Nevers - Quai des Mariniers, une cérémonie était dédiée aux victimes des crimes racistes et antisémites

Publié le 22/07/2013

 

 

 

 

Le nouveau secrétaire général, Jean-Michel Vidus, représentait la Préfète au moment de la commémoration des victimes de crimes racistes et antisémites.? - Photos Lionel BRÜGGER

Face au monument du square Edouard-Millien, hier matin, un instant solennel était rendu à la mémoire des victimes des crises racistes et antisémites de l’État français, mais aussi aux Justes de France.

« La France a commis l'irréparable »

L'État français est capable du meilleur comme du pire. Après avoir défendu la liberté et la démocratie au lendemain de sa Révolution, il a joué son plus mauvais rôle lors de la Seconde guerre mondiale en arrêtant et déportant des personnes sur le seul critère religieux.

Jean-Charles Amsellem, le représentant de la communauté juive, rappelait dans son discours les heures les plus sombres que la France est connue. « La France, patrie des Lumières et berceau des Droits de l'Homme, a commis l'irréparable, l'innommable, l'indicible ».

« N'oubliez jamais »

En participant à la Shoah, l'État s'est rendu complice de la mort de ses citoyens. C'est pour cela que le devoir de mémoire est toujours nécessaire et doit être sans cesse renouvelé. Pour que les générations futures ne soient plus jamais mises au ban à cause de leur religion.

Pendant la cérémonie, la phrase inscrite sur le monument résonnait parmi les personnes présentes, « N'oubliez jamais ».

« Parce que si l'antisémitisme existe encore, c'est à nous de veiller à le combattre par l'intermédiaire de nos institutions. La prévention auprès de la jeunesse reste notre meilleure arme. C'est en enseignant l'histoire et le civisme que les erreurs du passé ne seront pas réitérées. Soixante-dix ans après la rafle du Vel-d'Hiv où 12.000 personnes ont été rassemblées avant leur déportation, le souvenir semble, malheureusement, s'effacer peu à peu ».

En l'honneur des Justes

Au c'ur des événements, une partie du peuple français a marqué son opposition face à la barbarie. La cérémonie a donné l'occasion de rappeler le rôle de des Justes. Le secrétaire général de la Préfecture, Jean-Michel Vidus, leur a rendu un vibrant hommage. « L'année 1943 fut une année sombre pour la France et le monde. Pourtant, ces « Justes parmi les nations » furent aussi la France. Ils ont assuré un soutien vital aux personnes qu'ils cachaient et notamment les enfants ». Comme certains étaient anonymes, il est difficile de dire que les 3.550 hommes ou femmes recensés correspondent à la réalité. Grâce à eux, trois quarts de la population juive française a échappé à la déportation.

Intégrés à la cérémonie depuis l'an 2000, les « désobéissants ci vils » ont attendu une soixantaine d'années avant que leur courage soit officiellement reconnu. Un temps incroyablement long pendant lequel une partie de ces personnes ont disparu, emportant leur secret avec eux.

Alors que la Seconde guerre mondiale est terminée depuis soixante-dix ans, les victimes de crimes racistes et antisémites perdurent autant que le devoir de mémoire.

Alexis Duclos