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La Juste Gitta Mallasz

mardi 19 juin 2012

 C'est dans le superbe édifice parisien du Collège catholique des Bernardins, fondé au 13è siècle sur le modèle des abbayes cisterciennes, que s'est tenue la cérémonie de remise de médaille de Juste parmi les Nations à Gitta Mallasz, à titre posthume. Ce fut l’occasion de découvrir une histoire ignorée jusque-là : le sauvetage en décembre 1944 à Budapest, de plus de cent femmes et enfants juifs hongrois. Ce lieu de recherche, d'enseignement et de dialogue a parfaitement rempli sa mission, dimanche 13 mai 2012, en raison du courant spirituel auquel se rattachaient Gitta Mallasz et les très nombreux disciples qu’elle inspira par la suite tout au long de sa vie, en France et dans le monde.

Après l’accent mis par le Président des Bernardins, Monseigneur Jérôme Beau, sur l’importance de transmettre la mémoire de la Shoah, les valeurs de l'amitié et l’exemple du courage, Jean-Raphaël Hirsch, Président du Comité français pour Yad Vashem, tint à rappeler l’importance du travail d’histoire et de mémoire accompli par l’Institut de Jérusalem, puis le sens général de ces cérémonies d'hommage, à la fois éducatif et moral. Il insista sur le courage exceptionnel de cette jeune femme, rappela, en effet, le très petit nombre de Justes hongrois (791) et expliqua que cette cérémonie se tenait en France car Gitta, après avoir fui la Hongrie communiste en 1960 et choisi comme deuxième patrie la France, s’y était rendue célèbre à la suite de la publication d’un livre «le Dialogue avec l’Ange », et s’y était éteinte en 1992. Il remercia M. Imre Boc et Monique Guillemin grâce auxquels les témoignages de l’action de Gitta furent rassemblés et transmis à Jérusalem, et exprima l'espoir que cet hommage puisse également se dérouler ultérieurement en Hongrie.

Nicolas Roth, membre du Comité français, déporté de Hongrie à 16 ans, exposa ensuite, dans une intervention à la fois émouvante et précise, le contexte historique de la Hongrie, et sa déportation : l’antisémitisme qui sévissait dans une Hongrie alliée à l’Allemagne nazie, l’impréparation totale et la vulnérabilité des Juifs hongrois jusque-là particulièrement bien intégrés à la société, et les événements précis qui conduisirent à sa déportation, en juin 1944, avec ses parents et sa sœur, gazés dès leur arrivée à Birkenau. Il rappela comment, de mars à juillet 1944, les nazis, conduits par Adolf Eichmann, avaient envahi la Hongrie, regroupé avec l’aide des gendarmes hongrois 437 000 Juifs de province dans des ghettos, puis les avaient déportés. En juillet 1944, c'était au tour des 150 000 Juifs de Budapest d'être parqués dans le ghetto, assassinés sur les bords du Danube ou déportés par les nazis secondés par les miliciens fascistes hongrois, les terribles « Croix Fléchées ».

Anne-Marie Revcolevschi, membre du Comité français et également Présidente du projet Aladin, présenta alors les grandes lignes de la vie et de la personnalité de Gitta Mallasz, soulignant son appartenance initiale à une famille de la haute bourgeoisie hongroise classique : nationaliste de droite, antisémite et proche du nazisme, mais aussi son tempérament indépendant, rebelle et intrépide. Elle précisa les conditions du sauvetage qu’elle organisa ensuite, citant notamment le récit qu’elle en avait elle-même fait dans « le Dialogue avec l'Ange », suite d’entretiens philosophiques et spirituels menés chaque semaine de juin 1943 à novembre 1944 avec ses deux très grandes amies juives Hannah Dallos et Lili Strausz, et publié en France en 1976 : lorsque le mari d'Hanna est enrôlé pour le travail forcé en avril 1944, puis déporté en juin, Gitta comprend qu'il lui faut sauver ses amies. Elle rebondit alors sur une proposition du Père Klinda, prêtre catholique de Budapest d'un remarquable courage qui lui propose de diriger, dans un couvent placé sous la protection du Nonce apostolique, Monseigneur Rotta, et de quelques officiers Résistants, un atelier de confection militaire travaillant pour les SS, et dans lequel une centaine de femmes et d'enfants juifs, sortis du ghetto, vont pouvoir se réfugier et travailler. Elle organise aussi, à l’avance, les conditions d’une fuite possible, en cas de rafle. Ainsi, quand en décembre 1944, les Croix Fléchées, ayant compris la supercherie, investissent le couvent avec un ordre de déportation, la plupart des femmes réussissent à s'enfuir sauf quatorze d'entre elles, parmi lesquelles Hannah et Lili, qui refusent d'abandonner Gitta à une mort qu'elles pensent certaine ; ces seize femmes seront envoyées à Ravensbrück, une seule en reviendra, Eva Langley Danos, qui fera le récit de leur mort dans "Le dernier convoi", paru en 2012 aux éditions Albin Michel. Anne-Marie Revcolevschi conclut cet hommage à Gitta en exprimant l'espoir que « les ténèbres du passé ne soient pas de retour en Hongrie aujourd’hui ».

