Artiguenave Elysée

Artiguenave Léontine

Année de nomination : 2004      Dossier n° 10272 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

M. Elysée Artiguenave
Date de naissance : 13/06/1884
Date de décès : 25/05/1968
Profession : Agriculteur
Particularité : Information non disponible

Mme Léontine Artiguenave (née Naury)
Date de naissance : 07/07/1885
Date de décès : 15/03/1970
Profession : Agricultrice
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Oraas
Département : Pyrénées-Atlantiques
Région : Aquitaine
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 17 décembre 2004
Lieu : à la Mairie de Langon (33210)

Personnes sauvées

Mme Fanny Cohen (née Koplewicz)

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Léontine et Elysée Artiguenave, agriculteurs, résidaient à Oraas (Pyrénées-Atlantiques), en zone occupée. Léontine était nourrice agréée de l’Assistance Publique et, en 1939, avait recueilli deux enfants de familles défavorisées. L’une était Fanny Koplewicz, 6 ans 1/2 , dont la mère souffrait de la tuberculose et était soignée en sanatorium. Les habitants d’Oraas savaient tous que la petite était d’origine juive. En 1940, son père, mobilisé, fut fait prisonnier. Il ne fut libéré qu’à la fin des hostilités. Les Artiguenave avaient deux fils, Elie et Emile, 28 ans, eux aussi prisonniers et détenus en Allemagne durant toute la guerre. Ils protégèrent Fanny et l’intégrèrent à leur famille. Leurs deux filles, Léa, 30 ans, et Lydie, 13 ans, s’en occupèrent comme d’une petite sœur. Un jour, le maire d’Oraas vint trouver les Artiguenave pour enregistrer tous les Juifs de sa commune. Ancien combattant de 1914-1918 tout comme Elysée, il renonça à inscrire Fanny et promit de les prévenir si celle-ci était en danger. Léontine l’avait convaincu que l’enfant était française ainsi que son père, prisonnier de guerre comme ses fils. La Kommandantur réquisitionna une chambre de leur maison pour deux soldats allemands et leur grange pour des chevaux. Le couple fit des prouesses pour éviter à Fanny des ennuis. Elle fut baptisée à cet effet, avec l’accord de sa mère. Le curé, l’instituteur et les habitants du village étaient complices des Artiguenave. En 1942, la mère de Fanny la fit venir à proximité du sanatorium, dans le Jura, où elle la plaça chez une nourrice. Quand la région fut ravagée par une répression violente, elle la renvoya chez les Artiguenave. Dès lors, le contact entre Fanny et sa mère fut coupé et le couple l’éleva à titre gracieux jusqu’à la Libération. Fanny a témoigné avoir vécu heureuse et choyée par « Pépé » et « Mémé », « ses grands-parents de substitution ». Elle leur voue une tendresse et une reconnaissance infinies.    

Le 27 mai 2004, l'institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Léontine et Elysée Artiguenave le titre de Juste parmi les Nations.

 

Le témoignage

Fanny Koplewicz, épouse Cohen, est née en 1932. Elle a été placée de 1939 à 1942 en nourrice (subventionnée par l'Assistante Publique) dans la famille Artiguenave, Elysée et Léontine, agriculteurs à Oraas (Pyrénées Atlantiques) car sa mère est en sanatorium.
Elle part rejoindre sa mère en sanatorium à Hauteville (Jura) alors que son père est prisonnier. Au bout de quelques mois, devant le danger, sa mère la renvoie dans la famille Artiguenave.
Cette famille la prend en charge de façon bénévole jusqu'à la fin de la guerre, assurant sa protection contre les nazis et, avec l'accord de sa mère, sa conversion en 1944. La petite Fanny a été élevée en même temps que la fille cadette Lydie (de 5 ans son aînée), l'autre fille étant plus âgée.


ARTIGUENAVE ELysée & Léontine Mme ARTIGUENAVE 27 août 1944 : au 1er plan : Fanny et Lydie  au 2nd plan Élysée, sa nièce, Léontine Cérémonie Cérémonie