C'était il y a 70 ans

 

 

 

 Les descendants des époux Briand ont reçu hier la médaille de Justes parmi les nations, remise à titre posthume. 

Frédéric Robins, l'enfant juif sauvé par les époux Briand, a raconté son enfance, heureuse malgré le contexte. (photo s. J.)

Enfants, petits-enfants, nièces et neveux de Joseph et Henriette Briand, couple de Castelbernardins qui a recueilli un enfant juif pendant la Seconde Guerre mondiale, ont vécu un moment intense hier après-midi.

Ce moment d'émotion et de fierté a été partagé avec de très nombreux habitants de Châteaubernard, des élèves de Jules-Vallès et de Pablo-Picasso ainsi que d'élus du Cognaçais, qui avaient revêtu leur écharpe tricolore à l'occasion de la cérémonie de reconnaissance des Justes parmi les nations.

Une stèle en hommage

Freddy Robins, l'enfant juif de 4 ans, le petit réfugié lorrain arrivé avec sa mère à Châteaubernard fin 1939, a maintenant 77 ans.

Hier, sous l'œil attentif de ses deux fils, celui qui vit en Australie a raconté son enfance heureuse dans la famille Briand, allant d'anecdotes en anecdotes, encore impressionné par la perspicacité du couple Briand qui a très tôt compris qu'il fallait cacher la judéité de l'enfant et franciser son nom.

Frédéric Robins a mené toutes les démarches auprès du Comité français pour Yad Vashem afin que Joseph et Henriette Briand soient déclarés Justes parmi les nations par l'État d'Israël.

Hier, l'émotion était toute particulière pour Marie-Louise, la belle-fille des époux Briand, et son fils, Pierre-Yves, adjoint au maire de Châteaubernard. Louis, le mari et père, disparu voici quelques années, a aussi pris des risques pour que l'enfant revoie sa famille du temps de la séparation.

La lecture d'un courrier de Simone Veil, adressé au maire de Châteaubernard, puis les témoignages d'enfants de l'époque, lus par des petits Castelbernardins, ont été des instants riches.

Michel Altenssu, délégué du Comité français pour Yad Vashem, a remis le diplôme et la médaille de reconnaissance des Justes parmi les nations à l'ensemble de la famille Briand.

Quelques instants plus tard, le maire Daniel Boyer, qui venait de tenir un discours fort et très contemporain, a inauguré l'allée des Justes et dévoilé la stèle, en marbre et gravée d'un arbre de vie, qui rend hommage aux époux Briand.

Séverine Joubert 

source:http://www.sudouest.fr/2012/06/19/c-etait-il-y-a-70-ans-747370-882.php du 19/06/2012