Castelnaudary-Médaille des Justes posthume à Simone Lorimier-Maurel

Du 17/01/2015

 

 

 

 

Jean-Louis Lorimier recevant la médaille des Justes, accompagné du maire, du directeur de l'institut Maïmonide, de Montpellier, et du consul général d'Israël./ Photo DDM L. K.

La médaille des Justes parmi les Nations a été remise à Jean-Louis Lorimier représentant sa maman Simone Lorimier-Maurel, directrice du préventorium Le Nid béarnais à Jurançon pendant la Deuxième Guerre mondiale, qui a caché un enfant juif, Armand Rafalovitch, dans son établissement. Une grande émotion lors de cette cérémonie submergeant Jean-Louis Lorimier qui n'a pu dire un mot.

Armand Rafalovitch, lui aussi très ému, se mélangeant dans les papiers de son discours, retrace son parcours. La famille Rafalovitch d'origine juive quitte la Pologne dans les années 1920 et s'installe à Amsterdam aux Pays-Bas. Pendant la Deuxième Guerre mondiale ils décident d'habiter dans le sud de la France à Toulouse.

Armand Rafalovitch raconte : «J'avais 4 ans. On a choisi la France car mon père était un ancien combattant de la guerre 14-18. Il existait à Toulouse une association qui aidait à cacher les enfants juifs. En 1944, à l'âge de 6 ans, on m'a envoyé dans le préventorium le Nid béarnais à Jurançon dirigé par Mme Simone Lorimier-Maurel. Elle a tout fait pour que personne ne sache que j'étais caché là. Personne n'a rien dit». Il y est resté jusqu'à la Libération. Adulte, il n'a eu de cesse de retrouver la personne qui, au péril de sa vie, l'avait sauvé. «Ils sont rares les enfants cachés qui ont retrouvé les personnes qui les ont sauvés. Je voudrais souligner que c'est la France qui a sauvé le plus de juifs adultes et enfants pendant cette Deuxième Guerre. Il est bon de le rappeler après l'attentat terroriste de ces jours-ci.» Il affirme avec force : «Nous sommes tous Charlie, flics et juifs.»

Le maire souligne la présence de la classe de 1re du lycée Andréossy : «ces jeunes, sentinelles de notre démocratie.» Michaël Iancu directeur de l'institut Maïmonide, de Montpellier, insiste. «Les trois quarts des juifs en France eurent la vie sauve grâce à des Français de tout milieu… En France 3 550 personnes ont été identifiés comme «Justes parmi les nations», dont 170 dans le Languedoc-Roussillon.» Le consul général d'Israël Rahamim Yaacov conclut : «Leurs actions sont et resteront le symbole de la défense des valeurs de justice et de paix.»