Girardin Antoine

Année de nomination : 2003      Dossier n° 10098 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Père Antoine Girardin
Date de naissance : 03/02/1900
Date de décès : 04/05/1971
Profession : Curé
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Saint-Jean-de-la-Vetre
Département : Loire
Région : Rhône-Alpes
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 4 décembre 2005
Lieu : à la Mairie de St Jean la Vêtre (42440)

Personnes sauvées

M. René Bloch

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Le Père Antoine Girardin était le curé de Saint-Jean-la-Vêtre (Loire). Ordonné prêtre en 1925 à Lyon, il fut vicaire et curé dans divers villages avant de prendre ses fonctions à Saint-Jean-la-Vêtre en 1936. A l’automne 1943, il accueillit dans une chambre aménagée dans les combles de son presbytère René Bloch qui fuyait les poursuites de la Milice. René Bloch était Juif originaire de Metz. En 1940, il s’était replié à Roanne avec sa femme et ses deux enfants ainsi que ses deux frères et leurs familles. Ils y avaient réinstallé leur magasin de textile « A la Ville de Mulhouse » et toute la famille résidait à Villerest. Un soir de 1943, la Milice fit une descente à leur résidence et s’adonna au pillage, molestant leurs locataires et menaçant de les livrer aux Allemands. La famille, consciente d’une arrestation imminente, décida de se disperser. Elle fit appel à l’aide d’une des employées de leur magasin, Mme Jacquet. D’une part, elle mit à la disposition de Mme Bloch et de sa fille Suzanne, 23 ans, sa maison de campagne où personne ne les connaissait. D’autre part, elle s’adressa à son oncle, le Père Girardin, qui accepta de cacher René Bloch dans son presbytère. Les conditions du Père Girardin, pour assurer la sécurité de son locataire clandestin, furent strictes. Il ne devait être aperçu de quiconque et ne devait quitter sa chambre sous aucun motif. Aucun bruit ne devait le trahir et il devait éviter de faire craquer le parquet quand des visiteurs se trouvaient dans les pièces inférieures. René Boch resta cloîtré dans ces conditions jusqu’à la Libération. Le Père Girardin assura son gîte et son couvert, à titre gracieux, et lui apporta aussi le réconfort de sa compagnie. Les Bloch ont conservé une grande reconnaissance pour l’action désintéressée et courageuse du Père Girardin qui sauva la vie du père de la famille.     

Le 25 août 2003, l'Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné au Père Antoine Girardin le titre de Juste parmi les Nations.

 

Le témoignage

La famille Bloch exploitait un magasin " A la ville de Mulhouse " à Metz, ils en partent en 1940 pour Roanne (Loire) où le magasin est transféré.

En 1943, visite de la milice française qui fouille la maison d'habitation de fond en comble.
Les parents, convaincus d'un danger imminent, décident de partir.

Les oncles et tantes restés à Roanne sont confrontés à la même bande et sont volés et frappés.
Une employée du magasin : Madame JACQUET, met à l'abri Madame BLOCH et sa fille (devenue Mme Meyer) dans sa maison de campagne.

Mme Jacquet demande à son oncle, le Père GIRARDIN, curé de St Jean La Vêtre (Loire) de cacher M. BLOCH au presbytère. Il est caché dans les combles, ne sortant presque pas de sa chambre, avec interdiction de marcher s'il y a des visiteurs à l'étage. Il reste ainsi caché pendant plusieurs mois e, malgré le danger, le Père GIRARDIN assure le gîte, le couvert et le réconfort. Cette protection est totalement désintéressée.

Seuls le neveu du Père GIRARDIN et la bonne, Joséphine, sont dans le secret.

 

 

Père Antoine GIRARDIN