L'Ambassadeur de Hongrie, Laszlo Trocsanyi, après avoir souligné l’immense apport des Juifs hongrois à son pays, et dénoncé fermement les mesures d’antisémitisme et de spoliation dont ils furent les victimes, leur déportation et leur anéantissement, rappela que "cette responsabilité doit être partagée par tous les Hongrois. Comme la Shoah fait partie de l’histoire du pays, la conscience nationale hongroise ne pourra plus éviter de faire face à ce lourd héritage déshonorant ». Il conclut en considérant que « la barbarie nazie, l’holocauste, la persécution et l’extermination des Juifs appartiennent désormais à l’histoire. Moi personnellement je suis convaincu qu’il en est ainsi définitivement et que le processus est irréversible. Mais nous ne devons pas ignorer que le mal, le virus de l’intolérance et de l’antisémitisme sévissent toujours, et il faut mener un combat permanent et acharné pour tuer le monstre dans l’œuf. La mémoire de plusieurs centaines de milliers de martyres hongrois, juifs et non-juifs, ainsi que l’héroïsme de Gitta Mallasz et des autres Justes parmi les Nations, nous obligent à être vigilants ».

Après la projection d'un court film montrant le retour de Susan Kevin dans l'atelier de confection où enfant, elle fut cachée avec sa mère, sa fille Dorit Zak, venue de Londres accompagnée de son fils Alexandre, arrivé d’Australie, témoigna de sa profonde reconnaissance envers Gitta.

Le Ministre plénipotentiaire de l'Ambassade d'Israël, Samuel Ravel, remit alors la Médaille des Justes à Andréa Mallasz, petite-nièce de Gitta venue de Budapest, qui exprima son admiration pour sa grand-tante avant que ne retentissent la Hatikva et l’Hymne européen en l’honneur de cette femme d’exception.

Parmi l’assistance, comprenant un grand nombre d’amis et de fidèles de Gitta Mallasz et de membres du Comité français pour Yad Vashem, notamment ceux qui ont travaillé sur ce dossier, citons quelques-unes des personnalités présentes : René Roudaut, ancien Ambassadeur de France en Hongrie, plusieurs membres de l'ambassade et du consulat de Hongrie, Richard Prasquier, Président du CRIF, Jean Moutappa, directeur aux éditions Albin Michel, Magda Hollander-Lafon, déportée de Hongrie à seize ans et auteur des «Quatre petits bouts de pain», le Père Antoine Guggenheim, le chanteur Michel Jonasz, l'actrice Juliette Binoche…...

L’une des dimensions particulière de cette cérémonie fut indéniablement un sentiment de communion des très nombreux amis venus de France et de l’étranger honorer Gitta Mallasz, dont les derniers mots, écrits sur le faire-part de sa mort qu’elle avait elle-même rédigé avant d’ordonner que ses cendres soient dispersés dans le Rhône, furent les suivants :

 «nous avons tous une tâche à accomplir… sinon nous aurons vécu en vain ».

 

 

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Le couple de commerçants avait sauvé un enfant juif

mardi 22 mai 2012

La Juste reconnaissance d'Israël

La médaille des Justes parmi les Nations a été remise par Yaron Gamburg,  porte-parole de l'ambassade d'Israël, à Ginette Létoffé.

La médaille des Justes parmi les Nations a été remise par Yaron Gamburg, porte-parole de l'ambassade d'Israël, à Ginette Létoffé.

  

Dimanche, Ginette Létoffé a reçu la médaille des Justes au nom de ses oncle et tante Henri et Solange Ardourel. En 1944, ils ont sauvé de la mort le jeune Albert Szerman.

 

Dès les premières secondes, la chanson Nuit et Brouillard de Jean Ferrat a donné le ton de la cérémonie, entre émotion et gravité.

