Chapelin Berthe

Chapelin Fernand

Année de nomination : 2004      Dossier n° 10356A -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Berthe Chapelin (née Ripert)
Date de naissance : 11/06/1904
Date de décès : 12/01/1978
Profession : Cultivatrice
Particularité : Mère de 2 enfants

M. Fernand Chapelin
Date de naissance : 23/10/1902
Date de décès : 14/02/1993
Profession : Cultivateur
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Roussillon
Département : Vaucluse
Région : Provence-Alpes-Côte-D'Azur
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 5 mai 2005
Lieu : Mairie de Roussillon ()

Personnes sauvées

M. Jacques Dimenschstein

Mme Mauricette Mézukas (née Dimenschstein)

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Le témoignage

Marié en 1931, le couple Mezukas parvient à passer en zone libre après la rafle du Vel d'Hiv, à laquelle il a pu échapper grâce à des complicités de voisinage.

Au cours de nombreuses tribulations, Mauricette parvient à faire libérer son père et à faire aider son frère par M. François Bezol, qui sera nommé Juste. Ensuite elle réussit à abriter toute la famille à Roussillon.

Devant l'aggravation des dangers, M. Bezol trouve une autre cache, chez les Chapelin, qui installent tout le monde dans une petite pièce sous le grenier. La famille va y demeurer jusqu'à la Libération en dépit d'alertes incessantes.

 

 François Bezol gérait une entreprise de peinture à Apt et les Chapelin étaient fermiers à Roussillon (Vaucluse). En mai-juin 1943, M. Moutte, fermier à Roussillon, demanda à M. Bezol d’effectuer des travaux de peinture dans sa ferme. Venu pour le devis, il fut convié à sa table à laquelle vinrent se joindre trois réfractaires du STO. Surpris, il engagea la conversation avec l’un d’eux, Jacques Dimenschstein, 19 ans, qui avait l’air soucieux et n’avait ni l’accent du pays ni des mains de paysans. Sa famille, juive apatride, avait fui Paris, avertie de son arrestation imminente par un secrétaire de la mairie de Levallois à la veille de la rafle du Vel’d’Hiv. Jacques et ses parents, ainsi que sa sœur Mauricette et son mari, les Mézukas, passèrent en zone sud. Le père, arrêté sur la ligne de démarcation, fut menacé d’internement. Mauricette réussit à le faire libérer en lui procurant un contrat d’ouvrier agricole et un certificat d’hébergement, fournis par M. Moutte. Jacques informa aussi M. Bezol qu’il devait subir les épreuves du bac à Avignon et ne savait comment s’y rendre, le car étant trop dangereux à cause des contrôles fréquents. M. Bezol se chargea alors de le conduire à Avignon et assura son séjour dans cette ville. Quand Mauricette vint annoncer aux Bezol que Jacques avait passé ses examens avec succès, des liens d’amitié se lièrent entre eux. En 1944, la Milice et les Allemands effectuèrent des opérations contre les réfugiés juifs et les réfractaires. Durant ces journées périlleuses, le couple Bezol cachait à son domicile à Apt les Mézukas et les Dimenschstein. Les dangers se faisant plus pressants, il leur trouva une autre cache chez les Chapelin, auprès desquels ils restèrent jusqu’à la Libération à titre gracieux. Les Chapelin cachaient deux autres réfractaires du STO qui, avec le mari de Mauricette, aidaient aux travaux des champs. Jacques quant à lui avait pris le maquis. Ce sont deux familles juives qui doivent la vie sauve aux Bezol et aux Chapelin.            

Le 13 octobre 2004, Yad Vashem a décerné à Agnès et François Bezol ainsi qu’à Berthe et Fernand Chapelin le titre de Juste des Nations.