Salagnad Aline

Salagnad Marcel

Année de nomination : 2004      Dossier n° 10370 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Aline Salagnad
Date de naissance : 07/10/1883
Date de décès : 12/11/1966
Profession : Sans profession
Particularité : Information non disponible

M. Marcel Salagnad
Date de naissance : 31/05/1885
Date de décès : 24/10/1957
Profession : Maire, propriétaire d'une laverie
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Cauvigny
Département : Oise
Région : Picardie
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 22 octobre 2006
Lieu : Mairie de Cauvigny (60730)

Personnes sauvées

M. Marcel Schreiber

Mme Eliane Yadan (née Nahama)

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Aline et Marcel Salagnad résidaient au lieu-dit Bonvillers, commune de Cauvigny (Oise). Marcel était blanchisseur et le couple n’avait pas d’enfants. Dans le courant de l’année 1941-42, il accueillit sous son toit une petite fille juive, Eliane Nahama, 3 ans, et son cousin, Marcel Schreiber du même âge. Un autre de leurs cousins, Claude Benadon, était caché chez une famille voisine, à Noailles. Eliane et Marcel étaient accompagnés d’une gouvernante, Adeline Germain qui resta avec eux chez les Salagnad jusqu’à la Libération. Les parents des deux enfants qui étaient frères, avaient émigré de Salonique. Ils s’étaient installés en France vers la fin des années vingt et avaient ouvert un atelier de fabrication de chaussures tressées,  spolié en application des lois anti-juives de Vichy. Sentant la situation s’aggraver, leurs parents décidèrent de mettre les enfants à l’abri. Ils les remirent aux Salagnad et partirent se cacher de leur côté. Ils n’eurent pas la possibilité de leur rendre visite de sorte qu’Eliane s’habitua à l’idée que « Papa Lolo » et « Maman Lolo », comme elle les appelait, étaient ses vrais parents. Ils comblèrent les enfants d’amour et de tendresse et Eliane a gardé de cette période ses « plus beaux souvenirs d’enfance ». Lorsque la traque des Juifs s’amplifia, les enfants furent baptisés et se rendaient régulièrement à la messe. Le fait d’aller à l’église ne les différenciait pas des autres petits parisiens réfugiés au village pour échapper aux bombardements et avoir une meilleure nourriture. L’affection que le couple porta aux enfants, les laissa convaincus que si un malheur était arrivé à leurs parents, ils les auraient gardés. Quand leurs parents revinrent les chercher à la Libération, la séparation fut très douloureuse des deux côtés mais les familles conservèrent des liens durables. Les Nahama ont gardé une reconnaissance infinie envers les sauveurs des enfants.     

Le 4 novembre 2004, l'Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Aline et Marcel Salagnad le titre de Juste parmi les Nations.

 

Le témoignage

La famille d'Eliane Nahama est arrivée en France en 1927. Elle est originaire de Salonique, où elle possède beaucoup de biens. Ceux-ci sont vendus pour permettre l'installation en France. Son père, Samuel Nahama, ainsi que ses frères et soeurs, ouvrent un grand atelier de fabrication de chaussures tressées dans le 19ème : cette usine performante permet à tous de mener une vie sans histoire. La petite Eliane naît le 1er septembre 1939. Après juin 1940, ses parents se soumettent aux lois de Vichy, mais il devient bientôt urgent pour eux de mettre leur enfant en sûreté. Grâce à des amis – ou peut-être à l'OSE – une cachette est trouvée pour Eliane et son cousin germain Marcel Schreiber, chez Marcel Salagnad, alors Maire de Cauvigny, et son épouse Aline. Les deux enfants sont restés là – en compagnie de la gouvernante Adeline Germain – jusqu'à la fin de la guerre, entourés d'amour et d'affection. Ils recevaient parfois la visite de leur cousin Claude Benadon, caché dans un village voisin. En 1944, par précaution, les enfants sont baptisés et vont aller à l'église le Dimanche. A la libération, lorsque ses parents sont venus la rechercher, Eliane ne les a pas reconnus et sa réadaptation a été très difficile car elle pleurait " Papa et Maman Salagnad ".