Une médaille des Justes à Maurice et Denise Brunet

   À droite, Natan Holchaker s'apprêtant à remettre la médaille des Justes à Monique Laporte (au centre), fille de Maurice et Denise Brunet. (Photo M. B.) Une médaille des Justes a été décernée à titre posthume à Maurice et Denise Brunet. Un moment émouvant qui a permis d'évoquer une période tragique. 

L'émotion était palpable, jeudi après-midi, à la salle Maugis, lors de la remise de la médaille des Justes, à Monique Laporte, fille de Maurice et Denise Brunet, qui réside à La Teste-de-Buch.

Parmi la quarantaine de personnes, on notait la présence de Corine Ber, petite-fille de Jean Borakovski, de Jean-Pierre Hamon, sous-préfet, Jean-Paul Richard, premier adjoint, Jacques Chauvet, conseiller général, Michel Daverat, conseiller régional, Natan Holchaker, représentant l'ambassade d'Israël, Michel Alitenssi, du Comité français pour Yad Vashem, Georges Bouhanat, du comité Aristides de Sousa Mendes (1).

Michel Alitenssi a retracé l'action de la famille Borakovski. En pleine occupation avant la rafle de 1942, les voisins de la famille Borakovski, Maurice et Denise Brunet, prévenus par des collègues cheminots, cachent cette famille juive pendant trois mois dans leur cave. Puis Maurice Brunet fait passer la ligne de démarcation à Jean Borakovski, qui est pris en charge par son oncle et sa tante, puis par une filière catholique.

Passé en zone libre Jean Borakovski rejoint le maquis et Denise est conduite par Maurice Brunet à Saint-Denis-en-Val, où elle s'y cache comme bonne à tout faire. Maurice Brunet accompagnera aussi Max Fajn, cousin de Jean Borakovski dans la Creuse. Maurice et Denise Brunet ont reçu, à titre posthume, la médaille des Justes au dos de laquelle est inscrit « Quiconque sauve une vie, sauve l'Univers tout entier ».

Un Juste

Qu'est-ce qu'un Juste ? L'idée de Juste des Nations a servi à désigner toute personne non-juive ayant manifesté une relation positive et amicale envers les juifs. Le Mémorial Yad Vashem (Jérusalem) décerne le titre de Juste des Nations aux non-juifs qui, pendant la Seconde Guerre mondiale et la Shoah, ont aidé des juifs en péril, au risque de leur propre vie, sans recherche d'avantages d'ordre matériel ou autre.

Dans son discours, Natan Holchaker a rappelé que le 18 janvier 2007, Jacques Chirac et Simone Veil, présidente de la Fondation pour la mémoire de la Shoah et ancienne déportée, ont inauguré une inscription dans la crypte du Panthéon de Paris « […] Bravant les risques encourus, ils ont incarné l'honneur de la France, les valeurs de justice, de tolérance et d'humanité ».

Sauver une vie

Jean Richard rappelait que le bassin d'Arcachon n'a pas échappé aux arrestations et rafles de juifs, notamment en janvier 1944, où la Gestapo a arrêté 11 juifs alors que 70 étaient prévus sur la liste. Il saluait la présence d'Elizabeth Sentuc, rescapée d'Auschwitz, qui va de façon régulière au-devant des jeunes pour témoigner de sa traversée de l'horreur. Il citait également Henri Dheurle, Edmond Doré et Pierre Larrieu, autres martyrs testerins de la Résistance. Ces moments horribles doivent renforcer la vigilance, car, comme l'a souligné Jean-Pierre Hamon « la bête immonde n'est pas morte », et heureusement, on ne tue pas la mémoire.

(1) Aristides de Sousa Mendes, consul du Portugal à Bordeaux, refuse de suivre les ordres du gouvernement Salazar et sauve 30 000 personnes sans aucune distinction.

Marceau Bonnecaze 

source:http://www.sudouest.fr/2012/10/27/une-medaille-des-justes-a-maurice-et-denise-brunet-862078-2733.php du 27/10/2012