais attachée à cette enfant. Alors quand sa mère, restée seule après la disparition de son époux dans les camps de la mort, est venue deux ou trois jours après chercher Edith, ce fut un moment douloureux. Mais nous sommes restées très liées. La mèred'Edith est décédée il y a cinq ans. Je suis allée voir Edith en Israël et elle m'a promis de venir ici l'an prochain fêter mes 95 ans. Alors, oui, ce 31 août 1944, après des moments de peur, c'est la joie qui l'emporte. »
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Maria et Joseph, «Justes parmi les nations», se font une place

jeudi 17 janvier 2019

Du 17/01/2018

 

 

 

 

«Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers, nus et maigres tremblants dans ces wagons plombés…» : comme ce mercredi 11 octobre 2017, lors de la cérémonie de remise de médaille et diplôme de «Justes parmi les nations» à titre posthume à Joseph Martinez et son épouse Maria, les paroles de «Nuit et Brouillard» par la voix de Jean Ferrat ont envahi les cœurs de l'assistance. Son émotion était déjà palpable quelques instants auparavant, lors du couper de ruban et du dévoilage de la plaque au nom du couple de héros, à la place située devant l'hôtel de ville.

Lavelanet a rejoint le réseau «Villes et Villages des Justes de France» ainsi, le souvenir de José et Maria peut désormais être perpétué. «Nous rendons hommage à «Pépé» José et Maria Martinez, qui ont recueilli et pris, a deux reprises, sous leur protection Sarah et Lucie Waiter en ces temps si troublés qu'a connu notre pays, mais aussi le monde tout entier, a souligné Marc Sanchez, le maire, nous, Lavelanétiens, nous leur disons la fierté et la reconnaissance de notre commune et de notre département, rendre hommage à José et Maria Martinez, auteurs d'un acte extraordinaire, généreux, dont ils ne se sont jamais vantés, c'est se souvenir que les Justes incarnent l'esprit de la résistance, l'héroïsme». Francine Théodore Levèque, comité français Yad Vashem, a retracé l'historique de l'Institut et recommandé la vigilance sur le retour de l'antisémitisme. Jean-Michel Caux, ex-maire de Lavelanet, était très proche de «Pépé». «C'était un homme du peuple, discret, simple, un héros tranquille, ce sont ces gens qui nous permettent d'espérer dans la race humaine». La reconnaissance de Lucie Waiter est touchante. «J'ai de la famille qui n'a pas eu la chance de venir à Lavelanet, ils sont morts à Auschwitz, merci Pépé et Maria». Dominique Martinez-Chenet, la fille de Joseph et Maria, est gagnée par l'émotion, les mots restent dans sa gorge. «Je suis fière de mes parents». Pour Agnès Bonjean, la sous-préfète «Héros, ils le sont aujourd'hui, mais quand ils ont accompli leur action, ils ne le savaient pas, leur mérite est immense». Dans le salon d'honneur, La Marseillaise a retenti. Désormais, à l'extérieur, toute proche, une place au nom de «Maria et Joseph Martinez, Justes parmi les Nations» permettra de se souvenir.

 

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Thionville. Une enseignante de Sophie-Germain revient d’une poignante immersion à Yad Vashem

dimanche 30 décembre 2018

Du 28/12/2018

 

 

 

 

 

« Ce qui est remarquable, c’est cette volonté de les rendre vivants, de faire revivre tous ces gens en retraçant leur parcours de vie. » Photo DR Depuis des d’années, une prof d’histoire de Sophie-Germain inculque à ses élèves le devoir de mémoire. Elle revient d’un séminaire au mémorial de Yad Vashem, en Israël. Une poignante immersion parmi les victimes juives de la Shoah.

Elle fait partie des chanceux sélectionnés. Laurence Steinmetz, professeur au lycée Sophie-Germain à Thionville, a candidaté et été retenue comme une trentaine de profs en France pour participer au séminaire de formation proposé par le comité français pour Yad Vashem, en Israël.

Ici, à Jérusalem, l’enseignante « est entrée dans une page de l’Histoire, l’histoire émotion. Pendant une semaine, des conférenciers ont apporté leur lumière sur la culture juive, l’histoire de la Shoah, sans prosélytisme », apprécie-t-elle.

Lors de ce séjour d’une semaine, la Mosellane attachée à transmettre le devoir de mémoire à ses élèves, a su apprécier autant les moments passés sur les bancs des salles de séminaire que les visites du mémorial, de Jérusalem-ville et du Mont des Oliviers. « J’avoue que je craignais que le cycle de conférences soit un peu lourd. Les intervenants, universitaires, médecins, ambassadrice de France en Israël, ont livré au final des pans d’histoire, des aspects psychologiques, philosophiques, sociologiques intéressants, que je pourrai retransmettre en cours », se félicite la petite-fille de résistant.

