Bourgouin Madeleine

Bourgouin Georges

Bourgouin Fanny

Bourgouin Marcel

Année de nomination : 2005      Dossier n° 10588 -  Consulter le dossier de Jérusalem (en anglais)

Les Justes

Mlle Madeleine Bourgouin
Date de naissance : 26/02/1928
Date de décès : 12/05/2015
Profession : Orthophoniste
Particularité : Protestante

M. Georges Bourgouin
Date de naissance : 21/09/1926
Date de décès : 27/07/2005
Profession : Ingénieur
Particularité : Protestant

Mme Fanny Bourgouin (née Gandy)
Date de naissance : 17/06/1892
Date de décès : 24/10/1973
Profession : Employée de banque
Particularité : Protestante

M. Marcel Bourgouin
Date de naissance : 26/06/1892
Date de décès : 20/05/1950
Profession : Ingénieur EDF
Particularité : Protestant

Localisation

Localite : Saint-Affrique
Département : Aveyron
Région : Midi-Pyrénées
Pays : France

Cérémonies de reconnaissance

Date : 20 février 2006
Lieu : Hôtel de Ville de Paris (75004)

Personnes sauvées

M. Jean-Martin Schneider

Mme Elisabeth Schneider

M. Robert Schneider

M. Rodolphe Schneider

Lieux de mémoire

Allée des Justes à Jérusalem
Allée des Justes à Paris

L'histoire

Famille BOURGOUIN En 1940, la famille Bourgouin s’était réfugiée de Paris à Saint-Affrique (Aveyron). Marcel,  ingénieur électricien, avait fait la Guerre de 1914-1918 en première ligne « et connaissait les horreurs de la guerre », comme l’a témoigné sa fille. Chef scout totémisé « Lama », il créa un groupe d’éclaireurs laïcs réunissant Eclaireurs de France et Eclaireurs Unionistes, sa famille étant elle-même protestante. Fanny, sa femme ou « Madame Lama », était la mère de tous les jeunes, assistée de sa fille Madeleine, et son fils Georges, chef de troupe « Faon ». En 1940, Robert Schneider, 12 ans, vint se joindre aux éclaireurs de Saint-Affrique et Rodolphe, son frère de 10 ans, aux louvetaux. Ils étaient juifs, ayant fui l’Autriche au moment de l’Anschluss, assignés à résidence surveillée dans la ville. Leur père avait été arrêté et interné à Saint-Cyprien et Rivesaltes mais réussit à s’évader et passer en Espagne pour rejoindre les forces de la France Libre. Les Bourgouin prirent les deux fils Schneider sous leur protection ainsi que leur mère Elisabeth et leur jeune frère Jean-Martin. Au cours de l’été 1942, Fanny et Elisabeth apprirent l’imminence d’une rafle à l’encontre des Juifs étrangers. Les Bourgouin envoyèrent aussitôt Elisabeth se cacher dans une bergerie en ruines. Elle disparut sous prétexte d’être partie visiter son mari. Fanny prit ses enfants sous sa protection. Quand les gendarmes se présentèrent, ils voulurent les arrêter. Elle parlementa avec eux et réussit à les faire libérer. Georges ravitaillait quotidiennement Elisabeth à la bergerie jusqu’à la dissipation du danger. Les Bourgouin, qui hébergeaient les garçons, les emmenèrent avec eux à leur camp scout. Ils furent ensuite pris en charge par les Quakers. Puis, par l’intermédiaire de M. Bosc, épicier de Saint-Affrique et aussi vétéran de 1914-1918 qui n’appréciait pas les Allemands, ils furent placés dans un pensionnat catholique à Brusque (Aveyron) jusqu’à la Libération. Leur mère vivait de petits travaux à proximité. Les Bourgouin les avaient sauvé de l’arrestation.

Le 11 mai 2005, l'Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Fanny et Marcel Bourgouin et leurs deux enfants Georges et Madeleine le titre de Juste parmi les Nations.

 

Le témoignage

La famille Schneider, originaire d'Autriche, a quitté Vienne en 1938 au moment de l'Anschluss. Elle réside à Bruxelles jusqu'en 1940 mais le père, Victor Schneider, est arrêté et interné. Il réussit à s'échapper du camp de Rivesaltes. Au moment de l'exode, la mère, Elisabeth Schneider, quitte Bruxelles avec ses trois enfants, Jean- Martin, Rodolphe et Robert. Ils parviennent à Saint-Affrique dans l'Aveyron, en tant que réfugiés étrangers où ils mènent une vie précaire jusqu'en août 1942.

A Saint-Affrique, la famille Schneider a fait la connaissance de Marcel et Fanny Bourgoin ainsi que de leurs enfants, Georges et Madeleine. Marcel et Fanny Bourgoin sont animateurs d'un groupe d'éclaireurs de France.

Aussi, lorsque la rafle des Juifs de Saint-Affrique a lieu, Madame Schneider, prévenue par un gendarme, convient d'un plan de sauvetage avec la famille Bourgoin. Ces derniers prennent les trois enfants sous leur protection, à tel point que lorsque les gendarmes viennent en pleine nuit chercher les Schneider, Mme Bourgoin leur tient tête. Elle se rend à la gendarmerie, munie des papiers de tous, rencontre le responsable allemand, déclare fermement qu'elle ne livrera pas les enfants dont elle a la garde. Elle obtient gain de cause en prenant un risque vital. Pendant ce temps, Elisabeth Schneider est cachée dans la forêt et ravitaillée par Georges Bourgoin. Les enfants sont ensuite cachés chez les éclaireurs, puis dans un foyer de Quakers à Toulouse, pour arriver finalement dans un pensionnant catholique de l'Aveyron. En novembre 1942, Victor Schneider est passé clandestinement en Espagne où il est emprisonné.

Finalement, il peut rejoindre l'Afrique du Nord et s'engager dans la 2ème DB.

 

 

En 1942 famille Bourgouin Marcel , Fanny, Georges et Madeleine Georges Bourgouin dit Faon tenant le fanion avec Martin et Rodolphe Schneider Georges et Madeleine Bourgouin avec Elisabeth Schneider vers 1945 Marcel Bourgouin avec à sa droite le petit martin 5 ans et demi Réunion de famille en 1948 pour les 20 ans de Madeleine Robert chapeau scout trop grand et Martin Schneider