Viaud Arsène

Filagre Marcel

Filagre Alphonsine

Année de nomination : 2005      Dossier n° 10301 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

M. Arsène Viaud
Date de naissance : 15/12/1902
Date de décès : 2004
Profession : Secrétaire de Mairie
Particularité : Information non disponible

M. Marcel Filagre
Date de naissance : 30/12/1912
Date de décès : 30/12/1996
Profession : Fermier
Particularité : Information non disponible

Mme Alphonsine Filagre (née Laclautre)
Date de naissance : 28/08/1891
Date de décès : 06/07/1981
Profession : Fermière
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Dampierre-sur-Boutonne
Département : Charente-Maritime
Région : Poitou-Charentes
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 27 mars 2006
Lieu : Mairie de Saint-Jean de l’Osne (21170)

Personnes sauvées

M. Maurice Sztajnfeld

M. Paul Sztajnfeld

Mme Ida Sztajnfeld (née Strosberg)

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Arsène Viaud était secrétaire de mairie à Dampierre-sur-Boutonne (Charente Maritime). Alphonsine Filagre et son fils Marcel exploitaient une petite ferme au village de la Brassière-sur-Boutonne, commune de Dampierre. En 1942, ils ont aidé les Sztajnfeld, Juifs étrangers réfugiés de Paris, à se cacher et les ont protégés jusqu’à la Libération. M. Sztajnfeld avait été  arrêté en mai 1941, interné et ensuite déporté dans l’Est en 1942. Ida, sa femme, restée seule avec ses deux fils Maurice, 7 ans, et Paul, 1 an, fut prévenue par une voisine d’immeuble, Mme Dupuis, de son arrestation imminente suite à une dénonciation. Elle la mit immédiatement en rapport avec un réseau de cheminots qui prit les trois fugitifs en charge. Descendus du train en pleine campagne, ils furent alors recueillis par le laitier de Dampierre qui les conduisit chez Arsène Viaud. Il leur procura de faux papiers d’identité et des titres d’alimentation. Il les mit en contact avec Alphonsine Filagre et son fils Marcel qui leur offrirent une petite maison en bordure de forêt où ils résidèrent jusqu’en 1945, à titre gracieux. Maurice, le fils aîné, était scolarisé sous un faux nom. Ida travaillait à la ferme des Filagre. Ils les ont adoptés comme leurs proches malgré les risques qu’ils couraient. Il semblerait que les villageois étaient au courant de l’identité des réfugiés mais n’ont rien dévoilé. Les deux familles ont maintenu des liens solides entre elles de même qu’avec Arsène Viaud.         

Le 27 janvier 2005, l'Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Arsène Viaud et à Alphonsine Filagre et son fils Marcel le titre de Juste parmi les Nations.

 

La mère de M. STANFELD, mme Alphonsine FILAGRE, son fils Marcel, M. STANFELD (enfant) M. Marcel FILAGRE avec Alan STANFELD le fils du sauvé Marcel FILAGRE et Paul STANFELD (personne sauvée)

Le témoignage

Alphonsine FILAGRE La famille Stanfeld est arrivée en France de Pologne dans les années 1930 et demeurait 14, rue des Goncourt à Paris X1ème.

Le père était plombier-électricien. Il a été arrêté puis déporté en mai 1941. La mère, Ida, se retrouve seule avec ses deux enfants. Maurice, né le 2 mai 1935, et le petit Paul âgé de 16 mois.

En 1942, une voisine, Madame Dupuis demeurant dans le même immeuble prévient Madame Stanfeld d'une arrestation imminente, due à une dénonciation et la met en rapport avec un de ses amis, cheminot, qui les remit à un réseau de cheminots.

Celui-ci les laissa en pleine campagne où ils furent recueillis chez Monsieur Arséne VIAUD qui était Secrétaire de la Mairie de Dampierre.

Celui-ci leur remet des faux papiers et cartes d'alimentation et le fils aîné âgé de 7 ans peut alors être scolarisé sous un faux-nom. Il les met en contact avec Madame Filagre et son fils qui leur procurent une petite maison en bordure de la forêt où ils purent résider jusqu'en 1945.

Madame Stanfeld travaillait à la ferme de Madame FILAGRE. Aucun loyer ne lui était demandé, elle aidait parfois aux travaux des champs. Les sauveteurs risquaient la mort. Il semble que tout le village ait été au courant, mais personne n'a jamais parlé.

La famille STANFELD est restée en contact pendant de longues années et le témoin PAUL ainsi que ses soeurs et belles soeurs continuent à correspondre et à visiter Monsieur Viaud.

Paul Stanfeld pensait que son frère avait entamé la procédure de ce dossier pour décerner la Médaille des Justes aux familles Viaud et Filagre, mais celui-ci avait été empêché de le faire, étant atteint d'une longue maladie.