A la vallée des communautés, Laurence Steinmetz a réussi à retrouver les communautés juives victimes de la Shoah venues de Thionville, Hayange, Sierck, Uckange. Photo DR

« Comme autant de vies qui se croisent »

Que retient justement Laurence Steinmetz de sa première fois en Israël ? « Ce qui m’a frappé, c’est la manière dont étaient abordées les conférences et rencontres. Bien sûr nous avons parlé de toutes les victimes des camps de concentration, des morts dans les camps d’extermination. Ce qui est remarquable, c’est cette volonté de les rendre vivants, de faire revivre tous ces gens en retraçant leur parcours de vie, leur naissance, leur enfance, leur adolescence. C’est exactement le sentiment qui se dégage quand on découvre cet immense mur de photos de portraits en noir et blanc, comme autant de vies qui se croisent. »

Autre séquence émotion : « Ce moment où nous nous sommes rendus à la vallée des communautés, où sont gravés tous les noms des communautés juives du monde touchées par la Shoah. » Dans ce dédale de roche, Laurence Steinmetz a réussi à retrouver celles de Thionville, Hayange, Sierck, Uckange, parmi les centaines d’inscriptions qui fleurissent sur les pierres beiges. De quoi s’imprégner de ce lourd passé que la prof ne manquera pas d’évoquer en cours d’histoire.

Plus légers, ces moments passés dans le désert de Massade et sur les bords de la Mer Morte ont bouclé ces sept jours intenses émotionnellement.

Emmanuel Correia

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Le lycée Alain-Fournier sur la trace des Justes

vendredi 21 décembre 2018

Du 21/12/2018

 

 

 

 

C'est une étape majeure (deux années) dont se rappelleront les 19 élèves du lycée Alain-Fournier qui ont participé, avec leur professeur Manuel Nérée, au projet «Juste Humains !» Ils ont mené leur enquête sur un couple de Justes mirandais, les époux Lacave, qui avaient caché Liuba Suganas et sa fille Odile de juin 1942 à août 1944. Les époux Lacave, des agriculteurs, habitaient alors une ferme à Mirande. Ils ont été reconnus «Justes parmi les nations» le 7 janvier 1996 pour avoir sauvé des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale sans contrepartie. Les 19 élèves du groupe iront leur rendre hommage au mémorial Yad Vashem lors d'un voyage du 20 au 25 janvier en Israël. Parmi les soutiens matériels et financiers de ce projet, la Fédération André-Maginot, la plus ancienne association à avoir apporté son soutien aux militaires en difficulté. Mardi après-midi, Denis Baret, président du groupement147 de la Fédération nationale André-Maginot (FNAM), a remis à Eric Bénard, proviseur, un chèque de 1.400 € de participation à ce voyage. Les jeunes ont aussi assisté à une remise de médaille de Justes, à Lavelanet, en Ariège. Ils ont aussi pu rencontrer Odile Suganas, qui leur a fait visiter la maison où elle avait été cachée, petite. Chaque élève a aussi été chargé de la rédaction partielle d'un chapitre d'un futur manuel scolaire qui racontera l'histoire des deux familles Lacave et Suganas, encadrés par leur professeur Manuel Nérée, qui a initié le projet. Les élèves ont mené de multiples actions pour financer leur projet. Cela s'est fait en parallèle à leurs activités scolaires. Eric Bénard, proviseur, a apprécié leur investissement dans ce projet qui complète leur programme scolaire.

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Serge et Béate Klarsfeld en Creuse en mémoire de la maison des enfants juifs de Crocq

vendredi 21 décembre 2018

Du 07/12/2018

 

 

 

Panneau - A l'arrière de la stèle des Oeuvres de Secours aux Enfants (OSE), le panneau d'explications de l'accueil des enfants juifs en 1939 a été dévoilé avec les époux Klarsfeld. © Pruny Rémi Serge et Béate Klarsfeld étaient à Crocq (Creuse) ce jeudi pour la cérémonie en mémoire des Justes qui ont protégé des fillettes juives entre 1939 et 1942. 

Crocq (Creuse), la mémoire et l’Histoire, c’est une belle aventure. Il y a d’abord eu la reproduction du Guernica de Picasso, quasiment grandeur nature, accrochée non loin de la maison qui a hébergé le premier ministre de la République espagnol, Largo Caballero, réfugié à Crocq après la guerre civile.

Désormais, un nouveau panneau vient rappeler un autre récit que l’Histoire a fait passer par la cité crocquante. Planté près de la maison des Granges, où réside désormais l’école primaire, et qui a servi de refuge à une centaine de fillettes juives de 1939 à 1942 dans cette “maison d’enfants”.

Quels sont les liens de Serge Klarsfeld avec la Creuse ? 

