Caudecoste - Institutrice de 1940 à 1944, Denise Baratz n'est plus

Du 16/12/2014

 

 

 

 

Ils étaient 28 Justes parmi les Nations, dans le Lot-et Garonne en 2010. Denise Baratz était de ceux-là. Elle nous a quittés lundi matin. Denise était une personne discrète, un personnage devons-nous dire, et ses élèves de l'époque, témoins des faits héroïques qu'on lui attribue, doivent être bien tristes aujourd'hui. En public, elle était discrète, mais mise en confiance, on ne l'arrêtait plus. Et elle en avait des choses à raconter. Sa vie est un roman où transparaît l'humanisme et le don de soi. Peu de Caudecostois savaient qui était Denise Baratz, jusqu'à ce que les survivants d'une famille qu'elle a aidée ne se manifestent pour lui témoigner leur reconnaissance. C'était la guerre. Denise Baratz, âgée de 20 ans, institutrice à l'école publique de Caudecoste, son premier poste, accomplissait un devoir naturel pour elle : la dissimulation d'enfants juifs aux troupes d'occupation. C'est ainsi qu'elle a recueilli Renée Pégart, née Krako, âgée de quelques mois, qu'elle l'a cachée dans son logement de fonction de l'école de Caudecoste pendant que la mère de famille se dissimulait dans des cabanes de vigne. Les survivants de la famille Kraco n'ont jamais oublié ce qu'ils doivent à Denise. Grâce à la démarche de sa protégée reconnaissante et de sa sœur aujourd'hui décédée, elle a été reconnue Juste parmi les Nations et son nom figure sur le mémorial Yad Vashem de Jérusalem. Lionel Jospin lui avait remis la médaille d'officier de la Légion d'honneur en 2010. Un hommage lui a été rendu au crématorium de Lafox, vendredi matin.