Les Justes parmi les Nations

« Quiconque sauve une vie sauve l’humanité toute entière »


En hommage aux victimes de la Shoah, l’État d’Israël a créé à Jérusalem en 1953 le Mémorial Yad Vashem : « Et je leur donnerai dans ma maison et dans mes murs un mémorial (Yad) et un nom (Shem) qui ne seront pas effacés », Isaïe 56, 5.

Ce complexe mémoriel est établi au sommet d'une colline à l'ouest de Jérusalem, un peu à l'écart de la ville. Il comprend entre autres un musée historique et un très important fonds d'archives. C'est cette Institution qui attribue, depuis 1963, le titre de « Juste parmi les Nations » à ceux et à celles qui ,au risque conscient de leur vie et sans contrepartie, ont sauvé des Juifs  persécutés pendant la Seconde Guerre mondiale. Il est attribué à titre individuel, nominativement » au nom du peuple juif reconnaissant ». C’est la plus haute distinction civile décernée par l’État d’Israël. .

La nomination d’un »Juste parmi les Nations » nécessite plusieurs étapes.  Pour la France, c’est le Comité Français pour Yad Vashem ,à Paris ,qui instruit la demande de reconnaissance (recueil de documents d'archives et de témoignages écrits, de documents administratifs) . Le dossier est ensuite adressé  à une commission d’historiens à Jérusalem. Présidée par un juge de la Cour Suprême israélienne, cette instance est la seule habilitée à décerner  cette distinction, éventuellement à titre posthume.

 

  Allée des Justes, Yad Vashem, Jérusalem C’est ensuite le Comité français qui organise les cérémonies officielles au cours desquelles l’ambassadeur d’Israël en France ou son représentant remet diplômes et médailles aux » Justes parmi les Nations » ou à leurs ayants droit, en présence des autorités civiles et politiques. Autrefois à Yad Vashem Jérusalem, un arbre était planté dans » la forêt des Justes ». Puis un mur a été érigé sur lequel sont inscrits les noms des « Justes ». Enfin  comme  nombre de sauveurs sont restés anonymes et le demeureront certainement un monument a été élevé à leur mémoire .

 

 

 

Sauveurs et sauvetage

  

 

Au 1er janvier 2015, » les Justes parmi les Nations » sont au nombre de 25 686 dont 3 853 pour la France. Les sauveurs restés anonymes -et qui le demeureront certainement- sont encore plus nombreux.

Après la Pologne et les Pays-Bas, la France est le pays où  Yad Vashem a reconnu le plus de Justes.

Ces sauveurs sont des personnes de toutes croyances et de toutes origines sociales. Beaucoup néanmoins appartiennent au monde rural. S'ils sont présents partout en France, ils sont plus particulièrement nombreux dans le centre, le sud et le sud-est du pays. Dans ces régions, les sauveurs d'obédience protestante sont généralement surreprésentés.

Sur les 320 000 Juifs français et étrangers vivant en France métropolitaine 240000 dont 59000 enfants n'ont pas été déportés. Les trois quarts des Juifs de France ont donc survécu grâce à la solidarité d'une partie de la population française qui a ralenti et même contrecarré les actions de la police du gouvernement de Vichy, de la Gestapo, de la Milice. Entraide et sauvetage ont revêtu des formes diverses comme accueillir un ou plusieurs enfants chez soi  ou bienencore les placer clandestinement dans des institutions, religieuses ou laïques ; fournir de faux papiers (cartes d’identité et d'alimentation, certificats de baptême) ; organiser des passages clandestins en Suisse, etc...

 

Une reconnaissance tardive 

 

La reconnaissance du rôle des Justes par la Nation française est assez récente. Depuis l'année 2000, a lieu tous les 16 juillet une Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'État françaisau cours de laquelle les Justes de France sont honorés. En janvier 2007, la Nation française leur a rendu officiellement hommage de même qu’aux nombreux, anonymes, qui avaient sauvé des Juifs pendant la guerre.

Portraits de "Justes de France"   Plaque apposée dans la crypte ( Panthéon, 01/2007)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Sous la chape de haine et de nuit tombée sur la France dans les années d'occupation, des lumières, par milliers, refusèrent de s'éteindre. Nommés "Justes parmi les Nations" ou restés anonymes, des femmes et des hommes, de toutes origines et de toutes conditions, ont sauvé des Juifs des persécutions antisémites et des camps d'extermination. Bravant les risques encourus, ils ont incarné l'honneur de la France, ses valeurs de justice, de tolérance et d'humanité »        Simone Veil

Quelques années auparavant, en 2001, la Ville de Paris avait inauguré une « Allée des Justes » aménagée à côté du Mémorial de la Shoah. Un monument commémoratif regroupant sur un mur les noms de tous les » Justes de France « y a été édifié en 2006 et il est régulièrement actualisé . Plus récemment, en 2010, une esplanade et une stèle des « Justes parmi les Nations » ont été inaugurées à Saint-Amand-Montrond.