Dans la salle polyvalente de la commune, le maire de Crouy, Daniel Moitié, présidait dimanche après-midi un rendez-vous exceptionnel : la remise de la médaille des Justes parmi les Nations par Yaron Gamburg, porte-parole de l'ambassade d'Israël, à Ginette Létoffé, pour ses oncle et tante Henri et Solange Ardourel, à titre posthume.

L'honneur de la France
Le 22 juillet 1944, le couple de commerçants avait sauvé de la Déportation le jeune enfant juif Albert Szerman, alors que ses camarades de l'orphelinat de La Varenne étaient envoyés à Auschwitz.
Pour Viviane Saül, déléguée du Comité français pour Yad-Vashem, l'institut qui attribue cette distinction, Henri et Solange Ardourel « ont eu le courage d'agir malgré les risques encourus. Ils ont fait preuve d'un grand courage, d'une grande noblesse d'âme ».
Plus de 24 300 médailles des Justes parmi les Nations ont été attribuées dans 300 pays, dont 3 500 en France.
Pour Yaron Gamburg, ces Justes ont fait bien plus que de sauver des vies, « ils ont sauvé la dignité humaine et l'honneur de la France » et ce sont des « êtres ordinaires qui ont accompli des actes extraordinaires ».
Comme rappelé par le porte-parole de son ambassade en France, cette médaille est « la plus haute distinction » décernée par l'État hébreu et témoigne de « la gratitude et de la reconnaissance éternelle » du peuple juif.

« Ce jour-là, je l'ai espéré »
Pour Albert Szerman, qui avait 8 ans lorsqu'il a eu la chance de croiser le chemin d'Henri et Solange Ardourel, la cérémonie de dimanche était évidemment très intense au plan émotionnel.
« Ce jour-là, je l'ai espéré très longtemps, je l'ai attendu, il arrive enfin », témoignait d'emblée Albert Szerman, en saluant la mémoire de ces « deux êtres exceptionnels » sans lesquels il ne serait pas là.
« Ils m'ont offert de l'amour et le meilleur d'eux-mêmes. Sans eux, je ne serais qu'un nom et une date de naissance sur un monument », livrait le rescapé, en évoquant les « cauchemars qui hantent encore ses nuits. Aujourd'hui, le petit garçon est devenu un vieux monsieur. C'est un des grands jours de mon existence. J'aurais aimé qu'ils reçoivent cette distinction de leur vivant. »
Au nom de son épouse, Bernard Létoffé, le président du Comité d'entente des associations d'anciens combattants, confiait, lui, la surprise qui avait été celle de sa famille, en apprenant le comportement héroïque de ses proches, d'une extrême discrétion sur le courage hors du commun qu'ils avaient manifesté lors de ces heures sombres de notre histoire, que tentent, aujourd'hui encore, de travestir les négationnistes.

Philippe ROBIN

source: http://www.lunion.presse.fr/article/autres-actus/le-couple-de-commercants-avait-sauve-un-enfant-juif-la-juste-reconnaissance-dis du 22/05/2012

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Distinction. Déportée en 1943, elle avait activement participé au sauvetage de Juifs durant la Seconde Guerre.

lundi 21 mai 2012

Anthony Veillith, 38 ans, est l’arrière-petit-fils de Dora Rivière. C’est en se lançant dans la construction de son arbre généalogique qu’il est saisi par la forte personnalité de son aïeule, le Dr Dora Rivière.

« J’ai découvert le passé terrible de souffrance de mon arrière-grand-mère. Plus je cherchais, plus je découvrais des éléments qui me donnaient envie d’en savoir plus. J’ai deux filles, Louise et Léonie. Lorsque je me suis penché, pour leur transmettre une part de la mémoire familiale, sur notre généalogie, j’ai fait connaissance avec cette famille protestante dont on ne m’avait jamais vraiment parlé. Il y avait un culte du secret. Ce qu’on avait fait, on devait le faire, mais il était hors de propos d’en tirer quelque gloire que ce soit. »

Cette quête dure cinq ans et aboutit, le 29 mars, à Paris, à la remise de la médaille des Justes parmi les Nations par Alain Habif et Viviane Saül, délégués de Yad Vashem, aux ayants droit de Dora Rivière, honorée à titre posthume.

La mère d’Anthony, Sylvie Veillith, la fille de Jacques Veillith, le fils de Dora Rivière, reçoit avec émotion « ce témoignage de reconnaissance éternelle ».

