L’UGIF et ses centres d’enfants

Entre légalisme et clandestinité

L’Union Générale des Israélites de France est créée en novembre 1941 par le gouvernement de Vichy à la demande des Allemands.  Elle assure la représentation des Juifs et est chargée de l’action sociale ; elle verse des allocations aux foyers privés de revenus, finance les cantines populaires et les hospices. 

Après les rafles de l’été 1942, elle ouvre des centres pour enfants à Paris et en banlieue (foyers de la rue Lamarck, de la rue Vauquelin, de l’ORT, rue des rosiers, et à Louveciennes, La Varenne, Montreuil, Neuilly, Saint-Mandé).

Ces centres regroupent :

  • Des enfants dits » libres », placés par leurs parents, ou « abandonnés » pour diverses raisons.
  • Des enfants dits « bloqués » ou isolés, qui avaient été internés puis libérés des camps par les allemands et placés sous la responsabilité de l’UGIF.  Ces enfants étrangers ou nés de parents étrangers sont fichés et « déportables » à tout moment.

Ces maisons sont sous le contrôle du Commissariat Général aux Questions Juives et de la Gestapo.

Des organisations juives et non-juives ont pu soustraire de ces maisons un certain nombre d’enfants et les mettre en lieu sûr.

 

Le centre de la rue Lamarck  Paris 18ème

 

Ce centre est transféré 70 avenue Secrétan à Paris 19ème en avril 1944.  Y transitent les enfants « bloqués-isolés » épargnés temporairement par les déportations.

Juliette Stern (ancienne responsable de la Fédération française de la WIZO) dirige les services sociaux de l’UGIF (Service 5).

Elle mène et couvre des actions clandestines de sauvetage au sein même de l’UGIF, utilise une partie des fonds officiels pour payer des pensions aux familles d’accueil, les déplacements des enfants cachés, les soins médicaux, etc .

Priorité est donnée au sauvetage des enfants placés dans ce foyer.  C’est Lucienne Clément de l’Epine qui se chargera de les placer en lieu sûr.

 

Le réseau “SF” (Service familial de placement de l’ex-WIZO)

 

La WIZO (Women’s International Zionist Organization – Organisation internationale des femmes sionistes) a été créée par des femmes juives en Angleterre, en 1920. Son objectif était d’aider les femmes implantées en Palestine de même que leurs enfants. La WIZO a développé des filiales à travers le monde dont une en France. En 1935, sous l’impulsion de Juliette Stern qui en devient la secrétaire générale, celle-ci prend le nom de Fédération française de la WIZO.