Thionville. Une enseignante de Sophie-Germain revient d’une poignante immersion à Yad Vashem

Du 28/12/2018

 

 

 

 

 

« Ce qui est remarquable, c’est cette volonté de les rendre vivants, de faire revivre tous ces gens en retraçant leur parcours de vie. » Photo DR Depuis des d’années, une prof d’histoire de Sophie-Germain inculque à ses élèves le devoir de mémoire. Elle revient d’un séminaire au mémorial de Yad Vashem, en Israël. Une poignante immersion parmi les victimes juives de la Shoah.

Elle fait partie des chanceux sélectionnés. Laurence Steinmetz, professeur au lycée Sophie-Germain à Thionville, a candidaté et été retenue comme une trentaine de profs en France pour participer au séminaire de formation proposé par le comité français pour Yad Vashem, en Israël.

Ici, à Jérusalem, l’enseignante « est entrée dans une page de l’Histoire, l’histoire émotion. Pendant une semaine, des conférenciers ont apporté leur lumière sur la culture juive, l’histoire de la Shoah, sans prosélytisme », apprécie-t-elle.

Lors de ce séjour d’une semaine, la Mosellane attachée à transmettre le devoir de mémoire à ses élèves, a su apprécier autant les moments passés sur les bancs des salles de séminaire que les visites du mémorial, de Jérusalem-ville et du Mont des Oliviers. « J’avoue que je craignais que le cycle de conférences soit un peu lourd. Les intervenants, universitaires, médecins, ambassadrice de France en Israël, ont livré au final des pans d’histoire, des aspects psychologiques, philosophiques, sociologiques intéressants, que je pourrai retransmettre en cours », se félicite la petite-fille de résistant.

A la vallée des communautés, Laurence Steinmetz a réussi à retrouver les communautés juives victimes de la Shoah venues de Thionville, Hayange, Sierck, Uckange. Photo DR

« Comme autant de vies qui se croisent »

Que retient justement Laurence Steinmetz de sa première fois en Israël ? « Ce qui m’a frappé, c’est la manière dont étaient abordées les conférences et rencontres. Bien sûr nous avons parlé de toutes les victimes des camps de concentration, des morts dans les camps d’extermination. Ce qui est remarquable, c’est cette volonté de les rendre vivants, de faire revivre tous ces gens en retraçant leur parcours de vie, leur naissance, leur enfance, leur adolescence. C’est exactement le sentiment qui se dégage quand on découvre cet immense mur de photos de portraits en noir et blanc, comme autant de vies qui se croisent. »

Autre séquence émotion : « Ce moment où nous nous sommes rendus à la vallée des communautés, où sont gravés tous les noms des communautés juives du monde touchées par la Shoah. » Dans ce dédale de roche, Laurence Steinmetz a réussi à retrouver celles de Thionville, Hayange, Sierck, Uckange, parmi les centaines d’inscriptions qui fleurissent sur les pierres beiges. De quoi s’imprégner de ce lourd passé que la prof ne manquera pas d’évoquer en cours d’histoire.

Plus légers, ces moments passés dans le désert de Massade et sur les bords de la Mer Morte ont bouclé ces sept jours intenses émotionnellement.

Emmanuel Correia