Dora Rivière était née à Saint-Étienne en 1895, dans une famille protestante originaire du Chambon-sur-Lignon. Elle était la fille de Georges-Henri Rivière, transporteur, et de Catherine Reynard.

À l’époque où peu de filles faisaient des études secondaires, Dora prépare le baccalauréat au lycée Honoré-d’Urfé.

Elle devient en 1919 une des premières femmes médecins de France. Elle s’engage dès 1920 dans de nombreuses actions sociales via la Croix-Rouge française, les Enfants à la montagne, l’Aide aux mères et la Cimade.

On la retrouve à l’aube de l’occupation allemande, divorcée de Daniel Veillith qu’elle avait épousé, en 1925, et dont elle a eu deux enfants, Hélène (1928-2001) et Jacques (1926-1987).

Dès 1940, Dora entre dans la clandestinité sous le pseudonyme de « Monsieur Lignon ». Elle s’emploie dès lors à secourir, au sein de différentes associations et réseaux de sauvetage, les pourchassés par le régime de Vichy et par le nazisme.

Les déplacements étaient le plus souvent effectués par les Fourgons stéphanois appartenant aux Transports Rivière. Arrêtée en 1943, à la suite d’une dénonciation du fils d’une employée de l’entreprise paternelle, elle est déportée à Ravensbrück. Elle met ses compétences et son dévouement au service de ses codétenues, avant de terminer son long calvaire à Mathausen, où elle sera libérée en avril 1945.

Après la guerre, elle devient adjointe au maire, chargée des affaires sociales de Saint-Étienne.

Elle s’est éteinte le 21 avril 1983, à Pignans, dans le Var.

À Saint-Étienne, une école porte son nom. Maintenant, il est gravé à Yad-Vashem, en Israël.

Fabienne Mercier

source: http://www.leprogres.fr/loire/2012/04/15/dora-riviere-resistante-stephanoise-est-devenue-juste du 15/04/2012

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Hommage à Yvonne et Daniel Quénu, des Justes, en présence de Jojo et Monette

lundi 21 mai 2012

«TanteYvonne» et «tonton Daniel», répétiteurs au collège de garçons d'Armentières en 1942. Samedi, à la mairie, Georges Grinblatas et Simone Audrain née Woliner retrouveront Armentières. Ces deux enfants juifs ont été recueillis de 1942 à 1945 par Yvonne et Daniel Quénu, surveillants du lycée au grand coeur. La médaille des Justes décernée par Yad Vashem a été remise à leur neveu, Henry Turlier, à Mornas, le 5 avril.

« L'idéal aurait été d'organiser cette cérémonie à Armentières où j'ai mes souvenirs et où se trouvent la plupart des proches amis et témoins mais M. Turlier habitant Nîmes est trop âgé pour se déplacer à Armentières », explique Georges Grinblatas qui réside à Mornas (Vaucluse) village dont il fut adjoint. « De même les amis d'Armentières étant également âgés - la plupart ne pourront assister à la remise de médaille à Mornas - nous avons décidé, Monette et moi, d'organiser une cérémonie informelle à Armentières », précisait il y a quelque temps celui qui fut le petit Jojo.

Clafoutis

À Armentières, des amis se souviennent. Parmi eux, Michelle Ernould née Gruson qui jouait avec ces deux enfants sans savoir qu'ils étaient recueillis en tant que leur neveu et nièce chez les époux Quénu, proches du milieu enseignant, catholiques de gauche, n'ayant pas d'enfants eux-mêmes.

Michelle Ernould se souvient d'Yvonne Quénu : « Quand son Jojo faisait une bêtise elle lui trouvait toujours une excuse ! Je me souviens de ses clafoutis (pas toujours très cuits !). » Grâce à une chaîne de solidarité entre Paris où habitaient ces enfants et leur famille et Lille, l'histoire s'est bien terminée. Ils ont retrouvé leurs parents à la libération. Jojo est chef d'entreprise à la retraite et Monette retraitée de l'enseignement, à Paris. Tous deux ont continué à voir leurs « sauveurs » jusqu'à la mort de ces derniers (1981 pour Daniel et 1999 pour Yvonne). « Mes parents et moi-même allions à Armentières ainsi que mon frère né en 1946. Il n'y a jamais eu de rupture. M. Quénu a été témoin à mon mariage et, avec mon époux et les enfants, nous allions les voir. Tante Yvonne et tonton Daniel ont toujours été en accord avec eux-mêmes, civisme et croyance religieuse. Il était difficile de parler des « Justes » avec eux. Ils n'avaient pas l'impression d'avoir fait quelque chose d'extraordinaire. Notre amour leur suffisait. les honneurs ne les intéressaient pas. Nous, aujourd'hui, nous pensons qu'il en est autrement », confie Simone Audrain.

