Cérémonie à Chelles

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22 juin 2010 à 18h30 Mairie de Chelles : hommage aux Justes Henri-Joseph et Marie Degrémont

 

Synthèse :

- "Natif de Pologne, Joseph Goldsztajn arrive à Paris en 1936. Il exerce son métier de boucher rue Bisson, dans le 20e arrondissement. Sa femme Liba, et leur fils Henri, né en 1931, étaient d’abord restés à Serock en Pologne. Ils viennent le rejoindre en 1938. La famille s'agrandît d'une petite Hélène, née à Paris en 1940.
Joseph s'installe à son compte, au 46, rue Julien Lacroix, dans le 20e arrondissement, et la famille habite dans l'immeuble attenant à la boucherie.

A la déclaration de la guerre, Joseph Goldsztajn souscrit un engagement volontaire dans le groupement des engagés volontaires étrangers de l'armée française. Il y rejoint de nombreux juifs vivant en France et de 52 nationalités différentes…
Joseph est incorporé au camp d'instruction de Septfonds le 10 mai 1940 et sera démobilisé à Caussade le 31 août 1940.
Il est ensuite envoyé dans un camp de travail à Marseille dont il sera libéré sur présentation d'un certificat de travail fourni par des amis.

Quelques jours avant la rafle du Vel d'hiv, en juillet 1942, Joseph Goldsztajn est prévenu de l’imminence d’un grave danger. Il part se réfugier à Villepinte chez un ami. A l’époque, on suppose encore que seuls les hommes sont ciblés plutôt que les femmes et les enfants.
Liba et ses deux enfants restent donc à leur domicilie. Survient la rafle. La police française arrête toutes les familles juives de l'immeuble. Liba ne répond pas aux coups donnés sur la porte par la police. La mère et les deux enfants eurent ainsi la vie sauve.

Joseph et Liba décident alors de trouver une famille d'accueil pour leurs deux enfants âgés de 11 ans et 2 ans. Ils les amènent à Villepinte, chez Mr et Mme Bruno, une famille catholique. Hélène sera baptisée et vivra chez les Bruno jusqu'à la Libération. Henri n'y restera que quelques semaines.
Munis de faux papiers, Joseph et Liba viennent en effet chercher Henri et s'enfuient avec lui en zone sud.

Ils trouvent refuge à Pierre-en-Bresse, en Saône-et-Loire, et vont y rester plus d’un an. Hélas, les rafles se multiplient aussi en zone sud. Les Goldsztajn décident de remonter vers Paris. Ils entendent alors parler des Coudreaux, à 20 kilomètres de la capitale. Plusieurs familles juives y seraient cachées. Ils s'y rendent.

Henri-Joseph et Marie Degrémont, acceptent effectivement de leur offrir l’asile. Henri-Joseph Degrémont, était professeur de gymnastique à la retraite. Le couple n'avait pas d'enfants. Tous deux avaient déjà porté de l’aide à d’autres persécutés raciaux.
Selon un code employé par Henri-Joseph et Marie Degrémont, ceux-ci feignaient appeler leur chien mais prévenaient en réalité les réfugiés cachés dans le grenier de leur maison. Ces derniers savaient s'ils pouvaient sortir de leur cachette, s'ils devaient se tenir coit ou au contraire, s'ils devaient courir "se planquer" dans le bois voisin.

La famille Goldsztajn restera cachée par les Degrémont jusqu'à la Libération. Puis les liens entre les deux familles ont perduré au point qu’Henri-Joseph et Marie garderont la petite Hélène pendant un an. 
Hélène continue à les nommer "Tonton" et "Tata" lorsqu'elle évoque ces moments heureux partagés avec eux.
Partie vivre ensuite en Argentine, elle revint pour un voyage en France en 1963. Sa « Tata », veuve entretemps, s’était remariée. Hélène voulut lui présenter sa première fille, Karina. Et se souviendra toujours Hélène, c’est devant Marie que la petite Karina effectua ses premiers pas… Quel plus pur symbole d’une victoire sur la Shoah d’une Juste et de la fille d’une enfant cachée ?"

 

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Eté 1945, de g. à dr. : Liba Goldsztajn, son époux Joseph et Marie Degrémont, à l'avant-plan : Hélène. (Arch. fam H. Goldsztajn/BCFYV/DR).

 

Cette cérémonie du 22 juin sera relatée sur une page ultérieure de ce blog. Hélène sera revenue d'Argentine pour cette remise de la Médaille et du Diplôme de Justes à Jacques Langlois, ayant droit des époux Degrémont.

Le Comité Français pour Yad Vashem souligne aussi le passé héroïque de la commune de Chelles :

- en 1940, le Député Maire de cette petite ville de Seine et Marne s’était opposé aux pleins pouvoirs votés au Maréchal Pétain,

- Chelles devint un important centre de Résistance à partir duquel furent réalisés de nombreux sabotages et attaques,

- en août 1944, pendant les combats de la Libération, un grand nombre d’otages civils furent assassinés devant la Mairie,

- parmi les « fusillés de la Cascade du Bois de Boulogne » plus de la moitié des trente-cinq victimes étaient originaires de Chelles,

- la Ville de Chelles est décorée de la Croix de Guerre 1939 /1945.