Présence exceptionnelle - Serge et Béate Klarsfeld oeuvrent inlassablement à la vérité de l'histoire de l'holocauste juif initié par les nazis. Ils ont reçu la médaille de la Ville de Crocq le 6 décembre.

Et pour le dévoiler, un grand témoin, un couple, les époux Serge et Béate Klarsfeld qui ont consacré leur vie à poursuivre les criminels de guerre nazis. 

Petite histoire, grande Histoire, qui a aussi noué un lien entre Serge Klarsfeld et la Creuse. Lui aussi, comme les fillettes de Crocq, a été un enfant caché. C’était à Grand-Bourg, il y a 78 ans.

Il a évoqué Louis Aron, directeur de la maison d’enfants de Crocq, dont il a édité le journal, témoignage exceptionnel de la vie quotidienne des réfugiés juifs en Creuse. Il a salué « les actes de bravoures des petites gens, qui discrètement, ont fait des actes ordinaires pour eux mais héroïques pour les autres ».

Des petites gens reconnus comme “Justes” de nos jours. Ceux qui ont tenu cette maison d’enfants, une des quatre du département, du début de la Seconde Guerre Mondiale à son évacuation vers le château de Chaumont à Mainsat. Ces maisons, elles, avaient été transférées de la région parisienne, en l’occurrence de Neuilly, vers les zones rurales, loin de la guerre. Jusqu’à ce que les Allemands passent la ligne de démarcation.

Que sont devenus les fillettes réfugiées à Crocq ?

Le maire de Crocq, Jacques Longchambon, n’a de cesse de mettre en évidence le devoir de mémoire et ces acteurs de l’époque qui ont sauvé l’honneur. À Crocq, une place porte le nom de Marie-Thérèse Goumy, directrice de l’école pendant la guerre qui a œuvré pour la protection des enfants. On trouve aussi la rue Louis-Aron, qui a pris tous les risques pour les sauver. Sans oublier Marie Lagrollière, ouvrière de Chapal, qui a sauvé un enfant de la rafle.

Paroles justes pour des actes justes. À la cérémonie du dévoilement (*) de ce panneau explicatif, le représentant du comité français du mémorial Vad Yashem, a salué le travail de mémoire local qui répond à la résurgence des actes antisémites et racistes de ces temps troubles. Les fillettes réfugiées à Crocq ont toutes survécu.

Quelle transmission aux générations actuelles ?

Cette belle cérémonie, chargée d’émotion et d’espoir, a été suivie par les écoliers et les collégiens des établissements scolaires du bourg. Tous les enfants ont écouté avec une attention rare l’ensemble des discours, signes de l’intérêt du sujet qu’ils ont abordé auparavant en classe pour préparer ce moment important de leur vie d’écolier.

Immersion - A l'issue de la cérémonie, les collégiens ont eu un temps bref pour interviewer Serge Klarsfeld pour mesurer l'importance de son travail de mémoire, d"histoire et de justice.

Il s’est achevé par une chanson de Jean-Jacques Goldman dont les paroles (2) ont résonné comme un hymne à l’enfance qui a été protégée et sauvée entre 1939 et 1942, puisque toutes les fillettes réfugiées à Crocq ont évité l’arrestation et la déportation, toutes ont survécu presque miraculeusement.

Grâce à l’humanité, à la résistance, aux actes ordinaires de bon sens des petites gens de Crocq et de la Creuse. 

 

 

 

 

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La Creuse est l'un des départements où le plus de Juifs ont été sauvés pendant la Seconde Guerre mondiale : mythe ou réalité ?

vendredi 21 décembre 2018

Du 19/12/2018

 

 

 

La médaille des Justes a été décernée à Marcelle Porte, enseignante qui vivait à Bourganeuf © BARLIER Bruno La Creuse fut un département  "refuge" sous l'Occupation.  Ce qui tient à sa position géographique mais aussi à l'hospitalité de ses habitants. Si l'histoire des maisons d'enfants de l'OSE est relativement connue, de multiples actes individuels ont permis  d'empêcher l'arrestation de 95% des quelque 3.000 Juifs, étrangers et Français,  réfugiés en Creuse.  

Avant la Seconde Guerre mondiale, la population de confession juive de la Creuse représentait « 600 personnes », selon l’historien creusois Christophe Moreigne. Nombre qui a pu atteindre 3.000 à 3.500 personnes sous l’Occupation.

Un refuge pour tous les persécutés 

La Creuse a été une terre d’accueil pour les réfugiés en général : lors de l’exode de mai 1940, la population du département, qui comptait alors 200.000 habitants, a plus que doublé.

Par la suite et en proportion, la Creuse a accueilli plus de personnes persécutées que d’autres départements. Christophe Moreigne explique ce rôle de « refuge » par « la proximité de la ligne de démarcation ».

 Surtout, en Creuse, il y a eu les “homes d’enfants”.

