La famille Abelanski

Famille Abelanski Née à Varsovie, Rachel a eu d’un premier mariage, un fils Joseph-Georges Terasfeld.  Veuve en 1914, elle s’établit à Paris et épouse en 1920 Charles Abelanski, cordonnier.  Le couple aura six enfants.  Au début de la guerre, ils se réfugient dans la Sarthe, mais retournent peu après à Paris.

En juin 1942, Charles décède.  Rachel confie deux de ses fils, Maurice (8 ans) et Isaac (10 ans), à la Maison Maternelle, rue Manin à Paris 19e.  Une assistante sociale de l’UGIF la met en relation avec la WIZO pour placer ses trois plus jeunes garçons, Maurice, Isaac et Robert (13 ans).  Fin 1942, ils sont tous trois cachés dans des familles villageoises de la Sarthe. Isaac est accueilli chez les Guitton à Lombron, Maurice va chez une voisine, Marie-Louise Gasnier et Robert est confié à la famille Courtois, à Montfort-le-Rotrou.

En janvier 1943, le fils aîné Joseph-Georges (28 ans) part avec sa mère et ses deux sœurs cadettes, Esther (15 ans) et Sonia (17 ans), travailler dans les Ardennes.  Ils sont déportés sans retour par le convoi n° 66 du 20 janvier 1944.

Un autre fils, Simon (18 ans), déporté par le convoi n° 48, reviendra.

Jean Abelanski             Simon Abelanski             Sonia Abelanski en 1942

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les travailleurs agricoles juifs dans les Ardennes

 

L’OSTLAND (société agricole d’Allemagne Orientale) est une sarl créée en 1941 par le Reich pour exploiter les plus belles terres agricoles des pays occupés. La Direction de l’agriculture dans les Ardennes (wirtschaftoberleitung) ou WOL en est une filiale. Elle doit mettre en valeur les terres réquisitionnées et relève du ministère du ravitaillement allemand et du commandement militaire. A partir de janvier 1941, des milliers d’agriculteurs sont dépossédés de leurs biens.

De 1940 à 1944, 3500 prisonniers de guerre, 3000 à 4000 travailleurs étrangers, 4000 prisonniers nord-africains et plusieurs milliers de Polonais sont déportés dans les Ardennes pour y travailler sur les terres agricoles.

Les juifs étrangers sont enrôlés dès le 11 novembre 1941 et placés sous haute surveillance, certains viennent avec femmes et enfants, on en a identifié 683 à ce jour. Ils représentent 17 nationalités avec une majorité de polonais et sont originaires des arrondissements populaires de Paris et des banlieues Nord et Est. Ce sont en majorité des ouvriers dont la plupart travaillent dans le cuir et l’habillement. Dans le Rethélois on trouve plutôt des hongrois, de condition sociale plus élevée (médecins, pharmaciens, avocats…).

Leur recrutement s’est effectué d’abord par l’intermédiaire du Comité de Coordination des Œuvres de bienfaisance Juives, puis par l’UGIF.

En octobre 1941, un mois avant la création de l’UGIF, le journal « Information Juive » publie une annonce invitant les juifs sans travail de 18 à 45 ans à partir travailler dans les fermes aux alentours de Sedan. Elle promettait de bons salaires, une bonne nourriture, un service médical,  le suivi des familles restées à Paris par le Comité de Coordination des Œuvres Juives et une vie tranquille. En réalité leurs conditions de vie seront très dures.

A partir de 1942, 234 travailleurs agricoles juifs seront arrêtés et  déportés, dont 219 lors des rafles des 4 et 6 janvier 1944, qui seront déportés par le convoi n° 66.