Des Justes associés à la commémoration de la Libération

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Des Justes associés à la commémoration de la Libération

Dossier n°

12855

Des Justes associés à la commémoration de la Libération

Les 8 et 10 mai 2009
les Justes parmi les Nations ne seront pas oubliés à Crucey-Villages
ainsi qu’à St Martin Vésubie

 

Une plaque du souvenir sera inaugurée sur la façade de la maison où les époux Laigneau devinrent modestement mais si courageusement Justes parmi les Nations.

Vous êtes invités à cette cérémonie du souvenir qui débutera à 11h30, carrefour de l’entrée de la rue du Château à Angennes. Prendront la parole : le Maire de Crucey-Villages, Christian Laigneau et Joël Krolik.

 

En quelques lignes, voici retracée l’histoire de Fernand et de Lucie Laigneau :

– « En 1932, Leijzer et Pesa Krolik arrivent de Varsovie avec leur fils Joseph, né en 1931, et s’installent dans un modeste deux-pièces, au 83, rue de Belleville à Paris 11ème. Le père est tailleur à façon, son épouse l’aide dans son travail.
Ils auront trois autres enfants : Joël en 1931; Rosette, en 1934; Annette, en 1936.

La guerre éclate. Leijzer s’engage dans la légion étrangère pour défendre la France. La famille se réfugie dans la Sarthe. Six mois plus tard, c’est la capitulation. Les Krolik retournent rue de Belleville.

En 1941, Leijzer échappe à une rafle qui vise les hommes juifs. Il se cacha à la hâte sous un lit. Mais en juillet 1942, c’est la rafle du Vel d’Hiv, et des familles entières sont arrêtées. C’est alors qu’une voisine au grand cœur, Madame Cubayne, cache les Krolik chez elle durant une quinzaine de jours, prenant de grands risques pour elle-même. Entre-temps la petite Rosette, 8 ans, a été envoyée à la campagne.

Dans l’immeuble, une chaîne de solidarité s’organise. Monsieur Arnoult, qui tenait une échoppe de bottier au rez-de-chaussée, prend en charge, avec son épouse, la famille Krolik. Il cache Joël chez ses parents à Savigny S/Orge, après un voyage en train des plus périlleux, et forme le projet de mettre en sécurité le reste de la famille. Hélas, il ne peut réussir le sauvetage prévu, et doit annoncer à Joël l’arrestation de ses parents, de sa sœur Annette, et de son frère Joseph. Aucun d’eux ne reviendra de déportation.

 

Monsieur et Madame Arnoult, nommés Justes en 1994,

poursuivent leur œuvre de solidarité. Il s’agit de mettre Joël en lieu sûr. En novembre 1941, la situation est devenue délicate à Savigny S/Orge. Monsieur Arnoult ramène Joël à Paris et le confie à Madame Cubayne, la fidèle voisine, qui l’accompagne en Eure et Loir à Crucey, chez Fernand et Lucie Laigneau, couple sans enfants et qui exploite une ferme. Joël, totalement dépaysé, est accueilli chaleureusement par les Laigneau et leur nièce Denise Louvet qui vit avec eux. Il passe pour un neveu venu de Paris pour raison de santé, et ne doit surtout jamais dire qu’il est juif. De plus, des cachettes sont préparées en cas de visite de gendarmes.

Joël est traité par ses bienfaiteurs comme un membre de la famille. Il fréquente l’école du village où l’institutrice est complice, et participe aux travaux de la ferme. Sa réussite au certificat d’études en juillet 1943 les rend très fiers, si bien que tous les voisins défilent chez eux pour les féliciter.

Joël ne peut risquer de fréquenter le collège. Aussi, durant un an et demi, il prend goût à la vie de petit paysan et s’attache de plus en plus à ses protecteurs.
Les Laigneau ne se contentent pas de secourir Joël. Durant cette période, ils ont caché une autre famille juive en grand péril. Madame Saks et ses trois enfants : Lucienne, 10 ans; Maurice, 8 ans; Suzanne, 6 ans. Ils leur offrent une égale bonté et les protégeront jusqu’à la Libération.
Il s’en est suivi de durables liens d’amitié entre les deux familles.
Les risques encourus par les Laigneau étaient énormes, car la police de Vichy et les Allemands passaient souvent dans le village à la recherche de résistants. On utilisait alors les cachettes prévues à cet effet.

Nous sommes en novembre 1944. Paris est libéré. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, les Laigneau attendent un heureux évènement. Leur fils Christian est né en janvier 1945.
Il est temps pour Joël de prendre le train pour Paris. Il doit quitter ses sauveurs et c’est pour lui un grand déchirement. Il a 13 ans et demi et il est placé dans des foyers pour enfants de déportés où il aura la joie de retrouver sa sœur Rosette.

Joël Krolik a gardé une indéfectible reconnaissance pour ces personnes admirables qui, avec un inlassable dévouement, lui ont sauvé la vie. »
(Dossier Yad Vashem).

 

Le 10 mai, une rencontre publique associera les Justes aux réflexions sur le thème « Mémoire et engagement ».

Deux jours après Crucey-Villages, vous êtes à nouveau invités pour saluer la figure si humaniste de tous les Justes parmi les Nations.
A St Martin Vésubie, le Grand Orient de France propose deux conférences et des débats en reconnaissance des « victimes de la barbarie nazie », des Justes parmi les Nations et de la Résistance.