Cérémonie à Chitenay

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Mairie de Chitenay (DR).

Les Justes Sylvine Girault et Blanche Renée Grillet

Le 4 juillet 2010, les Médailles de Justes parmi les Nations ont été remises - à titre posthume - aux ayant-droits de Sylvine Giraul et de Blanche Renée Grillet. Cette cérémonie avait pour cadre la Mairie de Chitenay. Elle avait été préparée par le Maire, Didier Stetten Pigasse, ainsi que par le Délégué du Comité Français pour Yad Vashem, Didier Cerf.
Blanche Renée Grillet était représentée par son fils, Gérard. Tandis que Sylvine Girault l'était pas ses enfants Lucette Chauveau, Mireille Choquet, Bernard Girault, Madelaine Guellier et Anne-Marie Pinault.

Synthèse du dossier Yad Vashem :

- "Chaïm Fizicki avait trouvé l’asile politique en France. Il avait fui la Pologne et espérait achever dans son pays d’accueil des études de biologie. Son chemin croise celui d’une autre réfugiée polonaise avec laquelle il se marie. Pour faire face aux nécessités de la vie, lui devient tailleur tandis qu’elle devient couturière à domicile.
Le foyer (à Nancy) s’agrandit grâce à deux naissances :
- Ilicz, en 1933 et
- Claire en 1935.

Nancy devant être « germanisée » du fait de la guerre et de la défaite, la famille Fizicki prend les routes de l’exode. D’abord pour Bordeaux. Ensuite jusqu’à Libourne. Enfin, en 1941, ils arrivent à Civray dans la Vienne où ils sont arrêtés en juillet. 
Les persécutés parviennent à s’échapper. Mais hélas, un an après, soit en septembre 1942, la mère est à nouveau arrêtée. Elle est transférée à Drancy d’où elle sera déportée – sans retour - vers Auschwitz.

Une grave maladie a évité au père de subir le même sort. Son état le rendait intransportable. Il décide alors et dans l’urgence, de placer les deux enfants dans des familles à Chitenay (Loir et Cher) avec l’aide d’une parente active elle-même dans le sauvetage des enfants.
Illicz est confié à Mme Grillet et Claire à Mme Girault. L’instituteur – qui était également secrétaire de mairie – et sa femme fournissent des fausses pièces d’identités pour les petits. Tous deux sont baptisés pour ne pas éveiller de soupçons (mais ils retrouveront leur religion d’origine après la Libération).

Le mari de Blanche-Renée Grillet était prisonnier en Allemagne. Le couple avait un fils, Gérard. Illicz a été traité en parfaite égalité avec ce jeune Grillet. Les deux garçons aidaient aux travaux de la ferme, s’occupaient des animaux, etc.

Quant à Sylvine Girault, elle était veuve avec cinq enfants à charge ! La famille était vraiment pauvre. Madame Girault faisait des ménages et aidait à la cueillette des fruits dans les fermes. Cette femme aussi généreuse que courageuse accueillit Claire comme la sixième des enfants de sa famille nombreuse.

A la Libération, Chaïm s’était engagé dans l’armée régulière. La guerre enfin terminée, il est venu rechercher ses enfants orphelins de leur mère morte à Auschwitz."

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En fin de cérémonie : "Le Chant des Partisans" (DR).

La Nouvelle République :

- "Dimanche, en fin de matinée, l'heure était à l'émotion sur la place de la mairie, le maire Didier Stetten-Pigasse accueillait tout un cortège de personnalités et les familles mises à l'honneur, venues assister à la célébration d'un événement exceptionnel. Un moment insolite dans une ambiance où l'émotion était palpable puisque deux médailles des Justes étaient remises à deux Castanéens à titre posthume.

C'est Didier Cerf, délégué régional du comité français pour Yad Vashem qui remettra aux enfants de Blanche Grillet et Sylvine Girault la médaille des Justes parmi les Nations. Une distinction décernée par l'Institut Yad Vashem de Jérusalem aux personnes non juives ayant sauvé des juifs sous l'Occupation, au péril de leur vie. Les actes de bravoure de Blanche Grillet, représentée par son fils Gérard, et de Sylvine Girault, représentée par ses enfants, Lucette Chauveau, Mireille Choquet, Bernard Girault, Madelaine Guellier, Anne-Marie Pinault ont été évoqués à travers la lecture faite par les arrière-petits-enfants. Un moment très émouvant en particulier pour Claire et Léon, les deux enfants juifs présents à la cérémonie recueillis par les deux familles françaises.

Le préfet Philippe Galli, le député Nicolas Perruchot, la sénatrice Jacqueline Gourault ont tour à tour salué le courage de ceux qui ont risqué leur vie pour en sauver d'autres. Enfin, « Le Chant des partisans » fut joué par la descendance Girault et reprise en choeur par l'ensemble des invités."
(7 juillet 2010).