Un square à la mémoire des Franchois sera inauguré ce samedi, rue du Parc

Du 06/11/2018

 

 

Le square Franchois, rue du Parc, sera inauguré ce samedi 10 novembre, à 11 h.

 

Pour avoir sauvé un enfant durant la Deuxième Guerre mondiale, Georgette Franchois et ses parents, originaires de Loon-Plage, ont été élevés au rang de « Justes parmi les nations » le 29 novembre 1990. 

Georgette Franchois est née aux Kempes, à Loon-Plage, le 1er  juin 1924. À 16 ans, elle entre comme employée de maison chez les Baran, une famille juive de Dunkerque, installée à Lille. Abraham (Jankiel) Baran et son épouse, Fanny, sont commerçants et ont deux fils, Maurice, né à Poitiers, et Michel, né à Lille.

Le 25 juillet 1942, Abraham (Jankiel) Baran est arrêté en tentant de rejoindre la zone sud pour y trouver un abri pour sa famille. Probablement dénoncé par un « passeur », il est arrêté parce que juif, emprisonné à Loos, puis déporté sans retour vers Auschwitz de Malisnes par le convoi nº1.

Le 11 septembre 1942, à 6 h, la police française se présente au domicile à Lille et arrête Fanny Baran et ses deux fils, Maurice, 9 ans, et Michel, 3 mois et demi. Ils sont conduits à la gare de Lille-Fives, où Georgette vient leur apporter quelques vêtements et tente de sauver Maurice.

Justes parmi les nations

Grâce aux cheminots lillois, Geosrgette Franchois, âgée de 18 ans, passe devant les gardes, tenant le petit garçon par la main. Elle l’emmène d’abord dans un café à deux pas de la gare. Maurice a alors la surprise, quelques instants plus tard, de voir arriver son petit frère, Michel, soustrait lui aussi à la surveillance des gardes.

Georgette amène Maurice le soir même chez ses parents, Marcel et Madeleine Franchois, qui vivaient dans une maison près du Pont-à-Roseaux, à Loon-Plage. Pendant ce temps-là, les parents de Maurice seront déportés sans retour et le petit orphelin restera chez Marcel et Madeleine Franchois jusqu’en 1945.

Eva Durrleman, qui avait réussi à sauver le petit Michel, l’emmènera au château de la Huda. Elle retrouvera Maurice et fera adopter les deux enfants par une famille dont le père est juif, les Marszak. Depuis la fin de la guerre et jusqu’à son décès, Maurice rendait visite, tous les ans, à Georgette Franchois et à sa famille. Depuis le 4 avril 2004, Georgette repose au cimetière de Loon-Plage.

Pour avoir sauvé cet enfant, Georgette Franchois et ses parents ont été élevés au rang de « Justes parmi les nations », le 29 novembre 1990. Les personnes ainsi reconnues reçoivent une médaille spécialement frappée à leur nom et un diplôme d’honneur. Elles ont en outre le privilège de voir leurs noms gravés sur le mur d’honneur dans le Jardin des Justes de Yad Vashem, à Jérusalem.