12 Justes ont sauvé la famille Sajovic à Coulounieix

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En bas à g. : Paulette Claude recevant son Diplôme de Juste parmi les Nations. En haut à dr. : Jean-Pierre Roussarie, maire de Coulounieix. (Montage JEA / DR).

 

A Coulounieix ce 14 juin 2009,
Cérémonie exceptionnelle par le nombre de Justes reconnus ensemble pour un même acte d'héroïsme en faveur de juifs persécutés.

 


Reportage par Alain Bernard :

- «Je suis fier et ému», a déclaré hier à la mairie de Coulounieix-Chamiers Kenny Jean-Marie, directeur de cabinet de la préfète, résumant un sentiment général : "c'est dans la France profonde qu'a été sauvé l'honneur de celle de Vichy. Celle qui, hélas, alla au-devant des exigences allemandes pour livrer à la mort 76 000 juifs français, dont 11 000 enfants (sur 6 millions de juifs massacrés, dont 1,5 million de petits)."

 

À Coulounieix-Chamiers, non moins de 12 Justes ont été à l'honneur :
- Hélène Ségurel-Bissou, 
- Louise et Jean-Bernard Bissou, 
- Léontine et Louis Chamon, 
- Joséphine, Joseph et Marcel Dalesme, 
- Louis et François Doche, 
- Jean Ripoche,
- Paulette Claude.

 

- "Cette dernière, octogénaire vive et enjouée, était la seule médaillée et diplômée vivante (les autres l'étant à titre posthume) de cette cérémonie voulue par l'Institut Yad Vashem qui, à Jérusalem, grave dans le marbre le nom de ceux qui, « en sauvant une vie, ont sauvé l'humanité ». Comité représenté hier par Albert Seifer et Nathan Holchaker.

En l'occurrence, il s'est agi, comme le rappela le maire Jean-Pierre Roussarie en présence du consul d'Israël à Marseille Sivan Chemouel, du grand rabbin de Bordeaux Claude Maman et des parlementaires Pascal Deguilhem et Claude Bérit-Debat, de cacher au nez et à la barbe des occupants la famille Sajovic traquée.
Ces réfugiés juifs d'Alsace d'origine tchèque, repliés en Périgord, furent soustraits aux rafles par leurs voisins périgourdins, cachés dans des granges, des bois voire des latrines, et aidés clandestinement à la mairie.

Parmi les témoignages, on entendit ceux, dignes et reconnaissants, de trois des filles Sajovic, Esther, Hélène et Blanche, et de deux des trois garçons, Élie et Marcel (les autres enfants, Fernand et Jeannette, habitent l'Australie !).
Les petits-enfants étaient là aussi. L'un d'eux, Bernard, souhaitant qu'un jour Périgueux signale plus explicitement l'ancienne synagogue de la rue Thiers.

Bien des larmes ont été écrasées, des yeux se sont humectés. Après les hymnes israélien et français, allusion fut faite à l'orchestre israélo-arabe de Daniel Barenboïm, symbole de tant d'espoirs."
(Sud Ouest, 15 juin 2009).

 

Dr Natan Holcaker, délégué du Comité Français pour Yad Vashem :

- "A Couloumieix-Chamiers nous étions dans la proche banlieue d'une grande ville préfecture de la Dordogne, Périgueux.
Cette manifestation avait un caractère officiel grâce à la présence d'un représentant du préfet, Mr Kenny Jean-Marie, Directeur de cabinet de Mme Béatrice Abolevier, Préfète de Dordogne. Mr Kenny prononça un discours plein de sensibilité qui fit résonnance en chacun. 
Le nombre exceptionnel de remises de médailles de Justes signait l'implication de tout un village dans les sauvetages de familles juives. 
Cette même densité donnait aussi un caractère de kermesse de village dans la joie de retrouvailles ou de reconnaissance des familles qui avaient maintenu et/ou tissé des liens depuis cette période tragique.
Parmi les personnalités il fallait noter aussi la présence de : 
- Mr Claude Berit-Debat, Sénateur de Dordogne,
- Mr Bernard Cazeau, Président du Conseil Général de la Dordogne,
- Mr Jean-Pierre Roussarie, Maire de Coulounieix-Chamiers.
- Mr Claude Maman, Grand-Rabbin de Bordeaux.
Cette cérémonie très animée, en présence d'une unique survivante : Paulette Granger Claude, s'est achevée par les chants de l'Hatikva et de la Marseillaise a capella, entonnés par l'ensemble de l'assistance."