Clerbois Lucienne

Clerbois Marcel

Année de nomination : 2005      Dossier n° 10481 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Lucienne Clerbois (née Taillard)
Date de naissance : 24/08/1899
Date de décès : 13/09/1964
Profession : Directeur d'un pensionnat
Particularité : Information non disponible

M. Marcel Clerbois
Date de naissance : 25/08/1897
Date de décès : 29/02/1988
Profession : Directeur d'un pensionnat
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Rosny-sous-Bois
Département : Seine-Saint-Denis
Région : Île-de-France
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 20 février 2006
Lieu : Hôtel de Ville de Paris (75004)

Personnes sauvées

M. Henri Berman

M. Ephraim Berman

M. David Coronel

M. Yves Gordon

M. Jacques Rozenfarb

Lieux de mémoire

Etablissement éducatif EPE à Rosny-sous-Bois
Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Marcel et Lucienne Clerbois en 1955 Lucienne et Marcel Clerbois avaient racheté en 1923 un internat pour garçons situé à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Vétéran de la Guerre de 1914-1918 et enseignant Marcel y accueillait des Pupilles de la Nation. Lucienne assurait le bon fonctionnement de la cuisine et du ravitaillement, poste essentiel. En 1939, Marcel fut à nouveau appelé sous les drapeaux et après sa démobilisation et l’exode, le couple réouvrit son institution à Rosny. Dès la grande rafle de juillet 1942 à Paris, il accueillit des enfants juifs pourchassés et intégra des adultes juifs dans son personnel. Le petit David Coronel avait été témoin de l’arrestation de son père, Juif d’origine turque, en août 1941. Sa famille s’était alors enfuie en zone sud et David passa l’année scolaire 1942-43 dans un internat à Roanne. De retour à Paris, sa mère le plaça dans l’établissement des Clerbois à Rosny-sous-Bois où il obtint son certificat d’études en mai 1944. Cachée dans une chambre de bonne à Paris et dans l’impossiblité de circuler, sa mère ne pouvait pas payer sa pension. Après la rafle de juillet 1942, le petit Jacques Rozenfarb fut caché pendant un mois à l’hôpital des Enfants Malades à Paris. En septembre 1942, les Clerbois l’accueillirent dans leur établissement et le cachèrent jusqu’à la Libération, sous le nom de Jacques Genty. Yves Gordon reçut le même accueil de fin 1943 à la Libération sous le nom de Xavier Poulet. Les Clerbois employaient comme intendant, un Juif plus âgé,Ephraïm Berman, rescapé de la rafle du Vel’d’Hiv avec son bébé henri Berman. Des résistants et des réfractaires trouvèrent eux aussi refuge dans leur établissement. Leur générosité a sauvé de nombreux Juifs de la déportation.          

Le 11 mai 2005, Yad Vashem a décerné à Lucienne et Marcel Clerbois le titre de Juste parmis les Nations.

 

Le témoignage

David Coronel, Yves Gordon et Jacques Rozenfarb sont des adolescents juifs. Ils sont recueillis en 1942 par les instituteurs, Marcel et Lucienne Clerbois. Ces derniers ont inlassablement protégé et sauvé de nombreux enfants juifs.

Accueillis comme internes, ils bénéficient d'un enseignement attentif, d'une cachette sûre, et des soins maternels de Lucienne Clerbois. De faux papiers sont fournis lorsque cela s'avère nécessaire.

La générosité et le dévouement exemplaire de Lucienne et Marcel Clerbois, qui risquent leur vie, ont porté leurs fruits, car tous leurs protégés ont été sauvés.

David Coronel se souvient:

En 1942 ma soeur et moi, nous sommes passés en zone libre par Salis de Bearn, pour rejoindre un oncle habitant à Pau. Pau ville où les allemands n'étaient pas encore. Cet oncle a été déporté par le dernier convoi en 1944. De là, je suis parti à Roanne où j'ai été caché au lycée pendant l'année scolaire 1942/43 dans la classe de 6.eme de Monsieur Jacquard. La zone libre n'étant plus libre, je suis revenu me cacher à Rosny sous bois où monsieur Clerbois m'a gardé et protégé pendant l'année scolaire 43/44, année de mon certificat d'études. La pension Clerbois était face aux rails et à la gare de Rosny. Monsieur Clerbois, ce Juste qui m'a caché, protègeait un autre enfant juif, Jacques Bontemp; bien plus tard nous nous sommes revus. Souvent je vais voir cette pension qui n'existe plus, mais le perron et la maison sont toujours là. Mon père avait été déporté à drancy depuis le 21 août 1941, mais était mort en août 1942; ma mère était seule à Paris, cachée elle aussi. Ma soeur était cachée chez la famille d'une amie. Merci à toutes ces personnes qui m'ont caché, merci à tous ces justes à qui je pense tous les jours.merci à mon père, merci à ma mère qui m'a dit à Salis de Bearn, avant de nous laisser partir avec un passeur chante : chante surtout si tu as peur.

Je chante souvent: peut-être que j'ai souvent peur. 

L'an dernier, à l'Hôtel de Ville de Paris, lors de la remise, par le Maire de Paris, Bertrand Delanoë, de la médaille des Justes accordée par le Mémorial de Yad Vashem, à mon sauveur, Monsieur Clerbois, Directeur du pensionnat où il fut caché, David Coronel prononça ce bref discours à son adresse :

"60 ans pour qu'on en parle.
Pendant cette longue période de vide, nous avons souvent parlé de la guerre et des nazis assassins.
Et les bons,et les gentils, ?... Nous avons souvent oublié d'en parler.
Il aura fallu tout ce temps pour honorer et reconnaître Monsieur et Madame Marcel Clerbois, Justes parmis les Nations.

En verité je ne suis que le témoignage encore vivant, et j'ai eu la grande chance de pouvoir m'exprimer, grace à "Paroles d'Etoiles".

Et cette bonne étoile à voulu que Monsieur Hubert Clerbois lise ces quelques lignes d'une période de ma jeune vie.

Tout le mérite de cette cérémonie pour ses grands parents revient à Monsieur Hubert Clerbois qui a oeuvré pour faire reconnaitre Monsieur et Madame Marcel Clerbois justes parmi les nations.
Ils m'ont caché protégé, et très sinçèrement, souvent je pense à eux.

Un merci ne suffit pas.

Ils ont maintenant notre reconnaissance pour toujours.

 

 

Photo d'école de l'année 1942-1943 au lycée Roanne carte d'identité scolaire de David Coronel Lucienne Clerbois Marcel Clerbois