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Hommage aux Cellard

vendredi 19 octobre 2012



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Jeanne Guilhem, Juste parmi les Nations

mardi 21 août 2012

Le nouvelliste

 

Bernard Guilhem reçoit la médaille des Justes parmi les Nations, entouré d'Alain et Serge Frank, de Michel Lugassy-Harel et Michel Alitenssi.
Le 1er avril 1944, Jeanne Guilhem a sauvé la vie de deux frères juifs, Alain et Serge Frank, 5 et 7 ans, en les soustrayant à la rafle SS qui avait lieu sur la place du village de Tourtoirac en Dordogne.

68 ans plus tard, à Bussière-Galant, 150 personnes étaient réunies pour lui rendre hommage, pour la remise, à titre posthume, de la médaille des "Justes parmi les Nations". Jeanne Guilhem était représentée par son petit-fils Bernard Guilhem, par Michel Lugassy-Harel, ministre auprès de l'ambassade d'Israël en France, ce dimanche 1er avril. Parmi les personnes présentes, Michel Alitenssi, délégué du Comité français pour Yad Vashem, la municipalité de Bussière-Galant et de Saint-Nicolas-Courbefy, commune associée, des représentants de la communauté d'Israël de Limoges, des élus de la communauté de communes, Sylvie Achard conseillère régionale représentant le président Jean-Paul Denanot, des représentants de la gendarmerie et surtout d'Alain et Serge Frank, accompagnés de leur famille, à l'origine de cette cérémonie, placée sous les couleurs d'Israël, le bleu et le blanc, par la volonté d'Evelyne Guilhem, épouse de Bernard Guilhem.
Jeanne Guilhem, appelée Louise dans la vie courante, était une femme au caractère affirmé. Pendant la guerre, veuve, elle élevait son fils unique Georges et tenait un hôtel-restaurant sur la place. Un jour, voyant les enfants à la porte de son établissement, elle les a attrapés par la main, les a d'abord cachés sous le comptoir puis les a enfermés dans une chambre, leur sauvant ainsi la vie et par là même risquant la sienne. Les enfants avaient vu leurs parents et leur petit frère Gilbert, 14 mois, arrêtés par les Allemands et s'apprêtaient à aller les retrouver. Ces personnes arrêtées firent partie du convoi 71 au départ de Drancy et furent exterminées à Auschwitz, le 13 avril 1944. Après être restés un moment dans la commune, les deux frères furent emmenés dans une institution où ils restèrent jusqu'à la fin de la guerre.
Durant leur vie de travail, ils n'évoquèrent pas cette période de leur passé. Arrivé à la retraite, Serge Frank, aidée par son épouse Claudine, a éprouvé le besoin de retricoter les fils du passé. Il a entrepris des recherches pour retrouver les personnes qui les avaient aidés, lui et son frère, pendant la guerre. Il est remonté jusqu'à Bernard Guilhem, petit-fils de Jeanne, son fils Georges étant décédé. Il a souhaité que la médaille des Justes parmi les Nations soit décernée à la famille et a fait les démarches nécessaires auprès de l'Institut Yad Vashem de Jérusalem, créé en 1953. Cela a pris plusieurs années. Cette médaille est remise à des personnes non juives qui ont sauvé, au péril de leur vie, des personnes juives durant l'occupation. Serge Frank intervient aussi dans des établissements scolaires pour témoigner de cette période.
« C'est la première fois qu'une telle médaille est décernée sur notre commune. Il est nécessaire et urgent de se souvenir encore et toujours », a dit Martine Beylot, maire de la commune. Pour Michel Alitenssi : « C'est le courage de tous ces justes qu'il faut honorer. » « Beaucoup de justes ont agi par devoir d'humanité, de citoyen. Ils sont la fierté de la France. On ne tue pas la mémoire, on ne bâtit rien sur l'oubli et le mensonge. Que cette dame reçoive notre juste gratitude. Il nous faut enseigner la vérité, brandir la mémoire et faire le lien entre le passé et l'avenir », a déclaré Michel Lugassy-Harel.
Pour Bernard Guilhem, « ma grand-mère était en avance sur son époque car elle pensait que les femmes pouvaient être autonomes. Elle était discrète sur ses actions passées et la famille évoquait peu ce qu'elle avait fait. » Bernard Guilhem a reçu en cadeau un olivier, arbre de la paix. Les frères Frank en ont planté en Israël, en souvenir de cette journée. À Tourtoirac, en hommage à Jeanne Guilhem, une gerbe a été déposée au monument aux morts.
Au cours de la cérémonie, la Quinte du Loup a interprété trois chants : "Quand les hommes vivront d'amour", chant québécois, écrit durant la guerre d'Algérie ; "Le chant des marais", hymne de la déportation ; "Au nom des enfants". A l'issue de la cérémonie, les deux hymnes, français et israéliens ont été écoutés.
Signée Nathan Karp, la médaille est l'expression à la fois artistique et symbolique de la phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'Univers tout entier».

