Quatre Justes parmi les nations honorés à Conquereuil

Du 02/05/2018

 

 

 

 

À gauche : Les frères Sartène et la Une de qui leur avait été consacrée, en novembre 2014. En haut à droite : Yolande Biville, Patricia Lahue et Claudine Julaud, descendantes des Conquereuillais venus au secours de la famille juive. En bas : 300 personnes Le 15 avril, devant 300 personnes, un hommage exceptionnel a été rendu à trois familles conquereuillaises pour leur courage durant la Seconde guerre mondiale.

Les maires des communes du secteur étaient présents, de même que les époux Korenbaum, délégués de Yad Vashem, le sénateur Christophe Prioux, le sous-préfet Mohamed Saadallah, Richard et Daniel Sartène et aussi les descendants des familles honorées.

Remontons 76 ans en arrière, lors de la dernière guerre et l’occupation nazie. Nous sommes en 1942 et la vie à Conquereuil, malgré les événements, est relativement épargnée des grands tumultes. Il n’en est pas de même à Paris. Là, vit la famille Sartène, juive d’origine polonaise. Le papa est tailleur.

Des habitants au secours des Sartène

 

Pour échapper aux rafles, ils bénéficient de la complicité d’Yvette Riveret, commerçante, et d’Alice et Raoul Guyot, cheminot, tous Conquereuillais. Raoul organise l’acheminement en train des enfants Sartène, André 7 ans et Richard 4 ans, ainsi que leur hébergement chez une amie, Euphrasie Lahue.

Ils vivront à Conquereuil jusqu’en 1951, rejoints par leur petit frère et leur mère en 1944, et grandiront au rythme de la vie rurale d’alors. Marqué à vie par cette expérience, Richard en tirera un livre : Une enfance entre guerre et paix, qui relate toutes ces années.

Dimanche 15 avril 2018, prenant la parole lors de la cérémonie, il a affirmé : « Je suis un enfant de Conquereuil ! ». Son frère Daniel a brandi, lui, la une de L’Éclaireur de novembre 2014, relatant son « pèlerinage » dans la commune.

Une décoration à titre posthume

Très reconnaissants, les trois frères ont œuvré pour monter un dossier de remerciement envers ces familles auprès de l’association Yad Washem, qui recense ce genre d’actes de bravoure. L’état d’Israël a décidé de leur attribuer sa plus haute distinction civile de « Justes parmi les nations ».

Ido Bronberg, directeur des relations publiques près de l’ambassadeur d’Israël en France, était là pour remettre à titre posthume ces distinctions aux descendants des familles : Yolande Biville, petite-fille d’Alice et Raoul Guyot ; Claudine Julaud, arrière petite-fille d’Euphrasie Lahue ; et Patricia Lahue, petite-fille de Jeanne-Yvonne Riveret.

Yolande Biville a rapporté :

« Nos parents ne nous parlaient jamais de ce qu’avaient fait mes grands-parents. Ces derniers ne s’en glorifiaient jamais ».

Une médaille et des témoignages

Le maire Jean Perraud a aussi remis à Richard et Daniel Sartène, ainsi qu’à leur frère André (absent pour l’occasion), la médaille de la ville. D’autres interventions et témoignages émouvants, dont celles des enfants des écoles et d’autres habitants de l’époque, ont également animé la cérémonie. Celle-ci s’est achevée par une photo souvenir.