Chateau de Chabannes Saint Etienne Saint Pierre de Fursac

Au début des hostilités, l’OSE (Œuvre de secours aux enfants) a replié ses maisons installées intialement en région parisienne  entre la Haute-Vienne et la Creuse (à Saint-Pierre-de Fursac, Le Grand-Bourg et Mainsat). Il y avait également la maison du Refuge israélite de France; près de Crocq.

A Chabannes, le directeur, Felix Chevrier a réussi à exfiltrer "300 enfants vers les Etats-Unis", rappelle Christophe Moreigne. 

1.000 enfants juifs protégés dans le département

Au total, environ 1.000 enfants juifs ont séjourné dans ces différents établissements sur la durée de l’Occupation. « Les châteaux de l’OSE ont créé des points de fixation pour les familles juives », observe Christophe Moreigne.

Dans un contexte de présence quantitativement importante de réfugiés juifs, l’hospitalité creusoise, reconnue par les témoins , a fait des merveilles.

Dans son livre, La Mention  rouge, qui vient de paraître  aux éditions Points  d'encrage, Christophe Moreigne a ainsi recueilli le témoignage de Jacques Bloch,  le neveu de l’historien et Résistant Marc Bloch,  qui fut lycéen à Guéret et  qui s'est lui-même engagé dans la Résistance à 17 ans.

La famille Schwab est venue d'Alsace et s'est réfugiée à Guéret en 1942 ( collection Ch.Moreigne)

Une générosité spontanée

Jacques Bloch évoque la générosité spontanée des habitants de Genouillac, une commune du nord du département: « Mes parents sont arrivés complètement démunis dans la Creuse sans connaître personne. Des paysans avaient appris que des pauvres gens pourchassés venaient d’arriver.  Ils nous proposaient du beurre, un rang de pomme de terre dans leur champ de façon complètement désintéressée » . 

Cérémonie commémorative , 9 adultes, enfants, juifs ,réfugiés, Mainsat, raflés , 1942,1943, morts en déportation, stèle, Jacqueline Jary, maire, conseil municipal

Christophe Moreigne a mené de longues recherches sur les différentes  vagues de réfugiés  en Creuse. Des Italiens fuyant le fascisme se sont ainsi  expatriés dans les Monts de Sardent des les années 1920 :  « Il y a un fond naturel hospitalier chez les paysans creusois. Une solidarité des humbles. A la veille de la guerre, les Creusois ont été accueillants avec les réfugiés espagnols. Ils le seront avec les Juifs comme avec les prisonniers allemands après la Libération », éclaire l'historien.

« Nous sommes partis de la légende familiale, évoquée parfois par mon père . Elle tournait autour de M.Obstander, un Juif hollandais qui se cachait dans notre grange . Ni mon père ni ma tante  n’avaient eu accès à d’autres informations. Les anciens ne parlaient pas ». 

Elisabeth Remy-Netange (enseignante et decendante de la famille Nétange de Moutier-Rozeille qui s'est vouée à la protection de familles juives sou

La Creuse et la Haute-Vienne

Au plus près de ses propres racines, et à l'invitation d'Elisabeth Rémy-Nétange,   le journaliste creusois Robert Guinot a su délier les langues 70 ans après et même « forcer » une certaine forme de pudeur autour de Moutier-Rozeille, une commune proche d'Aubuson. 

Dans son  dernier livre, Terre des Justes, paru aux éditions de Borée, Robert Guinot  reprend l'enquête fleuve intitulée Le Réveil des mémoires silencieuses publiée dans La Montagne, entre 2013 et 2014 .   

Le livre la Mention Rouge de Christophe Moreigne est le résultat de plusieurs années de recherches dans les archives. Un travail autour de documents édifants et exclusifs. Le livre Terre des Justes, de Robert Guinot, est publié au éditions de Borée. Il su

La situation dans d’autres départements très ruraux souligne la relative « protection » dont ont bénéficié les Juifs réfugiés en Creuse.

 

Le régime de Vichy, puis l‘Occupant directement, ont procédé à au moins quatre rafles en Creuse entre le 26 août 1942 et le 25 juillet 1944.

Au final,  on dénombre 170 déportations sur plus de 3.000 Juifs réfugiés en Creuse.

60 Justes parmi les nations dans le département

Le « refuge » creusois et haut-viennois, bien que plus diffus, est comparable à celui des vallées de Haute-Loire et du Vivarais, marquées par la présence protestante, qui ont abrité entre 3.000 et 5.000 Juifs.

S’il n’y a pas eu de Chambon-sur-Lignon en Creuse, un autre indicateur est le nombre de personnes élevées au rang de Justes parmi les nations par la fondation Yad Vashem : le département compte aujourd’hui 60 Justes.

Un nombre important rapporté à la population totale.

Julien Rapegno

 

 

 

 

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