 

source: http://www.lenouvelliste.fr/actualite/Bussiere-Galant-:-Jeanne-Guilhem,-Juste-parmi-les-Nations-824.html du 12/06/2012

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Justes parmi les nations...de 1943 à 1944, Marius & Marcelle Ribes et leur nièce Germaine Bastacki sont le refuge d'Otto Weinmann à Maury

jeudi 5 juillet 2012

Charles Chivilo, maire de Maury a inauguré la cérémonie de remise des médailles des Justes parmi les nations

Ici, en Fenouillèdes les familles Bastacki et Ribes ont caché et sauvé Otto Weinmann. « Cet hommage est un devoir de mémoire pour que des atrocités contre la dignité de la personne humaine ne se reproduisent jamais. Vive la Fraternité! » a exhorté Pierre Estève, incarnant la forte présence du Conseil Général en cette journée de remise à titre posthume de « La médaille des justes parmi les nations », le 15 mai 2012 à Maury.

Pierre Estève, vice-président du conseil général des Pyrénées-Orientales a exprimé la qualité de son engagement tant au niveau local que national. En 1992, en tant que député des Pyrénées-Orientales: « J'ai eu l'honneur de signer avec Jean Le Garrec, la proposition de loi d'une « Journée nationale de commémoration des persécutions et des crimes racistes, antisémites et xénophobes perpétrés par le régime de Vichy » commémorant les persécutions racistes et antisémites. Pierre Estève a aussi rappelé que le 16 juillet 1995 à Paris, lors du 53 ième anniversaire de la rafle du Vélodrome d'Hiver, le Président Jacques Chirac, dans son discours fut très clair sur la responsabilité de l'État français:

«...Ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français, par l'État français... La France, patrie des Lumières et des Droits de l'Homme, terre d'accueil et d'asile, la France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux... Nous conservons à leur égard une dette imprescriptible...» Aussi depuis le 18 janvier 2006, on peut lire dans la crypte du Panthéon, sur la plaque qui rend hommage aux Justes: « Sous la chape de haine et de nuit tombée sur la France pendant les années d'occupation, des lumières par milliers, refusèrent de s'éteindre. Nommés « Justes parmi les nations » ou restés anonymes, des femmes et des hommes, de toutes origines et de toutes conditions, ont sauvés des juifs des persécutions antisémites et des camps d'extermination. Bravant les risques encourus, ils ont incarné l'honneur de la France, ses valeurs de justice, de tolérance et d'humanité ».

Le conseiller général a précisé que notre département, avec le camp de Rivesaltes a connu l'internement et la déportation de nombreuses personnes juives; le directeur du groupe scolaire qui enseignait aux enfants jusqu'à leur déportation vers Drancy puis Auschwitz était de Maury, il s'appelait François Mérou. Avec son épouse, ils ont partagé les dures conditions de camp, avant sa mort François Mérou avait eu l'occasion de témoigner... »


Le consul général d’Israël à Marseille, Barnéa Hassid

 En 1953, l’assemblée législative de l’État d’Israël, en même temps qu’elle créait le Mémorial de Yad Vashem à Jérusalem consacré aux victimes de la Shoah, décida d’honorer «les Justes parmi les nations qui ont mis leur vie en danger pour sauver des Juifs». «Et je leur donnerai dans ma maison et dans mes murs un mémorial: YAD et un nom: SHEM qui ne seront pas effacés» Isaïe 56, 5. Il s’agit actuellement de la plus haute distinction honorifique délivrée par l’État d’Israël à des civils.

Barnéa Hassid a affirmé à Maury sa foi en l'humanité et la volonté de voir la réalité en face. Dans une grande émotion, il a remercié au nom du peuple juif, de l'État d'Israel et personnellement, le dévouement des Justes qui ont choisi au mépris du danger, de tendre la main pour faire un toit un refuge. Cette France infidèle, celle des lois du Régime de Vichy, soumise aux exigences des autorités allemandes a participé à la disparition des six millions de juifs, sans sépulture, victimes de la Shoah. Au 1er janvier 2012, le titre de « Justes parmi les nations » a été décerné à 24 355 personnes à travers le monde, dont 3 513 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages. Un seul devoir les a déterminé, le devoir d'humanité contribuant à sauver des innocents et par là, sauver l'humanité. Monsieur Barnéa Hassid, Consul Général d’Israël a ainsi signifié que le courage a un sens, celui de se battre pour des valeurs morales.

