La Vendée et Chavagnes-en-Paillers sous l’Occupation

Ligne démarcation La Vendée est envahie par les allemands le 21 juin 1940 et sera soumise au régime d’Occupation du 22 juin 1940 au 17 septembre 1944. La Feldkommandantur, la Gestapo, le commandement de la Wehrmacht s’installent à la Roche sur Yon, chef-lieu du département.

La bande côtière de la Vendée est déclarée zone interdite en prévision de la construction du Mur de l’Atlantique. Les allemands craignent un débarquement allié et positionnent un fort contingent de troupes (40000 à 50000 hommes). Un régiment sera installé à Chavagnes.

 

A la tête du département, deux préfets se succèdent pendant la guerre ;

Le premier Raoul Catusse (1881-1995) arrive début 1940 ; considéré comme anti-allemand il est limogé 6 mois plus tard. Son successeur Gaston Jammet (1892-1982) assume ses fonctions de septembre 1940 à septembre 1944. Il couvrira cependant des actions clandestines dont certaines concernent le sauvetage des enfants juifs.

 

Courrier de la Police concernant M. Dadoune Le Secrétaire Général de la Préfecture, Henri-Elie Dadoune (1881-1943), natif d’Algérie et juif, est limogé en novembre 1940. Il est arrêté par la Gestapo à la Roche-sur-Yon en juillet 1942, transféré à Drancy et déporté sans retour à Auschwitz par le convoi 57 du 18 juillet 1943.

 

La préfecture de Région a autorité sur les Deux-Sèvres, la Charente sauf Confolens, la Charente-Inférieure  (Charente-Maritime), la Vienne hormis Montmorillon et la Vendée.

Le Vice-Amiral Louis Bourgain, préfet de Région, poursuit sans merci les juifs et les résistants, allant au-delà des directives de Vichy. Il fera décimer le Réseau Louis Renard dans le Poitou. Révoqué à la Libération, il est condamné à 8 ans de réclusion assortis d’une mesure d’indignité nationale et de la confiscation de ses biens. Mais il sera libéré en 1947 et amnistié en 1952.

 

52 juifs arrêtés dans le département furent déportés, ainsi que 192 vendéens. Le département compte également 166 fusillés ou morts au combat.

 

 

 

Chavagnes, une commune rurale et catholique

La Vendée est profondément catholique, le curé est un personnage central de la vie des villes et des villages. Les écoles confessionnelles sont nombreuses et reçoivent plus de la moitié des élèves. 

En 1939, Chavagnes, bourgade du Nord-est de la Vendée, compte près de 3000 habitants dont environ 600 vivent au bourg. Ce sont surtout des fermiers et des ouvriers agricoles.

Communauté des Ursulines Chavagnes est, avec Saint-Laurent-sur-Sève, l’une des deux "villes saintes" de Vendée. Elle compte de nombreuses institutions religieuses, à savoir : un petit séminaire, le Juvénat de la Congrégation des Fils de Marie Immaculée dit les "Pères de Chavagnes", l’école catholique de garçons Saint-Joseph, l’école des "filles de Nazareth", dirigée par les Ursulines, la maison mère des Ursulines de Jésus, appelées les "Dames de Chavagnes".

 

 

Ecole Saint-Joseph Grand Séminaire Institution Sainte Marie Maison mères des religieuses

Les allemands occupent la ville du 22 juin 1940 au 21 juillet 1941, puis à partir de septembre 1942. Ils s'installent dans les belles demeures, les écoles privées et les petits séminaires. C'est une situation très dangereuse pour les enfants juifs cachés et leurs sauveurs.

 

Pendant la guerre, deux maires ont administré Chavagnes.

Gilbert de Guerry   Hélène de Suzannet Très conservateur, voire royaliste, le vicomte Tancrède Gilbert de Guerry de Beauregard, maire depuis 1929, est très respecté. A sa mort, en mai 1942, son fils Gilbert de Guerry, âgé de 25 ans, lui succède. Bien que pétainiste, il couvrira, voire aidera au sauvetage d’enfants juifs, coopérant avec le Dr Gabriel Foucaud et Hélène de Suzannet qui étaient, eux ,opposés  à Vichy.

Docteur Foucaud et son épouse

Troupes allemandes Troupes allemandes
Population de Chavagnes Population de Chavagnes Population de Chavagnes

Une personnalité engagée en faveur des persécutés : Gabrielle DOUILLARD (Mère Irène de Jésus  - 18/01/1900- 09/08/1984 )

Mère Irène de Jésus On peut évoquer la figure  de Gabrielle DOUILLARD qui entre à la Congrégation des Ursulines de Jésus de Chavagnes en 1921, sous le nom de sœur Irène de Jésus, et qui reviendra y passer sa retraite.

De 1942 à 1950, elle est supérieure de l'Institution Sainte-Marie à Cannes. En 1943, à la demande de Monseigneur Rémond, évêque de Nice, elle accueille dans le pensionnat une dizaine de jeunes  juives ainsi qu’une jeune fille et sa mère. Ses protégées reçoivent un nouveau nom et participent au culte . Il  ne fallait pas attirer l’attention car Sainte-Marie se trouvait en face d’un bâtiment abritant la Gestapo.

Mère Irène de Jésus a été reconnue "Juste parmi les Nations" en juillet 2010. La médaille a  été remise à la Congrégation des Ursulines de Chavagnes.