Bastouil Eugène

Bastouil Marie-Jeanne

Année de nomination : 2004      Dossier n° 10452 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

M. Eugène Bastouil
Date de naissance : 17/07/1901
Date de décès : 25/12/1974
Profession : Agriculteur
Particularité : Information non disponible

Mme Marie-Jeanne Bastouil (née Bourrel)
Date de naissance : 10/05/1910
Date de décès : 29/12/1970
Profession : Agricultrice
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Saint-Martin-Lalande
Département : Aude
Région : Languedoc-Roussillon
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Information non disponible

Personnes sauvées

M. Pierre Lévy

Mme Suzanne Lévy (née Lévy)

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Marie Jeanne Bastouil   Eugène Bastouil

 

 

Marie-Jeanne et Eugène Bastouil, éleveurs et cultivateurs, à Castelnaudary (Aude) avaient un fils unique, Hubert, 10 ans en 1942. En 1940, les Bastouil firent la connaissance de Suzanne Lévy. Parisienne d’origine juive, elle s’était repliée en zone sud au moment de l’exode, d’abord à Mont-Marsan, ensuite à Castelnaudary. Elle était accompagnée de ses parents, plus tard assignés à résidence dans un petit village où ils ne furent pas inquiétés, et de son fils Pierre, 14 ans. Suzanne loua une petite maison près de Castelnaudary et scolarisa son fils. Son mari, ingénieur diplômé de Centrale, avait été mobilisé comme officier d’artillerie et fait prisonnier de guerre par les Allemands. Il vécut toute la période de la guerre en captivité en dépit de deux tentatives d’évasion échouées. Une des préoccupations principales de Suzanne était de lui faire parvenir des colis de nourriture dans des boîtes en aluminium qu’elle stérilisait elle-même et fermait hermétiquement. A cet effet, elle allait régulièrement en vélo se ravitailler chez les Bastouil. En mars 1943, la police française se présenta chez les Lévy pour les arrêter. Pierre était au collège. Sa mère, prétextant prendre des affaires, réussit à s’enfuir par la porte de la cour intérieure. Elle enfourcha son vélo et se rendit directement chez les Bastouil qui la cachèrent dans leur grange. Marie-Jeanne partit immédiatement chercher Pierre au collège pour le soustraire à l’arrestation. Les Bastouil les hèbergèrent durant un bon mois à titre gracieux, s’occupant de leur nourriture et de leur bien-être. Suzanne put entre temps organiser leur hébergement à la maison de retraite des Anciens Elèves de Centrale au lieu-dit Ampuillac où ils restèrent jusqu’à la Libération. Les Bastouil les avaient sauvés au moment critique prenant des risques sévères parce que leur ferme était proche d’un important dépôt de munitions où un grand nombre de soldats allemands faisaient des manœuvres en permanence. Ils venaient aussi très souvent se ravitailler à leur ferme.    

Le 27 décembre 2004, l'Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Françoise Marie-Jeanne et Eugène Bastouil le titre de Juste parmi les Nations.

 

Le témoignage

Lors de la débâcle de 40, Mme Lévy, dont le mari est prisonnier, réussit à emmener son fils, Pierre, né en 1928, chez ses parents à Castelnaudary. Elle y loue une petite maison et fait la connaissance de la famille Bastouil, cultivateurs, chez qui elle s'approvisionne.
Un matin de 43, alors que Pierre était au collège, la police française vient arrêter la famille. La mère parvient à s'enfuir en vélo et se rend directement chez les Bastouil. Ils acceptent immédiatement de l'héberger et Mme Bastouil vient elle-même cherche Pierre à la sortie du collège. Ils les cacheront durant un mois, ce qui permet à Mme Lévy de trouver un autre 
hébergement.