Une femme d'exception : Lucienne Clément de l’Épine (1911-1995)

Lucienne Clément de l'Epine Assistante sociale, fervente catholique, elle est révoltée par le "Statut des Juifs" et  les persécutions.

Au printemps 1942, âgée de 30 ans, elle travaille pour le service familial clandestin de l’ex-WIZO (42b), convoie  et place plus de 150 enfants confiés à l’UGIF.  Elle définit une zone de prospection dans un rayon de 200 km à l'ouest de Paris, dans les départements de Seine-et-Oise, Seine-et-Marne, Loiret, Eure-et-Loir, Orne et Sarthe. Elle dissémine les enfants dans une trentaine de communes, principalement dans la Sarthe, comme Bonnétable, Ecomoy, Montfort Le Rotrou, Lavaré, Mansigné, Pont de Gennes et Lombron. Sans cesse en déplacement, le plus souvent en bicyclette mais aussi à pied, elle sillonne la campagne à la recherche de familles d'accueil.

Elle se préoccupe des conditions de vie des enfants, chaque mois elle va de village en village leur rendre visite et veille à ne pas séparer les fratries.

Ainsi, Léa Cohen, 12 ans et sa sœur Judith sont placées chez Madame Grigné à Lombron, Léon Braun, 9 ans et Bernard, 16 ans, sont hébergés dans la famille Vallée, toujours à Lombron.

Elle prend en charge les enfants munis de faux papiers et les accompagne en train de la gare Montparnasse au Mans. Ensuite, elle emprunte souvent la ligne de chemin de fer secondaire dite "la ligne des Ducs" ou les tramways ruraux qui desservent Coudrecieux, Conerré-Beillé, Tuffé, Saint-Rémy-des-Monts.

Arrêtée deux fois par les allemands au cours de ses trajets, elle explique qu'elle est enseignante et qu'elle démarche pour trouver du travail. Elle trouve appui auprès de nombreux enseignants, maires et fonctionnaires municipaux.

Dans la Sarthe, elle a procuré un refuge à plus de 110 enfants dans une soixantaine de familles, dont la moitié dans les communes de Pont de Gennes, Montfort le Retrou et Lombron.

Henri Szpilberg fut l’un des enfants qu’elle sauva.

Lucienne est nommée "Juste parmi les Nations" en 1990