Leurs actes à jamais reconnus

Du 20/01/2014

 

 

 

Yvette Menestrier, 96 ans, la fille d'Ernestine, entourée des trois enfants cachés par sa mère durant la Seconde Guerre mondiale. La médaille de « Justes parmi les Nations » a été remise hier, dimanche 19 janvier, aux ayants droit de deux anciennes habitantes de Villers-Saint-Sépulcre (Oise).

Il ne suffit pas de dire « Plus jamais ». Ce qu'il faut, c'est ne pas l'oublier. » rappelle Pierre Osowiechi, vice-président du comité français pour Yad Vashem. Et ce, même s'il s'agit d'une douloureuse époque. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Ernestine Desplanque et sa mère, Amélie Mergoux, ont caché trois enfants juifs. C'était il y a un peu plus de 70 ans. Ce dimanche, la médaille et le diplôme de « Justes parmi les Nations » leur ont été décernés.

Pour Michel Lugassy-Harel, ministre aux Affaires administratives auprès de l'ambassade d'Israël, il s'agit là de reconnaître des « héros ordinaires ». « Elles n'ont pas sauvé que des vies humaines mais aussi l'honneur de la France. Le peuple juif n'oublie pas. Les Justes rappellent que le courage est aussi chez des hommes ordinaires, qui ont fait des actes extraordinaires » poursuivra-t-il lors de son allocution.

Les discours s'enchaînent. Toutes les autorités présentes lors de cette cérémonie pleine d'émotion ne manqueront pas de rappeler ce courage, celui de sauver des gens au péril de leur vie. Mais pas que. Les deux femmes ont également offert de la tendresse ainsi qu'un foyer. La médaille de « Justes parmi les Nations » n'est pas une distinction. Elle se veut être un témoignage de reconnaissance éternelle. Et, au-delà des deux personnes, ce fut aussi un hommage à tout un village.


Des liens forgés à jamais

Après la guerre, les enfants cachés, Danielle Sebban-Zeldine ainsi que Jean et Michel Pleskoff, ont toujours maintenu des relations affectueuses avec Ernestine Desplanque et Amélie Mergoux. Ces relations se poursuivent encore aujourd'hui avec leurs descendants. Cette grande famille était d'ailleurs au complet ce dimanche. Tous étaient extrêmement fiers de cette bravoure reconnue. « C'est très glorifiant » souligne ainsi Sylvie Menestrier, la petite-fille d'Ernestine. « Tout ça, ça me rappelle des moments que j'ai passés dans la maison quand j'étais jeune » poursuit-elle. Pour Marie-Louise Autun, 80 ans, c'était un moment « formidable et très émouvant ». À l'époque, sa belle-mère ravitaillait le foyer où les enfants étaient cachés. « Il fallait que cette cérémonie se fasse » raconte Jeanine Becquart, une enfant placée chez Ernestine dans un tout autre contexte. La médaille et le diplôme ont été remis aux ayants droit. Le courage d'Ernestine et de sa mère Amélie sera désormais connu de tous.

AURÉLIEN TOURNIER