Gagnon Madeleine

Gagnon Charles

Année de nomination : 2005      Dossier n° 10535 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Madeleine Gagnon (née Laurent)
Date de naissance : 28/01/1892
Date de décès : 05/03/1954
Profession : Nourrice
Particularité : Information non disponible

M. Charles Gagnon
Date de naissance : 27/04/1878
Date de décès : 22/05/1945
Profession : Berger
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Bombon
Département : Seine-et-Marne
Région : Ile-de-France
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 27 novembre 2005
Lieu : Mairie de Bombon ()

Personnes sauvées

M. Léon Bernstein

M. Maurice Muller

Mme Raymonde Muller

M. Jeannot Muller

Mme Jacqueline Pecassou (née Bernstein)

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Charles Gagnon était berger et Madeleine nourrice agréée. Ils résidaient à Bombon (Seine-et-Marne). Denise, leur fille unique, adulte et mariée, travaillait en usine à Paris. Après la grande rafle du Vel’d’Hiv dans la capitale, le couple accueillit sous son toit deux enfants juifs, Jacqueline Bernstein, 9 ans, et son frère Léon, 12 ans. Toute leur famille avait été arrêtée pendant la rafle. Mais le père montra ses papiers à un policier qui relâcha la mère et les enfants, disant « qu’ils ne devaient pas être là ce jour-là ». Ils rentrèrent chez eux. Leur voisine, Mariette Hau, convainquit alors Mme Bernstein qu’il était dangereux pour eux de rester à leur domicile. Elle prit les enfants chez elle et au bout d’une semaine, les emmena avec elle à Bombon où son cousin Raymond était vacher. Elle lui expliqua qu’elle cherchait une personne de confiance pour lui confier les enfants. Il l’adressa à Madeleine qui accepta de les garder. Elle aimait les enfants et savait les rassurer. Elle était croyante non pratiquante. Après l’arrivée des petits Bernstein, elle recueillit aussi Maurice Muller, 5 ans, et sa sœur Raymonde, 2 ans, ainsi que le petit Jeannot, 2 ans 1/2 . Elle éleva aussi sa petite-fille, son gendre, requis pour le STO, ayant pris le maquis. Les aînés des enfants furent scolarisés. Madeleine fit des prouesses pour les nourrir tous les cinq car ils n’avaient pas de titres d’alimentation. Elle s’en sortit avec les produits du jardin, les poules et les lapins. Les voisins savaient que les enfants étaient juifs « mais personne n’a jamais rien dit ». Les Gagnon sauvèrent les enfants Bernstein qui se retrouvèrent orphelins à la Libération, leur mère ayant été arrêtée, déportée et mise à mort dans l’Est, elle aussi. Ils hébergèrent Jacqueline après la Libération, jusqu’à son adoption.      

Le 3 mars 2005, Yad Vashem a décerné à Madeleine et Charles Gagnon le titre de Juste des Nations.

 

Le témoignage

La famille Bernstein, originaire de Kichineff (Bessarabie), habitait 1, rue Boyer 75020 Paris. Le père était tailleur et la mère couturière. Ils avaient 2 enfants : Jacqueline née en 1933 et Léon né en 1930.

Le 16 juillet 1942, ils ont été arrêtés puis relâchés, sauf le père.

Une voisine, Madame HAU a pris les enfants et les a amenés à Bombon, petit village de la Seine et Marne où ils sont restés chez son cousin pendant quelques jours avant de trouver refuge chez Madame Gagnon, nourrice habitant les environs.

Deux autres enfants juifs, Maurice et Raymonde Muller, ont également été accueillis par Madame Gagnon. Jacqueline et Léon Bernstein sont restés cachés jusqu'à la Libération et ont continué à se voir.

Madeleine GAGNON est nourrice sur la commune de Bombon (Seine & Marne).

Elle accueille avec amour et dévouement, aidée de son époux Charles, cinq enfants juifs :
- Non seulement es petits Bernstein, Léon et Jacqueline, mais aussi 
- Les petits Muller, Raymonde et Maurice, qui trouvent également refuge au foyer des Gagnon,
- Et un petit garçon de 2 ans ½, prénommé Jeannot.

La vie s'organise avec la complicité de nombreux habitants de Bombon, qui avaient compris que les enfants étaient juifs, mais qui ont su rester discrets et solidaires.

Ces enfants ne recevaient jamais de visite, leurs parents ayant été arrêtés à Paris et déportés. Ils ne les reverront d'ailleurs jamais.

Madeleine et Charles offrent aux enfants une vie normale et de plus sécurité et affection. C'est grâce au courage de cet admirable couple qui abrite des enfants juifs recherchés par la milice française, au péril de leur vie et que ceux-ci ont été soustraits aux camps de concentration.

 

Mai 1944 à Bombon Charles & Madeleine GAGNON entourés d'enfants dont 5 enfants cachés Mme THIEBAULT GAGNON recevant la médaille des mains de Barnéa  Hassid