Leurs enfants d'adoption

« Il n'y a jamais eu de rupture entre mes parents d'adoption et moi. Sur le faire-part de décès de M. Quénu, tout de suite après Mme Quénu et avant la famille, nous apparaissons, Monette et moi, comme leurs enfants d'adoption. Si j'ai mis autant de temps à constituer ce dossier, c'est par respect pour leur pudeur de personnes qui n'ont jamais attendu de reconnaissance pour des actes qui leur étaient naturels. Aujourd'hui qu'ils sont décédés... », confie Georges Grinblatas.

Samedi, Jojo et Monette seront réunis à l'initiative des anciens élèves de Paul-Hazard dont Michelle Ernould est vice-présidente, à la mairie, de 11 h à midi. Ce sera l'hommage d'Armentières et des élus à ses « Justes » pour la journée de la déportation. Sans doute des anciens amis comme René Knockaert, leur médecin, Marie-Louise Depretz, professeur à l'époque, Simone Riquier seront-ils présents pour honorer leur mémoire. 

 

CATHERINE QUÉTELARD


source: http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Armentieres/actualite/Secteur_Armentieres/2011/05/05/article_hommage-a-yvonne-et-daniel-quenu-des-jus.shtml du 05/05/2011

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Cette Berruyère a été faite Juste par Israël et a reçu l'insigne de chevalier de la Légion d'honneur

vendredi 18 mai 2012

Après avoir retracé la vie d’une « personnalité aussi remarquable », le maire Serge Lepeltier a fait Simone Pasquetchevalier de la Légion d’honneur.?</br>Credit : photo rémy lacroix

Après avoir retracé la vie d’une « personnalité aussi remarquable », le maire Serge Lepeltier a fait Simone Pasquetchevalier de la Légion d’honneur.?
Credit : photo rémy lacroix

Pour avoir sauvé la vie de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, Simone Pasquet, 99 ans, a reçu, hier dans les salons d’honneur de l’hôtel de ville, la médaille des Justes, ainsi que l’insigne de chevalier de la Légion d’honneur.

Simone Pasquet, juste une grande dame

«Je n'ai pas l'impression d'avoir fait quelque chose de sensationnel. » Hier matin, Simone Pasquet n'a pas beaucoup parlé. Le poids des années. Juste quelques mots susurrés au micro, mais toujours avec un petit sourire au bord des lèvres, ont suffi à rougir les yeux des nombreuses personnes venues saluer le courage de cette Berruyère de quatre-vingt-dix-neuf ans.

La « reconnaissance éternelle » d'Israël

Simone Pasquet, l'histoire d'une dame plus grande qu'elle ne veut bien le faire croire, d'une Berruyère née un 1 er mars 1913 au 127 de la rue Barbès et qui a risqué sa vie pour sauver celle de nombreux Juifs durant la Seconde Guerre mondiale.

Parmi eux, Otto Weinmann, un Juif tentant de fuir la Gestapo. La rencontre a lieu à Perpignan où cette professeur d'anglais enseigne. Un soir, Simone accompagne par ses propres moyens Otto sur la plage de Banyuls, à la frontière espagnole, et le confie à un passeur. Une blessure au talon empêche Otto de recouvrer la liberté. Simone Pasquet élabore alors une nouvelle stratégie : elle lui délivre des faux papiers, le fait naître dans un petit village du nord de la France après avoir vérifié que le patelin a été victime d'un bombardement durant la Grande Guerre faisant disparaître les états civils et rendant la vérification d'identité impossible.

Otto échappe à la barbarie nazie. Une fois la guerre terminée, il se marie à Paris, sous les yeux de Simone, et quitte la France.

« Je voulais tout simplement lui dire merci »

Hier matin, assise dans son fauteuil, Simone Pasquet a écouté Serge Lepeltier retracer sa vie, celle d'une « personnalité aussi remarquable », avant que le maire ne lui remette l'insigne de chevalier de la Légion d'honneur ; le discours de Corine Levis, attachée auprès de l'ambassade d'Israël à Paris venue la faire Juste parmi les nations, en signe de « reconnaissance éternelle ».

