Gratien Elise

Gratien Françoise

Gratien Marcel

Année de nomination : 2003      Dossier n° 10028 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Elise Gratien (née Dupuis)
Date de naissance : 09/07/1908
Date de décès : 27/03/1998
Profession : Sans profession
Particularité : Information non disponible

Mme Françoise Gratien (née Chartres)
Date de naissance :
Profession : Sans profession
Particularité : Veuve

M. Marcel Gratien
Date de naissance : 21/10/1900
Date de décès : 05/06/1970
Profession : Pêcheur
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Aze
Département : Saône-et-Loire
Région : Bourgogne
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Information non disponible

Personnes sauvées

M. Arthur Asch

Mme Jeanne Asch (née Guthmann)

Mme Margot Maas (née Strauss)

Mme Gabrielle Strauss (née Guthmann)

Lieux de mémoire

Monument aux "Justes parmi les Nations" à Thonon-les-Bains
Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Elise et Marcel Gratien résidaient avec leur fils unique, Jean-François, 13 ans, à Anthy-sur-Leman (Haute-Savoie), près de Thonon-les-Bains. Marcel était pêcheur. Françoise, sa mère veuve, habitait seule à Azé (Saône-et-Loire). Pendant la campagne de 1939-1940, il avait été cantonné à Reichshoffen (Bas-Rhin) où il fit la connaissance de Jacqueline Strauss. Devant l’invasion allemande, celle-ci s’enfuit avec sa mère et sa sœur Margot ainsi que son oncle et sa tante, les Asch. La famille se replia d’abord dans les Vosges puis, après un séjour d’un an à La Châtre (Indre), s’installa à Thonon-les-Bains. Un jour, Marcel reconnut Jacqueline dans la rue et les deux familles prirent contact. Quand les troupes allemandes envahirent la zone italienne en septembre 1943, les Juifs devinrent la cible de rafles impitoyables. Le couple Gratien proposa alors de sa propre initiative d’héberger chez eux à Anthy Margot et sa mère, Jacqueline étant partie entre temps pour Lyon, ainsi que le couple Asch. Ils cachèrent les livres de prières de la famille dans leur grenier. Leur situation à Anthy devenant de plus en plus périlleuse, Marcel décida de les emmener chez sa mère. Il les accompagna en train de Thonon à Lyon où ils passèrent une nuit à attendre la correspondance pour Mâcon, dans une gare fourmillant d’Allemands, soumise à des contrôles fréquents. Ils firent ensuite 20 km à pied pour atteindre la maison de Françoise. Pour seule explication, Marcel lui annonça en arrivant : « Je t’amène des refugiés – tu repars avec moi à Anthy ». Sans dire un mot, Françoise mit sa maison à leur disposition et leur laissa toutes les provisions qu’elle avait préparées pour l’hiver. Les Asch y reçurent leurs enfants qui s’étaient enfuis de Grenoble avant de passer en Suisse. Margot, sa mère et le couple Asch vécurent à Azé jusqu’au printemps 1944 et eurent la vie sauve grâce à l’humanité, le courage et la générosité des Gratien.     

Le 28 mai 2003, Yad Vashem a décerné à Elise et Marcel Gratien et sa mère Françoise Gratien-Chartres le titre de Juste des Nations.