Raibaut Joseph

Raibaut Victorine

Raibaut Marguerite

Année de nomination : 2004      Dossier n° 10435 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

M. Joseph Raibaut
Date de naissance : 12/01/1893
Date de décès : 22/01/1986
Profession : Cantonnier & Paysan
Particularité : Information non disponible

Mme Victorine Raibaut (née Airaut)
Date de naissance : 10/08/1904
Date de décès : 01/09/2003
Profession : Paysanne, mère de 8 filles
Particularité : Information non disponible

Mlle Marguerite Raibaut (née Franco)
Date de naissance : 25/07/1925
Profession : Paysanne
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Saint-Martin-Vésubie
Département : Alpes-Maritimes
Région : Provence-Alpes-Côte-D'Azur
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 11 septembre 2005
Lieu : Mairie de Nice (06000)

Personnes sauvées

Mme Ettel Majer

M. Léon Majer

Mme Aïda Matti (née Majer)

Lieux de mémoire

Stèle des Justes parmi les Nations à Saint Martin Vésubie
Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Joseph et Victorine RAIBAUT Victorine et Joseph Raibaut résidaient à Saint-Martin-Vésubie (Alpes-Maritimes). Il était cantonnier et le couple avait huit filles dont Marguerite, 18 ans. De condition modeste, il complétait ses revenus par l’agriculture. Il travaillait de l’aube à la nuit et toutes les filles participaient aux travaux agricoles. Les Raibaut habitaient un appartement de trois pièces-cuisine au deuxième étage de leur maison familiale, où logeaient trois oncles et leurs familles ainsi que la grand-mère. Ils avaient fait connaissance de quelques uns des réfugiés juifs assignés à résidence dans la localité. Le 9 septembre 1943, au moment du retrait des troupes italiennes, Ettel Majer, son bébé Léon dans les bras, sa fille Aïda, 9 ans, chargées de bagages, tentèrent de gagner l’Italie par la montagne. Son mari avait été déporté en février 1943. Epuisée par l’effort, Ettel comprit qu’elle ne pourrait aller très loin avec un bébé de deux mois et demi qu’il fallait changer et allaiter. Ils rebroussèrent chemin et rentrèrent au village. Ils rencontrèrent alors Victorine qui les cacha dans une cabane pour la journée. Elle leur dit : si les Allemands arrivent, venez chez moi et je vous garde! Les Allemands arrivèrent effectivement le 19 septembre et procédèrent à une rafle. Ettel et ses enfants s’enfuirent vers le haut du village et, dans la soirée, frappèrent chez les Raibaut qui les accueillirent avec chaleur. Ettel signala à Victorine que ses voisines, une vieille dame de soixante dix ans et sa fille, juives luxembourgeoises, étaient restées bloquées dans leur appartement. En pleine nuit, elle envoya Marguerite les chercher. Par la même occasion, elle ramena les affaires personnelles d’Ettel et des enfants. Marguerite et sa sœur aîné mirent leur chambre à la disposition des cinq fugitifs. Elles allèrent dormir avec leurs sœurs, à huit dans trois lits. A son retour des prés, Joseph avait aussi offert à deux autres fugitifs juifs de s’abriter dans sa grange. Les Raibaut avaient ainsi 17 personnes à nourrir chaque jour. Ils le firent pendant trois mois jusqu’à ce que les Majer soient pris en charge par un réseau de sauvetage. Mais, à cet effet, ils devaient se rendre à Nice. C’est Marguerite qui les accompagna pour leur faire passer les contrôles allemands. Sa mission accomplie avec succès, elle rentra à Saint-Martin.        

Le 30 décembre 2004, l'institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Victorine et Joseph Raibaut et à leur fille Marguerite le titre de Juste parmi les Nations.

 

Chalet les Pervenches Ecole primaire Saint Martin Vesubie 1942-43 Famille SAJOVICI Les sauveurs en 1933 Madame SAJOVICI et ses enfants

Le témoignage

La famille MAJER, originaire de Tchécoslovaquie, arrive en Belgique en 1929. Monsieur Mager et sa femme travaillent dans la confection d'imperméables.

En mai 1940, ils se réfugient en France avec leur fille, Aida, née en 1934. Ils vont d'abord sur les bords de la Méditerranée au Grau d'Adge où le père est dans l'armée tchèque cantonnée à Adge, puis en 1942 à Villefranche de Rouergue, d'où le père est déporté en février 1943. Sa femme et sa fille sont déjà en Lozère, elles vont gagner Nice. Au printemps 1943, elles sont assignées à résidence à St Martin Vésubie, où naît le petit Léon en juin 1943.

Le 18 septembre 1943, au moment du départ des Italiens après leur armistice avec les Alliés, Madame Majer et ses deux enfants tentent de gagner l'Italie par la montagne, mais devant les difficultés du trajet redescendent à Saint Martin Vésubie.

Elle rencontre alors Victorine RAIBAUT qui, apitoyée, leur propose de les cacher si les Allemands arrivent. Au moment de l'arrivée des Allemands quelques jours plus tard , elles se réfugient chez les Raibaut.

Joseph Raibaut est cantonnier, avec son épouse Victorine et leurs huit filles, ils ont hébergé et nourri pendant trois mois Madame Majer et ses deux enfants, ainsi que deux femmes juives luxembourgeoises, ceci sans aucune compensation financière. Ensuite, Madame Majer et ses enfants sont partis pour Nice accompagnés par la fille aînée des Raibaut, Marguerite, alors âgée de 18 ans. De là, Madame Majer et son fils sont allés à Limoges, tandis que la petite Aida a été placée dans des maisons de l'O S E .

Après la guerre, la famille Majer s'est retrouvée à Limoges.
En 1965, Madame Majer et ses enfants sont retournés à Saint Martin Vésubie et ont revu la famille Raibaut.