Puis vint le tour de Dorit Knobel, fille de… Otto Weinmann, arrivée d'Israël pour l'occasion. Émue aux larmes, Dorit, qui a perdu son père le 6 mai 2010, lâche : « Je voulais tout simplement lui dire merci. Sans elle, je ne serais pas là. »

Puis Dorit s'est jetée dans les bras de Simone. « Elle fait partie de ma famille ».

Benjamin Gardel

source: http://www.leberry.fr/cher/actualite/pays/bourges-et-environ/2012/05/14/cette-berruyere-a-ete-faite-juste-par-israel-et-a-recu-linsigne-de-chevalier-de-la-legion-dhonneur-1167030.html du 14/05/2012

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Cérémonie de remise de médailles de Justes parmi les Nations

vendredi 18 mai 2012

C’est une cérémonie très solennelle, empreinte de dignité et de respect et baignée d’une grande émotion qui s’est déroulée ce lundi 7 mai dans la salle d’honneur de la mairie à Chateauneuf sur Isère.

Vicky et
Entourés de Mme Vicky Green venue spécialement de Los Angelès avec son époux, ses deux fils et une petite fille, Roger et René François étaient réunis avec leur famille pour recevoir la « médaille des Justes parmi les nations » de l’état d’Israël, décernée à titre posthume à leurs parents Suzanne et Amédée, qui ont hébergé dans leur ferme de Bellevue, d’octobre 1942 à septembre 1944, deux jeunes filles juives Adèle et Vicky Goldstein, alors âgées respectivement de 16 et 14 ans.

Merci Suzanne, Merci Amédée.


Amédée et Suzanne FRANCOIS
Devant une foule nombreuse, le maire de la commune Philippe Patouillard a ouvert la cérémonie par ces mots « ...en se mettant de fait hors la loi, hors la règle ...,sans rien attendre en retour, dans l’anonymat, juste par devoir, juste par solidarité, juste par Humanité, simplement parce que la générosité du cœur passe au dessus de la raison...M. et Mme François sont un exemple pour nous tous. Merci Suzanne, merci Amédée ».
Robert Mizrahi, Président du Comité français pour l’Institut Yad Vashem pour le sud de la France, en présentant ce qu’est le mémorial Yad Vashem a alors expliqué à l’assistance que le titre de justes est décerné aux personnes non juives qui ont sauvé des Juifs sous l’occupation allemande entre 1940 et 1944, au péril de leur vie. Après une rapide rétrospective les évènements de l’époque, il a ensuite vivement remercié Nathalie François – Brun, fille de Roger, à l’origine des démarches qui depuis 4 ans ont conduit à cette cérémonie.
Il n’y a pas de mot qui puisse témoigner ma reconnaissance ainsi que celle de ma sœur Adèle décédée en 2007 . Avec beaucoup d’émotion, Vicky a exprimé toute sa gratitude, son affection à l’égard de Roger le « petit frère », de ses parents « Père François et Mère François comme nous les appelions... ; Vous nous avez sauvé la vie et vous avez risqué la vôtre... ».
Très ému, Roger a ensuite conté l’histoire de ce petit garçon de 7 ans à l’époque qui a vu arriver deux belles jeunes filles à la ferme de Bellevue et qui a su de suite « tout voir, tout entendre et ne rien dire ».

Au nom du peuple juif et de l’état d’Israël, M. Barnéa Hassid, Consul général d’Israël,a alors prononcé une allocution et a remis « la médaille des Justes parmi les Nations » à Roger et René François, tandis que Robert Mizrahi donnait lecture du diplôme d’honneur « leur nom rentre aujourd’hui dans l’histoire ».

Pour terminer, le préfet de la Drôme, M. Pierre-André Durand , après avoir évoqué ces années horribles de guerre a déclaré « Quand la règle devient illégitime, il est légitime de la transgresser ». _ Il a également remercié l’ensemble des personnes qui par leur présence et leur implication pour ces cérémonies entretiennent et transmettent le devoir de mémoire nécessaire auprès des générations nouvelles notamment.

Roger, au centre et René à droite entourés de gch à dte au 1er rang du Consul d'Israël, de M. Green le mari de Vicky, Vicky et Nathalie et au 2ème rang de M. le Maire de Chateauneuf, M. le Préfet de la Drôme, la petite fille et les deux fils de Vicky et du Président de Yad Vashem


source: http://www.chateauneufsurisere.fr/Ceremonie-de-remise-de-medailles 

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