Edith Moskovic et Michaël Iancu, Délégués du Comité Français pour Yad Vashem

Avec Barnéa Hassid, cette délégation de haut rang a réuni Edith Moskovic et Michaël Iancu, Délégués du Comité Français pour Yad Vashem pour remettre à titre posthume à Germaine Bastaki ainsi qu'à Marius et Marcelle Ribes pour avoir sauvé Otto Weinmann, la médaille des « Justes parmi les nations » en hébreu, littéralement : « généreux des nations du monde ».
Edith Moskovic, petite fille juive traquée à l'âge de huit ans, témoigne activement de la vie « des enfants cachés » pendant la Seconde guerre mondiale : « Notre cœur et notre âme sont autour de ceux qui nous ont recueilli. Leur amour nous a sauvés des rafles, des chambres à gaz... » Edith Moskovic, héritière de ces « lumières dans la nuit » nous rappelle que la la Shoah est non seulement l'histoire des juifs, mais aussi l'histoire du XXième siècle. Dans son travail de mémoire, elle cite Gilles Segal, auteur dramatique, metteur en scène, acteur de théâtre et cinéma, qui nous invite aussi à une réflexion sur la survie de l'individu face à l'inacceptable. A Maury, elle est présente aux côtés de Jacques Cukier qui dans son ouvrage «L'éclipse» publié en 2010, aux Presses Litteraires retrace ce même parcours d'enfants cachés...


Grâce à Germaine Bastacki et Marius et Marcelle Ribes, Maury a eu l'honneur de recevoir avec Edith Moskovic, Michaël Iancu. Docteur en histoire, Directeur de l’Institut Maïmonide de Montpellier et maître de conférences l’Université de Cluj-Napoca (Roumanie), il est l’auteur de « Spoliations, Déportations, Résistance des Juifs à Montpellier et dans l’Hérault (1940-1944) », « Vichy et les Juifs, l’exemple de l’Hérault (1940-1944) », ainsi que de nombreux articles parus dans des revues scientifiques et actes de colloques. Michaël Iancu a amplifié l'écho du travail de mémoire du Comité Français pour Yad Vashem dont le cœur à Jérusalem réunit mémorial, musée, le plus grand centre d'archives sur la Shoah et un collectif de chercheurs internationaux. Il a rappelé le rôle du Chambon-sur-Lignon et sa région, devenus le symbole incontournable de l’accueil collectif des Juifs et des autres réfugiés sous l’Occupation. Le Mémorial de la Shoah à Paris, a réalisé une « Allée des Justes », à proximité du Mur des Noms où sont gravés les noms des 76 000 Juifs déportés de France. Ces lieux défendent les valeurs de justice et de paix contre la xénophobie et l'antisémitisme. Souvent comme aujourd'hui à Maury les enfants, les petits enfants sont tout autant les vecteurs de notre devoir de mémoire.

 

En 1944, Jeanne Ribes-Gely, fille de Marius et Marcelle avait vingt ans

Les enfants... la transmission

Les ¾ des juifs de France ont eu la vie sauve grâce à un Réseau anonyme rejetant le fascisme. Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d'honneur ainsi qu'une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier ». Dorit Knobel, fille d'Otto Weinmann venue de Tel Aviv a exprimé par sa présence et sa parole à Maury, sa filiation avec les Justes. Les images-archives projetées par Dorit, ont aussi permis de nous rapprocher de Germaine Bastacki et ainsi de mieux comprendre le parcours d'Otto, son père dans nos terres du Fenouillèdes.

 

Ainsi, Monique Villamejeanne, fille de Germaine Bastaki et Martine Carrere-Estève, petite-fille de Marius et Marcelle Ribes sont aujourd'hui officiellement dépositaires du courage et de l'humanisme de leur descendance. Il en est de même pour toute la fratrie Maurynate de Marius et Marcelle dont Réné, Jeanne, Paul, Raymonde et leurs enfants, comme l'a rappelé Martine lors de son intervention émue.

 

Monique Villamejeanne fille de Germaine Bastaki

 


Martine Carrère Estève, petite fille de Marius et Marcelle Ribes

 


Émotion municipale


Charles Chivilo, maire de Maury a accueilli, aux côtés des enfants de l'école primaire, avec émotion et solennité cette cérémonie. Héritiers et témoins, sont les relais de cette histoire collective qui à l'échelle locale et internationale honore la charge du premier magistrat de Maury.

 

 

source: http://maury.blogs.lindependant.com/archive/2012/06/27/justes-parmi-les-nations-de-1943-a-1944-germaine-bastacki-ma.html du 27/06/2012

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