De La Ferté Henriette

De La Ferté Eugène

Année de nomination : 2005      Dossier n° 10583 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mme Henriette De La Ferté (née Porgès)
Date de naissance : 04/07/1878
Date de décès : 12/12/1946
Profession : Châtelaine
Particularité : Marquise

M. Eugène De La Ferté
Date de naissance : 17/05/1870
Date de décès : 19/03/1946
Profession : Maire, Chatelain
Particularité : Marquis

Localisation

Localite : Maron
Département : Indre
Région : Centre
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Information non disponible

Personnes sauvées

Mme Pauline Felzen

M. Henri Felzen

Mme Nicole Halkin

M. Adolfe Halkin

Mme Albertine Halkin (née Felzen)

Mme Pauline Pinszomski

M. Schmel Pinszomski

Mme Thérèse Pinszomski (née Felzen)

Mme Rosette Rapoport (née Pinszomski)

M. Paul Ségal

Mme Jacqueline Ségal

Mme Fanny Ségal (née Pinszomski)

Lieux de mémoire

Stele en hommage des Justes de l'Indre
Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Eugène & Henriette DE LA FERTE Le marquis Eugène de la Ferté, propriétaire terrien, ainsi que sa femme Henriette étaient issus d’une vieille famille aristocratique et résidaient à Mâron (Indre). Eugène y exerçait la charge de maire. En 1942, après la rafle du Vel’d’Hiv’, le couple Halkin et sa fillette de 3 ans décidèrent que Paris devenait trop dangereux pour les Juifs et se réfugièrent à Mâron. Ils y furent rejoints par leurs proches : quatre membres de la famille Felzen; quatre membres de la famille Pinszomski et trois membres de la famille Segal. En tout, quatorze personnes. Dès leur arrivée, Eugène de la Ferté et Jules Gilbert, instituteur et secrétaire de mairie, leur reconnurent le statut de réfugiés, accordé aux populations évacuées pendant la campagne militaire ou aux habitants des régions annexées par l’Allemagne ayant opté pour la France. Ce statut permit aux réfugiés de bénéficier d’une aide officielle. Le marquis et Jules Gilbert leur trouvèrent un logement qu’ils équipèrent de lits, matelas, couvertures, une cuisinière à bois et des ustensiles de cuisine. Ils leur attribuèrent des allocations et des titres d’alimentation. Les enfants furent scolarisés et Madame la marquise fut d’une grande aide car, grâce à elle, ils prenaient les repas  à la cantine des écoles. Elles leur procura des vêtements et des chaussures. Le marquis donna une machine à coudre à M. Pinszomski pour qu’il puisse travailler et offrit à Albertine Halkin un travail de secrétariat. M. Halkin trouva un emploi chez des fermiers. Tout le village connaissait leur origine mais personne n’a parlé. Lors des incursions allemandes, les paysans avertis les cachaient dans les fermes ou les greniers. Les risques courus pour cette aide étaient énormes car la milice de la région sévissait cruellement. Quelques proches des réfugiés furent massacrés non loin au Puits de Guéry. Le couple de la Ferté et Jules Gilbert qui aidait aussi le maquis, étaient d’une grande bonté et surtout « n’aimai pas les Allemands ».    

Le 25 mai 2005, l'institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à la Marquise Henriette de la Ferté et à son mari le Marquis Eugène de la Ferté le titre de Juste parmi les Nations. 

 

Le témoignage

La famille Felzen arrive de Pologne en 1910. Trois enfants vont naître : Albertine, Henri et Pauline. M. Felzen s'est engagéen 1914/1918. La famille est naturalisée française en 1920 et achète un café dans le 6ème arrondissement à Paris.

En 1941, Albertine est arrêtée par la police puis relâchée car française. Son mari a réussi à s'enfuir, à se réfugier chez des amis non-juifs et à rejoindre la zone libre.

En 1942, Albertine sent le danger grandir et abandonne tout pour partir avec sa fille de 3 ans, Nicole, pour la zone libre.

Elle rejoint sa famille dans l'Indre. Ils sont accueillis par le Marquis Eugène de la Ferté, maire du village de Maron, et sa femme. Voyant leur dénuement, ils leur procurent un logement, des lits, des couvertures, de la nourriture et un poêle. La famille Felzen n'est pas la seule famille protégée par le maire et sa femme. Il y a eu aussi les familles Halkin, Pinszowski. Leur générosité est inlassable. Ils ont sauvé et aidé 15 personnes d'une même famille au péril de leur vie.