Pontault-Combault : Jean Zylber a échappé à Drancy et Auschwitz grâce aux Nadaud

Du 18/11/2018

 

 

 

 

Pontault-Combault, ce dimanche matin. Jean Zylber embrasse Françoise, l’une des trois petites-filles (à dr.) de Marcel et Maximilienne Nadaud, un couple de Pontault qui l’a sauvé des nazis en le cachant lorsqu’il était enfant. LP/Marine Legrand Jean Zylber, 86 ans, a témoigné lors de la remise du titre de « Justes » à Marcel et Maximilienne Nadaud, qui l’ont caché de 1942 à 1947 à Pontault pour le sauver des nazis.

Des sanglots qui déchirent la salle. De chaudes larmes qui roulent sur les joues du public. L’émotion était terriblement intense, dimanche matin, à Pontault-Combault, lors de la cérémonie au cours de laquelle le titre de « Justes parmi les nations » a été remis à un couple de la ville, à titre posthume, via leurs trois petites-filles.

Marcel et Maximilienne Nadaud ont caché des nazis le petit Jean Zylber, un enfant juif de 10 ans, entre 1942 et 1947. Les parents de Jean avaient prévu de revenir le chercher après leur fuite. Mais Jean ne les reverra jamais : ils furent arrêtés à la frontière italienne, déportés à Drancy puis à Auschwitz où ils sont morts en 1943.

Aujourd’hui, Jean a 86 ans. C’est lui qui a tenu à honorer la mémoire de ses parents adoptifs qui lui ont sauvé la vie grâce à ces cinq années de purs amour et altruisme.

Au micro, devant les petites-filles Nadaud, sa voix se brise. Il s’écroule, trop ému. Puis l’homme se ressaisit et passe la parole à son fils Benjamin, qu’il a chargé de lire ses souvenirs de l’époque.

Jean y décrit l’armoire dans l’appartement familial parisien où son père avait aménagé une planque si besoin, « la rafle du Vel d’Hiv et le scellé posé sur notre porte », ses parents « qui demandent aux Nadaud de me garder chez eux, à Pontault-Combault, rue du Bois-Saint-Martin ».

Pontault-Combault, ce dimanche. Jean Zylber a eu la voix brisée par l’émotion en prenant la parole. LP/Marine Legrand

« Marcel et Maximilienne ont pu se procurer une carte d’alimentation pour moi grâce à une complicité, c’est comme si cela m’avait donné une existence. Et j’allais à l’école Emile-Pajot avec mon vrai nom, Zylber. » Jean vivait dans la maison des Nadaud, coupait du bois, nourrissait leur cochon… Un quotidien simple et rempli d’affection.

« Nos voisins connaissaient sans doute mes origines mais personne ne m’a dénoncé, souligne-t-il. Les Nadaud m’ont gardé jusqu’à la fin de la guerre avec cet esprit de générosité particulièrement marqué, comme souvent chez les gens de condition modeste. Grâce à eux, je n’ai pas connu Auschwitz et ses fours crématoires. » Puis Jean partira à Chicago (Etats-Unis) chez sa tante Ruth, qui s’occupera de lui « comme de son propre fils » durant douze ans.

Dimanche, le « comportement exemplaire, discret et efficace » du couple Nadaud est entré dans l’histoire, se réjouit le Pontellois Patrick Barone, fils et petit-fils de Justes : « Nous avons inauguré une stèle des Justes dans le parc de la mairie où leur nom est désormais gravé à tout jamais », annonce Gilles Bord (PS), le maire.

Marine Legrand