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« Juste » leur devoir

vendredi 13 avril 2012

Léonie et Gabriel Magimel ainsi que le docteur Louis Baud ont été honorés, hier, à titre posthume.

Paulette Baduel, Reine Rabot et Renée Trastour ont reçu la distinction pour leurs parents et grand-parent. PHOTO M. D.

Lacapelle-Biron est connue comme village martyr. Cela à cause de la rafle perpétrée le 21 mai 1944 par la division SS Das Reich, qui arracha tous les hommes de la commune à l'affection des leurs pour les déporter vers les camps de Dachau et de Mauthausen, d'où la moitié ne revinrent jamais. Désormais, Lacapelle-Biron tout comme Gavaudun, sa voisine, seront connues comme des communes où des habitants ont bravé des périls pour sauver des personnes de confession judaïque menacées d'extermination par la bête nazie.

Hier, Michel Lugassy-Harel, ministre auprès de l'ambassade d'Israël en France, et Nathan Holchaker, délégué aquitain du Comité français pour Yad Vashem, remettaient la médaille des Justes parmi les nations à trois personnes à titre posthume.

Trois héros ordinaires

Léonie et Gabriel Magimel d'une part, le docteur Louis Baud d'autre part. Ils furent trois de ces héros ordinaires qui un jour décidèrent d'aider leurs prochains en danger, qui choisirent la bravoure plutôt que l'avilissement. Huna Sin Blima (connu à Lacapelle sous le prénom d'Henri) était arrivé de Roumanie à l'âge de 19 ans. Marié à Olga Silberman, Huna exerça son métier de tailleur à Paris jusqu'à ce que des lois iniques l'obligent à abandonner sa boutique, puis à partir sur les routes avec son épouse et ses deux enfants, Hélène et Gilbert, en juin 1940. C'est la présence d'un parent à Lacapelle qui conduisit alors la famille Sin Blima vers le petit village du nord-est du Lot-et-Garonne. Installé dans une maison du bourg, Huna reprit son office de tailleur jusqu'en 1943, où la « chasse au juif » se fit plus pressante. Après une fouille en règle de sa maison par la police, le père de famille, miraculeusement réchappé, partit au hasard sur une route. À quelques kilomètres du village, au lieu-dit « le Moulinal », Louis Balse vit alors arriver l'homme, écouta son histoire et décida aussitôt de le cacher dans son moulin, « sans la moindre contrepartie financière », précise Gilbert. De santé fragile, Huna Sin Blima dut faire appel au médecin du village, le docteur Louis Baud, qui venait clandestinement pendant la nuit lui apporter son secours. Pendant ce temps, la mère, restée au village avec ses enfants et craignant un retour de la police, trouvait refuge chaque nuit chez Alida Lachoux. La maladie d'Huna empirant et sa cache près de la chute d'eau n'arrangeant pas son état, le docteur finit par le conduire à Gavaudun, dans la ferme de Gabriel et Léonie Magimel, laquelle avait un jour proposé de l'aide à Olga Sin Blima « en cas d'ennuis ». Là, l'homme traqué, mais protégé par l'ensemble des voisins, très discrets, aidait aux travaux des champs ou confectionnait des habits pour ses protecteurs en guise de remerciement. Le 21 mai 1944, les SS venus arrêter les hommes de la commune pour apeurer les nombreux maquis alentour, s'enquirent auprès des autorités locales de la présence de juifs. Alors que le curé de la paroisse, Roger Dané, qui sera déporté avec ses paroissiens, se taisait, le docteur Baud déclarait avec aplomb qu'il y en avait eu, mais qu'ils étaient tous déjà partis. « Grâce à sa présence d'esprit, le docteur Baud a sauvé de la déportation les familles Sin Blima, Rosenthal, Winfried et Mme Baller, tous cachés dans des familles capelaines », témoigne Gilbert Blima.

Vive émotion

« Nous sommes émus et fiers de l'engagement des membres de notre famille », déclaraient Reine et Paulette, filles de Gabriel et Léonie, en rappelant ce que répétait souvent leur mère : « Nous devions le faire. Il fallait bien s'aider. » Héroïsme « naturel » et si efficace. « Juste » leur devoir d'hommes ou de femmes convaincus que « le danger, ce n'est pas l'étranger mais le fascisme », selon les termes de Gabriel.

L'émotion, très prenante tout au long de la cérémonie, atteignait son paroxysme quand les arrière-petites-filles entonnaient en chœur un chant juif.

Michel Debiard

Cette cérémonie a eu lieu en présence de Christian Saint-Béat, maire de Lacapelle ; Éric Congé, maire de Gavaudun ; Jérôme Decours, sous-préfet ; Pierre Camani, président du Conseil général ; Marcel Calmette, conseiller général ; Lucette Lousteau, conseillère régionale ; et des descendants des récipiendaires. Était également présent Gilbert Sin Blima, ancien enfant juif réfugié à Lacapelle avec sa famille qui a demandé, en accord avec les familles, que cet honneur leur soit rendu.


Source : http:// www.sudouest.fr 2011 du
01/11/2011

 

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Plaque commémorative

dimanche 25 mars 2012

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Plaque commémorative

dimanche 25 mars 2012

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Yad Vashem honore le français Yves Criou

samedi 24 mars 2012



Yad Vashem, le mémorial de la Shoah, s'apprête à rendre hommage à Yves Criou. Dimanche 30 octobre, sa famille recevra une médaille et un certificat qui fera de cet ancien résistant un Juste parmi les Nations. Yves Criou, disparu en septembre 1981, s'est distingué pendant la seconde guerre mondiale en cachant plusieurs membres d'une famille juive, les Kletjman. Tous furent cachés dans la cave d'un appartement parisien jusqu'à la libération de la France quelques années plus tard. La cérémonie d'hommage à Yves Criou se déroulera en présence de l'ambassadeur de France en Israël Christophe Bigot.

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