Saint-Claude -Rosine Schiari reçoit la médaille des Justes à titre posthume

Du 29/10/2014

 

 

 

 

 

Pour avoir recueilli durant trois ans Mina Gröbel, fillette juive de 12 ans, lors de la Seconde Guerre mondiale, Rosine Schiari, ouvrière italienne installée, à Saint-Claude, a reçu, à titre posthume dimanche 19 octobre, « la plus haute distinction du pays d’Israël, témoignage de reconnaissance éternelle », a expliqué Elad Ratson, directeur des Relations publiques près l’Ambassade d’Israël à Paris. Il ajoutait : « Le courage se trouve dans des hommes ordinaires, qui font des actes extraordinaires».

Un hommage rendu possible grâce au Comité Français pour Yad Vashem, représenté par Didier Cerf, délégué régional. ” Le titre de Juste parmi les Nations a été décerné à environ 30 000 personnes dans le monde, dont plus de 3 800 en France.»

Le Préfet du Jura, Jacques Quastana, précisait : ” cet hommage particulier est l’occasion de nous souvenir de tous les Justes de France. Parmi eux, trente-huit Comtois et quinze Jurassiens. Des héros de l’ombre, qui ont donné à notre devise républicaine, le sens le plus concret en la traduisant dans les actes de leur vie quotidienne”. ” Le nom de Rosine Schiari, inscrit au Mémorial des Justes, est désormais un motif de fierté pour notre ville » concluait le maire Jean-Louis Millet.

Rosine Schiari, malgré les dangers qu’elle encourait a sauvé seule la petite Mina. Tout a commencé, lors de la rafle du 26 août 1942 après l’invasion de la zone non occupée par les troupes allemandes, les Juifs non français sont arrêtés et envoyé à Drancy, puis déporté à Auschwitz. Les parents de Mina font parties des personnes arrêtées. Mina était absente de la maison lors de l’arrestation de ses parents. A la fin de la rafle, la voisine des Gröbel, Rosine Schiari aperçoit Mina en train d’errer dans la rue. Rosine la récupère chez elle. Son mari est absent car il est déporté comme prisonnier politique. Rosine Schiari a une fille du nom d’Odette née en 1929 comme Mina. Rosine a du mal à joindre les deux bouts, mais cela ne l’empêche pas de garder Mina chez elle pendant deux ans. Rosine ne veut pas s’inscrire à l’aide sociale de peur que les autorités apprennent l’existence de Mina. Elle fait tout pour nourrir et élever Mina comme sa propre fille.

Une fois la région libérée de l’occupant nazi, Rosine contacte les autorités et rentre en contact avec le consulat de Belgique  car la famille Grobel venait de Belgique avant d’arriver en France.

Mina est parti vivre en Israël en 1946 et n’a plus parlé de ce qu’elle a vécu durant l’occupation pendant le restant de ses jours jusqu’à son décès en 2001.

C’est grâce aux recherches minutieuses d’une professeur d’histoire, Valérie Debuire , habitant Sérignan (Hérault) et à l’accord de l’oncle de Mina, Doron Limor,que le dossier avait pu être instruit le 19 décembre 2012 par l’Institut Yad Vashem à Jérusalem. Sans oublier la participation de Valérie Perthuis-Portheret, historienne à l’Université Lyon 2, spécialiste du sauvetage des enfants juifs du camp de Vénissieux et de la contribution des archives, notamment municipales”.

Fortunée